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Catégorie : Rouletabille

Canebière/Centre Bourse : la piétonnisation en marche

Canebière/Centre Bourse : la piétonnisation en marche

En travaux depuis juillet, le bas de la Canebière devrait offrir un nouvel espace d’ici la fin de l’année. Moins de pollution, plus de facilité pour s’y balader, l’une des artères principales de Marseille fait peau neuve.
Piétonnisation réalisée du Vieux-Port au Cours Saint Louis englobant les abords du Centre Bourse en cours de finition, l’entrée du jardin des vestiges et la Poste Colbert d’un côté, le Cours Jean Ballard, la place du Général De Gaulle et le bas de la rue Paradis, de l’autre. 
Marie Audemard (IEJ3)
A la Canebière, piétonnisation plutôt que paupérisation

A la Canebière, piétonnisation plutôt que paupérisation

©zal

Au centre-ville de Marseille est lancé depuis 2017 un vaste programme dit de « requalification ». A quatre mois des élections municipales de 2020 la Canebière reste un espace aux enjeux multiples

©zalC’est en mars 2019 que le projet de « requalification » du centre-ville de la cité phocéenne  a été lancé, suscitant les intérêts et les interrogations des habitants. Après le réaménagement de la rue Paradis, le déplacement des terminaux de bus de l’esplanade du centre bourse vers le cours Jean Ballard, la requalification du cours Lieutaud, le réaménagement des abords du jardin des vestiges, les pelleteuses ont attaqué en juillet la Canebière. Une vaste opération de piétonnisation qui devrait se terminer en janvier 2020 au carrefour Canebière/Dugomier/Garibaldi. Une occasion de définir et chiffrer les enjeux d’une piétonnisation désirée par toutes et tous mais qui fait de nombreux automobilistes mécontents. Ces derniers s’insurgent en se demandant à quoi cela peut servir de piétonniser une voie pauvre en commerces et offres culturelles mettant en doute les affirmations des décideurs d’un projet global de requalification, embouteillant la ville déjà championne en la matière.©Marian Cregut

Le chantier annoncé devrait coûter 60 millions d’euros au contribuable et se répartir sur deux périodes : la première en 2019/2020 et la deuxième en 2020/2021. La rénovation est à l’honneur. La Hune de la Canebière dans un article daté de mars 2019 souligne la volonté de la ville de planter 450 arbres, faisant écho à une volonté citoyenne d’un aménagement plus « vert » de la cité phocéenne. Sont également inclus le pavement des rues et la rénovation architecturale. Les deux phases de travaux concernent 72 hectares dont il est prévu que 22 soient intégralement piétonnisés.

©Marian CregutLa présidente (LR) de la métropole Aix-Marseille et du département des Bouches-du-Rhône, candidate déclarée et adoubée par Jean-Claude Gaudin à sa succession à la mairie de Marseille, Martine Vassal, affirmait : « L’image du centre-ville s’est détériorée au fil du temps. Il y a un désamour du centre et c’est très inquiétant pour la 2e ville de France de ne pas avoir l’attractivité qu’elle mérite. Notre volonté est d’augmenter la fréquentation des commerces et que les habitants puissent y vivre en sécurité. Ces dernières années, on a refait les centres-villes de La Ciotat, Gignac, Cassis… Et la métropole voulait aussi offrir à la ville centre, un centre-ville de ce nom ».

« On vit comme des rats » !

-4390898822079490713Car la Canebière est une voie de passage désespérément pauvre. On est frappé d’y constater le nombre de chantiers de travaux publics qui, s’ils sont nécessaires au réaménagement, enlaidissent un espace suintant la vétusté. Le lycée Thiers, le théâtre des Bernardines, la façade du local de Force Ouvrière, autant de lieux naguère importants croulant aujourd’hui sous le poids de l’abandon et des graffitis. De partout des façades sales, usées, misérables. De partout des murs qui s’effritent, des volets vieux ou manquants, des fenêtres qui protestent contre la fatalité de leur sort. Alors c’est ça la Canebière, s’interroge le visiteur approché : tellement de voitures que la route ne peut toutes les contenir, des gens pauvres et des pauvres gens qui vont et viennent, s’enfonçant pour certains dans des ruelles sombres plus humides que la pluie et plus froides que l’hiver ? Alors c’est ça la Canebière : de trop rares piétons qui se risquent au hasard des quelques boutiques encore ouvertes qu’on y peut trouver ? Comme le confie à l’auteur de ces lignes Hamid, habitant du quartier de Noailles : « On est parqué dans des taudis comme des bêtes, et on vit comme des rats. De toutes façons, après les effondrements de la rue d’Aubagne, on ne fait plus du tout confiance à nos responsables politiques. On vit dans la misère, et on a peur ». L’effondrement de deux immeubles vétustes avait fait huit morts le 5 novembre 2018.

Espaces publics et propriété citoyenne

©Marian CregutSi Marseille est l’une des villes les plus touchées par les inégalités économiques, “la Canebière, même à l’abandon, reste la propriété des citoyens, qui s’y meuvent et s’y rencontrent”, confie Julie, jeune étudiante qui vit elle aussi à Noailles. Pour elle, la rue est l’espace public, ce lieu imperméable aux discriminations multiples quoi qu’inadmissibles. C’est la conception que s’en fait Dominique Bluzet, directeur des Théâtres du Gymnase et des Bernardines à Marseille, du Jeu de Paume et du Grand Théâtre de Provence à Aix , ainsi que rapporté par le site web Les Théâtres. Établissant un parallèle avec la rue, “propriété citoyenne et collective”, Dominique Bluzet donne du théâtre la définition suivante : « Le but du théâtre public c’est d’être là pour accueillir le public, c’est-à-dire le citoyen qui estime qu’il est naturel que des collectivités (l’Etat, la région, le département, la Métropole, la ville) financent des structures culturelles ». Il est directement impliqué dans le devenir de la Canebière, indiquant aider au « recyclage » de bâtiments laissés à l’abandon afin d’en faire des lieux à vocation culturelle : « Aujourd’hui je reprends une brasserie à côté du gymnase, un immeuble où je vais faire des résidences d’artiste », précise-t-il.©Marian Cregut

“L’actualité est donc plus que jamais à l’état et au devenir de notre Canebière, qui ne doit pas révulser les habitants mais présenter le centre-ville de Marseille sous un nouveau jour”. C’est le pari de Sabine Bernasconi, maire (LR) du premier secteur de Marseille et vice-présidente du Conseil Départemental des Bouches-du-Rhône en charge de la culture.

Marian CREGUT (IEJ 3)

En savoir + sur

Piétonnisation Canebière, clic, la situation rue d’Aubagne, clicRegards sur Noailles clicrequalification rue Paradis, clicrequalification Cours Lieutaud, clic

 

 

Marseille s’offre Noël en bas de la Canebière

Marseille s’offre Noël en bas de la Canebière

©Guillaume Richaud

Quand on le voit on sait qu’arrive noël. Le marché tant attendu de tous les Marseillais est de retour cette année du 16 novembre au 5 janvier 2020.©Guillaume Richaud

Sur le Quai de la fraternité, sur le vieux-port en bas de la Canebière, sont présents pas moins de 55 cabanons, avec chacun des produits différents. On y trouve quoi alors ? Le fameux savon de Marseille, mais aussi pas mal de confiseries… sans parler des étalages de figurines en tout genre. Le marché se diversifie tout en restant attaché à la culture provençale.

Accès, depuis l’intérieur du marché, à la grande roue  d’où l’on peut voir les stands de plus haut. Dès que la nuit commence le Vieux-Port et le marché s’illuminent aux couleurs de noël.

©Guillaume RichaudPour Ludivine Harmond, une habituée des lieux, c’est toujours un bonheur de voir les étalages. « Je n’aime pas trop noël, mais le marché c’est différent. Depuis toute petite j’y vais, je ne rate pas une année, ça fait partie de nos traditions. Et à Marseille il est plutôt joli je trouve,©Guillaume Richaud surtout le soir ».

Particularité du marché : il n’y à pas de stands à santon ! Depuis quelques années maintenant (1803) il y a la foire aux Santons, juste derrière la grande roue quai du port pendant les travaux de piétonisation de la place du Général De Gaulle en bas de la Canebière. Sont présents 40 santonniers, venus exposer leurs pièces dont un santon gilet jaune depuis 2018. Il y en a pour tous les goûts, en terre cuite ou en silicone, le santon fait toujours la joie des Marseillais. Cette foire est ouverte elle aussi du 16 novembre au 30 janvier.

Guillaume Richaud (IEJ3)

Effondrements rue d’Aubagne : où en sont les rescapés ? 

Effondrements rue d’Aubagne : où en sont les rescapés ? 

visuel rue d'aubagne © Parenthèses
Un an après le drame de la rue d’Aubagne, tour d’horizon auprès des sinistrés relogés.
L’effondrement, la peur, les cris et puis plus rien. Un an après la tragique journée qui faisait 8 morts rue d’Aubagne à Marseille, la situation des délogés a avancé, mais beaucoup reste à faire. « Ces derniers temps, il n’y a pas une nuit où je me couche sans penser à la rue d’Aubagne et à ma vie d’avant. Entre les démarches, l’angoisse, l’incertitude, ces derniers mois nous ont maintenus dans un rythme fou, mais à l’approche de la date anniversaire, je ressens vraiment le contrecoup. » explique Fred, un relogé de la rue d’Aubagne à La Provence. Sur les 3700 sinistrés, 1486 personnes ont été relogées tout d’abord dans 27 hôtels réquisitionnés par la ville, puis dans des logements provisoires. C’est l’association Soliha Provence qui a été chargé de lancer un appel d’offre afin que les bailleurs sociaux puissent proposer des appartements disponibles. 
C’est le cas d’Unicil, un bailleur social qui a directement proposé plus de 300 logements, seuls 91 ont été retenus et 75 sont aujourd’hui en cours de location. Les appartements sélectionnés devaient tenir compte du périmètre afin de rester dans les environs du quartier, et de la sécurité. Le bail quant à lui, rappelle que ces logements ne sont que provisoires, puisqu’ils ne sont pas au noms des rescapés mais bel et bien à celui de l’association. La sous-location étant l’option par défaut, les délogés ont malgré tout le choix d’établir un bail permanent. 
Des projets menés par la ville 
Même si tout n’est pas terminé, “la ville s’investit malgré tout dans l’amélioration de la qualité de l’habitat”, et particulièrement dans le centre ville, déclare Coline Verlaque, représentante d’Unicil. D’ajouter: notamment “avec le projet Marseille Horizons et ses 2000 logements sociaux rénovés”. Enfin, affirme-t-elle, la ville “met un point d’honneur à lutter contre l’habitat indigne”, que ce soit au niveau de l’état des logements ou même de l’éradication des marchands de sommeil.
Marie Audemard (IEJ3)
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Revue de presse : Les effondrements Rue d’Aubagne.

Il y a un an, le 5 novembre 2018, deux immeubles Rue d’Aubagne proche de la Canebière s’effondrent. 8 victimes sont retrouvées dans les décombres. Un évènement traumatisant pour le peuple marseillais. Un an après, un moment de commémoration a eu lieu ce mardi 5 novembre à 9h5, de quoi relancer le sujet. Beaucoup de journaux en ont parlés, et rebondissent sur l’actualité pour faire un état de la situation. La majorité des journaux Nationaux ou régionaux se retrouvent dans une idée commune, politique,  à l’approche des municipales 2020. La majorité des articles s’ouvrent sur les élections. Pour le(a) futur(e) Maire comment appréhender l’insalubrité des logements Marseillais ?

Retour en image sur les différentes unes de nos journaux.

Voici la Une de Libération :libé

Titre évocateur, image terrible de l’effondrement… Libération dénonce l’après désastre et le sentiment d’abandon des Marseillais. Le journal met en lumière à travers son article l’insalubrité des logements Marseillais.

Le Parisien opte pour l’Hommage nationalLe Parisien

Le choix du journal s’est porté sur la détresse et la tristesse des riverains, un an après les effondrements.  L’article se veut bouleversant, afin de montrer la tragédie de la situation. La parole est donnée aux Marseillais, énervés par la situation actuelle des choses.

Le Figaro angle autour de l’économie.

Le Figaro

Le figaro choisit de traiter les effondrements rue d’Aubagne d’une manière particulière par rapport aux autres journaux. Ils parlent de l’insalubrité des bâtiments maintenant.

A travers leur papier, ils lèvent le voile sur l’habitat indigne, et les actions mises en place par la ville pour aider les victimes de l’effondrement.

La Marseillaise aux premières logesLa Marseillaise

La parole est donc donnée au peuple Marseillais, et plus particulièrement au collectif du 5 novembre. Le journal local choisit de montrer que la crise n’est pas résorbée. L’image  est forte et permet de commémorer ce triste moment de l’histoire Marseillaise.

« Nous devons continuer à nous battre car cette municipalité n’a pas la volonté politique que les choses changent » (La Marseillaise).

Le Monde : “Au-delà du désastre”

Le MondeLe seul journal de cette revue de presse à évoquer en introduction l’existence d’une crise Marseillaise, un an après les effondrements. Comme les autres journaux, il nous décrit une ambiance lourde lors de la commémoration. Preuve que les Marseillais n’oublient pas.

La Provence, 5 novembre 2019

Samia Ghali rue d'aubagne 5 novembre La ProvenceLa sénatrice des Bouches-du-Rhône Samia Ghali était présente ce matin à Marseille, rue d’Aubagne, pendant la cérémonie d’hommage aux victimes du drame du 5 novembre 2018. “C’était de mon devoir de Marseillaise et d’élue d’être ici”, confie-t-elle à notre micro après la commémoration. Après une cérémonie calme qui a réuni plusieurs centaines de personnes, un groupe s’en est pris à l’élue, lui ordonnant de “se casser” et l’accusant de “récupération politique”. “Je ne pouvais rien faire contre l’effondrement de cet immeuble, nous rétorque Samia Ghali. Des familles de victimes souhaitent me parler et je suis là pour elles.”

La Croix : La colère des MarseillaisLa Croix

Un an après le drame de la rue d’Aubagne à Marseille : drapeaux en berne et habitants en colère (AFP)

rue Aubagne 5 novembre 2019 ©AFPLes drapeaux seront mis en berne et une minute de silence sera respectée mardi à l’hôtel de ville deMarseille, pour le premier anniversaire du drame de la rue d’Aubagne, a annoncé lundi le maire LR Jean-Claude Gaudin. Affirmant “porter le deuil de cette tragédie, malgré les invectives et les injures publiques”, celui qui dirige la ville depuis 24 ans ne sera cependant pas présent sur les lieux du drame mardi au coeur du quartier populaire de Noailles, à quelques encablures du Vieux Port: “Je ne crois pas que ma présence soit souhaitée”, a-t-il déclaré lundi matin lors d’une conférence de presse à l’hôtel de ville, assurant chercher “l’apaisement”.

Guillaume Richaud (IEJ3)

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Présentation d’un “livre bilan” après l’effondrement des immeubles par Karine Bonjour, éditions Parenthèses:
© Parenthèses«Quand j’ai vu que la pluie – la mairie – décollait les affiches, que le temps estompait les fresques, que les mots s’envolaient, j’ai tenté de les capturer, de les maintenir en vie, de les conserver contre l’oubli. Pendant six mois, j’ai collecté les expressions verbales et visuelles qui envahissaient Noailles, puis Marseille, qui, tout simplement, disaient Noailles et Marseille, le drame et la solidarité, leur présent et leur avenir. Ce livre les restitue. Récit d’un effondrement, de l’émotion et du réveil qui l’ont suivi. Empreinte d’une mémoire partagée, empathique et créative, solidaire et engagée.» K. B.
voir quelques bonnes feuilles, clic: editionsparentheses.com
Rue d’Aubagne, la colère ne désenfle pas

Rue d’Aubagne, la colère ne désenfle pas

GRAFFITI RUE d'Aubagne à Marseille aprèsl'effondrement des imeubles en 2018 rprise Internet

Un an après les effondrements rue d’Aubagne, à quelques mètres de la Canebière dans le quartier populaire de Noailles, la colère ne désenfle pas à Marseille. Les pouvoirs et acteurs publics sont toujours à l’épreuve de l’insalubrité et de l’indignité de l’habitat.

« On voit bien que la réparation n’a pas eu lieu »

Dans ce quartier du centre-ville historique, le 5 novembre 2018, trois immeubles s’effondrent, coûtant la vie à huit personnes. Avant-hier mardi matin un vibrant hommage a été rendu aux victimes, “ces sacrifiés et sacrifiées de l’insalubrité de l’habitat indigne” . Collectifs, associations, parents, enfants, habitants, ils sont toutes et tous là pour se recueillir durant huit minutes silencieuses en souvenir de Julien, Marie, Simona, Fabien, Pape, Taher, Ouloume et Chérif. Sur les ruines de la rue d’Aubagne coulent désormais des larmes, de chagrin certes, mais aussi de colère. Cette colère qui gronde et fait écho à une banderole sur laquelle on peut lire «Ni oubli, ni pardon». Cette colère qui couve une année durant pour ne jamais s’éteindre. Comme le révèle Fatih Bouaroua, d’Emmaüs Pointe-Rouge, au micro de nos confrères de La Marseillaise : «On sent que l’émotion est encore forte. Les secousses de ce tremblement de terre social et politique se font encore sentir. On voit bien que la réparation n’a pas eu lieu». Un «tremblement de terre social et politique» dont on constate qu’il secoue fortement la classe politique locale. Marc Leras, journaliste au Parisien, le relève dans son article daté du 5 novembre : «L’ambiance s’est ensuite tendue quand l’ancien élu PS Patrick Mennuci et la sénatrice des quartiers nord Samia Ghali sont arrivés sur place. Pris à partie et hués par une partie de la foule, ils ont finalement dû quitter les lieux après de longues minutes de cohue ». Quant au Collectif du 5 novembre, composé «d’une cinquantaine d’habitant.es bénévoles qui agissent pour interpeller les pouvoirs publics mais également pour organiser des rencontres dans le quartier avec les habitant.es et les délogé.es de toute la ville», ainsi qu’il se présente. Il publie un communiqué postérieur aux turbulences d’une foule ayant soif de justice, regrettant, «avec amertume, que certain(e)s élu.es n’aient pas souhaité rester discret.es en ce moment d’émotion et de colère en tentant de se rendre visibles 15 minutes après l’hommage». Au recueillement assourdi succède la fureur bruyante. «Dégagez, cassez-vous» ! peut-on ainsi entendre à l’égard de certains élus locaux. On fait circuler un micro parmi les présentes et les présents, pour que la parole, plurielle et unie, s’exprime. Mais c’est bien la rage en arrière-plan qui prédomine : «C’est toujours les pauvres qui paient le prix et c’est pourtant ceux qu’on entend le moins», témoigne un habitant dont les propos sont recueillis par La Marseillaise. La pauvreté, vecteur de la colère à Noailles ? Sont-ce les pauvres que nous raconte cette colère encore chaude des larmes versées en souvenir de ces huit parti.es trop tôt ? Sont-ce les politiciens qu’on tient pour responsable à travers la vétusté constatée et éhontée de centaines de logements sociaux à Marseille? C’est ce que la tension palpable de cet après-midi soulève.

« Je lui ai fait promettre de partir au plus vite ».

Combien de 5 novembre encore dardent leur mauvais œil sur le sol phocéen ? Dans son article paru mercredi 6, David Coquille, journaliste politique à La Marseillaise, récence pas moins de 4.500 immeubles à l’état inquiétant « dont 3.000 susceptibles de recevoir une injonction de ravalement d’ici 2021». Nombreux sont celles et ceux déplorant la politique de pouvoirs publics en matière de logement qu’ils qualifient d’irresponsable. Et David Coquille d’ajouter, au sein du même article : «Déjà avant le drame du 5 novembre et l’évacuation à ce jour de 420 immeubles inquiétants ou carrément en péril grave et imminent, des voix s’étaient élevées pour dénoncer le fait que ces opérations cosmétiques ignoraient les désordres graves pouvant ronger de l’intérieur des bâtiments». Liliana Lalonde, la maman de Julien, une des victimes du drame, a confié au micro de notre consœur Coralie Bonnefoy, du journal La Croix, que l’appartement dans lequel vivait son fils était dans un état déplorable, et qu’elle s’inquiétait pour lui : «J’étais horrifiée par l’état de son appartement. Il y avait un étai dans l’entrée, des fissures aux murs, les prises faisaient des étincelles… Je lui ai fait promettre de partir au plus vite». Si le maire (LR) Jean-Claude Gaudin, à la tête de l’hôtel de ville de Marseille depuis 24 ans, a confié dans une précédente interview que cette «catastrophe inimaginable» le hante tous les jours, il a néanmoins entendu défendre son bilan, et notamment les quatorze millions d’euros qu’il assure que la mairie de Marseille a déboursé dans la gestion de cette crise. Par ailleurs, certaines mesures semblent avoir été prises. Ainsi en va-t-il de la suivante, rapportée là-encore par David Coquille: «Toute suspicion d’anomalie pouvant présenter une dangerosité concernant la stabilité des structures devra faire l’objet d’un signalement». Toutefois, les timides mesures annoncées ou mises en place semblent ne pas avoir rassuré ni calmé la population marseillaise, qui continue de demander des comptes depuis maintenant un an. D’autant que la question des expulsés reste en suspens. Tous n’ont pas encore regagné leur domicile après les expropriations «d’intérêt public» dont ils ont fait l’objet. Certains sont contraints de vivre, toujours aujourd’hui, à l’hôtel : « Les chiffres sont alarmants. 3.700 délogés, 55 ménages réintégrés et 63 relogés en définitif, soit à peine 300/400 personnes sur l’ensemble des personnes évacuées», souligne au HuffPost le Collectif du 5 novembre. Il précise que des évacuations sont toujours en cours au moment où nous écrivons ces lignes». De quoi enfoncer encore davantage les élus locaux, voire nationaux (il a plusieurs fois été demandé des comptes à Julien Denormandie (ministre auprès de la ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, chargé de la ville et du logement). De quoi convoquer la responsabilité des politiciennes et politiciens à la barre de la justice. A quelques mois des municipales de 2020, rien n’est plus sûr pour personne…

Marian Cregut (IEJ 3)

La grande roue de retour sur le Vieux-Port

La grande roue de retour sur le Vieux-Port

©zal

Elle est de retour, au beau milieu du vieux port en bas de la Canebière. La grande roue refait son apparition pour la saison d’hiver. Elle s’est installée pour trois mois maximum sur le Vieux-Port jusqu’au 12 janvier 2020 suivis de trois autres mois sur le J4 devant le MuCEM avant de retourner sur les plage du Prado sur l’espace Borely.

©zalHaute de 43 mètres pour une capacité d’accueil de 200 personnes, elle est la deuxième plus grande roue de France. Elle permet de découvrir Marseille sur tous les angles grâce à la vue panoramique qu’offre la roue. Elle est ouverte tous les jours, de 10 heures à 23 heures, tarif réduit pour les enfants et 7 euros pour les parents.

Pour Sylvie Martin, une restauratrice du Vieux-Port, cette grande roue permet de faire plaisir aux Marseillais et aux touristes.  Didier, un riverain du quartier, ne partage pas cet avis: « Elle prend trop de place, ça dénature notre Vieux-Port tout ça pour gagner un peu d’argent »©zal

La concession de la ville de Marseille prévoit quelque 8.000 €uros mensuels pour l’implantation sur le Vieux-Port ou le J4 et 5.700 € pour le site du Parc Balnéaire Borely Prado, selon le projet d’Autorisation d’Occupation temporaire du Domaine Public portant installation d’une grande roue sur différents site de Marseille daté de mars 2019.

Guillaume Richaud (IEJ3)

D2K#23: Pouce(s) vert(s) pour la Canebière !

D2K#23: Pouce(s) vert(s) pour la Canebière !

À Noailles, un dimanche de la Canebière placé sous l’égide de l’écologie à l’occasion de la deuxième 2ème édition du mois de l ’écologie positive qui s’est terminée le 30 octobre.

La Canebière, une diversité… singulière. Des singularités… communes. En y pénétrant, on est frappé par l’allure plurielle d’une foule qui semble pourtant marcher au même pas, dans des directions différentes, et donnant malgré tout l’impression de se presser autour des stands exposés à l’occasion des dimanches de la Canebière dont c’était la 23ème édition (D2K#23) depuis janvier 2017. Le beau temps honore de sa présence ce début d’après-midi du 27 octobre.

« C’est la première fois que je participe », rayonne Giselle Dudin. Cette artisane aux tatouages fournis a installé son stand à quelques pas de la bouche de métro de Noailles. Elle a fait le déplacement depuis la commune de Gémenos. La vaisselle compostable non jetable qu’elle propose attire les sourires, attise la sympathie. Pour l’instant, il s’agit de ce qu’elle nomme la vaisselle de Provence, seule proposée au public, la vaisselle de Marseille étant prévue pour être lancée à partir de 2020. On l’a compris : Giselle est une fervente lutteuse contre le gaspillage. Tout ce qui est à jeter est peut-être avant tout à (ré)utiliser. Un bracelet cassé, par exemple, peut faire l’affaire, pourvu qu’on veuille bien être ingénieux.

Elle fait partie d’une brigade ayant pour nom « BRIGADE ANTI-GASP’ », composée de deux stands ce dimanche après-midi, et elle envisage pour cette brigade l’établissement d’un partenariat avec les stands voisins, groupés sous l’appellation « REPAR’ACTEURS » et sous l’égide de la Chambre de Commerce. Cette amoureuse de l’environnement a d’ailleurs déjà réservé sa place pour le Congrès Mondial de la Nature qui se tiendra en juin prochain à Marseille.

RECYCLOP : l’écologie, quoi de plus naturel ?

Le stand voisin est celui de RECYCLOP, une association de lutte contre le jet des mégots de cigarettes au sol. Devant le stand, une poubelle devant recueillir lesdits mégots. Plusieurs personnes se tiennent derrière le stand. Des jeunes filles, des hommes. Abdès Bengorine est le référent, le responsable de l’association. Il prend part depuis leur création en 2017 aux dimanches de la Canebière. Il participe depuis cinq ans au salon éco acteur mis en place par la mairie. Si l’idée de cette organisation verte a germé en 2013, c’est en 2015 que le cap a été franchi et qu’elle a été fondée.

20191027_153417Si Abdès est pour ainsi dire un « pro » de l’écologie, connaisseur depuis longtemps engagé dans cette cause qu’il veut commune, on trouve à ces côtés des gens plus jeunes, moins au fait des connaissances écologiques nécessaires à cette lutte citoyenne. On trouve même derrière le stand une jeune fille effectuant son service civique aux côtés de l’équipe de RECYCLOP. Moins au fait des connaissances écologiques, à n’en point douter. Mais gageons que cette jeune écologiste en herbe arrosera de ses convictions la graine de la volonté populaire, afin d’en faire germer la responsabilité accrue de chacune et chacun.

Texte et photos Marian CREGUT (IEJ3)

 

D2K#23: on fête la nature

D2K#23: on fête la nature

Dimanche 27 octobre sur la Canebière par beau temps et avec des montres retardées d’une heure on fête l’environnement, de 10h à 17h. Cette édition d’octobre, la 23ème (D2K#23) des dimanches de la Canebière depuis janvier 2017,  met l’accent sur la nature. Pour la deuxième année consécutive on y fête le « mois de l’écologie positive ». Tout le long de la journée différents stands sont tenus pour parler écologie aux Marseillais notamment la 5ème édition des microacteurs devant la mairie de secteur, 61 La Canebière.

L’environnement est un sujet important dont il faut se soucier. Plusieurs partenaires sont aussi présents pour parler de la place de la nature et de l’écologie à Marseille comme Surfrider, Velo Sapiens ou Recyclodrome. Ce sont des partenaires historiques des dimanches de la Canebière. Il y à aussi le grand retour du salon des éco-acteurs. C’est l’occasion d’aller à la rencontre des collectivités locales qui agissent pour l’environnement.

Même si l’automne se fait apercevoir, les marchands sont aussi de sortie. En raison des travaux qui ont éventré la Canebière à leurs emplacements habituels ils sont installés entre la rue du Théâtre Français et la rue Curiol en haut de la Canebière.  On y trouve des pains et des viennoiseries bio au stand de Cum panis ou encore des conserves méditerranéennes au stand de Marius Sardineur. Ce marché des éleveurs permet de faire redécouvrir aux marseillais les produits locaux, mais surtout des produits artisanaux, bons en goût et pour l’environnement.

Outre cet aspect environnemental, fêter l’art fait aussi partie des spécialités des dimanches: stands de disquaire et bouquinistes partagent la place avec le marché des éleveurs. Des ateliers musicaux et des groupes dansants devaient se succéder toute la journée.

Une dernière édition des dimanches pour 2019 avant la 24ème (D2K#24) fin janvier 2020. La Canebière devrait être alors aux deux tiers piétonnisée. Seul le troisième tronçon des anciennes allées de Meilhan dont les trottoirs sont plus larges restera ouvert aux véhicules entre le Boulevard Dugomier et l’église des Réformés.

Guillaume Richaud (IEJ3)

D2K#23: l’écologie sur la Canebière

D2K#23: l’écologie sur la Canebière

L’écologie, la nature et la culture seront les principales animations proposées ce dimanche 27 octobre pour le dernier dimanche de la Canebière de l’année et le 23ème depuis janvier 2017  (D2K#23). Il devrait faire beau après le déluge de ces derniers jours.

A voir, à suivre, à entendre et écouter notamment: la maquette du “Pélerin” du designer marseillais Maxime Paulet ramasseur de détritus plastiques (du nom du requin qui avale tout ce qu’il rencontre), la foire aux livres, la dictée gastronomique, des conférences à la mairie du 1/7 au 61 La Canebière et à l’Université, la visite des locaux de Manifesta13 au 42 La Canebière, des déambulations musicales et des artisans de bouche. Tels les escargots sortis après l’orage les marseillais et visiteurs pourront à nouveau déambuler en toute sécurité sur cette voie à laquelle la maire (LR) de secteur, Sabine Bernasconi, a promis de rendre son lustre d’antan. Elle avait annoncé en 2016 vouloir en faire un “Broadway marseillais” déclenchant l’hilarité de nombre se des électeurs et©zal de ses détracteurs. Elle a réussi à lancer la piétonnisation de la Canebière grâce aux financements du département des Bouches-du-Rhône dont elle est vice-présidente en charge de la Culture et de la Métropole Aix-Marseille-Provence, tous deux présidés par Martine Vassal, candidate (LR) à la mairie de Marseille. Les travaux étant commencés depuis juillet, la Canebière sera ce dimanche encore réduite d’un tiers de son kilomètre de long. Elle espère pouvoir gagner son pari et donne rendez-vous fin janvier 2020 sur une Canebière “piétonne et apaisée” pour le dernier dimanche du premier mois de l’année.

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Sabine Bernasconi, maire du premier secteur de Marseille (1er & 7ème arts):
“Dernière édition de l’année 2019 puisque la Canebière traverse une belle période de travaux. Les dimanches de la Canebière y ont quand même trouvé leur place pour cette ©zalédition mêlant culture et nature s’adaptant à un nouveau cadre puisque nous préfigurons la piétonnisation et elle sera effective enfin en janvier. Ce qui veut dire qu’à partir de 2020 l’édition n°1 des dimanches de la Canebière (D2K#24) se tiendra dans un centre-ville quasi prêt. Il présentera sa configuration des années futures et c’est une véritable avancée. Pour l’instant les dimanches de la Canebière qui constituent cette préfiguration s’installent pendant les travaux.  C’est le dernier dimanche de l’année 2019 et en janvier 2020 on aura une nouvelle Canebière, ce sera le premier dimanche dans la configuration piétonnisée de la Canebière, nous espérons jusqu’à Dugomier.”

 

 

D2K#23, dernier “dimanche” de l’année

D2K#23, dernier “dimanche” de l’année

Mise en page 1Les dimanches de la Canebière auront leur dernière manifestation de l’année, ce dimanche 27 octobre en raison des travaux de piétonnisation de la Canebière qui se poursuivront jusqu’en janvier 2020. Cette 23ème édition (D2K#23) se déroulera sur une portion réduite de la Canebière. Les habitués et touristes marseillais et étrangers pourront cependant participer de 10h à 17h à ce rendez-vous festif et culturel avec à boire et à manger auprès des stands des artisans de bouche sur une artère en partie éventrée par les travaux mais sécurisée.

C’est la première interruption de ce rituel déjà bousculé dans sa 22ème édition fin septembre, décalée au 6 octobre, pour des raisons de sécurité par trop plein de manifestations. Instituées depuis 2017 à l’initiative de Sabine Bernasconi, maire (LR) du premier secteur, ces rencontres des derniers dimanches de chaque mois ont eu lieu sans interruption sauf en décembre et juillet-août chaque année pour raisons de vacances d’hiver et d’été. La 24ème édition est prévue pour fin janvier 2020.

Sabine Bernasconi a appelé un public nombreux à venir sur la Canebière ce dimanche 27 octobre dans une présentation mardi lors d’une conférence de presse du programme des animations prévues.

“C’est avec beaucoup d’enthousiasme que nous accueillons cette édition d’octobre des “Dimanches de la Canebière” dans son format habituel, le dernier dimanche du mois, après l’édition décalée de septembre.
Une édition d’octobre à bien des titres exceptionnelle, puisque couplée à la fois à la 2e édition du “Mois de l’Ecologie Positive” et au 5e Salon des Eco’acteurs de la Mairie des 1er et 7e arrondissements.
La nature et l’environnement y occuperont donc une place de choix, puisque ce 5e Salon accueillera des partenaires historiques comme Surfrider, Velo Sapiens ou le Recyclodrome, mais aussi de partenaires plus récents comme Yoyo, Recyclop, les Alchimistes ou Eqosphère. Le Hall de notre Mairie exposera aussi pour l’occasion une maquette du “Pélerin”, concept de bateau “écologique” du designer marseillais Maxime Paulet qui permet de ramasser les déchets plastiques tout en naviguant.
Outre le volet écologique, l’art et la culture seront aussi mis à l’honneur avec des temps forts comme le Salon du livre des auteurs indépendants, des balades urbaines et un beau programme musical avec notamment une fanfare Musiques du Monde et un concert du Quartet Buona Sera au théâtre de l’OEuvre.
Vous retrouverez aussi les habituels points de rencontre culturels, avec les très
appréciés disquaires et bouquinistes, et vos rendez-vous gourmands, avec le
marché de produits en “circuit court” et les bonnes tables du quartier : La
Mercerie, Le Petit Saint Louis, Chez Toinou ou encore Yima.
En tout, une cinquantaine de propositions culturelles, artistiques et gourmandes,
sur une Canebière piétonnisée pour l’occasion, et bientôt de manière
permanente à l’issue des travaux en cours”.

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Extraits du programme qui sera présenté dimanche sous forme de dépliant:

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