La rue de la République se cherche encore

La rue de la République se cherche encore

 Marseille n’en finit plus de redorer sa ville. Hier encore la rue république faisait peau neuve pour attirer une nouvelle clientèle et de nouveaux commerces plus modernes. Mais aujourd’hui avec le Nouveau Centre commercial du Prado qui fait suite au centre bourse et aux Terrasses du Port, Marseille veut donner un plus large panel de magasins et mise d’avantage sur les centres commerciaux. Sous le regard impuissant des petits commerçants qui voient leur chiffre baisser et leur rue se vider peu à peu ; à moins de se ressaisir et d’offrir une gamme de magasins plus authentiques.

Au fil des années la rue de la République a connu maintes évolutions. ©Charles GandolfoAujourd’hui entre les centres commerciaux comme les Terrasses du Port ou le Prado, le nouveau centre commercial à côté de l’Orange Vélodrome, la rue de la République a du mal à se faire une place dans le paysage marseillais. « Elle doit trouver sa place et les Marseillais doivent à nouveau s’approprier le centre-ville », constate Alexandre Seddik, président de l’association “La ©zalRépublique des Commerçants”. Pour redresser la barre, la patronne des Terrasses rejoint Constructa Asset Management. Sandra Chalinet a été appelée au chevet de la rue de la République où un commerce sur deux seraient fermés. Elle souhaite remplir les 6.000m² de bureaux et 22.000m² de commerces toujours inoccupés, de cette artère qui se cherche un nouveau souffle depuis 10 ans. « J’aime le challenge et j’avais besoin de nouveau défis », assure devant la presse Sandra Chalinet.

Du commerce de rue aux centres commerciaux en passant par les magasins de périphérie, Marseille compterait avec l’arrivée du Prado un total de 14.000 commerces et 850.000m² de surface de vente. Soit la moitié des espaces commerciaux des Bouches-du-Rhône. Un avantage considérable pour la cité phocéenne. Grâce aux récents aménagements le centre-ville est en train de repartir malgré l’arrivée des centres commerciaux qui changent quelque peu les règles du jeu. « Le tourisme, la rénovation du centre-ville… Tout ça peut nous permettre d’exister. On compte sur la ville pour attirer davantage de personnes qui pourraient se diriger vers des commerces plus authentiques plutôt que du shopping pur et dur. Avec l’arrivée du cinéma sur la Canebière, et peut-être d’autres activités comme des expositions qui pourrait nous permettre plus de réussites », explique Guillaume Sicard, président de “Marseille Centre”. Les commerçants indépendants ont alors pour seul moyen de se démarquer des centres commerciaux notamment en proposant des produits différenciant et un accueil des clients irréprochables.

©Charles GandolfoPlusieurs ouvertures ont eu lieu fin 2017. Comme par exemple le concept store familial, Sophie Ferjani, La Sélection, sur une initiative de sa fondatrice Sophie Ferjani. « Sa créatrice aime le style haussmannien. Elle a été voir au dock dans un premier temps mais ce qui lui a plu c’est surtout un lieu où il y a eu une vie avant, qui possède une histoire. Elle a souhaité relever le challenge de faire naître quelque chose de nouveau dans la rue de la république », explique Emmanuelle Gomes, responsabilité vente de Sophie Ferjani La Sélection. Ensuite, un espace de coworking, The Babel Community, avec un étage et de la restauration jusqu’à minuit commence à avoir ses davclients qui viennent avec leur ordinateur sous le bras. Et puis un local de 300 m² mis à disposition de l’association Marseille 3013, qui accueillera le weekend du 7 et 8 mai 2018 une vente éphémère de plantes réalisé par le collectif Plante pour tous. « Ce sera notre deuxième édition à Marseille. Cette fois, on a choisi la rue de la République car elle est bien desservie et surtout car c’est un élément central de la ville », déclare Nicolas, développeur du collectif Plante pour tous.
Des signes encourageants de reprise timide pour cette rue délaissée par un grand nombre de grandes enseignes installées à grands frais ces dernières années mais qui ont quitté la rue de la République ; on parle même d’un prochain départ de H&M qui a ouvert une plus grande boutique rue Saint Ferréol de l’autre côté de la Canebière. « On ne peut pas être concurrent des centres commerciaux. On veut leur être une valeur ajoutée afin que les consommateurs puissent trouver dans les rues adjacentes ce qu’ils ne trouvent pas dans les centres commerciaux », indique Alexandre Seddik. Les petits commerçants sont plus basés sur l’authenticité et la culture et doivent proposer d’autres choix aux Marseillais et aux touristiques. Une initiative alternative bienvenue à l’heure où chaque quartier, chaque rue doit trouver sa place dans la ville.

Charles Gandolfo (IEJ)

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