Archives de
Mois : mai 2018

Au théâtre Silvain du 1/06 au 16/09

Au théâtre Silvain du 1/06 au 16/09

silvain2018 ©mairie marseilleLe ton est donné pour cette année : l’éclectisme. Sabine Bernasconi, Maire (LR) des 1er et 7ème arrondissements de Marseille, a annoncé la programmation de la saison du théâtre Silvain, dans la continuité du précédent, c’est-à-dire où « l’éclectisme est une nouvelle fois de rigueur ». La saison s’annonce riche en événements avec au total une vingtaine de dates, ouvertes à tout public, et débutera à partir du 1er juin.

Il sera possible « à la fois de swinguer sur des airs de jazz », vibrer lors des concerts, rire aux larmes lors du festival M’Rire, s’émerveiller devant des représentations cinématographiques, ou encore contempler les vestiges de l’époque lors des journées européennes du patrimoine le 15 et 16 septembre, point final du programme de cette année. « Vous l’aurez compris, c’est un déluge d’émotions et de sensations qui vous attendent cette année encore », conclut souriante la Vice-Présidente du Conseil Départemental des Bouches-du-Rhône.

Afin de pouvoir se rendre au théâtre Silvain plus aisément et ne pas encombrer le trafic marseillais, la Mairie a une nouvelle fois mis en œuvre plusieurs solutions. A commencer « par un partenariat avec la RTM consistant à augmenter le nombre de navettes les jours de spectacle », indique Catherine Jalinot, 4ème adjointe déléguée à la Culture. La municipalité a également mobilisé plusieurs Colors Bus, ainsi qu’un parking à vélo à proximité du théâtre en plein air près du pont de la Fausse Monnaie.

Jauffrey Ambrosino (IEJ)

En savoir plus sur le programme, clic

Galerie atypique dans un Conceptstore

Galerie atypique dans un Conceptstore

Gâteau, choco, expo

Mêler nourriture et art, c’est le but du concept store “etmoietmoi”. Petit tour d’horizon de ce concept marseillais unique en son genre créé Boulevard Eugène Pierre (13005) il y a plus de quarante ans, poursuivi avenue de la Corse (13007) il y a 20 ans puis Boulevard Notre-Dame (13006) depuis quatre ans.

etmoietmoi©zal

Allier nourritures terrestres et spirituelles, tel est le but du concept store « etmoietmoi », situé au 8 boulevard Notre Dame à Marseille. « Je voulais réunir mes deux grandes passions dans une boutique unique. En 2014, j’ai alors décidé de me lancer, avec l’aide de ma fille Pauline Mistre, dans ce projet qui est la continuité de tout ce que j’ai pu faire auparavant», précise la propriétaire des lieux, Jacqueline Régis. Puisque oui, la directrice n’en ait pas à son coup d’essai. L’aventure a d’abord commencé en 1977 avec la reprise de la pâtisserie chocolaterie Amandine Boulevard Eugène-Pierre aux côtés de Maurice Mistre à Marseille puis la création des Arcenaulx cours d’Estienne d’Orves avec restauration et galerie d’art associés à une librairie puis d’un théâtre de répertoire contemporain, l’Avant-scène cours Julien. Vingt ans plus tard, c’est au tour de du design de rythmer son quotidien, Jacqueline décide en 1997 de créer le Centre Design Marseille Provence dans un concept store identique à la boutique « etmoietmoi » mais sur 3 étages, avant de prendre sa retraite…dont elle sortira 6 mois plus tard.

Sa boutique actuelle réunit donc plusieurs univers, d’abord celui de la gourmandise avec des chocolats ainsi que des pâtisseries pour le plus grand plaisir des habitués. « C’est un excellent endroit où passer du temps…et fondre pour le chocolat », indique Christine Bourbon, une cliente conquise par ce concept. Des douceurs sucrées qui sauront surprendre par leur originalité. Notamment ceux au poivre, ou encore au piments d’Espelette. Côté artistique, les fins amateurs d’art seront tout autant rassasiés. Chaque mois, une nouvelle exposition fait escale dans l’arrière-salle, spacieuse et lumineuse mise à disposition, pour y présenter des œuvres variées avec ne petite cour intérieure végétalisée. En ce moment, et jusqu’au 27 mai, sont accrochées des toiles du peintre Jean-Louis Brunati. Cette exposition fera place à celle de Delphine Demangeon en juin. Des sculptures,  ou encore des photographies seront au rendez-vous lors de prochaine expositions. A noter que chaque année, un « charity shop » est également organisé. 30% de la valeur d’une œuvre vendue est reversée directement à l’IPC (Institut Paoli-Calmettes) pour la recherche contre le cancer.

« Viser un autre type de type de clientèle » 

Quatre ans après son ouverture, « Et moi et moi » cherche à présent à conquérir une nouvelle clientèle. « J’ai déjà des habitués qui viennent dans ma boutique chaque jour, et je veux à présent essayer de viser des clients entre 30 et 40 ans, voire plus jeune », explique Jacqueline Régis. Et pour cela la propriétaire a décidé d’embaucher d’ici la rentrée. « J’ai besoin de 3 personnes compétentes, avec des idées originales afin de proposer du nouveau contenu, et ainsi redynamiser la boutique », reprend-elle. A commencer par un cuisinier et un serveur pour reprendre la restauration le midi. Les plats seront d’ailleurs à nouveau servis au sein même de la galerie. Ensuite, une personne pour accueillir les clients au sein du magasin. « Et enfin, pourquoi pas trouver quelqu’un pour gérer la boutique à ma place », conclut Jacqueline.

Jauffrey Ambrosino  (IEJ)

Le mot de l’artiste:

A l’occasion de son exposition du 7 au 27 mai au sein de la boutique « etmoietmoi » le peintre Jean-Louis Brunati donne son avis sur ce concept store unique à Marseille: Jean-Louis Brunati ©Jauffrey Ambrosino

« Je ne connaissais pas cette salle à la base mais une amie artiste, ayant déjà exposé ici l’an dernier, m’en a parlé et j’ai alors décidé d’exposer ici. C’est une première pour moi au sein de ce bel endroit que je trouve particulièrement sympathique. Je suis en tout cas conquis puisque la salle d’exposition est claire et lumineuse, de quoi mettre en valeur une vingtaine de mes tableaux créés lors de ces 5 dernières années. Principalement des peintures à huile et des acryliques sur papier ».

J.A

Épisode 3, 11 mai: photographie contemporaine au Panier, la Nuit de l’Instant

Épisode 3, 11 mai: photographie contemporaine au Panier, la Nuit de l’Instant

Le 9e festival de photographie contemporaine La Nuit de l’Instant a investi le quartier du Panier le 11 mai. Un parcours de 18 lieux accueillait les curieux et présentait des œuvres éclectiques.

Nombreux étaient les baroudeurs, carte violet et rose à la main, à déambuler hier de midi à minuit dans le quartier du Panier à Marseille. La neuvième édition du festival de la Nuit de l’Instant a réuni 41 artistes et 38 travaux pour offrir aux Marseillais (et aux autres) un événement autour de la photographie dans la cité phocéenne. « On avait l’idée de faire quelque chose sur la photographie à Marseille d’un petit peu visible, d’amener une discussion sur la place de la photographie dans le paysage de l’art contemporain aujourd’hui et sur comment les photographes se situent eux-mêmes dans leur création », développe Erick Gudimard, le directeur du festival. « J’ai aussi discuté avec Pascal Neveux, le directeur du FRAC [PACA] ». Les œuvres et installations sont très diverses : diaporamas photographiques, films, vidéo, installations ou autres créations multimédia. Il n’y a toutefois aucun cliché papier simple.

Pour les sélectionner, Erick Gudimard organise chaque année trois niveaux de programmation dont un partenariat avec une ville, un lieu ou un pays, comme la Corée du Sud en 2016. « Évidemment cette année c’est Glasgow, grâce à MP2018 [et le projet Love Letters] et l’Institut Français nous avons fait des résidences croisées où des artistes sont allés à Glasgow et vice-versa », explique le directeur du festival « le deal c’était de produire une œuvre pour la Nuit de l’Instant ».
Erick Gudimard choisit également un FRAC par an avec lequel collaborer. En 2018, il a fait appel au FRAC Occitanie Montpellier, une touche d’humour avec ses initiales « OM ». Pour le reste, c’est le résultat d’un appel à projet ou de cartes blanches données aux artistes, comme à Annika Kahrs ou à Lara Almarcegui.

Des lieux improbables comme un appartement ou une salle d’attente de médecin

Le parcours tisse une toile dans le plus ancien quartier de Marseille et en fait découvrir les moindres recoins, dans des lieux typiques comme atypiques. « L’idée c’était d’investir des lieux qui n’étaient pas destinés à montrer de la photographie actuellement », raconte Erick Gudimard. L’Intercontinental Hôtel Dieu, un théâtre de quartier, une ancienne bibliothèque, un centre social, un ancien abri anti-bombardement de la Kommandantur, l’appartement de « Margarita » ou la salle d’attente d’un médecin (que vous pouviez même croiser sortant de son cabinet), tout y passe et rend l’expérience unique. Le festival investit même des lieux inoccupés, nommés « Local à louer » et appartenant à Nexity ou à l’agence du Panier, et leur donne vie pour 12h.

Malheureusement, l’événement ne dure qu’une seule demi-journée, une question de moyens mais aussi de concept. « Il faut être là ce jour-là, sinon c’est fini », déclare Erick Gudimard en mimant la prise d’une photo, qui ne dure qu’un « instant ». « C’est quelque chose d’assez magique et unique ».
Mais le directeur de La Nuit de l’Instant n’en reste pas là et veut promouvoir la photographie à Marseille. Un Centre photographique va ouvrir dans la ville à son initiative courant 2018, probablement à l’automne. En attendant, Erick Gudimard prépare une foire de la photographie contemporaine, la première en dehors de Paris.

Sophie Pironnet (IEJ)

Revenez sur le parcours et les créations présentées à la Nuit de l’Instant 2018 :

A retrouver les deux premiers épisodes sur le site: Episode 2 & Episode 1

En savoir plus sur le PAC: clic

Le Prado Vélodrome n’emballe pas 

Le Prado Vélodrome n’emballe pas 

Le centre commercial Prado Vélodrome a ouvert ses portes depuis plus d’un mois. En tête d’affiche, les Galeries Lafayette fraîchement émigrées de la rue St Ferréol. Le bâtiment vient bousculer le quartier, peu familier aux grandes enseignes. Mais après des débuts en fanfare, le voilà presque (trop) fondu dans le décor.

Le centre Prado Vélodrome, bijou architectural, au toit courbé à l’image de celui du stade et où le soleil se reflète à travers des formes triangulaires, séduit les visiteurs pour quelques photos. Mais même si les fondations sentent bon le neuf et la modernité, cela ne suffit pas pour attirer les foules. « Le premier jour il y a eu beaucoup de monde, mais depuis plus rien », déclare la gérante du restaurant Le Negresko, situé en face du centre. La foncière Klépierre, propriétaire du lieu – mais aussi des Terrasses du Port, du centre Bourse, du Merlan et de Grand Littoral –, avait pourtant prévu 7 millions de visiteurs par an (selon Fashion Network) pour ses 23.000 m2 et sa cinquantaine de boutiques. De quoi attirer les quartiers Sud qui n’auront plus à remonter au Nord – et à franchir la frontière Canebière – pour leur shopping, d’autant plus que les Galeries Lafayette ont déserté la rue Saint Ferréol pour devenir la locomotive du Prado Vélodrome sur 4 étages et 9.400 m2. De même pour Repetto, qui a quitté la rue Davso du centre-ville parallèle à la Canebière pour une vitrine au rez-de-chaussée.

Seulement voilà, les galeries ont été inaugurées le 27 mars alors qu’elles n’étaient pas toutes occupées. Et le paysage n’a pas vraiment changé depuis. Cette situation, les commerçants la déplorent aussi. « Le centre est bénéfique pour le quartier mais il faudrait qu’ils le remplissent », commente Valérie de Lécluse, présidente de l’association de commerçants Le Cœur du Huitième et gérante de la pharmacie du Grand Pavois. À l’origine, la pharmacienne comme d’autres commerçants pensaient que le Prado Vélodrome pouvait dynamiser les alentours, avec son fameux Orange Vélodrome et sa proximité avec le métro.

zone touristique actuelle ©econostrumPour Valérie de Lécluse, le problème vient plutôt d’ailleurs. « Il faudrait une zone touristique étendue au quartier », clame-t-elle- derrière son comptoir. En effet, le conseil municipal du 12 février s’était prononcé en faveur de son extension vers les quartiers Sud. Une demande a d’ailleurs été déposée par la suite en préfecture.Zone touristique souhaitée par le Conseil Municipal ©LaProvence

Un élargissement, qui engloberait le stade Vélodrome – un découpage « logique » pour Valérie de Lécluse –, permettrait aux commerces de la zone d’ouvrir le dimanche. Cependant, les syndicats de salariés et employeurs, la CCI Marseille Provence et la Chambre des métiers et de l’artisanat régional (CMAR) avaient critiqué cette décision, prise « de façon unilatérale » et qui « brûle les étapes » selon leur communiqué.

Est-ce aussi un trop plein de centres commerciaux… Récemment, le projet du centre My Valentine datant de 2013 a ravivé des tensions au sein des élus de la Ville de Marseille. Le groupe Frey, qui en est à l’origine, a obtenu à l’été 2017, l’autorisation définitive de son permis par un arrêt de la cour administrative d’appel. Plus rien ne peut à priori stopper le centre de Frey de sortir de terre, entre l’usine Panzani et Les Trois-Palmes malgré le fait que son rejet fait consensus auprès des élus et des commerçants de la Valentine, arguant un quartier déjà saturé.

Sophie Pironnet & Charles Gondolfo (IEJ)

 

PAC, Épisode 2 – 10 mai : la marche au fil de l’art contemporain

PAC, Épisode 2 – 10 mai : la marche au fil de l’art contemporain

Marseille Expos, l’organisateur de la dixième édition du Printemps de l’Art Contemporain, propose six parcours guidés qui passent par des lieux d’art de Marseille, au rythme de deux circuits par jour jusqu’au 12 mai.

Comment découvrir des hauts lieux de l’art contemporain à Marseille tout en profitant du soleil et en pratiquant la marche à pied… Marseille Expos propose six parcours artistiques pour le lancement du 10e Printemps de l’Art Contemporain. Ce sont six visites guidées gratuites, adaptées à tous et animées par des médiateurs culturels. Au programme de chacune, trois adresses proches les unes des autres, permettront aux visiteurs de découvrir un quartier précis autour de ses propositions artistiques : Castellane, Chapitre ou encore le Panier.

Pour la première visite, le circuit a relié le Salon du salon, une galerie d’exposition avenue du Prado, Leclere Centre d’art, une maison de ventes rue Vincent Courdouan et TOGU art Club, un espace d’exposition rue Paradis. Le chemin, tissé par Sibylle Duboc, médiatrice pour Marseille Expos et étudiante en master 2 pratique et théorie des arts-plastiques, entraîne presque 20 curieux. Il nous fait réfléchir sur la question de l’humain, de l’état et de la colonisation, au Salon du salon avec l’exposition collective Last Cry magnifiquement composée par Philippe Munda et Angeline Madaghdjian. « C’est chouette avec les explications », s’exclame une femme tout sourire à peine la première étape passée. Le groupe est composé d’habitués – des circuits sont aussi organisés par Marseille Expos le 3e samedi du mois – et de nouveaux, très vite assimilés au groupe. L’humeur est conviviale, il y a toujours un volontaire pour donner son interprétation ou son avis sur une œuvre, un lieu. « Ce que j’aime dans ces circuits c’est pouvoir parler d’œuvres, faire découvrir des nouveaux artistes », raconte Sibylle Duboc. « Pour résumer ce que j’aime, c’est l’aspect culturel et les rencontres ».

Les deux autres étapes, proches l’une de l’autre, nous font d’abord pénétrer dans une maison des ventes aux allures de hangar, Leclere. Au milieu de tableaux provençaux, se trouvent une cabane en miroir, Mold Gardens (on the Ornamental Membrane) de Maya Beaudry, effacée dans le décor, presque transparente. À l’intérieur, des arrondis, des références historiques d’architecture et des couleurs, de la broderie, des motifs en tous genres qui invitent à se couper du monde extérieur une fois la porte close.

Pour terminer la balade, Togu Art Club offre un milieu plus architectural doublé du « rébus d’objets » de l’artiste Arthur Sirignano, En Corps. Dans un espace étroit – un parti pris – Arthur Sirignano assemble des objets de son passé, lui ayant servi à lui ou à la confection de ses œuvres. L’installation ne durera malheureusement pas et subsistera en photographie, comme les clichés de ses précédentes réalisations l’attestent au fond de la salle, témoignage d’un attrait de l’artiste pour l’éphémère.

La promenade en images : clic et reclic

Les visites durent encore deux jours. Il n’est pas trop tard pour prendre son sac à dos, ses baskets et partir pour une mini-randonnée artistique de deux heures !

Attention le nombre de places est limité, il faut réserver avec un petit mail à :
circuits@marseilleexpos.com

Le programme

Jeudi 10 mai

Circuit 1 → 14h-16h
Salon du salon/TOGU art Club/Leclere Centre d’art
Départ : 14h • M1/M2/T3 Castellane

Circuit 2 → 17h-19h
Catherine Bastide Projects/South Way Studio/Galerie Tchikebe
Départ : 17h • T2/T3 Sadi Carnot

Vendredi 11 mai

Circuit 3 → 14h-16h
Polysémie/Centre photographique Marseille/Vidéochroniques
Départ : 14h • Devant la Major, M2/T2/T3 Joliette

Circuit 4 → 17h-19h
Double V Gallery/Galerie Meyer/Galerie Béa-Ba
Départ : 17h • T3 Rome Dragon

Samedi 12 mai

Circuit 5 → 14h-16h
Studio Fotokino/La Ville blanche/Atelier Ni
Départ : 14h • M2/T1 Noailles

Circuit 6 → 17h-19h
Art Cade/Territoires partagés/Straat Galerie
Départ : 17h • T2 Réformés-Canebière

À suivre dans le prochain épisode : 11 mai : La photographie contemporaine en fête pour la Nuit de l’Instant

Sophie Pironnet (IEJ)

PAC, épisode 1 : que le Printemps de l’Art Contemporain commence !

PAC, épisode 1 : que le Printemps de l’Art Contemporain commence !

La 10e édition du Printemps de l’Art Contemporain de Marseille a été inaugurée hier soir. Les festivités se sont ouvertes en deux temps, au Musée d’Art Contemporain [MAC] et aux galeries de la rue du Chevalier Roze (2e), qui en ont profité pour vernir leurs propositions pour l’événement.

La rue du Chevalier Roze, autrefois rue commerçante maintenant métamorphosée en rue d’art, a été l’un des deux points de l’inauguration du 10e Printemps de l’Art Contemporain à Marseille ce 9 mai. Après une première partie au Musée d’Art Contemporain dans le 8e arrondissement avec le vernissage de Quel Amour !? et Un Amour de collection, la soirée festive est remontée dans cette rue coincée entre l’Hôtel de Ville et la rue de la République.

Vernissage de l’exposition Quel Amour! au [MAC]

La nuit est tombée sous une température encore douce et la rue du Chevalier Roze s’est subitement éveillée, à partir de 21h. Le public a pu facilement déambuler, au fil des 6 galeries d’art et d’un atelier de création.

Au début de la rue, au numéro 2, l’espace d’exposition Atlantis accueille les photos de Marie Angeletti. Cette photographe au travers de la collection qu’elle présente, a cherché à retranscrire des expériences, des systèmes existants, des rencontres… Au fil des clichés, qui capturent la vie quotidienne, on reconnaît des lieux familiers comme le métro, un jardin, un bâtiment… L’artiste accorde également une importance à l’arrière-plan narratif et ce qui entoure chacune de ses œuvres, ce qui donne à réfléchir.

©Sophie Pironnet

En face, au 5-7, se trouve la galerie Crève-Cœur où Jason Matthew Lee a carte blanche. L’artiste et d’autres confrères qu’il a choisi d’inviter, articulent leur présentation autour de la technologie. Mais là où on l’attend sur des machines futuristes, Jason Matthew Lee s’intéresse plutôt aux appareils d’un autre âge. Les couleurs y sont vives entre rideaux de plastiques jaunes et néons violets, rose ou bleus.

©Sophie Pironnet

Dix numéros plus loin, au n°15, deux lieux ouvrent côte à côte. Sessions accueille Jean-François Leroy, un artiste multi-supports. Il sculpte, peint, filme, et mêle parfois le tout. Ici, l’artiste présente Splitting, une série de clichés sur grand écran où il joue avec la ligne d’horizon de la mer du Nord, qu’il associe à des objets et des ombres pour former autre chose.

©Sophie Pironnet

Dans la galerie Tchikebe, Pierre Bendine-Boucar s’intéresse à Fantomas, sans le nommer dans son exposition Me, myself and F. L’artiste nous entraîne dans un univers coloré qu’il chérit tant, conjuguant peinture, architecture, scénographie et sculpture. Cagoules, silhouettes, il utilise tous les moyens pour retranscrire le côté mystérieux de Fantomas.

©Sophie Pironnet

À deux pas, Adelaïde au n°17 voit double. Le lieu introduit l’exposition Glasgow + Marseille de Rachel MacLean au Château de Servières dans le 4e arrondissement avec une vidéo réalisée par l’artiste écossaise, une commande de Bold Yin pour Channel 4 Random Acts. L’événement s’inscrit dans le cadre de MP2018 Quel Amour !
À côté de cela, Adelaïde propose aussi une pièce vocale et gestuelle, une commande du Festival d’Art d’Edimbourg 2015 : SING SIGN : a close duet de Hanna Tuulikki en duo avec Daniel Padden. L’histoire, un homme et une femme, face à face, créent une aventure énigmatique. Aucun mot n’est échangé, mais des gestes issus de la langue des signes britannique, et une mélodie à deux voix. L’œuvre invite à réfléchir sur l’impact de la langue sur ce qui nous entoure et s’inscrit dans le contexte de l’exposition collective Territoires Sonores, Sound Territories au Mac Arteum à Châteauneuf-le-Rouge, visible à partir du 26 mai.

©Sophie Pironnet

Le trajet se termine au double n°19, où la rue retombe dans la pénombre au-delà. South Way Studio présente également le fruit du travail d’une artiste accueillie en résidence pour un mois : Jenna Kaes. L’artiste conjugue l’artisanat traditionnel au contemporain. Ces réalisations s’inscrivent dans le projet Oracular/Vernacular « de projection nouvelle vers l’avenir sur les bases d’un passé solidifié » à l’initiative d’Emmanuelle Luciani et de Charlotte Cosson.©Sophie Pironnet

À côté, Gijs Milius présente le résultat de sa résidence d’un mois à la Friche chez Catherine Bastide Projects dans une exposition nommée Le long des raduses. Cette collection est composée à partir de représentation personnelles, une association de lieux reconnaissables à l’architecture brutaliste et à un monde onirique avec des formes et des humains-canards. Car Gijs Milius aime ajouter un élément perturbateur dans ses œuvres et les reproduit même d’un tableau à l’autre, en les faisant parfois évoluer.©Sophie Pironnet

A suivre, dans le prochain épisode : 10 mai, la marche au fil de l’art contemporain…

Sophie Pironnet (IEJ)

A retrouver également: une promenade dans La rue du Chevalier Roze, et Vernissage de l’exposition Quel Amour! au [MAC]

Le Printemps de l’Art Contemporain démarre en grande pomp

Le Printemps de l’Art Contemporain démarre en grande pomp

Qui dit nouveau printemps, dit nouveau Printemps de l’Art Contemporain (PAC). Cette année le PAC fête ses 10 ans. Une saison qui met l’Ecosse au centre des attentions. Notamment avec Love Letters, coproduit par MP2018 et réalisé par des artistes Ecossais comme Rachel MacLean et Philippe Murphy, invités tous deux pour l’occasion.
Du 10 au 26 mai 2018, galeries et musées marseillais se retrouvent pour mettre à l’honneur l’art contemporain. Cette traversée artistique de quatre jours rassemblera quelques 250 artistes et 70 expositions. L’événement commence dès le 9 mai avec une inauguration au [mac] sous le signe de l’Ecosse, puis une soirée qui se prolongera de 21h à minuit au pôle artistique Chevalier Roze. Une journée qui lancera officiellement la 10ème PAC.
Voici un tour d’horizon des expositions qui risquent de marquer ce weekend de lancement.
Au programme : Le jeudi 10 mai, nous entrerons dans le vif du sujet avec l’exposition « La pesanteur du lieu » d’Israel Ariño qui nous entraine en photos de l’autre côté du miroir. Le lendemain « La nuit de l’Instant » battra son plein dans le quartier du panier où elle pose un regard différent sur les pratiques photographiques d’aujourd’hui. Samedi, Rachel MacLean avec son expo « Glasgow + Marseille » où dans ses vidéos issues de l’imagerie des contes de fées elle traite d’une manière décalée les travers de notre société.

Pour conclure en beauté ce weekend de lancement, dimanche on clôturera la phase de lancement avec l’exposition collective « Salon du Salon » qui abordera la question de l’identité de l’Homme et en relevant de l’intime, du quotidien. Le weekend de lancement sera également rythmé par « Les circuits du printemps ». Marseille proposera 6 visites.
Un lancement en grande pompe qui fera honneur à l’art contemporain, en espérant que la suite du 10ème anniversaire du Printemps de l’Art Contemporain soit tout autant une fête.

Ce PAC a lieu, un peu comme une répétition pour le public marseillais, deux ans avant l’accueil à Marseille de la 13ème édition de Manifesta, biennale d’art contemporain, créée au début des années 90. Cette manifestation artistique à l’initiative de la fondation néerlandaise Manifesta a pour but affiché,  depuis la chute du mur de Berlin, de proposer une « plateforme dynamique pour des échanges culturels » en Europe.

Charles Gondolfo (IEJ)

8 mai, bal patriotique sur la Canebière

8 mai, bal patriotique sur la Canebière

Screenshot 8 mai ©Christian Rombi

« Monsieur le président, je vous fais une lettre que vous lirez peut-être, si vous avez le temps. Je viens de recevoir mes papiers militaires pour partir à la guerre… », entonne la foule, en chœur sur le square Léon Blum, sans s’offusquer que cette chanson de Boris Vian date de… 1955 . Sur la Canebière, les commémorations du 8 mai portent un air de libération, entre les musiciens, les danseurs, les cocardes et les vieux camions militaires, le département des Bouches du Rhône a organisé les célébrations de l’armistice de 1945 en grande pompe. Selon leurs chiffres, c’est 25 000 personnes qui se sont réunis sur la célèbre artère marseillaise.
« Se remémorer l’histoire » le maître mot de ce Bal Patriotique, les festivités sont lancées par Martine Vassal, la Présidente (LR) du Conseil Départemental des Bouches-du-Rhône (CD13) ainsi que Sabine Berlasconi Maire (LR) des 1er et 7ème arrondissement de Marseille et vice-présidente du CD13. Tout est fait pour replonger les Provençaux dans une ambiance d’époque, défilés de voitures et véhicules militaires ancien, un Jazz-Swing des années 20-40, et des costumes et uniformes du milieu du siècle. Sous des « Oh » et des « Ah », le défilé des voitures militaires est assurément le clou du spectacle, vieille mécanique oblige, on n’est jamais à l’abri d’une panne, et c’est dans un esprit bon enfant que passagers et promeneurs poussent la Peugeot 201 jusqu’à son emplacement final. Entouré d’un « chèche », Nicolas revêt l’uniforme des tirailleurs Marocains, « c’est pour un devoir de mémoire » commente-il, « on est un groupe de passionnés, c’est pour le plaisir d’être rassemblés qu’on est ici aujourd’hui » continue Nicolas. « C’est pour la transmission du patrimoine, c’est de l’histoire en plus vivant », éclaire Jean-Marc Coquio, 62 ans, au volant de son 4×4 du Détachement de Circulation. Vêtu d’un uniforme de la 1ere division française libre, il possède son véhicule depuis 18 ans, « j’essaye de sortir avec le plus fréquemment possible », raconte-il. Lui et les autres propriétaires de véhicules militaires viennent d’Aix, ils font partie de l’association Forty Four Memories c’est le département qui les a contactés, ils sont venus en nombre et en famille dans des costumes civils ou militaires d’époque.
Devant un parterre rempli, les musiciens ont su avec des airs entrainant ne pas désemplir la piste de danse, à l’image du Dixhit Jazz Band qui déambule dans la foule avec des cuivres des « percus » et le Washboard de Jerémy ou la voix rythmée de Marilou Gérard. « On est venu pour la musique des années 45 et danser ! », s’enthousiasme Colette venu profiter avec son mari. Les danseurs confirmés ont répondu présent, et pour les débutants un cours de Charleston à su séduire les plus téméraires. Gâtées par un soleil persistant, les commémorations avaient bel et bien un air de liesse.

Vidéo récupérée sur place

Le Département a également profité de l’occasion pour rendre Hommage a Désiré Bianco, un très jeune marseillais de 13 ans mort au combat dans la guerre 14-18, dont l’ont fête cette année le centenaire. Né dans le quartier de Menpenti, il désir très tôt d’aller se battre pour sa patrie sur le front, il embarque clandestinement le 2 mai 1915 sur le France un navire qui part vers les combats d’Orient en Turquie. Il meurt le 8 mai 1915 à quelques mètres des tranchés ennemis après avoir chargé au cri de » En avant la baïonnette » comme l’indique une stèle à son nom à Toulon.

Théo Potié (IEJ)