LA CANEBIERE EN DEUIL

LA CANEBIERE EN DEUIL

Aide au relogement et soutien psychologique aux victimes de la rue d’Aubagne.

20 jours après la catastrophe de la rue d’Aubagne qui a endeuillé le centre-ville de Marseille dans le quartier de la Canebière, les dégâts restent considérables. Huit personnes ont perdu la vie dans l’écroulement de leurs immeubles. La psychose et la crainte de nouveaux drames ont saisi les habitants après les fortes pluies qui avaient fragilisé les vielles bâtisses appuyées les unes aux autres. Une nouvelle fissure dans une façade entraîne des évacuations préventives, le temps de faire un état des lieux par des experts mandatés en urgence.

Le bilan provisoire de la municipalité, montrée du doigt pour n’avoir pas évité le drame, s’élève à l’évacuation de plus de 163 bâtiments dans le centre-ville avec plus de 1339 sinistrés. Les habitants du quartier en colère et d’autres secteurs de la ville ont apporté des premiers secours aux côtés des marins pompiers. La mairie de Marseille montrée du doigt pour n’avoir pas évité cette catastrophe se mobilise par ailleurs pour trouver des solutions de relogement dans des habitats sociaux municipaux et privés, tandis que certaines associations aident au soutien des victimes.

Deux semaines après les faits, le visage des passants semblait toujours grave à la rue d’Aubagne. Un pompier s’essuie le front, devant les nombreux débris restant des immeubles effondrés. Certains habitants de la rue paraissent déboussolés comme cette femme accompagnée de sa fille: « Nous avons tout perdu, je pense que très peu de personne le comprenne mais nous n’avons plus rien du tout ». D’autres tentent de rebondir « On a vraiment besoin d’aide, c’est pour cela que je fais partie de l’association des sinistrés de la rue » explique cet évacué. Afin de les aider du mieux qu’ils peuvent, des commerçants et des habitants du quartiers des plus pauvre de France ont fait preuve d’une grande générosité : des produits d’hygiène, des vêtements ou encore de la nourriture. La mairie du 11ème et du 12ème arrondissements des quartiers nord déshérités a très vite  récolté deux camions remplis d’affaires destinés à la Croix Rouge. Celle-ci se charge de la redistribution aux sinistrés accueillis dans un premier temps par la mairie de secteur des 1er et 7ème arrondissement sur la Canebière proche du lieu du drame.

Un nouveau Point d’accueil des populations évacuées (PAPE) a ouvert ses portes le 19 novembre au 2 rue Beauvau dans le 1er arrondissement. Le lieu demande à recevoir la totalité des personnes évacues dans ses quatre pôles d’accueil : l’accès aux droits juridiques, l’accès aux droits sociaux et administratifs, l’accès à l’hébergement et au logement, et enfin une écoute et un soutien psychologique.

Les associations multiplient elles aussi leurs actions pour venir en aide aux victimes. Deux sinistrés ont par ailleurs souhaité créer, eux même, l’association des sinistrés de la rue d’Aubagne avec des habitants et des commerçants de la rue. Le but est de rassembler les victimes et de les soutenir dans leur drame moral, financier ou matériel. Ils sont une vingtaine à en faire partie, et tous souhaitent obtenir les informations concernant l’enquête et une indemnisation.

Les manifestations et animations festives comme les dimanches de la Canebière, organisées en centre-ville le dernier dimanche de chaque mois depuis janvier 2017, ont par ailleurs été annulées le 25 novembre par respect pour les victimes de ce drame.

Loane Philippe (IEJ2)

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