Canebière/Noailles Habitat

Canebière/Noailles Habitat

Revue de presse

La Marseillaise 30 juillet 2020

20 mois après la catastrophe de la rue d’Aubagne qui a fait 8 morts le 5 novembre 2018 dans l’écroulement de leurs immeubles et l’expulsion de près de 4000 habitants de logements insalubres principalement en centre-ville de Marseille;

Anthony MICALLEF/HAYTHAM-REA / Anthony MICALLEF/HAYTHAM-REA

HABITAT

À l’occasion de la venue à Marseille d’Emmanuelle Wargon, ministre déléguée au Logement, bref état des lieux des problématiques de logement dans la cité phocéenne.

La crise du logement insalubre à Marseille est toujours là, héritée d’une politique structurelle dont les effets délétères se conjuguent désormais à l’augmentation de la précarité des plus fragiles, conséquence de l’épidémie de Covid-19.

Mais si la crise est loin de se résorber, elle entre néanmoins dans une nouvelle ère. Avec une nouvelle majorité municipale à la tête de la Ville de Marseille, qui avait inscrit comme « grande cause municipale » la question du logement dans son programme de campagne. Le renouvellement des élus métropolitains va aussi jouer sur la gestion de la crise. Et les attentes sont fortes de la part des collectifs citoyens, pour traiter les problématiques qui demeurent.

1. Les délogés

Suite à la cohorte sans précédent d’évacuations préventives, plus de 4 000 personnes ont été délogées de leur habitat, pour la plupart situé dans l’hypercentre marseillais. Parmi ceux-ci, un grand nombre vit toujours dans une situation précaire, en hôtel ou en appart hôtel (523 selon le Collectif du 5 novembre), certains depuis novembre 2018. L’absence de moyens destinés au suivi et à la prise en charge des immeubles en péril, ainsi qu’un parc de logements inadapté et insuffisant, notamment le parc social, très carencé dans le centre, limitent les possibilités de relogement pérenne. Sans compter les réintégrations dans des logements inhabitables, reconduisant de fait une situation de mal-logement. Nouveauté à l’horizon du 1er janvier 2021 : un prestataire unique pilotera toute la chaîne de gestion des délogés, de l’évacuation au relogement définitif ou à la réintégration des familles.

2. Le centre-ville

Défi du renouvellement d’une grande partie de l’habitat délabré ancien, le pilotage de la rénovation urbaine du centre-ville de Marseille sera confié à la société publique locale d’intérêt national (SPLA-IN) en septembre. Une structure partenariale intégrant la Ville (6 % du capital social), l’État (35 %) et la Métropole (59 %), qui sera chargée des opérations de lutte contre l’habitat indigne du centre élargi de Marseille, soit 1 000 hectares inscrits dans le Projet partenarial d’aménagement (PPA, juin 2019). Outre l’intégration d’un parc de logement social, la SPLA-IN prendra en charge la vente et l’acquisition d’immeubles, fonds de commerces et autres fonds artisanaux en déshérence.

3. Les copropriétés dégradées

Sur 377 000 résidences principales à Marseille, 63 % sont des copropriétés privées. Parmi elles, 5 900 pourraient présenter des signes de fragilité, autant dans le bâti ancien que dans les grands ensembles des années 1960-1970. Dans ces immeubles, les copropriétaires sont dans l’incapacité de réaliser les travaux afin d’assurer la sauvegarde des bâtiments et la sécurité des habitants. C’est le cas de 10 copropriétés dégradées prioritaires à Marseille, comme le Parc Corot et le Parc Bellevue à Marseille. Si l’État s’est engagé à aider aux travaux de requalification suite à un péril grave et imminent des copropropriétés dégradées, via l’Agence nationale de l’habitat (Anah), la SPLA-IN assurera le portage foncier des immeubles appelés à subir de lourds travaux de réhabilitation en vue d’intégrer le parc d’habitat social.

B.G.

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