Épisode 3, 11 mai: photographie contemporaine au Panier, la Nuit de l’Instant

Épisode 3, 11 mai: photographie contemporaine au Panier, la Nuit de l’Instant

Le 9e festival de photographie contemporaine La Nuit de l’Instant a investi le quartier du Panier le 11 mai. Un parcours de 18 lieux accueillait les curieux et présentait des œuvres éclectiques.

Nombreux étaient les baroudeurs, carte violet et rose à la main, à déambuler hier de midi à minuit dans le quartier du Panier à Marseille. La neuvième édition du festival de la Nuit de l’Instant a réuni 41 artistes et 38 travaux pour offrir aux Marseillais (et aux autres) un événement autour de la photographie dans la cité phocéenne. « On avait l’idée de faire quelque chose sur la photographie à Marseille d’un petit peu visible, d’amener une discussion sur la place de la photographie dans le paysage de l’art contemporain aujourd’hui et sur comment les photographes se situent eux-mêmes dans leur création », développe Erick Gudimard, le directeur du festival. « J’ai aussi discuté avec Pascal Neveux, le directeur du FRAC [PACA] ». Les œuvres et installations sont très diverses : diaporamas photographiques, films, vidéo, installations ou autres créations multimédia. Il n’y a toutefois aucun cliché papier simple.

Pour les sélectionner, Erick Gudimard organise chaque année trois niveaux de programmation dont un partenariat avec une ville, un lieu ou un pays, comme la Corée du Sud en 2016. « Évidemment cette année c’est Glasgow, grâce à MP2018 [et le projet Love Letters] et l’Institut Français nous avons fait des résidences croisées où des artistes sont allés à Glasgow et vice-versa », explique le directeur du festival « le deal c’était de produire une œuvre pour la Nuit de l’Instant ».
Erick Gudimard choisit également un FRAC par an avec lequel collaborer. En 2018, il a fait appel au FRAC Occitanie Montpellier, une touche d’humour avec ses initiales « OM ». Pour le reste, c’est le résultat d’un appel à projet ou de cartes blanches données aux artistes, comme à Annika Kahrs ou à Lara Almarcegui.

Des lieux improbables comme un appartement ou une salle d’attente de médecin

Le parcours tisse une toile dans le plus ancien quartier de Marseille et en fait découvrir les moindres recoins, dans des lieux typiques comme atypiques. « L’idée c’était d’investir des lieux qui n’étaient pas destinés à montrer de la photographie actuellement », raconte Erick Gudimard. L’Intercontinental Hôtel Dieu, un théâtre de quartier, une ancienne bibliothèque, un centre social, un ancien abri anti-bombardement de la Kommandantur, l’appartement de « Margarita » ou la salle d’attente d’un médecin (que vous pouviez même croiser sortant de son cabinet), tout y passe et rend l’expérience unique. Le festival investit même des lieux inoccupés, nommés « Local à louer » et appartenant à Nexity ou à l’agence du Panier, et leur donne vie pour 12h.

Malheureusement, l’événement ne dure qu’une seule demi-journée, une question de moyens mais aussi de concept. « Il faut être là ce jour-là, sinon c’est fini », déclare Erick Gudimard en mimant la prise d’une photo, qui ne dure qu’un « instant ». « C’est quelque chose d’assez magique et unique ».
Mais le directeur de La Nuit de l’Instant n’en reste pas là et veut promouvoir la photographie à Marseille. Un Centre photographique va ouvrir dans la ville à son initiative courant 2018, probablement à l’automne. En attendant, Erick Gudimard prépare une foire de la photographie contemporaine, la première en dehors de Paris.

Sophie Pironnet (IEJ)

Revenez sur le parcours et les créations présentées à la Nuit de l’Instant 2018 :

A retrouver les deux premiers épisodes sur le site: Episode 2 & Episode 1

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