Les Dimanches de la Canebière, un bilan incontestable et incontesté

Les Dimanches de la Canebière, un bilan incontestable et incontesté

En janvier 2017, les Dimanches de la Canebière ont été lancés par la Mairie des 1er et 7e arrondissements de Marseille. Un an et demi plus tard, et après quatorze éditions, certains des organismes participants tels que le Théâtre de l’Œuvre et La Fabulerie dressent un bilan positif de cet événement récurrent. Devenu LE rendez-vous artistique du quartier, il a apporté à ces lieux uniques en leur genre, une plus grande visibilité et une véritable légitimité en tant qu’acteurs culturels de la ville.

« Un an et demi après, malgré toutes les interrogations qu’il y a pu avoir, personne n’a trop envie que ça s’arrête, la machine est partie » témoigne Yves Millo, coordinateur du projet Théâtre de l’Œuvre pour l’Association La Paix.

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Depuis le lancement des Dimanches de la Canebière, en janvier 2017, le Théâtre de l’Œuvre n’a raté aucune édition de l’événement. Lors de ces journées hautes en couleurs, la salle de spectacle organise des scènes ouvertes. « La difficulté pour nous c’était de trouver quelque chose qui revient tous les mois avec de tout petits moyens, qui corresponde à l’ambiance du lieu, qui ne nous demande pas d’efforts réguliers et surtout qui soit représentatif de ce que nous sommes» confie Emma Bester gérante de la communication et de la médiation au sein du Théâtre de l’Œuvre, c’est ainsi que son nés les scènes ouvertes.

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Le temps de cette journée, le théâtre est ouvert à ceux qui veulent prendre la scène pour partager leur art : que ce soit un extrait de pièce, une danse, un chant, ou même un billet d’humeur. Les participants s’inscrivent et montent sur scène pour présenter leurs propositions. Il n’y a pas de casting préparé en amont, tout le monde peut y participer. « Les gens reviennent car ils aiment ce côté familial, bienveillant » explique Emma, « c’est très varié, c’est ce qui est beau ici, c’est que des gens qui a priori ne se rencontreraient pas, se retrouvent autour d’une scène ».

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La mairie, intermédiaire entre les différents acteurs culturels

« Je trouve que ce n’était pas gagné au départ, il y a eu un certain courage politique parce que la préparation s’est faite à l’été 2016, juste après les attentats de Nice, la machine a été lancée à ce moment-là, il fallait être très courageux pour ne pas l’arrêter, il fallait y croire » affirme Emma Bester, qui salue la volonté de la maire du 1er et 7e arrondissement de Marseille, Sabine Bernasconi.

Les Dimanches de la Canebière ont apporté un coup de projecteur aux actions menées par les différents organismes participants « ça nous donne une belle visibilité, sans qu’il y ait eu de moyens ou d’argent public supplémentaire mis pour chaque acteurs » soutient Yves. La municipalité s’est imposée comme médiatrice entre les différentes structures « ça a été une mutualisation de moyens, chaque acteur a mis quelque chose dans la corbeille et de communication pour tout le monde, qui a été faite par la mairie de secteur en l’occurrence » constate le quinquagénaire.

Quel est le bilan un et demi plus tard?

Après quatorze éditions, le bilan est unanime au sein du théâtre « Le dimanche, ça créé une très belle émulation, lorsqu’on se promène, il y a une grande mixité de public. Durant ce dimanche par mois, Marseille a des airs de Berlin, avec une élégance, les gens sont à l’aise, c’est piétonnisé, l’atmosphère change » se réjouit-il, et déclare « je ne vois pas ce qu’il y a de négatif, je ne vois que du positif ».

« On se sent renforcés dans notre position d’occupation de l’espace public, ça nous apporte de la légitimité en tant qu’acteurs culturels, de terrains, de territoire » certifie Emma, les dimanches ont également permis aux différents établissements de s’affirmer en tant qu’acteurs sociaux-culturels de la ville, le théâtre de l’Œuvre en est un exemple, de même que La Fabulerie.

Un succès indiscutable… pour tous?

En effet, chaque année depuis la création des  Dimanches de la Canebière, La Fabulerie participe également à l’événement. « Cela a participé à faire découvrir notre activité à des publics familiaux notamment » révèle Axelle Benaïch, dirigeante de l’organisme. Les participants aux ateliers proposés lors des dimanches, reviennent pour assister aux autres activités mises en place 10 rue Garibaldi. D’un point de vue local, la directrice du lieu confirme, les dimanches apportent « une synergie avec les autres acteurs culturels » et une « mobilisation collective pour un renouveau du quartier de Belsunce ». Economiquement, la gérante ne relève pas de plus-value directe.

Laureen Piddiu (IEJ)

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