Revue: Salivons de Marseille

Revue: Salivons de Marseille

Revue de presse: chronique culinaire de Jacky Durand dans Libération du 1er mars 2018.
Chaque jeudi, passage en cuisine et réveil des papilles. Aujourd’hui, ronde de jour et de nuit autour de la Canebière avec une fameuse soupe tunisienne.
Marseille frisonne sur la Canebière entre chien et loup qui orangent le ciel au-dessus du Vieux-Port. Pourtant, on dirait le Sud. Qu’il pleuve, qu’il gèle là-bas, on a dans la peau ce putain d’horizon levantin où résonnent les mots d’Albert Londres écrits en 1926 dans Marseille, porte du Sud (1) : «Écoutez, c’est moi le port de Marseille, qui vous parle. Je suis le plus merveilleux kaléidoscope des côtes. Voici les coupés de mes bateaux. Gravissez-les. Je vous ferai voir toutes les couleurs de la lumière ; comment le soleil se lève et comment il se couche en des endroits lointains. Vous contemplerez de nouveaux signes dans le ciel et de nouveaux fruits sur la terre.

Montez ! Montez ! Je vous emmènerai de race en race. Vous verrez tous les Orients – le proche, le grand, l’extrême. »

Orage d’été

Tiens dès la gare Saint-Charles, Marseille glisse sur le pavé mouillé mais ça fait drôle ce parfum de cyprès dans l’air, comme après un orage d’été. C’est une odeur tout à la fois mélancolique et chaleureuse comme une dernière nuit à la belle étoile en août sur le rocher des moines. Même sous la pluie, dans le froid de la nuit, on déambule sur le Vieux-Port dans une quiétude de printemps amoureux. Sous les hauts murs du fort Saint-Jean, des groupes d’hommes rient en buvant des bières dans l’obscurité.

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