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Mois : novembre 2019

Effondrements rue d’Aubagne : où en sont les rescapés ? 

Effondrements rue d’Aubagne : où en sont les rescapés ? 

visuel rue d'aubagne © Parenthèses
Un an après le drame de la rue d’Aubagne, tour d’horizon auprès des sinistrés relogés.
L’effondrement, la peur, les cris et puis plus rien. Un an après la tragique journée qui faisait 8 morts rue d’Aubagne à Marseille, la situation des délogés a avancé, mais beaucoup reste à faire. « Ces derniers temps, il n’y a pas une nuit où je me couche sans penser à la rue d’Aubagne et à ma vie d’avant. Entre les démarches, l’angoisse, l’incertitude, ces derniers mois nous ont maintenus dans un rythme fou, mais à l’approche de la date anniversaire, je ressens vraiment le contrecoup. » explique Fred, un relogé de la rue d’Aubagne à La Provence. Sur les 3700 sinistrés, 1486 personnes ont été relogées tout d’abord dans 27 hôtels réquisitionnés par la ville, puis dans des logements provisoires. C’est l’association Soliha Provence qui a été chargé de lancer un appel d’offre afin que les bailleurs sociaux puissent proposer des appartements disponibles. 
C’est le cas d’Unicil, un bailleur social qui a directement proposé plus de 300 logements, seuls 91 ont été retenus et 75 sont aujourd’hui en cours de location. Les appartements sélectionnés devaient tenir compte du périmètre afin de rester dans les environs du quartier, et de la sécurité. Le bail quant à lui, rappelle que ces logements ne sont que provisoires, puisqu’ils ne sont pas au noms des rescapés mais bel et bien à celui de l’association. La sous-location étant l’option par défaut, les délogés ont malgré tout le choix d’établir un bail permanent. 
Des projets menés par la ville 
Même si tout n’est pas terminé, “la ville s’investit malgré tout dans l’amélioration de la qualité de l’habitat”, et particulièrement dans le centre ville, déclare Coline Verlaque, représentante d’Unicil. D’ajouter: notamment “avec le projet Marseille Horizons et ses 2000 logements sociaux rénovés”. Enfin, affirme-t-elle, la ville “met un point d’honneur à lutter contre l’habitat indigne”, que ce soit au niveau de l’état des logements ou même de l’éradication des marchands de sommeil.
Marie Audemard (IEJ3)
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Revue de presse : Les effondrements Rue d’Aubagne.

Il y a un an, le 5 novembre 2018, deux immeubles Rue d’Aubagne proche de la Canebière s’effondrent. 8 victimes sont retrouvées dans les décombres. Un évènement traumatisant pour le peuple marseillais. Un an après, un moment de commémoration a eu lieu ce mardi 5 novembre à 9h5, de quoi relancer le sujet. Beaucoup de journaux en ont parlés, et rebondissent sur l’actualité pour faire un état de la situation. La majorité des journaux Nationaux ou régionaux se retrouvent dans une idée commune, politique,  à l’approche des municipales 2020. La majorité des articles s’ouvrent sur les élections. Pour le(a) futur(e) Maire comment appréhender l’insalubrité des logements Marseillais ?

Retour en image sur les différentes unes de nos journaux.

Voici la Une de Libération :libé

Titre évocateur, image terrible de l’effondrement… Libération dénonce l’après désastre et le sentiment d’abandon des Marseillais. Le journal met en lumière à travers son article l’insalubrité des logements Marseillais.

Le Parisien opte pour l’Hommage nationalLe Parisien

Le choix du journal s’est porté sur la détresse et la tristesse des riverains, un an après les effondrements.  L’article se veut bouleversant, afin de montrer la tragédie de la situation. La parole est donnée aux Marseillais, énervés par la situation actuelle des choses.

Le Figaro angle autour de l’économie.

Le Figaro

Le figaro choisit de traiter les effondrements rue d’Aubagne d’une manière particulière par rapport aux autres journaux. Ils parlent de l’insalubrité des bâtiments maintenant.

A travers leur papier, ils lèvent le voile sur l’habitat indigne, et les actions mises en place par la ville pour aider les victimes de l’effondrement.

La Marseillaise aux premières logesLa Marseillaise

La parole est donc donnée au peuple Marseillais, et plus particulièrement au collectif du 5 novembre. Le journal local choisit de montrer que la crise n’est pas résorbée. L’image  est forte et permet de commémorer ce triste moment de l’histoire Marseillaise.

« Nous devons continuer à nous battre car cette municipalité n’a pas la volonté politique que les choses changent » (La Marseillaise).

Le Monde : “Au-delà du désastre”

Le MondeLe seul journal de cette revue de presse à évoquer en introduction l’existence d’une crise Marseillaise, un an après les effondrements. Comme les autres journaux, il nous décrit une ambiance lourde lors de la commémoration. Preuve que les Marseillais n’oublient pas.

La Provence, 5 novembre 2019

Samia Ghali rue d'aubagne 5 novembre La ProvenceLa sénatrice des Bouches-du-Rhône Samia Ghali était présente ce matin à Marseille, rue d’Aubagne, pendant la cérémonie d’hommage aux victimes du drame du 5 novembre 2018. “C’était de mon devoir de Marseillaise et d’élue d’être ici”, confie-t-elle à notre micro après la commémoration. Après une cérémonie calme qui a réuni plusieurs centaines de personnes, un groupe s’en est pris à l’élue, lui ordonnant de “se casser” et l’accusant de “récupération politique”. “Je ne pouvais rien faire contre l’effondrement de cet immeuble, nous rétorque Samia Ghali. Des familles de victimes souhaitent me parler et je suis là pour elles.”

La Croix : La colère des MarseillaisLa Croix

Un an après le drame de la rue d’Aubagne à Marseille : drapeaux en berne et habitants en colère (AFP)

rue Aubagne 5 novembre 2019 ©AFPLes drapeaux seront mis en berne et une minute de silence sera respectée mardi à l’hôtel de ville deMarseille, pour le premier anniversaire du drame de la rue d’Aubagne, a annoncé lundi le maire LR Jean-Claude Gaudin. Affirmant “porter le deuil de cette tragédie, malgré les invectives et les injures publiques”, celui qui dirige la ville depuis 24 ans ne sera cependant pas présent sur les lieux du drame mardi au coeur du quartier populaire de Noailles, à quelques encablures du Vieux Port: “Je ne crois pas que ma présence soit souhaitée”, a-t-il déclaré lundi matin lors d’une conférence de presse à l’hôtel de ville, assurant chercher “l’apaisement”.

Guillaume Richaud (IEJ3)

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Présentation d’un “livre bilan” après l’effondrement des immeubles par Karine Bonjour, éditions Parenthèses:
© Parenthèses«Quand j’ai vu que la pluie – la mairie – décollait les affiches, que le temps estompait les fresques, que les mots s’envolaient, j’ai tenté de les capturer, de les maintenir en vie, de les conserver contre l’oubli. Pendant six mois, j’ai collecté les expressions verbales et visuelles qui envahissaient Noailles, puis Marseille, qui, tout simplement, disaient Noailles et Marseille, le drame et la solidarité, leur présent et leur avenir. Ce livre les restitue. Récit d’un effondrement, de l’émotion et du réveil qui l’ont suivi. Empreinte d’une mémoire partagée, empathique et créative, solidaire et engagée.» K. B.
voir quelques bonnes feuilles, clic: editionsparentheses.com
Rue d’Aubagne, la colère ne désenfle pas

Rue d’Aubagne, la colère ne désenfle pas

GRAFFITI RUE d'Aubagne à Marseille aprèsl'effondrement des imeubles en 2018 rprise Internet

Un an après les effondrements rue d’Aubagne, à quelques mètres de la Canebière dans le quartier populaire de Noailles, la colère ne désenfle pas à Marseille. Les pouvoirs et acteurs publics sont toujours à l’épreuve de l’insalubrité et de l’indignité de l’habitat.

« On voit bien que la réparation n’a pas eu lieu »

Dans ce quartier du centre-ville historique, le 5 novembre 2018, trois immeubles s’effondrent, coûtant la vie à huit personnes. Avant-hier mardi matin un vibrant hommage a été rendu aux victimes, “ces sacrifiés et sacrifiées de l’insalubrité de l’habitat indigne” . Collectifs, associations, parents, enfants, habitants, ils sont toutes et tous là pour se recueillir durant huit minutes silencieuses en souvenir de Julien, Marie, Simona, Fabien, Pape, Taher, Ouloume et Chérif. Sur les ruines de la rue d’Aubagne coulent désormais des larmes, de chagrin certes, mais aussi de colère. Cette colère qui gronde et fait écho à une banderole sur laquelle on peut lire «Ni oubli, ni pardon». Cette colère qui couve une année durant pour ne jamais s’éteindre. Comme le révèle Fatih Bouaroua, d’Emmaüs Pointe-Rouge, au micro de nos confrères de La Marseillaise : «On sent que l’émotion est encore forte. Les secousses de ce tremblement de terre social et politique se font encore sentir. On voit bien que la réparation n’a pas eu lieu». Un «tremblement de terre social et politique» dont on constate qu’il secoue fortement la classe politique locale. Marc Leras, journaliste au Parisien, le relève dans son article daté du 5 novembre : «L’ambiance s’est ensuite tendue quand l’ancien élu PS Patrick Mennuci et la sénatrice des quartiers nord Samia Ghali sont arrivés sur place. Pris à partie et hués par une partie de la foule, ils ont finalement dû quitter les lieux après de longues minutes de cohue ». Quant au Collectif du 5 novembre, composé «d’une cinquantaine d’habitant.es bénévoles qui agissent pour interpeller les pouvoirs publics mais également pour organiser des rencontres dans le quartier avec les habitant.es et les délogé.es de toute la ville», ainsi qu’il se présente. Il publie un communiqué postérieur aux turbulences d’une foule ayant soif de justice, regrettant, «avec amertume, que certain(e)s élu.es n’aient pas souhaité rester discret.es en ce moment d’émotion et de colère en tentant de se rendre visibles 15 minutes après l’hommage». Au recueillement assourdi succède la fureur bruyante. «Dégagez, cassez-vous» ! peut-on ainsi entendre à l’égard de certains élus locaux. On fait circuler un micro parmi les présentes et les présents, pour que la parole, plurielle et unie, s’exprime. Mais c’est bien la rage en arrière-plan qui prédomine : «C’est toujours les pauvres qui paient le prix et c’est pourtant ceux qu’on entend le moins», témoigne un habitant dont les propos sont recueillis par La Marseillaise. La pauvreté, vecteur de la colère à Noailles ? Sont-ce les pauvres que nous raconte cette colère encore chaude des larmes versées en souvenir de ces huit parti.es trop tôt ? Sont-ce les politiciens qu’on tient pour responsable à travers la vétusté constatée et éhontée de centaines de logements sociaux à Marseille? C’est ce que la tension palpable de cet après-midi soulève.

« Je lui ai fait promettre de partir au plus vite ».

Combien de 5 novembre encore dardent leur mauvais œil sur le sol phocéen ? Dans son article paru mercredi 6, David Coquille, journaliste politique à La Marseillaise, récence pas moins de 4.500 immeubles à l’état inquiétant « dont 3.000 susceptibles de recevoir une injonction de ravalement d’ici 2021». Nombreux sont celles et ceux déplorant la politique de pouvoirs publics en matière de logement qu’ils qualifient d’irresponsable. Et David Coquille d’ajouter, au sein du même article : «Déjà avant le drame du 5 novembre et l’évacuation à ce jour de 420 immeubles inquiétants ou carrément en péril grave et imminent, des voix s’étaient élevées pour dénoncer le fait que ces opérations cosmétiques ignoraient les désordres graves pouvant ronger de l’intérieur des bâtiments». Liliana Lalonde, la maman de Julien, une des victimes du drame, a confié au micro de notre consœur Coralie Bonnefoy, du journal La Croix, que l’appartement dans lequel vivait son fils était dans un état déplorable, et qu’elle s’inquiétait pour lui : «J’étais horrifiée par l’état de son appartement. Il y avait un étai dans l’entrée, des fissures aux murs, les prises faisaient des étincelles… Je lui ai fait promettre de partir au plus vite». Si le maire (LR) Jean-Claude Gaudin, à la tête de l’hôtel de ville de Marseille depuis 24 ans, a confié dans une précédente interview que cette «catastrophe inimaginable» le hante tous les jours, il a néanmoins entendu défendre son bilan, et notamment les quatorze millions d’euros qu’il assure que la mairie de Marseille a déboursé dans la gestion de cette crise. Par ailleurs, certaines mesures semblent avoir été prises. Ainsi en va-t-il de la suivante, rapportée là-encore par David Coquille: «Toute suspicion d’anomalie pouvant présenter une dangerosité concernant la stabilité des structures devra faire l’objet d’un signalement». Toutefois, les timides mesures annoncées ou mises en place semblent ne pas avoir rassuré ni calmé la population marseillaise, qui continue de demander des comptes depuis maintenant un an. D’autant que la question des expulsés reste en suspens. Tous n’ont pas encore regagné leur domicile après les expropriations «d’intérêt public» dont ils ont fait l’objet. Certains sont contraints de vivre, toujours aujourd’hui, à l’hôtel : « Les chiffres sont alarmants. 3.700 délogés, 55 ménages réintégrés et 63 relogés en définitif, soit à peine 300/400 personnes sur l’ensemble des personnes évacuées», souligne au HuffPost le Collectif du 5 novembre. Il précise que des évacuations sont toujours en cours au moment où nous écrivons ces lignes». De quoi enfoncer encore davantage les élus locaux, voire nationaux (il a plusieurs fois été demandé des comptes à Julien Denormandie (ministre auprès de la ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, chargé de la ville et du logement). De quoi convoquer la responsabilité des politiciennes et politiciens à la barre de la justice. A quelques mois des municipales de 2020, rien n’est plus sûr pour personne…

Marian Cregut (IEJ 3)