Archives de
Mois : décembre 2020

Le Noël des “sans”

Le Noël des “sans”

Après les repas de noël pour les “sans” organisé par Emmaüs ce lundi en haut de la Canebière et ceux offerts aux sans abris à Saint-Just les 13 et 20 décembre, le Secours Populaire Marseille offre un repas de Noël solidaire aux sans-abri ce vendredi 25 décembre en bas de la Canebière.

“Notre société n’intègre plus mais au contraire met à l’écart”, soulignent Emmaüs Pointe Rouge, Saint-Marcel,  Cabriès et la Fondation abbé Pierre qui organisent ces repas de Noël pour les « sans » après des petits déjeuners réguliers destinés aux plus démunis servis notamment en haut de la Canebère.

secours populaireLes bénévoles de l’antenne du Secours Populaire du Centre-Ville de Marseille qui organise tous les matins également des petits déjeuners pour les sans-abri met en place ce jeudi 25 un repas “festif et solidaire” à midi sur la Canebière au niveau de la place De Gaulle. Un repas pour 50 personnes préparé par le Restaurant O’Pakistan aidé de 3 jeunes étudiants en CAP cuisine qui ont rejoint l’équipe de bénévoles du centre-ville pour un “temps de solidarité”, précise le Secours Populaire. A cette occasion,, comme Emmaüs France, le Secours Populaire lance un appel à la générosité des personnes désirant soutenir leurs initiatives.

Appels aux dons: Secours Populaire  & emmaus France

 

 

 

La Canebière entre deux maires

La Canebière entre deux maires

la mairie centrale

Les théâtres et cinémas sont fermés, « mais le spectacle continue » dit un santonnier quai du port désignant d’un coup de menton derrière lui la mairie de Marseille où se rejoue ce weekend le fauteuil de maire. Venant d’Aubagne il déclare y assister sans grand intérêt, comme nombre de santonniers. « La pauvre, elle a du courage » dit une cliente évoquant la maire de Marseille qui vient d’annoncer sa démission. Tête de liste écologiste elle avait été élue le 4 juillet dernier après de longues tractations au sein du collectif de gauche du Printemps Marseillais qu’elle avait mené à la victoire. Jean-Claude Gaudin (LR) lui avait remis son écharpe après 25 ans de règne. Elle passe la main à son dauphin désigné Benoît Payan (PS). La droite d’opposition a qualifié de « pantalonnade » la démission de Michèle Robirola qui déclare ne pouvoir être à  300% à sa tâche étant donné l’ampleur de la charge et sa santé fragile. Rien n’est encore joué mais il ne devrait pas y avoir de surprise lors du vote du Conseil Municipal lundi Didier Raoult matin.

Sur le Vieux-Port en bas de la Canebière, la Foire aux Santons et le Marché de Noël ont été confirmés in extremis. Mais 26 santonniers seulement cette année du 16 novembre au 5 janvier sur le quai du port avec une jauge limitée à 230 visiteurs. Un santonnier a fait un tabac avec une figurine de Didier Raoult, le professeur de médecine contesté par ses pairs. Son santon à 10€ est en rupture de stock.

Le marché de Noël ouvert le 12 décembre 2020 jusqu’au 3 janvier 2021 quai de la Fraternité est quant à lui limité à 310 visiteurs. a queue est longue sur le quai pour entrer dans les allées balisées des chalets. Un ciel bas et une faible luminosité peu habituelle sur le Vieux-Port casse l’ambiance déjà peu festive d’autant que le couvre-feu éteint les lumières à 20h.

Dans la vaste zone piétonne aménagée par la Métropole sous la précédente municipalité, les chalands s’affairent pour les dernières courses de noël. Le périmètre piéton a été bouclé, interdit à tout véhicule à moteur. De longues queues sans impatience devant les grandes enseignes et les magasins de téléphonie. Du Centre Bourse à la emmausPréfecture, du Cours Saint-Louis à l’Opéra en passant par la rue Saint-Ferréol ou l’on se bouscule un peu, l’atmosphère est bon enfant ; rues Paradis et Grignan il y a foule aussi devant les boutiques de luxe. 

Plus haut sur la Canebière, Emmaus se prépare à offrir ce lundi avant noël, comme chaque année, un déjeuner de fête aux plus démunis. Les compagnons ont  fait appel aux bonnes volontés à partir de 11h30, heure à laquelle une fumée blanche pourrait sortir lundi de la mairie annonçant l’élection du nouveau maire; ou pas. 

al/

La zone piétonne samedi ©zal

La Canebière, vitrine de Marseille, « au bout la mer »

La Canebière, vitrine de Marseille, « au bout la mer »

au bout la mer ©zalAu bout, la mer ©zal

Maire du 1er secteur, élue du Printemps Marseillais (PM) en poste depuis six mois au 61 La Canebière, Sophie Camard souhaite faire de cette artère centrale de la ville une vitrine de Marseille, du Vieux-Port aux Réformés. Son projet: « mettre en lien les différents quartiers », du haut en bas de la Canebière en passant par Noailles et la réhabilitation de l’habitat pour « remettre de l’hospitalité dans l’espace public » a-t-elle dit dans un entretien téléphonique pour respecter les gestes barrières.

Sophie Camard

Reprendre les ”Dimanches de la Canebière” lancés en 2017 par la maire (LR) précédente le dernier dimanche de chaque mois ?  Ce pourrait être « de façon trimestrielle » sous le titre « Au Bout La Mer », a-t-elle précisé. « Mais ma priorité aujourd’hui qui occupe la moitié de mes semaines c’est l’habitat indigne. J’inscrirai tout événement culturel dans un espace urbain qui est en recomposition, en future réhabilitation et qui, je l’espère, à partir de maintenant va beaucoup changer. D’une manière globale c’est l’application du projet politique du Printemps Marseillais : remettre de l’hospitalité dans l’espace public.»

« Remettre de la convivialité dans l’espace public, étendre les piétonnisations, favoriser les mobilités douces tenant compte du contexte social et économique qui est très dur en pleine crise sanitaire, qui pose beaucoup de questions sur la pérennité des commerces en centre-ville. On arrive à un moment de changement politique ajouté à la crise que nous vivons actuellement ».

Il faut « changer les relations avec les commerçants dans le bas de la Canebière » indique-t-elle en soulignant le nouvel engouement des touristes pour Marseille et sa volonté de faire en sorte que la Vieux-Port et la Canebière soit une destination ; pour ce faire, « fédérer les quartiers » et «y inclure celui de Noailles dont il faut s’occuper». « Piétonniser, végétaliser un quartier très vivant et réussir cette sauvegarde patrimoniale du haut en bas de la Canebière avec Noailles en souffrance au milieu qu’il faut recoudre aux autres dans le même temps », affirme-t-elle.

La mairie de secteur travaille en réflexion avec la Mairie Centrale (PM) et la Métropole (LR) et sur certains dossiers avec l’Etat en « dépassant les conflits politiques sur un sujet largement partagé » affirme-t-elle. Le Vieux-Port/Canebière est « un enjeu municipal et bien au-delà. On ne peut pas concevoir des événements récurrents du type des ‘’dimanches’’ comme si c’était une manifestation de quartier », poursuit-t-elle. « Aujourd’hui, nous sommes en train de co-construire nos animations avec la Mairie Centrale pour nous donner plus de moyens et assurer une certaine qualité sur les événements que l’on veut proposer » notamment sur le bas de la Canebière, lieu privilégié de « Au bout la mer » à venir. Le Vieux-Port et la Canebière « méritent une programmation globalement commune » insiste Sophie Camard. Elle assure rechercher à articuler les manifestations qu’elle proposerait avec d’autres changements comme par exemple l’installation régulière d’un marché paysan les samedis sur la place Charles De Gaulle.

Quelle serait la fréquence de ces manifestations sous ce titre « au bout la mer » qui reprend en écho la chanson de Vincent Scotto « la Cane Cane Canebière jusqu’au bout de la terre…» ? « Nous allons étudier les possibilités de relancer ces manifestations au début de l’année dès que l’on est sûr que le problème sanitaire s’améliore d’ici fin février 2021. Nous en avons annoncé quatre pour commencer avec des événements sur le bas de la Canebière, sur des lieux bien identifiés sur l’espace public », a-t-elle ajouté. « On ne reprendra pas les ‘’dimanches’’ tel qu’ils étaient conçus. Il y a prendre en compte d’autres perspectives sur le haut de la Canebière qui aura sa propre vie et la requalification sur un autre événement avant de les réunir sur une programmation globale ».

Canebière / Quai des Belges et au bout, la mer ©zal

Avant de rêver d’un « Broadway marseillais » de sa prédécesseure qui avait réussi à fédérer la centaine d’associations culturelles du secteur autour de son intention, Sophie Camard cherche à faire projet tenant compte d’un état des lieux tronçon par tronçon de la Canebière qui en compte trois avant de faire des propositions qui auront besoin de l’aval de la Mairie Centrale (à majorité PM) et de la Métropole (à majorité LR). Le premier, le bas de la Canebière entièrement piétonnisé jusqu’aux cours Saint-Louis/Belsunce, de l’Opéra au Centre Bourse en passant par le Vieux-Port  est maintenant « bien identifié sur l’espace public, ce qui n’était pas le cas au début des ‘’dimanches’’ ».

Pour la seconde partie, Noailles/Mazagrand Sophie Camard se déclare choquée de l’état « effrayant » du bâti. 8 personnes avaient trouvé la mort dans l’effondrement de deux immeubles rue d’Aubagne en novembre 2018. « Le théâtre du Gymnase est arrêté pour trois ans de travaux en raison d’un balcon qui s’effondre et l pleut sur la scène du théâtre de l’Odéon », poursuit-elle. Cette partie de la Canebière, un enjeu culturel et étudiant important avec les universités, est à revoir » sur un modèle quartier latin avec librairies et petits lieux. De même elle ne peut se prononcer sur l’aménagement du haut de la Canebière qui devrait s’articuler autour du nouveau complexe culturel et cinématographique Artplexe dont la livraison est prévue début 2021.

J’essaie de joindre toutes ces dimensions en même temps pour construire ma vision du centre-ville. Il ne s’agit pas pour moi de faire de l’événementiel séparé du contexte. « La Canebière mérite une programmation globalement commune » sur laquelle elle dit ne pouvoir se prononcer à l’instant T dans l’attente de réponses de la Métropole et de la Mairie Centrale sur ses propositions.

Rendez-vous pris pour le début de l’année prochaine avec plus de précisions à l’issue de ses concertations et un élargissement possible de son projet de La Plaine à La Criée sur le Vieux-Port faisant de ce centre-ville la vitrine de Marseille.

Antoine Lazerges