Manifesta 13: L’éducation et la médiation au cœur du projet

Manifesta 13: L’éducation et la médiation au cœur du projet

Pour la première fois de son histoire, la biennale itinérante d’art contemporain Manifesta, logo Manifesta 13a décidé de s’installer en France et à choisi la ville de Marseille pour développer son projet. Pour cette 13ème édition qui se tiendra du 7 juin au 1er novembre 2020 à Marseille et sa Région, l’enjeu est de créer un lien entre la cité phocéenne et le reste du monde, en se nourrissant de l’architecture, l’histoire et la culture de cette ville singulière.

En complément du programme principal nommé « Traits d’Union.s », une équipe « Éducation et Médiation » composée de Yana Klichuk et Joana Monbaron cherche à explorer les espaces non-institutionnels de la ville à travers « Le Tiers Programme ».

Une partie de cette réflexion se nourrit du dialogue artistique et curatorial et comprend une série d’initiatives  accompagnant les interventions artistiques de Manifesta 13 dans les quartiers de la ville, ainsi qu’un vaste programme de médiation pendant la biennale.Joana Monbaron

« L’éducation à Manifesta est vraiment compris au sens large du terme, on ne parle pas seulement de faire des ateliers avec des enfants. C’est important de souligner que nous ne sommes pas un service mais qu’on travaille à la contextualisation de la biennale sur le territoire qui nous accueil », explique Joana Monbaron rencontrée au bureau de Manifesta au 42 la Canebière.

Comprendre la ville et son fonctionnement

Le service Education et Médiation va chercher à comprendre le territoire marseillais et trouver ce que peut apporter une biennale d’art contemporain en s’installant ici.

« Ce travail est à l’intersection entre recherche et pratique car d’un côté on fait une recherche extensive du territoire en essayant de comprendre quelles sont les méthodologies utilisées, quelles sont les associations qui collaborent entre elles ou au contraire qui ne collaborent pas, donc de voir les écosystèmes existants, et seulement à partir de là on définit un programme qui est pertinent pour le territoire qui nous accueille ».

Joana Monbaron a croisé le chemin de Manifesta lors de l’édition 2014 qui se déroulait à St Petersbourg. Originaire de Suisse, elle a d’abord travaillé au département éducation en tant qu’assistante, après quelques temps passés à St Petersbourg pour travailler avec des associations et projets culturels en lien avec la médiation culturelle, elle a recommencé à travailler avec Manifesta mais cette fois-ci à Marseille.

Elle construit ce plan en collaboration avec Yana Klichuk, d’origine Russe, qui a également Yana Klichukcommencé à travailler à Manifesta en 2013 pour l’édition de St Petersbourg. Yana a ensuite travaillé pour Manifesta 11 à Zurich et Manifesta 12 à Palerme et enfin est arrivée à Marseille pour la 13ème édition.

« Le département éducation a un rôle spécifique à Manifesta, le but est de créer un lien entre la ville et le projet global. Nous proposons un programme qui inclut différents publics et nous travaillons main dans la main avec les coordinateurs locaux pour pouvoir le développer », déclare Yana Klichuk également rencontrée au 42 la Canebière.

« Quelle est l’utilité d’un évènement comme Manifesta dans une ville comme Marseille? »

« Marseille est un territoire passionnant, très étendu avec des centaines d’associations qui font un travail de terrain extraordinaire.  Cela permet d’avoir un terrain riche, mais à partir de là se pose quand même une question de légitimité, à savoir qu’est-ce qu’une institution comme manifesta peut apporter à Marseille, une ville qui est déjà extrêmement riche en matière d’action socioculturelle et éducative, et donc on essaye de trouver des zones grises, inexplorées où on pourrait s’insérer. Parfois on se pose la question de savoir ce qu’on fait ici ? Quelle est l’utilité d’un évènement comme Manifesta dans une ville comme Marseille? », explique Joana Monbaron.

« L’insertion est plus complexe car la ville est très dense, c’est difficile pour nous de décoder ce qu’il se passe. Dans les éditions précédentes il n’y avait pas autant besoin de négociations et de comprendre le contexte politique, social, citoyen ou encore historique », complète Yana Klichuk.

Antoine Belbahar (IEJ3)

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