FOCUS SUR LA CANEBIÈRE : TROIS LIEUX EMBLÉMATIQUES 

FOCUS SUR LA CANEBIÈRE : TROIS LIEUX EMBLÉMATIQUES 

 02/03/2017
Marseille capitale européenne de la culture… C’était en 2013… Souvenez vous, le MuCEM, la vieille charité, les théâtres et le Silo, le Dôme et le Palais Longchamps ou bien encore la bibliothèque de l’Alcazar…

Aujourd’hui, Marseille reste une reine en terme de culture et c’est avec les dimanches de la Canebière (les derniers dimanches de chaque mois sauf juillet-août et décembre) instaurés cette année par Sabine Bernasconi, maire (LR) du premier secteur (1er & 7ème arrondissements) qu’elle nous le prouve une nouvelle fois.

©Christophe MOUSTIER 1994
Entrée de l’Alcazar avant rénovation

L’annonce du concert de Lambert Wilson ce jeudi 02 mars 2017 à l’Opéra de Marseille a redonné aux vieux marsellais la nostalgie des grandes heures de la Canebière connue du monde entier pour ses cafés et cabarets. C’est sur un répertoire chanté par Lambert Wilson qui fait revivre des airs chantés à l’Alcazar que je vous propose un  petit focus sur cet édifice mythique à Marseille devenue bibliothèque. « L’Alcazar-Lyrique », de son nom à l’époque, ouvre ses portes pour la première fois le 10 octobre 1857. A ce moment, la salle en haut du cours Belsunce dans le 1er arrondissement de la ville, peut accueillir jusqu’à 2.000 personnes. Au début du XXème siècle, Dalida, Yves Montand, Tino Rossi ou encore Fernandel défilent à l’Alcazar… L’endroit devient un lieu très fréquenté et la salle est reconvertie en cinéma au début des années 1930.

Du lyrique à la lecture

©zal
2017

Fermée durant la Seconde Guerre Mondiale, elle connaît un regain d’activité à la Libération. A sa réouverture en 1946, l’Alcazar est un réel cinéma, puis devient quelques années plus tard un music-hall où chanteurs connus du début de notre temps comme Charles Aznavour, Henri Salvador, Sacha Distel, Johnny Hallyday ou Jacques Brel se réunissent pour partager leurs musiques. Le 9 août 1966, l’Alcazar prend congé, ce n’est pas voulu, mais la télévision lui fait de la concurrence et fait chavirer le navire…

C’est en 2004 que l’histoire de la musique à l’Alcazar s’arrête un peu pour laisser sa place à la littérature. Le 30 mars 2004, l’Alcazar ouvre ses portes sous la forme d’une bibliothèque municipale à vocation régionale (BMVR) en remplacement de la bibliothèque Saint-Charles.
Ce soir nous retrouvons donc Lambert Wilson, acteur et chanteur français, sur le parquet de l’Opéra et non plus d’Alcazar dont vous connaissez maintenant l’histoire. Wilson chante Montand. Dans un album sorti l’an dernier l’acteur chanteur, même tonalité de baryton, même silhouette rend  hommage à Ivo Livi, devenu le chanteur Yves Montand, commémorant ainsi le 25ème anniversaire de la disparition de l’artiste.

 Le Palais de la Bourse, un mythe architectural du second empire à Marseille

Descendons en bas de la Canebière, à la lisière du Vieux Port et de la rue Paradis, pour nous retrouver face au Palais de la Bourse, qui fut le premier édifice de Marseille élevé sous le Second Empire. Réalisé par l’architecte Pascal Coste en 1852, c’est le début de la grande vague de construction des édifices publics à Marseille, au milieu du XIXème siècle. ­­­­­L­e bâtiment abrite aujourd’hui le siège de

@bienvenuemarseille

la Chambre de Commerce­ et d’Industrie Marseille-Provence (CCIMP), plus ancienne chambre de commerce de France. L’inauguration  du bâtiment se tint, en septembre 1860, en présence de Napoléon III. Les finitions se poursuivront encore pendant vingt ans et l’opération nécessita en tout l’expropriation de 65 immeubles. En 2010, pour ses 150 ans d’existence, l’édifice a bénéficié de la rénovation de ses 6.600 mètres carré de façade. La partie supérieure de cette façade représentant les armes de la ville, flanquées de figures à demi-allongées, puis l’Océan et la Méditerranée. Le Palais de la Bourse est aujourd’hui considéré comme l’un des plus parfaits exemples du style Second Empire en France. 47 mètres de long , 30 mètres de hauteur et 68 de profondeur, l’édifice dépasse largement les dimensions du Palais Brongniart, ancien palais de la Bourse à Paris. Le Palais de la Bourse marseillais, qui représente l’essor de Marseille, accueille dans sa partie droite du rez-de-chaussée, le musée de la Marine, qui organise régulièrement des expositions. Elles vous y attendent !

 L’église dite des Réformés et ses deux flèches

©Mathilde Serra
Les réformés marseille

Remontons le Broadway de Marseille, en tramway ou à pied, pour apprécier le vent frais sur notre visage, les odeurs d’autres mondes dans notre nez ou la diversité des peuples sous nos yeux.   Montons jusqu’à la place des Réformés, au bout des allées de Meilhan, où se trouve bien évidemment, l’Eglise des Réformés. Cette église s’appelle en réalité l’Église Saint-Vincent-de-Paul. Elle doit son nom courant à l’emplacement d’une ancienne chapelle des Augustins Réformés. L’église est un site religieux historique car la première pierre de l’ancienne chapelle du couvent dédiée à Saint Nicolas de Tolentino, fut posée par le duc de Guise, gouverneur de la Provence, le 20 juin 1611. Pour l’anecdote, chaque année à Marseille, le dernier dimanche qui clôture l’année liturgique, dimanche du Christ Roi, tous les santonniers se retrouvaient à l’église des Réformés pour une célébration eucharistique avant d’inaugurer la foire aux santons : c’est ce qu’on appelle la messe des Santonniers. Bref, l’église est édifiée entre 1855 et 1888 par l’architecte Reybaud sur les plans de l’abbé Pougnet, selon le style gothique ogival du XIIIème siècle. Les vitraux sont magnifiques et originaux, et la statue de Jeanne d’Arc réalisée par Botinelly en 1943 est présente au devant de l’édifice. Si vous y allez, vous remarquerez sûrement la grandeur de ce bâtiment, rien qu’en le comparant aux arbres des alentours, et vous verrez que c’est une des plus belles églises de Marseille avec ses deux flèches jumelles. 

Je conclue en vous faisant remarquer que je viens de citer trois lieux emblématiques à Marseille, trois lieux qui se situent où ? Sur la Canebière. Une Canebière pleine de ressources et de secrets qu’il faut trouver, pleine d’histoires et d’anecdotes… Je vous donne d’ailleurs rendez-vous avec mon prochain article qui traitera justement de petites anecdotes trouvées en me promenant du Vieux Port au 10 Square Stalingrad.
A bientôt !
Mathilde SERRA (IEJ)

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