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Marseille centre-ville : “Le puzzle se met en place”

Marseille centre-ville : “Le puzzle se met en place”

Entretiens croisés des élues LR Laure-Agnès Caradec et Solange Biaggi –

samedi 5 août 2017

Les élues à l’urbanisme et au commerce appellent les Marseillais à la patience. « Le puzzle est en train de se mettre en place », affirment à l’unisson, Laure Agnès Caradec adjointe (LR) en charge à l’urbanisme et Présidente d’Euroméditerranée et Solange Biaggi adjointe (LR) déléguée au commerce et au centre-ville, en réponse aux critiques des internautes et des Marseillais sur la lenteur de la réhabilitation du centre-ville. Précisant : « Le temps des villes et le temps économique ne sont pas les mêmes. » Les élues rappellent que nombre d’aménagements ont déjà été réalisés, notamment sur la Canebière, le Vieux-Port, rue de la République et Euroméditerranée. Elles incitent les Marseillais à un peu de patience sans cependant donner de date pour la fin des travaux. Considèrent que « l’activité commerciale ne dépend pas du politique mais d’initiatives privées aidées par les institutions pour les équipements structurels ». Afin de faire le point sur les travaux en cours dans le centre-ville, Laure-Agnès Caradec et Solange Biaggi assurent que la « puissance publique a fait son travail » et rappellent que les institutions « ne peuvent se substituer au privé ». Elles signalent que les investisseurs et propriétaires des bâtis et des commerces du centre-ville sont aidés par des subventions de la municipalité et surtout du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône (CD13) dont elles sont toutes deux également élues, l’une déléguée à l’urbanisme avec sa casquette d’Euromed et vice-présidente et l’autre déléguée à l’aménagement du territoire. La priorité 2014-2020 c’est « ambition centre-ville » de Marseille, indiquent-elles avant de dévoiler qu’elles se rencontrent tous les quinze jours sur ce projet de rénovation avec une quinzaine d’autres élus et les maires des trois secteurs directement concernés (du 1er au 8e arrondissements). Un centre-ville qui ne se limite pas à l’hyper-centre, précise Laure Agnès Caradec mais va des Docks au Vélodrome et du Vieux-Port au Jarret. « L’avantage de l’urbanisme est que cela touche à tout  », ajoute-t-elle, précisant qu’elle souhaite l’instauration de quartiers alternatifs rue de la République comme dans le village des Crottes et les quartiers libres près de la Friche Belle de Mai. A la présidence depuis janvier 2016 du plus grand chantier d’Europe du Sud-Est, lancé parmi d’autres qui ont restructuré la ville par le maire visionnaire que fut Robert Vigouroux (ex PS) en 1995, Laure-Agnès Caradec se félicite de l’apport pour la ville et la métropole de ce grand projet en tant également que Présidente de l’Agence d’urbanisme de l’agglomération marseillaise (AGAM). Mme Caradec affirmant que la nouvelle extension du programme Euromediterranée, Euromed 2 (de Bougainville au cap Pinède en passant par le Canet et le village des Crottes), devrait d’ici quelques années permettre aux Marseillais des quartiers nord « d’accéder à la mer et de bénéficier de nouveaux secteurs innovants hébergeant des activités créatrices d’emplois ». Entretiens croisés.

Caradec & BiaggiLes élues LR Laure-Agnès Caradec et Solange Biaggi (Photo Patricia Maillé-Caire)

 Où se situe exactement le centre-ville de Marseille ?
Laure-Agnès Caradec : Aujourd’hui la priorité du maire de Marseille et de son équipe municipale, c’est un centre-ville dans son périmètre élargi. Ce n’est pas seulement la rue Paradis, la rue SaintFerréol et la Canebière, c’est un centre-ville qui part des Docks jusqu’au Centre vélodrome, la gare SaintCharles jusqu’à la ceinture périphérique du cours Lieutaud et même jusqu’au Jarret dans certains schémas.

 Au niveau de l’Hyper-centre, comment déclinez-vous les priorités ?
LA.C : En termes de dynamisme et d’attractivité, cela se décline sur plusieurs pivots

Tout d’abord celui de la qualité de l’espace public. On a refait le Vieux-Port, la rue Paradis est en cours de réfection, la rue de la République est rénovée, on lance toutes les études pour le cours Lieutaud, et on met en place les outils nécessaires pour la qualité de l’aménagement que ce soit privé ou public grâce à l’Aire de Valorisation Architecturale et Patrimoniale (AVAP) du centre-ville à l’échelle de 480 hectares

Ensuite, on en vient à celui de l’attractivité en matière de logements, c’est à dire qu’il faut attirer des habitants en centre-ville pour le faire vivre. Il faut du flux et y réintroduire de l’activité bureaux, de l’innovation avec les espaces de coworking, les FabLab, etc… mais aussi des bureaux traditionnels.
Solange Biaggi : Le centre-ville a une vraie attractivité dans la mesure où l’on a des prix deux fois moins chers que ceux du quartier central des affaires à Euromed. On a sur la Canebière des projets structurants : le carré des feuillants avec l’hôtel, le permis de construire du cinéma a été délivré, pour une implantation à la place de la mairie des 1/7 en haut de la Canebière. La mairie pour sa part va déménager dans l’immeuble vide de la Maison de la Région.
L-A.C : Il y a les Dimanches de la Canebière qui vont reprendre en septembre, on a des espaces de coworking importants qui s’installent au niveau de la Canebière et sur les allées Gambetta. Ce sont des signaux forts. Alors je sais bien qu’il y a des perspectives qui peuvent paraître un peu loin sauf que le temps de création d’une ville est un temps long, c’est indéniable.

 

Quelles mesures tangibles pouvez-vous annoncer ?
S.B : Il ne peut y avoir d’activité sans habitants ni bureaux. J’ai demandé aux propriétaires de la rue de la République notamment de ne pas ouvrir que des boutiques d’habillement de grandes enseignes étant déjà implantées dans les grandes surfaces aux deux extrémités de ce périmètre. Enfin, la réfection de la Poste centrale Colbert pour l’administration de la Poste va amener 450 personnes à proximité. Par ailleurs, la municipalité va aider des petits commerces à s’installer dans les rues adjacentes de la rue de la République, ce qui devrait apporter du « flux » comme la création d’une suite de Galeries d’Art, rue Chevalier Roze pour la fin du mois d’août.

Que répondez-vous aux Marseillais de l’hypercentre qui s’impatientent ?
L-A.C : La puissance publique est là pour aménager et dans ce cadre, on n’a aucun reproche à nous faire : on a fait passer le tramway, on a requalifié tout l’espace public, on a contraint les propriétaires à refaire les façades et les logements. L’initiative privée, on doit l’accompagner mais il y a aussi des propriétaires qui doivent monter un plan d’action pour occuper l’espace. Après, il faut arriver à avoir une politique d’attractivité, de faire en sortes qu’il y ait du flux dans le centre-ville. Le flux touristique a doublé ou quadruplé. Nous, ce que nous faisons, c’est de mettre en place les conditions de la réussite.
S.B : Pour ce qui est de la Canebière, quand on aura toutes les pièces du puzzle qui vont s’assembler que ce soit l’hôtel des feuillants, le cinéma, la mairie, les habitants pourront constater la réussite de ce projet de réhabilitation de la Canebière et du centre-ville. 
L-A.C. : Le centre-ville est le premier pôle d’activité et le premier pôle salarié de la métropole Aix Marseille Provence. Pour aider les investisseurs, il y a deux grands projets : ravalement des façades avec l’aide du Conseil départemental qui donne jusqu’à 50% de subventions et, pour la préemption des baux et des murs le Département donne jusqu’à 70% notamment pour la Canebière.

On a l’impression que peu de boutiques ouvrent et que beaucoup tirent le rideau, dans l’hypercentre, que comptez-vous faire pour pallier cette situation ?
S.B. : Pour parler commerces, les deux investisseurs de la rue de la République, ANF et ATEMI ont fait des efforts au niveau des loyers et des commerces. C’est vrai qu’ils ont mis du temps parce qu’ils n’ont pas obtenu les deux phases en même temps. ATEMI pour sa part a connu les problèmes de la crise économique avec son foncier. Il y a des choses qui sortent sur cette rue de la République qui sont, avec ATEMI la résidence seniors, l’hôtel NH en cours, la résidence étudiante qui s’est bien remplie avec un taux d’occupation qui atteint les 70%.
LA.C : Le temps d’une ville et le temps économique n’est pas le même.


S.B : On partait de tellement loin rue de la République. Il fallait voir l’état des commerces, sur 100 il y en avait 50 qui étaient fermés, les autres étaient squattés. Ils ont repris tout cela en main et dans le même temps sont arrivés le Centre Bourse rénové, les Terrasses du Port, les Docks village. C’est vrai que c’est très lent, ça c’est sûr…

 Quels sont les principaux investissements privés dans l’Hyper-Centre outre les deux principaux propriétaires qui se partagent la rue de la République
S.B : L’hyper-centre attire des investisseurs. H&M a repris Virgin rue SaintFerréol et a mis 50M€ pour en faire un très beau magasin ; les Galeries Lafayette partent au Centre Vélodrome. Ce grand magasin rue Saint était trop proche des Galeries du Centre Bourse. Et, il était préférable, pour le centre-ville dans son périmètre élargi, que l’on ait deux pôles aux deux extrémités (Terrasses du Port au Nord et Centre vélodrome au Sud).

Que vont devenir les bâtiments des Galeries Lafayette de la rue Saint-Ferréol ?
S.B : Le groupe Virgil va investir près de 25M€ pour racheter le fonds et les murs. Il va créer en plein centre-ville de Marseille un espace coworking avec de nombreux bureaux et une centaine d’appartements connectés. Ce seront des appartements de deux, trois et quatre pièces pour les familles qui arrivent en location moyenne durée. Des appartements haut de gamme avec un roof top, un spa, une salle de gym et des magasins en rez-de-chaussée et 1er. Quand des gens investissent c’est qu’il y a du potentiel. Et nous, puissance publique nous accompagnons
L-A.C : Pour qu’il y ait des clients dans les commerces, il faut qu’il y ait des habitants. Aujourd’hui, on assiste à un changement avec des gens qui veulent revenir en centre-ville pour habiter. Pour ce faire, il faut que l’on accompagne soit des bailleurs soit des investisseurs privés qui donnent des logements de qualité et des grands logements.
S.B : C’est cela notre objectif et cela ne se fait pas en cinq minutes, c’est sûr que c’est lent…

Vous avez souvent parlé « d’offre alternative ». De quoi s’agit-il ?
LA.C : Il faut une offre alternative à ce que l’on vient de citer comme développement traditionnel que l’on voit dans tous les centres-villes du monde. Il faut que puissent se créer de nouveaux concepts avec des loyers attractifs.
S.B : Les deux principaux propriétaires de la rue de la République ont consenti à des loyers attractifs
LA.C : L’objectif est d’arriver à développer des activités alternatives à ce que l’on voit d’une façon classique et pourquoi pas rue de la République. C’est ce que nous souhaitons. Les boutiques qui ont disparu, c’est du classique que l’on voit ailleurs.
S.B : Les investisseurs ont, dans l’attente, mis à disposition trois locaux pour le collectif artistique 3013 qui prolonge à sa façon l’année 2013 Capitale Européenne de la Culture… Il n’y a pas de raison que cela ne fonctionne pas mais cela ne se décrète pas.
L.-A.C. : Le fait que LR ait gagné les deux institutions, Département et Région et à la Métropole, on arrive à travailler main dans la main et de concert. Je trouve que l’on va beaucoup plus vite sur certains projets même si nous, en tant qu’élues, nous aimerions que cela aille encore plus vite.

 Pour Euromed. 2, vous parlez également de « quartiers alternatifs ». De quoi s’agit-il ?
LA.C : Dans le parc Habité (Euromed), 2 000 logements vont être créés avec des commerces en pied d’immeuble. Les travaux sont en cours pour le cinéma Gaumont Pathé. Cela va être un vrai pôle d’attractivité. Euromed 1 est presque terminé, il reste le quartier de la Porte d’Aix avec l’École d’architecture qui viendra de Luminy, l’IMVT, et le Parc urbain avant de poursuivre la mise en place d’Euromed 2 qui devrait apporter 20 000 nouveaux emplois. A l’extrémité nous venons de lancer Smartseille qui présente les dernières avancées en matière d’innovation et le projet de l’écoquartier des Fabriques du futur « Ici Marseille » dans l’ensemble de l’îlot XXL. Il reste le Parc Bougainville, le métro à Capitaine Gèze, la libération de la gare du Canet des voies SNCF. Il s’agit de faire un véritable lien paysager entre les quartiers Nord et la Ville avec le déplacement du trafic SNCF-Port sur Mourepiane (qui n’est pas du goût des riverain, NDLR). Enfin, la création de la Cité scolaire internationale pilotée par la Région et celle des quartiers libres autour de la Belle de Mai, la caserne du Muy et la Gare Métropolitaine pour en faire un vrai quartier lié par des lignes de tramway.

Les projets lancés sont-ils en bonne voie ?
LA.C : Euroméditerranée est un vrai accélérateur de métropole. Il faut rendre les choses irréversibles. Le puzzle est en train de se mettre en place. Il a fallu 12 ans pour que le cinéma initié par Luc Besson sorte de terre sous l’enseigne Gaumont-Pathé ; il aura aussi fallu dix années de procédures pour le début des travaux de l’immeuble « Paquebot » de Rudi Ricciotti entre la rue Malaval et la rue Fauchier entre République et Belle de Mai.

Vous avez parlé de FabLab dans le village des Crottes quel est l’avancement du projet ?
LA.C : Aujourd’hui les Crottes c’est Euromed.2 avec un projet de renouvellement urbain fort et une volonté d’y implanter la petite sœur « d’Ici Montreuil » pour faire un « Ici Marseille ». L’équipe est choisie. Cela devrait se faire d’ici la fin de l’année. Ce serait la première amorce d’un quartier alternatif qui pourrait s’inscrire en lien avec le Marché aux puces parce que l’on s’aperçoit que, dans toutes les villes internationales, c’est dans les quartiers comme celui-là en quête d’un nouveau souffle que se passe la créativité.

Quel bilan dressez-vous de cette année et demie passée à la tête d’Euromed
LA.C : Euromed a l’ambition de devenir un modèle en matière d’architecture et d’urbanisme durable en Méditerranée. L’avantage de mes différentes casquettes  Euromed, Ville et Département, est de raisonner au-delà de la Ville et de la métropole et pas simplement au périmètre d’Euroméditerranée. Ce n’est pas une île au milieu de rien… Quand je mène Quartier libre pour la Ville et Euromed, il y a des morceaux qui se superposent et évidemment, il doit y avoir une cohérence. L’avantage de l’urbanisme est que cela touche à tout.

Propos recueillis par Antoine LAZERGES

al/ avec destimed.fr

  • Le public peut voir la maquette d’Euromed.1 à l’Euromed Center dans l’immeuble de l’Astrolabe  juste après les docks sur le boulevard de Dunkerque. Celle d’Euromed.2 n’est pas encore réalisée mais le public peut trouver des documents qui décrivent le projet avec la boucle de thalassothermie livrée par EDF le parc urbain et le métro capitaine Gèze qui devait être terminé en 2016.
Pôle culturel quartier République

Pôle culturel quartier République

Revue de presse Made In Marseille  du 26/07/17, Par Agathe –


© Malika Mokadem

À la fin du mois d’août 2017, « Chevalier Roze », un pôle dédié à l’actualité artistique contemporaine, va ouvrir ses portes dans la rue du même nom, parallèle au boulevard de la République (2e). Différents espaces et galeries accueilleront, tout au long de l’année, des expositions d’artistes aussi bien français qu’internationaux.

L’inauguration du pôle culturel Chevalier Roze, prévue le 26 août prochain, fait partie des festivités organisées à Marseille du 25 au 27 août 2017 dans le cadre de la 11e édition d’Art-O-Rama, le salon international d’art contemporain. Elle fait également écho à l’ouverture de Manifesta 13, biennale européenne d’art contemporain, en 2020 à Marseille.

Marseille 2025, revue prospective

Marseille 2025, revue prospective

  • MyMarseille.com a fait un rêve privilégiant les quartiers sud.

A quoi ressemblera la ville dans 252839CobatyMarseilleProvence-2448x600les années à venir… Plus de transports, plus de mobilité, un nouveau skyline, des quartiers en mutation, la ville va prendre de la hauteur et fluidifier son trafic… On vous explique les grands changements qui attendent Marseille.

revue de presse

Projets pour l’hypercentre Solange Biaggi en juin 2014 (destimed.fr)

Projets pour l’hypercentre Solange Biaggi en juin 2014 (destimed.fr)

17/06/2017- –

L’ouverture de grands centres commerciaux aux quatre coins de Marseille suscite nombre d’interrogations quant au devenir du Centre-Ville

Entretien en juin 2014 avec Solange Biaggi, adjointe au maire en charge du commerce et du grand Centre-ville peu après les dernières municipales.

Publié par destimed.fr le mardi 17 juin 2014

Après le lancement en fanfare des Terrasses du Port, en mai, et nombre d’événements pour VIP dans cet espace qui accueille 190 boutiques sur 61 000 m² gagnés sur le territoire -jusque-là interdit sous douane du Grand Port Maritime de Marseille- avec une terrasse sur la rade à couper le souffle, les questions sur les raisons d’un tel étalage d’offres commerciales, dans la ville la plus pauvre de France, commencent à fuser de la part de curieux venus redécouvrir que la mer est bien au bout de “la Cane-Cane-Canebière” comme le chantait déjà Scotto au siècle dernier. Les Marseillais des quartiers Nord comme des quartiers Sud s’interrogent sur l’intérêt d’une telle réalisation. Les commerçants craignant, de leur côté, que cette nouvelle offre commerciale cible surtout les touristes qui resteraient ainsi dans cette grande surface de carte postale avec vue mer de la terrasse -quand un paquebot ne bouche pas la vue- sans chercher à flâner ni consommer ailleurs en ville.

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Solange Biaggi, l’adjointe au Commerce et au centre-ville d’évoquer les raisons qui motivent la politique de la Ville dans cette frénésie d’ouvertures de grandes surfaces commerciales (Photo Philippe Maillé)

Pour la première fois depuis l’inauguration des Terrasses du Port, Solange Biaggi, chef d’orchestre de la politique de renouveau de la ville, à partir du commerce, met en perspective ce nouveau lieu commercial dans le schéma général d’extension de la zone de chalandise vers le littoral du Nord au Sud ; au passage, une réhabilitation programmée de l’hyper-centre dont les résidents devront encore manger de la poussière une dizaine d’années ; du moins pendant les quelques années nécessaires à la réhabilitation des rues et commerces de Breteuil à Lieutaud avant d’attaquer le gros morceau de la rénovation commerciale et résidentielle du 3e arrondissement. Solange Biaggi voit large et projette beaucoup alors que les petits commerces s’inquiètent de la désertification du centre-ville.

Entretien

La politique commerciale justifie-t-elle ces investissements lourds à Marseille ?
Solange Biaggi : Je vais commencer par faire un peu d’histoire. Le maire Jean-Claude Gaudin a été élu la première fois en 1995. Il avait promis à ce moment-là aux commerçants que l’on allait interdire les grandes surfaces à Marseille pour sauver le petit commerce. Mais les grandes surfaces se sont installées autour de Marseille : à Plan de Campagne (pays d’Aix), Aubagne, Vitrolles et Les Milles. Quand j’arrive en 2001, adjointe au commerce, à l’artisanat et aux professions libérales, on me dit : « Solange, il faut revoir la copie ». Non seulement le petit commerce ne s’est pas maintenu mais en plus il a périclité et les gens vont dépenser leur argent hors Marseille. Je fais faire une étude en 2001 qui montre que les Marseillais ont le potentiel de dépenser 5 milliards d’euros par an. 4 milliards sont dépensés dans Marseille et un milliard à l’extérieur.
Le fil rouge de la Ville est de faire revenir le commerce à Marseille, petites, moyennes et grandes surfaces. On fait une seconde étude pour estimer combien il manquait de locaux commerciaux à Marseille : il nous manquait 200 000 m² pour rattraper le retard pris. Voilà les bases sur lesquelles on est parti. L’idée politique est que Marseille, où l’on ne parlait pas encore de Métropole, est le centre du département, le centre de la Région ; on la veut Capitale de la Méditerranée et Capitale du sud de l’Europe. Mais de toutes les villes métropolitaines c’est la moins riche de toutes celles qui sont autour. De plus, c’est la seule qui ne soit pas attractive puisque les Marseillais sont obligés d’aller à l’extérieur pour dépenser leur argent. Alors depuis 2001, on a comme objectif de faire revenir le commerce à Marseille. Pas que le commerce, les industries et les habitants aussi…

Au-delà du manque d’attractivité y aurait-il un autre problème avec l’hyper-centre actuel ?
L’hyper centre de Marseille est trop petit pour une ville de 860 000 habitants, c’est-à-dire qu’il se limite à trois rues, de l’angle de la Préfecture au Centre Bourse : rue Saint-Ferréol, rue Paradis et rue de Rome. Que faut-il faire ? Pour que Marseille devienne une capitale européenne, il faut agrandir son centre-ville vers un grand centre-ville qui va jusqu’aux Terrasses du port via la rue de la République et à l’Est jusqu’au Palais Omnisport (La Capelette) en passant par le stade Vélodrome rénové. Une révision complète du plan urbanistique.

Quinze millions de visiteurs annuels sont officiellement prévus aux Terrasses du Port dans le périmètre de la ville qui a déjà quatre énormes centres commerciaux -outre Plan de Campagne dépendant d’Aix-en-Provence- avec Grand Littoral au Nord, La Valentine à l’Est, Bonneveine et Sormiou et bientôt les complexes commerciaux du stade Vélodrome et de La Capelette au Sud, puis le Centre Bourse dans l’hyper-centre qui est progressivement décalé vers le Vieux-Port ; de la rue Saint-Ferréol vers les Docks renouvelés en passant par la rue de la République et le Vieux Port, n’est-ce pas trop pour une ville dont la moitié de la population est à la limite du seuil de pauvreté ?

J’ai demandé aussi, en tant qu’élue la délégation au commerce, à l’artisanat et aux professions libérales, la délégation du centre-ville afin de pouvoir travailler pour faire de l’urbanisme commercial. C’est pour cela que l’on a décidé aussi de faire un Tramway qui parte du centre-ville jusqu’au cap Janet, qui maille le territoire et de l’autre côté qui monte à l’Est. On voulait continuer jusqu’au stade Vélodrome mais il s’arrête à la rue de Rome, à Castellane. On passe ainsi d’un petit centre-ville à un grand centre-ville. On a aussi fait le constat de ce qui était déjà existant : à Plan de Campagne, 750 Millions d’euros de chiffres d’affaire ; Vitrolles et les Milles, 400 millions d’euros sans habitants ; Aubagne, 45 000 habitants et 450 millions d’euros. L’Hyper centre-ville de Marseille, c’est entre 450 et 500 millions d’euros de chiffres d’affaire. Marseille qui est au centre de la Communauté urbaine, représente la moitié du département des Bouches-du-Rhône et le quart de la Région Paca.

Alors Marseille doit être la centralité. Pour ce faire, il a été décidé de conforter les centres commerciaux comme Grand Littoral avec un cinéma de 15 salles et un investissement de 15 millions d’euros et qui a fait venir des locomotives comme Primark et le projet de Tivoli Parc ; de conforter La Valentine avec tout ce qui a été refait (le Printemps, Casino, Grand-V) puis de conforter Bonneveine, ce qui se fait plus lentement. C’est la ceinture extérieure intramuros de Marseille parce que l’autre côté il y a la mer. Nous avons donc décidé de faire une ceinture moyenne en projetant le Centre Bourse qui s’agrandit et investit entre 80 et 90 millions d’euros et on va le lier au musée d’Histoire de Marseille rénové. Après viennent les Terrasses du Port via la rue de la République ; il y a aussi les Voûtes de la Major (7 500 m²) et les Docks (17 000 m²) en lien avec le musée Regards de Provence, le Mucem et la Villa Méditerranée. Marseille Capitale Européenne de la Culture nous a donné un objectif formidable pour 2013. Pour la troisième partie, il y a le projet de la Capelette avec le Palais Omnisport liant loisirs et sports ainsi que le stade Vélodrome pour l’Euro 2016 avec des habitations, un tout nouveau quartier et un nouveau centre commercial au Sud pour accueillir environ 5 000 nouveaux arrivants par an à Marseille.

Qu’apportent les Terrasses du Port ?
Toujours dans le fil rouge depuis 2001 il faut faire revenir les commerces. En travaillant avec l’urbanisme, non seulement il fallait faire revenir les gens et l’économie dans la ville mais il fallait s’occuper des croisiéristes, des touristes pour une autre économie à Marseille puisqu’il y avait une perte d’industries. Sur tous les projets qui nous ont été proposés celui qui a été réalisé aux Terrasses du Port était le plus attractif et le plus beau : il s’ouvrait sur la mer. Il nous propose, en outre, une offre de restauration (avec deux nouveaux restaurants à venir sur les 5 emplacements restants selon la direction des Terrasses, ndlr), le parking dessous et des chaînes de grande consommation comme ailleurs mais aussi de nouvelles enseignes.

Vous entendez-donc changer le Centre-Ville de place ?
L’objectif n’est pas de changer le Centre-Ville de place mais de le requalifier complètement. En 2008, je savais qu’en faisant ces centre commerciaux, il fallait repenser le centre-ville avec en ligne de mire la réfection des rues Paradis, Saint-Ferréol et rue de Rome avec le Tramway ; le ravalement des façades des rues transversales ; la réfection des éclairages et la signalétique. Malheureusement en 2008 on perd la Communauté Urbaine qui sera dirigée par le socialiste Eugène Caselli ainsi que les 1/7 qui seront dirigés par le socialiste Patrick Mennucci. Comme l’idée ne venait pas d’eux, ils ont tout bloqué notamment pour faire le Tramway qui a finalement été commencé rue de Rome en plein 2013, pendant l’année Capitale Européenne de la Culture.

Comment envisagez-vous cet Hyper-centre ?
Je voudrais que l’hyper-centre devienne comme le Faubourg Saint-Honoré à Paris. C’est-à-dire, rue Paradis, enlever les voitures, agrandir les trottoirs, ravaler les façades, ainsi que celles de toutes les rues transversales. Cela génèrera un flux de piétons plus important. La place Lulli (1er), par exemple, devenue espace piéton reçoit 17% de passage en plus ; pour la rue de la République c’est 30% et pour le Vieux-Port c’est 80% de piétons supplémentaires. Notre rôle en tant que collectivité c’est de refaire l’espace public, de rendre le quotidien meilleur, que la propreté et la sécurité soient améliorées ainsi que les lumières et la signalétique. Il faut également que l’hyper-centre soit de très grande qualité. Des investisseurs du luxe ont déjà doublé leurs surfaces de vente comme Vuiton, Hermès, Armand Thierry. Pour booster le tout, il y a l’arrivée du Hard Rock Café Cours d’Estienne d’Orves. L’hyper-centre a une vocation tout à fait différente des Terrasses du Port qui attirent les visiteurs de Toulon, Montpellier et Orange, pour boire un café et se restaurer ainsi que la clientèle de croisiéristes et de touristes qui représentent 30% de la nouvelle clientèle des Terrasses, selon sa directrice Sandra Chalinet. Il faut prendre en compte l’apport des croisiéristes et touristes dans l’économie de la ville : ils apportent 100 euros par jour et par personne. Un bateau de 2 000 passagers rapporte donc 200 000 euros par jour au commerce local.

Et les petits commerces ?
Mais, je ne les oublie pas. Je travaille beaucoup en fédérant des associations de commerçants dans tous les secteurs. J’ai trois Fisac en cours (Fonds d’investissement et de soutien à l’action commerciale ndlr) pour le petit commerce mais le gouvernement socialiste m’a coupé les vivres. Un sur le 3e arrondissement de 750 000 euros, un sur Belsunce (1er) « viens à Marseille » avec un nouvel Intermarché… et un autre rue de Rome pour aider les commerçants qui supportent mal les travaux du Tramway. Et sur les noyaux villageois, 110 à Marseille, nous avons aidé des petites superettes, des bouchers, des boulangers etc… Voilà l’esprit.

Après 2013, Capitale Européenne de la Culture, avant la Coupe d’Europe de Football en 2016 et l’année 2017 Capitale Européenne du Sport à Marseille, 2014 et 2015 seront-elles les années du commerce ?
Peut-être, on est parti sur un triptyque économie nouvelle sur Marseille qui est “Tourisme, Commerce, Culture”. En attente du financement des Fisac, nous avons rendu 50 000 m² au sol sur le Port de commerce aux Marseillais (empiètement au sol des Terrasses du Port, ndlr) qui redécouvrent la mer. Marseille est, en effet, devenu une ville touristique (ville touristique depuis 2012, ndlr), grâce à Dominique Vlasto, adjointe au Tourisme et au Patronat qui a signé avec les syndicats pour le travail, le dimanche.

La concurrence avec Plan-de-Campagne, n’est-ce pas là un combat d’arrière-garde à l’heure de la Métropole ?
Non, ce n’est pas un combat d’arrière-garde car, même s’il n’y avait pas eu la Métropole, Plan de Campagne est sursaturé et sous moratoire. Il y a une trop grande surface et des problèmes de circulation. Ce n’est pas un combat d’arrière-garde parce qu’il y a un problème de territoire. On ne peut pas tout mettre à Plan de Campagne, indépendamment de la Métropole ; l’essence coûte très cher, les gens maintenant veulent trouver sur place la même chose.
Il faut savoir que les grands hypermarchés fonctionnent beaucoup moins et les grandes enseignes comme Casino, Monoprix ou Carrefour font des petites boutiques comme les Daily parce que les gens veulent trouver tout, près de chez eux. Il y a une question de service. Les gens téléphonent et se font livrer chez eux. Exemple, le Casino place du Général de Gaulle en centre-ville marche très bien ; les gens se font livrer. C’est tout un système qui a changé. Ce n’est pas pour contrer Plan de Campagne, c’est une erreur, c’est pour rééquilibrer le territoire. Nous avions 200 000 m² de surface qui manquaient sur Marseille et c’est tout. Nous avons toutes les charges de centralité et ce sont tous les autres qui ont les recettes. Si on peut récupérer les sous, c’est très bien.

Votre fer de lance semble être les 2e et 3e arrondissements de Marseille ?
Je me suis présentée dans les 2/3 un peu contre l’avis du maire. C’est parce que j’ai vu le potentiel pour le commerce. Il fallait que l’on soit là parce que, en 19 ans on a mis 80% du budget dans ces arrondissements, qui pour moi, sont l’avenir de Marseille. Surtout le 3e avec la Gare, la Belle de Mai, Saint-Mauront. Il y a des endroits magnifiques, il y a du boulot et, on ne peut pas agrandir ailleurs.
Ce secteur, c’est là où ça vit où il y a l’économie, qu’il y a le trafic où il y a le port. Il ne faut pas rater cet endroit. Avec Euromed, il y a des projets magnifiques. Rendez-vous compte, on a préempté 6 hectares de casernes. On va pouvoir construire des logements, des bureaux, des écoles, des crèches. On va pouvoir raccrocher ce quartier directement au centre-ville avec la gare. C’est fabuleux. Il y a un grand projet d’architecte qui va sortir en 2015.

Vous étiez pharmacienne, vous avez vendu votre officine en entrant en politique dans les 6/8, puis les cantonales où vous avez éliminé un socialiste et maintenant les dernières municipales en tête dans les 2/3 où vous avez éliminé Eugène Caselli, ancien président socialiste de MPM. Vous êtes une figure montante et active de la municipalité. Alors, rêvez-vous de la mairie ?
Je suis trop vieille… à 60 ans. Pour être maire de Marseille, il faut commencer à 20 ans. J’ai commencé à 45. C’est une charge, être maire de Marseille ; je ne sais pas qui va pouvoir remplacer Gaudin, mais il va falloir qu’il s’accroche. C’est énorme, c’est fabuleux, il ne faut faire que ça, il faut avoir tous les réseaux, tous les rouages. Moi je suis vieille en âge mais trop jeune en politique.

Vous n’y pensez même pas « en vous rasant le matin » pour reprendre la formule consacrée ?
Non pas même pas comme ça ! (rires)

Propos recueillis par Antoine Lazerges

Lettre aux abonnés

Lettre aux abonnés

07/04/2017

Edito

©zal

« Encore heureux qu’il ait fait beau » comme dit la chanson, surtout le troisième des « Dimanches de la Canebière » entre une tempête et une tornade qui se sont abattues sur la ville. Un dimanche radieux comme le sourire rasséréné de la maire (LR) de secteur Sabine Bernasconi en charge de la Canebière qui a lancé il y a un peu plus d’un an cette opération de sauvetage inusitée du centre-ville de Marseille.

Elle déclare une participation de près de 90.000 personnes pour les trois dimanches. Une estimation haute « selon les organisateurs » selon la formule consacrée sans décomptage précis. Des observateurs indépendants et des opposants à la majorité municipale (LR) ©zaltout en se réjouissant de ce succès en relativisent l’impact et estiment que ce chiffre pourrait être raisonnablement ramené à environ 65.000 pour la participation des trois dimanches cumulés. Cela ferait environ de 30.000 badauds pour le dimanche de lancement avec grande parade spectaculaire le 29 janvier, environ 15.000 personnes en majorité marseillais le 26 février moins festif autour d’une thématique circassienne plus élitiste et aussi 20.000 personnes venues en famille profiter d’une accalmie météo dans une zone piétonnisée le 26 mars avec de la musique partout sur la Canebière et alentour ce qui a eu pour effet de rapprocher les gens.

En attendant le quatrième dimanche, le 30 avril, dont le programme ne sera dévoilé que probablement juste avant le premier tour de l’élection présidentielle, il est temps de faire le point sur le fonctionnement de ce site que les internautes sont très nombreux à consulter (plus de 12.000 visiteurs pour plus de 57.000 consultations en 4 mois) et à vous inciter vous, les quelque 1.100 abonnés au site, à participer à son développement.

Suivre cette programmation de tentative de revitalisation de la Canebière un dimanche par mois était initialement un prétexte. Il s’agissait d’un point de départ pour une remise à plat, une nouvelle façon de voir Marseille et la Méditerranée depuis la hune d’un mât imaginaire du Vieux-Port au kiosque à musique. Cette Hune virtuelle est un point idéal d’observation des changements de la ville en partant de cette voie connue du monde entier. ©zalVouloir faire de la Canebière le phare de la Méditerranée, comme l’affirme la maire de secteur, nous avait semblé suffisamment incongru pour nous inciter à investir sans préjugés par une démarche citoyenne dans un site participatif.

Alors que depuis plus de 30 ans la Canebière périclite et que ses boutiques et cafés autrefois attractifs tombent en désuétude, la fine politique qui occupe le siège de maire de secteur a réussi une partie de son pari. On n’en est pas encore au « Broadway marseillais » qu’elle invoque de ses vœux, mais elle a réussi le tour de force de ©zalréunir sur son projet le sénateur maire (LR) Jean-Claude Gaudin et Martine Vassal la présidente (LR) du puissant et riche département des Bouches-du-Rhône dont elle est vice-présidente en charge de la culture. Elle a aussi convaincu nombre d’associations pour qu’elles participent à ces manifestations dont le budget de la sécurisation obligatoire du périmètre piéton un dimanche par mois est plus élevé que celui dévolu aux animations.

Hune de Canebière n’est en rien le portevoix de la maire de secteur même si cette idée de « Broadway » a été lancée lors d’une interview au créateur de ce site dans destimed.fr en juillet 2015 et réaffirmée un an plus tard par a même voie en juillet 2016. Ce site est un support pour des propositions d’internautes, de journalistes,  d’écrivains, de chercheurs et d’historiens ainsi qu’un banc d’essai pour de jeunes journalistes. Ces « Rouletabille » en herbe confrontés ainsi aux productions de professionnels confirmés ont à réfléchir sur la ville et à partir de la Canebière de montrer son évolution. La Canebière par son histoire et sa renommée est une formidable source d’articles avec des angles différents pour parler de la cité et des citoyens qui l’habitent ou y transitent.

Une escouade de “Rouletabille”

Avec plus ou moins de succès, de talent qui vient en grandissant, d’imagination pour utiliser les nouvelles techniques de communication, d’erreurs corrigibles, mais surtout de sérieux dans leurs recherches d’angles originaux ou de traitement original de poncifs habituels avec des textes courts comme des tweets, des photos sur Instagram ou en diaporama et des vidéos, ces étudiants font vivre ce site mis à leur disposition. Ils ont besoin de votre regard, de votre lecture et de vos critiques pour progresser. N’hésitez pas à réagir sur le site et à le leur faire savoir par vos commentaires.

Depuis la Hune de la Canebière, ils vont maintenant s’intéresser au développement du triangle culturel marseillais dont la Canebière est l’axe central, la colonne vertébrale et devrait être la vitrine. Il s’agit de remettre la culture au cœur de la ville avec ses acteurs marseillais qui avaient été un peu laissés pour compte lorsque Marseille était Capitale Européenne de la Culture en 2013 au profit de grandes structures et de décideurs venus d’ailleurs.

Lecteurs, à vos plumes

Vous vous êtes abonné sur le site et vous avez la possibilité de contribuer à son amélioration. Vous pouvez directement proposer des articles, des sujets, des nouvelles, des images qui seront ensuite édités, ou pas, en tenant compte des précautions légales définies dans la rubrique « à propos » du site. Vous pouvez aussi proposer des projets par courriel sur canebiere@canebiere.info.

Dans l’attente de vos réactions.

Antoine Lazerges, journaliste et animateur du site

Engagements du département 13 pour le centre-ville de Marseille

Engagements du département 13 pour le centre-ville de Marseille

Patrimoine, centre-ville et équipements culturels

Le Département apporte son soutien à la Ville de Marseille pour la protection  et la valorisation de son patrimoine historique et culturel, déterminant pour son rayonnement touristique, son attractivité économique et ses pratiques culturelles par un plan de financement d’une centaine de projets dans le cadre de sa politique d’aide aux communes d’un total de 100 millions d’Euros . Un effort tout particulier sera porté sur la dynamisation du centre-ville. de Marseille.

Ravalement de façades

La Ville de Marseille s’est engagée dans un plan de ravalement des façades du centre-ville, préalable indispensable au renouveau du poumon économique marseillais. Cette décision entraîne un coût très important, notamment pour les propriétaires des immeubles concernés. C’est dans ce contexte que le Département s’engage au côté de la municipalité en lui apportant l’investissement nécessaire à la concrétisation de ce plan.

Lutte contre les tags

Dans le cadre de ce dispositif d’aide au ravalement de façades, le Département souhaite accompagner la lutte contre les tags qui nuisent à l’attractivité du centre ville. Des subventions pourront être accordées, par l’intermédiaire de la Ville qui permettront aux propriétaires d’acquérir des matériaux pour façades résistant aux bombes de peinture aérosol.

Stationnement intelligent

Le Département souhaite aider la Ville à mieux maîtriser le stationnement dans le centre-ville. Pour ce faire, il est prévu de financer la pose de plots intelligents sur les artères de l’hyper-centre. Ils permettront le contrôle à distance du paiement du stationnement et indiqueront aux automobilistes les places libres en temps réel.

Préemption de commerces

Dans le but de structurer l’offre commerciale et de développer l’activité économique dans l’hyper-centre, le Département s’engage à préempter certains commerces. L’objectif est de reconquérir les artères en perte de vitesse pour favoriser les commerces de proximité.

Acquisition dimmeubles

Des bâtiments structurants pour la vitalité du centre-ville vont être acquis par le Département afin de leur redonner le lustre qu’ils avaient perdu. Ce sera le cas de la caserne du Muy (3e) où un projet de innovant sur la nouvelle économie sera ensuite initié. La maison de la région sur la Canebière sera également acquise afin d’y installer la mairie du 1/7 qui aura démenagé pour laisser place au nouveau cinéma.

Les lieux cultuels

◗ Église des Réformés (1er arrt)
Édifice religieux majeur du centre-ville marseillais, l’Église des Réformés nécessite une remise en état complète. Le Département va financer la majeure partie de ce chantier de rénovation, qui marquera un autre signe fort de la redynamisation de la Canebière.

Marseille : le centre-ville doit-il devenir piéton ?

Marseille : le centre-ville doit-il devenir piéton ?

La Provence Marseille, vendredi 23/12/2016,  avec l’aimable autorisation de l’auteure Laetitia Gentili

Après l’expérience positive du week-end avant noël, l’initiative est étudiée de près par les professionnels.

photo La ProvenceIl n’y a pas une semaine où la question de la redynamisation du centre-ville ne se retrouve sur la table politique. Le problème a beau être retourné dans tous les sens, le constat reste le même : le commerce est en souffrance. Certains veulent inverser la tendance, comme l’association Rue Grignan qui a proposé de rendre aux Marseillais les artères comprises dans le carré Rome, Paradis, Grignan, De-Gaulle. Deux tests grandeurs natures ont ainsi été faits. En septembre avec la grande braderie, puis les 17 et 18 décembre lors d’un week-end piéton. Conclusions plutôt positives pour les clients.

en savoir + (…) avec les réactions des lecteurs de La Provence

Projet pour 2017: Une rue Paradis plus accueillante

Projet pour 2017: Une rue Paradis plus accueillante

reprise de la communication du CIQRome

 

Rue Paradis perpendiculaire à la Canebière

Trottoirs étroits, stationnement en double file, revêtement dégradé, mobilier urbain désuet… La rue Paradis a besoin d’un profond lifting. Ce sera chose faite en 2017 entre la place Estrangin et la Canebière. Le projet de requalification présenté par le Conseil de Territoire Marseille Provence satisfait les demandes du CIQ (Comité d’Intérêt de Quartier) pour un espace apaisé : trottoirs élargis, une seule voie de circulation limitée à 30 Km/h avec un espace pour les vélos, plantation d’arbres, containers enterrés, emplacements livraison et stationnement minute.

Lors de la concertation le 12 septembre, le CIQ a particulièrement insisté pour un nombre suffisant de parcs deux roues, un revêtement favorisant le nettoyage et une protection des espaces piétons.

Démarrage des travaux en février 2017 pour une petite année.

Consulter le projet de requalification

Lire l’article de presse du 13 septembre 2016