La Canebière, vitrine de Marseille, « au bout la mer »

La Canebière, vitrine de Marseille, « au bout la mer »

au bout la mer ©zalAu bout, la mer ©zal

Maire du 1er secteur, élue du Printemps Marseillais (PM) en poste depuis six mois au 61 La Canebière, Sophie Camard souhaite faire de cette artère centrale de la ville une vitrine de Marseille, du Vieux-Port aux Réformés. Son projet: « mettre en lien les différents quartiers », du haut en bas de la Canebière en passant par Noailles et la réhabilitation de l’habitat pour « remettre de l’hospitalité dans l’espace public » a-t-elle dit dans un entretien téléphonique pour respecter les gestes barrières.

Sophie Camard

Reprendre les ”Dimanches de la Canebière” lancés en 2017 par la maire (LR) précédente le dernier dimanche de chaque mois ?  Ce pourrait être « de façon trimestrielle » sous le titre « Au Bout La Mer », a-t-elle précisé. « Mais ma priorité aujourd’hui qui occupe la moitié de mes semaines c’est l’habitat indigne. J’inscrirai tout événement culturel dans un espace urbain qui est en recomposition, en future réhabilitation et qui, je l’espère, à partir de maintenant va beaucoup changer. D’une manière globale c’est l’application du projet politique du Printemps Marseillais : remettre de l’hospitalité dans l’espace public.»

« Remettre de la convivialité dans l’espace public, étendre les piétonnisations, favoriser les mobilités douces tenant compte du contexte social et économique qui est très dur en pleine crise sanitaire, qui pose beaucoup de questions sur la pérennité des commerces en centre-ville. On arrive à un moment de changement politique ajouté à la crise que nous vivons actuellement ».

Il faut « changer les relations avec les commerçants dans le bas de la Canebière » indique-t-elle en soulignant le nouvel engouement des touristes pour Marseille et sa volonté de faire en sorte que la Vieux-Port et la Canebière soit une destination ; pour ce faire, « fédérer les quartiers » et «y inclure celui de Noailles dont il faut s’occuper». « Piétonniser, végétaliser un quartier très vivant et réussir cette sauvegarde patrimoniale du haut en bas de la Canebière avec Noailles en souffrance au milieu qu’il faut recoudre aux autres dans le même temps », affirme-t-elle.

La mairie de secteur travaille en réflexion avec la Mairie Centrale (PM) et la Métropole (LR) et sur certains dossiers avec l’Etat en « dépassant les conflits politiques sur un sujet largement partagé » affirme-t-elle. Le Vieux-Port/Canebière est « un enjeu municipal et bien au-delà. On ne peut pas concevoir des événements récurrents du type des ‘’dimanches’’ comme si c’était une manifestation de quartier », poursuit-t-elle. « Aujourd’hui, nous sommes en train de co-construire nos animations avec la Mairie Centrale pour nous donner plus de moyens et assurer une certaine qualité sur les événements que l’on veut proposer » notamment sur le bas de la Canebière, lieu privilégié de « Au bout la mer » à venir. Le Vieux-Port et la Canebière « méritent une programmation globalement commune » insiste Sophie Camard. Elle assure rechercher à articuler les manifestations qu’elle proposerait avec d’autres changements comme par exemple l’installation régulière d’un marché paysan les samedis sur la place Charles De Gaulle.

Quelle serait la fréquence de ces manifestations sous ce titre « au bout la mer » qui reprend en écho la chanson de Vincent Scotto « la Cane Cane Canebière jusqu’au bout de la terre…» ? « Nous allons étudier les possibilités de relancer ces manifestations au début de l’année dès que l’on est sûr que le problème sanitaire s’améliore d’ici fin février 2021. Nous en avons annoncé quatre pour commencer avec des événements sur le bas de la Canebière, sur des lieux bien identifiés sur l’espace public », a-t-elle ajouté. « On ne reprendra pas les ‘’dimanches’’ tel qu’ils étaient conçus. Il y a prendre en compte d’autres perspectives sur le haut de la Canebière qui aura sa propre vie et la requalification sur un autre événement avant de les réunir sur une programmation globale ».

Canebière / Quai des Belges et au bout, la mer ©zal

Avant de rêver d’un « Broadway marseillais » de sa prédécesseure qui avait réussi à fédérer la centaine d’associations culturelles du secteur autour de son intention, Sophie Camard cherche à faire projet tenant compte d’un état des lieux tronçon par tronçon de la Canebière qui en compte trois avant de faire des propositions qui auront besoin de l’aval de la Mairie Centrale (à majorité PM) et de la Métropole (à majorité LR). Le premier, le bas de la Canebière entièrement piétonnisé jusqu’aux cours Saint-Louis/Belsunce, de l’Opéra au Centre Bourse en passant par le Vieux-Port  est maintenant « bien identifié sur l’espace public, ce qui n’était pas le cas au début des ‘’dimanches’’ ».

Pour la seconde partie, Noailles/Mazagrand Sophie Camard se déclare choquée de l’état « effrayant » du bâti. 8 personnes avaient trouvé la mort dans l’effondrement de deux immeubles rue d’Aubagne en novembre 2018. « Le théâtre du Gymnase est arrêté pour trois ans de travaux en raison d’un balcon qui s’effondre et l pleut sur la scène du théâtre de l’Odéon », poursuit-elle. Cette partie de la Canebière, un enjeu culturel et étudiant important avec les universités, est à revoir » sur un modèle quartier latin avec librairies et petits lieux. De même elle ne peut se prononcer sur l’aménagement du haut de la Canebière qui devrait s’articuler autour du nouveau complexe culturel et cinématographique Artplexe dont la livraison est prévue début 2021.

J’essaie de joindre toutes ces dimensions en même temps pour construire ma vision du centre-ville. Il ne s’agit pas pour moi de faire de l’événementiel séparé du contexte. « La Canebière mérite une programmation globalement commune » sur laquelle elle dit ne pouvoir se prononcer à l’instant T dans l’attente de réponses de la Métropole et de la Mairie Centrale sur ses propositions.

Rendez-vous pris pour le début de l’année prochaine avec plus de précisions à l’issue de ses concertations et un élargissement possible de son projet de La Plaine à La Criée sur le Vieux-Port faisant de ce centre-ville la vitrine de Marseille.

Antoine Lazerges

 

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