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Catégorie : Blabla

Coup de gueule d’un blogueur

Coup de gueule d’un blogueur

Les élus marseillais doivent faire leur révolution ou nous la ferons !

Quand j’ai lancé « Marseille à la loupe » en 2012, je n’avais pas de feuille de route ou d’agenda caché. J’étais juste très excité par les projets de rénovation urbaine qui s’accéléraient un peu partout dans le centre ville de Marseille à l’aube de l’année Capitale Européenne de la Culture et je désirais naïvement les relayer. Cette excitation un peu béate m’a d’ailleurs rendu suspect aux yeux des premiers abonnés de la page. Certains me soupçonnaient de vouloir mettre en avant les avancées positives de la ville pour appuyer la réélection de Jean-Claude Gaudin aux municipales de 2014. Avec le recul, cela peut sembler comique mais ce soupçon était sans doute légitime à la relecture de mes premiers posts  qui étaient effectivement très enthousiastes.

5 ans plus tard, le ton de la page a forcément changé. Je suis un néo-marseillais confirmé (6 ans et 4 mois) et j’ai eu le temps de vivre la ville dans ce qu’elle a de mieux et de pire à nous offrir. J’ai cru, j’ai espéré, j’ai été déçu, frustré, j’ai re-cru, re-espéré… A Marseille, il faut s’accrocher. Beaucoup essayent de construire quelque chose, une vie de famille, un projet professionnel, et abandonnent. Mais moi je m’arc-boute et je continue à y croire du haut de cette vie palpitante que j’ai démarrée ici, partagé entre un travail de veille citoyenne que j’accomplis à vos cotés et mon vrai travail, tout aussi passionnant, au services de causes environnementales et solidaires.

La suite du coup de gueule de Mathieu Grapeloup

Cartographie du Marseille de Fabio Montale

Cartographie du Marseille de Fabio Montale

Un essai original de cartographie littéraire de Marseille par prenant en compte les déplacements d’un héros de fiction cher à tout marseillais: Fabio Montale de Jean-Claude Izzo dans Total Khéops.

m@ppemonde_titreCet essai cartographique des pratiques spatiales d’un citadin fictionnel s’inscrit dans le cadre d’une analyse géo-littéraire du roman Total Khéops de J.-C. Izzo. La carte y est envisagée comme un appui de l’analyse et un moyen de visualiser des aspects de l’expérience spatiale du personnage. Au-delà des problèmes que pose la traduction d’une écriture textuelle en carte, une question centrale nous semble être celle du traitement d’informations spatiales dispersées dans le récit auxquelles on surimpose une logique géographique par la carte. Encore plus problématique est la représentation des ambiances urbaines par une cartographie conventionnelle.

Lire la suite de l’essai de Muriel Rosemberg et Florence Troin publié sur Internet en juillet 2017

Un périmètre anti-snacks en centre-ville

Un périmètre anti-snacks en centre-ville

23/06/2017- – extrait de La Provence —

Les commerces artisanaux, culturels, la restauration de qualité, oui. Les boutiques de téléphonie ou les snacks ouverts sur la rue, non.La majorité municipale “assume” vouloir choisir la nature des commerces  afin de  redynamiser le centre-ville. Lundi 26 juin, l’adjointe (LR) au commerce Solange Biaggi présentera un “nouvel outil” de relance et de diversification commerciale:un dispositif autorisant la Ville à user de son droit de préemption, “non seulement sur les baux commerciaux  et  les fonds de commerce, mais aussi sur  les murs des locaux vacants ou mis en vente. Grâce à une subvention du Conseil départemental, qui couvrira 70% de la préemption  des murs, nous allons pouvoir acquérir  des  locaux dans des endroits stratégiques, puis faire des appels à projets pour retenir  les candi­dats qui correspondent au nouveau modèle économique que nous souhaitons favorisera expliqué le maire LR des 6ème et 8ème arrondisse­ments. Ces dispositions seront  applicables dans un périmètre de sauvegarde délimité par la place Sadi-Carnot, le bas de la rue de la République, la Canebière,  le cours Lieutaud, la rue d ‘Aubagne, la préfecture, la rue Breteuil, avec une autorisation de programme de 1,4 millions d’€uros. Premier secteur visé: l’Opéra en bas de la Canebière.

La Provence, édition Marseille du 23 juin 2017.

Au conseil Municipal du 26 juin, fiche technique du projet soumis à délibération:
DÉLIMITATION D’UN PÉRIMÈTRE DE SAUVEGARDE DU COMMERCE ET DE L’ARTISANAT DE PROXIMITÉ
1_ Le contexte
Le centre-ville de Marseille est caractérisé par une grande complexité, en termes d’usages et d’activités. Il est, à la fois, un lieu d’arrivée, d’histoire et de patrimoine, de décisions institutionnelles, de culture, d’animation, d’éducation et de formation, de commerce, d’habitat et de vie, de détente et d’agrément ou encore de services. Ces différents usages sont déterminants pour rendre le centre-ville attractif pour un large public. Une enquête de satisfaction montre que 64  % des personnes interrogées ont une bonne opinion globale du centre-ville marseillais, 53 % pensent qu’il s’améliore, 27 % qu’il ne change pas et 67 % estiment qu’il est agréable. Des améliorations peuvent être apportées en matière d’accessibilité (87 % facile en transport en commun et 82 % difficile en voiture), de sécurité (60 %), d’information (79 %), de propreté (85%) ou encore du manque d’animation le soir (76%).
2_ Une réelle politique d’attractivité du centre-ville
Forte de ce constat, Marseille fait de son cœur de ville une priorité. Elle a d’ailleurs engagé une démarche de redynamisation, intitulée Ambition centre-ville. La cité phocéenne encourage les domaines qui favorisent une synergie en développant des activités attractives et en créant les conditions indispensables à un meilleur cadre de vie. Dans le cadre d’une volonté affirmée de relance et de diversification commerciale, le rapport présenté lors de ce Conseil concerne la délimitation d’un périmètre de sauvegarde du commerce et de l’artisanat de proximité. L’objectif est aussi d’instaurer un droit de préemption sur les fonds artisanaux, les fonds de commerce, des baux commerciaux et les terrains faisant l’objet de projets d’aménagement commercial avec une autorisation de programme à hauteur de 1,428 millions d’euros.
3_ Mise en place d’un périmètre de sauvegarde à 3 niveaux
La Ville de Marseille disposera de l’ensemble des outils d’intervention sur les locaux commerciaux. Le recours au droit de préemption permettra à la Ville d’acheter en priorité des fonds ou des baux commerciaux pour les rétrocéder ensuite à un commerçant ou un artisan, dans l’objectif de conforter et diversifier l’offre commerciale.
Grâce à la mise en place de ce périmètre de sauvegarde, la Ville disposera d’un observatoire des transactions permettant de mieux suivre l’évolution du centre-ville.
Enfin, elle pourra entrer plus facilement en contact avec de futurs commerçants ou artisans, avant leur installation (rappel des règles d’urbanisme, demande de terrasses, règles de publicité, présentation des associations de commerçants, …), notamment dans l’objectif d’obtenir un meilleur respect des différentes réglementations en vigueur. Un guide du commerçant pourra être remis, en amont de leur installation, aux professionnels.

 

Projets pour l’hypercentre Solange Biaggi en juin 2014 (destimed.fr)

Projets pour l’hypercentre Solange Biaggi en juin 2014 (destimed.fr)

17/06/2017- –

L’ouverture de grands centres commerciaux aux quatre coins de Marseille suscite nombre d’interrogations quant au devenir du Centre-Ville

Entretien en juin 2014 avec Solange Biaggi, adjointe au maire en charge du commerce et du grand Centre-ville peu après les dernières municipales.

Publié par destimed.fr le mardi 17 juin 2014

Après le lancement en fanfare des Terrasses du Port, en mai, et nombre d’événements pour VIP dans cet espace qui accueille 190 boutiques sur 61 000 m² gagnés sur le territoire -jusque-là interdit sous douane du Grand Port Maritime de Marseille- avec une terrasse sur la rade à couper le souffle, les questions sur les raisons d’un tel étalage d’offres commerciales, dans la ville la plus pauvre de France, commencent à fuser de la part de curieux venus redécouvrir que la mer est bien au bout de “la Cane-Cane-Canebière” comme le chantait déjà Scotto au siècle dernier. Les Marseillais des quartiers Nord comme des quartiers Sud s’interrogent sur l’intérêt d’une telle réalisation. Les commerçants craignant, de leur côté, que cette nouvelle offre commerciale cible surtout les touristes qui resteraient ainsi dans cette grande surface de carte postale avec vue mer de la terrasse -quand un paquebot ne bouche pas la vue- sans chercher à flâner ni consommer ailleurs en ville.

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Solange Biaggi, l’adjointe au Commerce et au centre-ville d’évoquer les raisons qui motivent la politique de la Ville dans cette frénésie d’ouvertures de grandes surfaces commerciales (Photo Philippe Maillé)

Pour la première fois depuis l’inauguration des Terrasses du Port, Solange Biaggi, chef d’orchestre de la politique de renouveau de la ville, à partir du commerce, met en perspective ce nouveau lieu commercial dans le schéma général d’extension de la zone de chalandise vers le littoral du Nord au Sud ; au passage, une réhabilitation programmée de l’hyper-centre dont les résidents devront encore manger de la poussière une dizaine d’années ; du moins pendant les quelques années nécessaires à la réhabilitation des rues et commerces de Breteuil à Lieutaud avant d’attaquer le gros morceau de la rénovation commerciale et résidentielle du 3e arrondissement. Solange Biaggi voit large et projette beaucoup alors que les petits commerces s’inquiètent de la désertification du centre-ville.

Entretien

La politique commerciale justifie-t-elle ces investissements lourds à Marseille ?
Solange Biaggi : Je vais commencer par faire un peu d’histoire. Le maire Jean-Claude Gaudin a été élu la première fois en 1995. Il avait promis à ce moment-là aux commerçants que l’on allait interdire les grandes surfaces à Marseille pour sauver le petit commerce. Mais les grandes surfaces se sont installées autour de Marseille : à Plan de Campagne (pays d’Aix), Aubagne, Vitrolles et Les Milles. Quand j’arrive en 2001, adjointe au commerce, à l’artisanat et aux professions libérales, on me dit : « Solange, il faut revoir la copie ». Non seulement le petit commerce ne s’est pas maintenu mais en plus il a périclité et les gens vont dépenser leur argent hors Marseille. Je fais faire une étude en 2001 qui montre que les Marseillais ont le potentiel de dépenser 5 milliards d’euros par an. 4 milliards sont dépensés dans Marseille et un milliard à l’extérieur.
Le fil rouge de la Ville est de faire revenir le commerce à Marseille, petites, moyennes et grandes surfaces. On fait une seconde étude pour estimer combien il manquait de locaux commerciaux à Marseille : il nous manquait 200 000 m² pour rattraper le retard pris. Voilà les bases sur lesquelles on est parti. L’idée politique est que Marseille, où l’on ne parlait pas encore de Métropole, est le centre du département, le centre de la Région ; on la veut Capitale de la Méditerranée et Capitale du sud de l’Europe. Mais de toutes les villes métropolitaines c’est la moins riche de toutes celles qui sont autour. De plus, c’est la seule qui ne soit pas attractive puisque les Marseillais sont obligés d’aller à l’extérieur pour dépenser leur argent. Alors depuis 2001, on a comme objectif de faire revenir le commerce à Marseille. Pas que le commerce, les industries et les habitants aussi…

Au-delà du manque d’attractivité y aurait-il un autre problème avec l’hyper-centre actuel ?
L’hyper centre de Marseille est trop petit pour une ville de 860 000 habitants, c’est-à-dire qu’il se limite à trois rues, de l’angle de la Préfecture au Centre Bourse : rue Saint-Ferréol, rue Paradis et rue de Rome. Que faut-il faire ? Pour que Marseille devienne une capitale européenne, il faut agrandir son centre-ville vers un grand centre-ville qui va jusqu’aux Terrasses du port via la rue de la République et à l’Est jusqu’au Palais Omnisport (La Capelette) en passant par le stade Vélodrome rénové. Une révision complète du plan urbanistique.

Quinze millions de visiteurs annuels sont officiellement prévus aux Terrasses du Port dans le périmètre de la ville qui a déjà quatre énormes centres commerciaux -outre Plan de Campagne dépendant d’Aix-en-Provence- avec Grand Littoral au Nord, La Valentine à l’Est, Bonneveine et Sormiou et bientôt les complexes commerciaux du stade Vélodrome et de La Capelette au Sud, puis le Centre Bourse dans l’hyper-centre qui est progressivement décalé vers le Vieux-Port ; de la rue Saint-Ferréol vers les Docks renouvelés en passant par la rue de la République et le Vieux Port, n’est-ce pas trop pour une ville dont la moitié de la population est à la limite du seuil de pauvreté ?

J’ai demandé aussi, en tant qu’élue la délégation au commerce, à l’artisanat et aux professions libérales, la délégation du centre-ville afin de pouvoir travailler pour faire de l’urbanisme commercial. C’est pour cela que l’on a décidé aussi de faire un Tramway qui parte du centre-ville jusqu’au cap Janet, qui maille le territoire et de l’autre côté qui monte à l’Est. On voulait continuer jusqu’au stade Vélodrome mais il s’arrête à la rue de Rome, à Castellane. On passe ainsi d’un petit centre-ville à un grand centre-ville. On a aussi fait le constat de ce qui était déjà existant : à Plan de Campagne, 750 Millions d’euros de chiffres d’affaire ; Vitrolles et les Milles, 400 millions d’euros sans habitants ; Aubagne, 45 000 habitants et 450 millions d’euros. L’Hyper centre-ville de Marseille, c’est entre 450 et 500 millions d’euros de chiffres d’affaire. Marseille qui est au centre de la Communauté urbaine, représente la moitié du département des Bouches-du-Rhône et le quart de la Région Paca.

Alors Marseille doit être la centralité. Pour ce faire, il a été décidé de conforter les centres commerciaux comme Grand Littoral avec un cinéma de 15 salles et un investissement de 15 millions d’euros et qui a fait venir des locomotives comme Primark et le projet de Tivoli Parc ; de conforter La Valentine avec tout ce qui a été refait (le Printemps, Casino, Grand-V) puis de conforter Bonneveine, ce qui se fait plus lentement. C’est la ceinture extérieure intramuros de Marseille parce que l’autre côté il y a la mer. Nous avons donc décidé de faire une ceinture moyenne en projetant le Centre Bourse qui s’agrandit et investit entre 80 et 90 millions d’euros et on va le lier au musée d’Histoire de Marseille rénové. Après viennent les Terrasses du Port via la rue de la République ; il y a aussi les Voûtes de la Major (7 500 m²) et les Docks (17 000 m²) en lien avec le musée Regards de Provence, le Mucem et la Villa Méditerranée. Marseille Capitale Européenne de la Culture nous a donné un objectif formidable pour 2013. Pour la troisième partie, il y a le projet de la Capelette avec le Palais Omnisport liant loisirs et sports ainsi que le stade Vélodrome pour l’Euro 2016 avec des habitations, un tout nouveau quartier et un nouveau centre commercial au Sud pour accueillir environ 5 000 nouveaux arrivants par an à Marseille.

Qu’apportent les Terrasses du Port ?
Toujours dans le fil rouge depuis 2001 il faut faire revenir les commerces. En travaillant avec l’urbanisme, non seulement il fallait faire revenir les gens et l’économie dans la ville mais il fallait s’occuper des croisiéristes, des touristes pour une autre économie à Marseille puisqu’il y avait une perte d’industries. Sur tous les projets qui nous ont été proposés celui qui a été réalisé aux Terrasses du Port était le plus attractif et le plus beau : il s’ouvrait sur la mer. Il nous propose, en outre, une offre de restauration (avec deux nouveaux restaurants à venir sur les 5 emplacements restants selon la direction des Terrasses, ndlr), le parking dessous et des chaînes de grande consommation comme ailleurs mais aussi de nouvelles enseignes.

Vous entendez-donc changer le Centre-Ville de place ?
L’objectif n’est pas de changer le Centre-Ville de place mais de le requalifier complètement. En 2008, je savais qu’en faisant ces centre commerciaux, il fallait repenser le centre-ville avec en ligne de mire la réfection des rues Paradis, Saint-Ferréol et rue de Rome avec le Tramway ; le ravalement des façades des rues transversales ; la réfection des éclairages et la signalétique. Malheureusement en 2008 on perd la Communauté Urbaine qui sera dirigée par le socialiste Eugène Caselli ainsi que les 1/7 qui seront dirigés par le socialiste Patrick Mennucci. Comme l’idée ne venait pas d’eux, ils ont tout bloqué notamment pour faire le Tramway qui a finalement été commencé rue de Rome en plein 2013, pendant l’année Capitale Européenne de la Culture.

Comment envisagez-vous cet Hyper-centre ?
Je voudrais que l’hyper-centre devienne comme le Faubourg Saint-Honoré à Paris. C’est-à-dire, rue Paradis, enlever les voitures, agrandir les trottoirs, ravaler les façades, ainsi que celles de toutes les rues transversales. Cela génèrera un flux de piétons plus important. La place Lulli (1er), par exemple, devenue espace piéton reçoit 17% de passage en plus ; pour la rue de la République c’est 30% et pour le Vieux-Port c’est 80% de piétons supplémentaires. Notre rôle en tant que collectivité c’est de refaire l’espace public, de rendre le quotidien meilleur, que la propreté et la sécurité soient améliorées ainsi que les lumières et la signalétique. Il faut également que l’hyper-centre soit de très grande qualité. Des investisseurs du luxe ont déjà doublé leurs surfaces de vente comme Vuiton, Hermès, Armand Thierry. Pour booster le tout, il y a l’arrivée du Hard Rock Café Cours d’Estienne d’Orves. L’hyper-centre a une vocation tout à fait différente des Terrasses du Port qui attirent les visiteurs de Toulon, Montpellier et Orange, pour boire un café et se restaurer ainsi que la clientèle de croisiéristes et de touristes qui représentent 30% de la nouvelle clientèle des Terrasses, selon sa directrice Sandra Chalinet. Il faut prendre en compte l’apport des croisiéristes et touristes dans l’économie de la ville : ils apportent 100 euros par jour et par personne. Un bateau de 2 000 passagers rapporte donc 200 000 euros par jour au commerce local.

Et les petits commerces ?
Mais, je ne les oublie pas. Je travaille beaucoup en fédérant des associations de commerçants dans tous les secteurs. J’ai trois Fisac en cours (Fonds d’investissement et de soutien à l’action commerciale ndlr) pour le petit commerce mais le gouvernement socialiste m’a coupé les vivres. Un sur le 3e arrondissement de 750 000 euros, un sur Belsunce (1er) « viens à Marseille » avec un nouvel Intermarché… et un autre rue de Rome pour aider les commerçants qui supportent mal les travaux du Tramway. Et sur les noyaux villageois, 110 à Marseille, nous avons aidé des petites superettes, des bouchers, des boulangers etc… Voilà l’esprit.

Après 2013, Capitale Européenne de la Culture, avant la Coupe d’Europe de Football en 2016 et l’année 2017 Capitale Européenne du Sport à Marseille, 2014 et 2015 seront-elles les années du commerce ?
Peut-être, on est parti sur un triptyque économie nouvelle sur Marseille qui est “Tourisme, Commerce, Culture”. En attente du financement des Fisac, nous avons rendu 50 000 m² au sol sur le Port de commerce aux Marseillais (empiètement au sol des Terrasses du Port, ndlr) qui redécouvrent la mer. Marseille est, en effet, devenu une ville touristique (ville touristique depuis 2012, ndlr), grâce à Dominique Vlasto, adjointe au Tourisme et au Patronat qui a signé avec les syndicats pour le travail, le dimanche.

La concurrence avec Plan-de-Campagne, n’est-ce pas là un combat d’arrière-garde à l’heure de la Métropole ?
Non, ce n’est pas un combat d’arrière-garde car, même s’il n’y avait pas eu la Métropole, Plan de Campagne est sursaturé et sous moratoire. Il y a une trop grande surface et des problèmes de circulation. Ce n’est pas un combat d’arrière-garde parce qu’il y a un problème de territoire. On ne peut pas tout mettre à Plan de Campagne, indépendamment de la Métropole ; l’essence coûte très cher, les gens maintenant veulent trouver sur place la même chose.
Il faut savoir que les grands hypermarchés fonctionnent beaucoup moins et les grandes enseignes comme Casino, Monoprix ou Carrefour font des petites boutiques comme les Daily parce que les gens veulent trouver tout, près de chez eux. Il y a une question de service. Les gens téléphonent et se font livrer chez eux. Exemple, le Casino place du Général de Gaulle en centre-ville marche très bien ; les gens se font livrer. C’est tout un système qui a changé. Ce n’est pas pour contrer Plan de Campagne, c’est une erreur, c’est pour rééquilibrer le territoire. Nous avions 200 000 m² de surface qui manquaient sur Marseille et c’est tout. Nous avons toutes les charges de centralité et ce sont tous les autres qui ont les recettes. Si on peut récupérer les sous, c’est très bien.

Votre fer de lance semble être les 2e et 3e arrondissements de Marseille ?
Je me suis présentée dans les 2/3 un peu contre l’avis du maire. C’est parce que j’ai vu le potentiel pour le commerce. Il fallait que l’on soit là parce que, en 19 ans on a mis 80% du budget dans ces arrondissements, qui pour moi, sont l’avenir de Marseille. Surtout le 3e avec la Gare, la Belle de Mai, Saint-Mauront. Il y a des endroits magnifiques, il y a du boulot et, on ne peut pas agrandir ailleurs.
Ce secteur, c’est là où ça vit où il y a l’économie, qu’il y a le trafic où il y a le port. Il ne faut pas rater cet endroit. Avec Euromed, il y a des projets magnifiques. Rendez-vous compte, on a préempté 6 hectares de casernes. On va pouvoir construire des logements, des bureaux, des écoles, des crèches. On va pouvoir raccrocher ce quartier directement au centre-ville avec la gare. C’est fabuleux. Il y a un grand projet d’architecte qui va sortir en 2015.

Vous étiez pharmacienne, vous avez vendu votre officine en entrant en politique dans les 6/8, puis les cantonales où vous avez éliminé un socialiste et maintenant les dernières municipales en tête dans les 2/3 où vous avez éliminé Eugène Caselli, ancien président socialiste de MPM. Vous êtes une figure montante et active de la municipalité. Alors, rêvez-vous de la mairie ?
Je suis trop vieille… à 60 ans. Pour être maire de Marseille, il faut commencer à 20 ans. J’ai commencé à 45. C’est une charge, être maire de Marseille ; je ne sais pas qui va pouvoir remplacer Gaudin, mais il va falloir qu’il s’accroche. C’est énorme, c’est fabuleux, il ne faut faire que ça, il faut avoir tous les réseaux, tous les rouages. Moi je suis vieille en âge mais trop jeune en politique.

Vous n’y pensez même pas « en vous rasant le matin » pour reprendre la formule consacrée ?
Non pas même pas comme ça ! (rires)

Propos recueillis par Antoine Lazerges

La Canebière Agora populaire

La Canebière Agora populaire

10/03/2017

Billet

La Canebière est redevenue l’endroit où il faut être sur la scène politique avec le candidat de la France Insoumise qui a psalmodié sa marseillaise hier depuis son estrade sur le vieux port face à la foule. Ce n’était pas le « Broadway marsellais » espéré par la maire (LR) de secteur mais la Canebière transformée en Agora  populaire le temps d’un après-midi ensoleillé. 70.000 auditeurs selon les organisateurs, 30.000 participants selon le décompte du quotidien La Provence soit autant qu’un des « dimanches de la Canebière » qui tentent de redonner vie à cette artère mythique de Marseille un dimanche par mois depuis le début de l’année. Une Canebière qu’il avait déjà foulée le 8 mars en défilant pour la journée des femmes. L’avenir dira si le tribun qui avait  fait son grand meeting à Marseille en 2012 sur la plage du Prado a réussi par ses harangues de dimanche depuis le Vieux-Port à remotiver sur son nom un électorat populaire qui avait déserté la gauche. Sa démonstration de force aura en tout cas redonné à la Canebière une aura populaire qu’elle avait perdue.

al/

Marseille : géopolitique d’un micro-territoire

Marseille : géopolitique d’un micro-territoire

30/03/2017

Une étude passionnante de la géopolitique de Marseille par Jean-Charles Antoine, ancien officier supérieur de gendarmerie, certifié HEC Paris, et docteur en géopolitique de l’Institut Français de Géopolitique Paris VIII. Il a fondé et dirige la société Arkaliz de conseil en géopolitique pour les dirigeants publics et privés, et la société Citypol d’audits sécuritaires pour les communes.marseille-carte-google-2017x500

Dans le sud de la France, le micro-territoire de Marseille est un substrat géopolitique riche en rivalités et en rapports de forces, en luttes d’influence de tous ordres et défis toujours plus importants, à plusieurs échelles. Jean-Charles Antoine invite à une passionnante lecture géopolitique de la deuxième agglomération française.La publication de cette étude sur le Diploweb.com s’inscrit dans le contexte du 9e Festival de Géopolitique de Grenoble, ” Le pouvoir des villes », du 8 au 11 mars 2017. En effet, Jean-Charles Antoine y donne une conférence sur « La géopolitique des micro-territoires : le cas de Marseille ».
Lire l’étude diffusée par le site diploweb.fr le 6 mars 2017 dans la revue géopolitique diffusée de Jean-Charles Antoine