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Articles d’étudiants

La Canebière en confinement

La Canebière en confinement

Confinement Canebiere 2 mairie 1 7
Photos mairie du 1/7

Confinement oblige. La Canebière est quasi déserte. Quelques rares passants. Les deux kiosques à journaux ont fermé ainsi que celui du cours Jean Ballard. Les bancs publics sont le domaine des pigeons qui se bécotent sans gêne. Les pêcheurs ont rentré leurs étals du quai sur le Vieux-Port et vendent leur poissons depuis leur bateau à bonne distance des clients. Les gamins ne font plus du slalom entre les promeneurs absents sur cette voie devenue totalement piétonne depuis février de Belsunce au Vieux-Port. Le 26ème dimanche de la Canebière (D2K#26), rendez-vous mensuel le dernier dimanche de chaque mois depuis janvier 2017, a été annulé. Le bureau de Manifesta13 à l’angle du cours Saint-Louis a été fermé. Manifesta a reporté sine die les manifestations culturelles de cette biennale européenne d’art contemporain prévues initialement pour la première fois en France du 7 juin au 1er novembre. Le marché des Capucins, cœur vivant du quartier de Noailles a été réduit de moitié. Le Centre Bourse, les cafés du cours Saint-Louis et du cours Belsunce, ceux des allées de Meilhan en haut de la Canebière ainsi que les snacks et kébabs de Noailles ont fermé. Seuls l’hôtel de police à l’angle du boulevard Garibaldi, quelques bureaux de tabac,  la permanence de la mairie de secteur et la pâtisserie bicentenaire Plochut du haut de la Canebière restent ouverts.

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Canebière, premier tiers piéton

Canebière, premier tiers piéton

Les marseillais pourront prendre possession du premier tiers de la Canebière devenu totalement piéton et sécurisé et de profiter de ses huit nouveaux bancs publics à l’occasion du prochain dimanche de la Canebière pour sa 25ème édition (D2K#25). Commencés en janvier 2017, les dimanches de la Canebière avait été lancés dans le but de valoriser le centre-ville. Cette initiative a été suivie en 2019 par une vaste opération de piétonnisation du centre-ville avec l’aide du département pour redynamiser ses commerces en manque de chalands après la création de ceux nouveaux centres commerciaux au sud et au nord en plus du Centre Bourse. Après le cours Jean-Ballard, le marché des Capucins, les abords de l’Opéra et du Centre Bourse jusqu’au Jardin des Vestiges, cette première phase de piétonnisation de la Canebière s’est terminée par la pose des plots anti-intrusion retractables. Prévue initialement jusqu’aux Boulevard Dugomier et Garibaldi pour fin janvier 2020 n’a pas dépassé le carrefour Saint-Louis/Belsunce avant la fin de la mandature en cours.

Considérée comme une frontière entre le nord et le sud de la ville par le géographe et urbaniste marseillais Marcel Roncayolo, la Canebière devrait ainsi redevenir un lieu de mixité sociale selon l’initiatrice de ce projet, Sabine Bernasconi, maire (LR) du premier secteur et vice-présidente du Conseil Départemental. Grace à la piétonnisation et aux transports en commun menant vers le centre les élus espéraient retrouver un lien entre les quartiers pauvres et les plus riches et redonner son lustre à cette artère mythique connue “jusqu’au bout de la terre” comme le proclame la chanson mise en musique par Vincent Scotto. Une voie ou aboutissent les rues Paradis et ses beaux magasins, Saint Ferréol piétonne avec de nombreuses enseignes nationales depuis plus de dix ans, de Rome, d’Aubagne, Longue des Capucins et des Feuillants du quartier pauvre de Noailles, et d’un autre côté le centre Bourse qui attire.

Il a fallu dix ans pour que le cours d’Estienne d’Orves débarrassé de son parking sur quatre niveaux soit investi par les terrasses des cafés et restaurants donnant vie à cette grande place parallèle au quai de Rive-Neuve. Les travaux des abords de la Canebière ne sont pas encore terminés et l’on ne peut que souhaiter un renouveau à cette artère centrale de la Ville en dépit des protestations véhémentes des automobilistes perdus dans des impasses.

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Promenade en sur la Canebière du Vieux Port au carrefour Saint-Louis/Belsunce

Mobilité à Marseille : c’est l’enfer 

Mobilité à Marseille : c’est l’enfer 

Marseille Vieux-Port du Pharo à la Bonne Mère ©zal

Les acteurs de la mobilité en ville ont souligné le retard de Marseille par rapport aux autres villes lors d’un débat fin février organisé au bout de la Canebière par le quotidien La Provence. Pour eux, il faut réagir maintenant. 

Un changement prévu pour 2025… ou 2030 ? 

« L’enfer des transports à Marseille », c’était la thématique du débat qui s’est tenu jeudi sur la mobilité. Organisée par La Provence, la discussion mobilisait plusieurs acteurs clé de la question. Que ce soit pour mettre en place le vélo en ville, réduire la place de la voiture, ou encore élargir la couverture des transports en commun, une seule phrase est revenue à mainte reprise : il faut agir vite. Mais peu d’espoir de voir la situation s’améliorer avant 2025, voire 2030, selon les participants.
Canebière piétonne ©zal
Canebière piétonne ©zal

Pendant que les uns et les autres se questionnent sur les solutions à mettre en place pour limiter les bouchons (qui représentent 150 heures perdues par an pour chaque Marseillais), Jean-Pierre Serrus insiste: « Nous avons l’institution mais nous n’allons pas assez vite. Il nous faut 10 ans maintenant pour rattraper les 30 années de retard ». Vice-président de la Métropole Aix-Marseille-Provence délégué à la mobilité, aux déplacements et aux transports et Maire de La Roque-d’Anthéron, Jean-Pierre Serrus (ex LR passé chez LaREM) estime que les institutions et les avancées technologiques en matière de transport devraient permettre à Marseille de se développer, si elle le voulait. 

Le vélo comme solution alternative 
St Ferréol piétonne Préfecture ©zal

Et pour désencombrer la 2ème ville la plus embouteillée de France, quoi de mieux que d’adopter le vélo ? Pourtant la solution paraît utopique. « Je crois qu’on pourra mettre toutes les pistes cyclables qu’on veut et tous les bus à haut niveau de service, toutes les lignes, tant que les gens auront la possibilité de trouver une place pour leur voiture, ils le feront », commente Cyril Pimentel du collectif “Vélos en ville”. Un plan vélo qui mobilise malgré tout 60 millions d’euros de la métropole. 

 Un projet ambitieux qui ne demande plus qu’à être mis en place. 
 
Marie Audemard (IEJ3)
D2K#24: les arts de la rue

D2K#24: les arts de la rue

Sur la Canebière ce dimanche 26 janvier, le thème, “c’est art de rue » ! Après une trêve de fin d’année, les « Dimanches de la Canebière » sont (enfin) de retour à Marseille. Avec une volonté affirmée des participantes et participants de mettre l’accent sur les Arts de la rue, la première édition de cette année 2020, la 24ème depuis janvier 2017 pour la troisième saison, promet d’être passionnante.

Echassiers, musiciens, comédiens… Toutes et tous sont conviés pour régaler nos pupilles et enchanter nos ouïes. C’est la confirmation qu’a apporté Sabine Bernasconi, maire (LR) des 1er et 7 e arrondissements de la cité phocéenne dans son édito sur le dépliant précisant présentant cette manifestation.

Un programme palpitant ! Des échassiers de la compagnie des Quidams arpenteront en long, en large et en travers la Canebière dimanche. Une partie théâtre sera dédiée à revisiter l’œuvre de Marcel PAGNOL, Cigalon. Des musiciens de la compagnie Rara Woulib présenteront un spectacle inspiré de la musique traditionnelle et paysanne Haïtienne Rara, le tout mêlé au chant et l’accompagnement de percussions et d’instruments à vent. En plus, annonce le programme «un acrobate grimpeur escaladera la façade du Palais de la Bourse».

Marian Cregut (IEJ 3)

Un extrait du programme sur votre smartphone par Marie Audemard :  clic

Points forts de la journée de 10h à 17h sur la Canebière en partie piétonnisée et sécurisée:

Mise en page 1

D2K#24, 26/01/20, le programme

D2K#24, 26/01/20, le programme

affiche dimanche 26 janvier 2020

Après la trêve des confiseurs et les traditionnelles cérémonies de vœux, les “Dimanches de la Canebière” inaugurent cette nouvelle année en mettant à l’honneur les Arts de la rue, annonce la maire du premier secteur à l’initiative de ces manifestations mensuelles le dernier dimanche de chaque mois depuis janvier 2017.

Notre artère légendaire sera ainsi arpentée par de mystérieux échassiers dans le cadre du “Rêve d’Herbert” de la Compagnie Quidams, tandis qu’un acrobate-grimpeur de la Compagnie “Les lézards bleus” escaladera la façade du Palais de la Bourse. Et la Compagnie Rara Woulib nous présentera un spectacle inspiré du rara – musique traditionnelle paysanne d’Haïti – où les danses et chants seront accompagnés par un ensemble composé de percussions et d’instruments à vent, poursuit la maire (LR) Sabine Bernasconi dans sa présentation de ce 24ème dimanche de la Canebière (D2K#24).

Il y aura aussi du Théâtre avec l’expérience imaginée par In Two, où le spectateur entre dans une boîte et s’y voit offrir un spectacle personnel, ainsi qu’une adaptation de l’œuvre de Marcel Pagnol “Cigalon”, dans l’Auditorium de la Mairie.

Le programme annoncé propose aux passants, citadins du centre ville et touristes de retrouver les habituels points de rencontre culturels et artistiques avec les très appréciés disquaires et bouquinistes. Sans oublier les rendez-vous gourmands, avec le marché de produits en “circuit court” et les bonnes tables du quartier : La Mercerie, Le Petit Saint Louis, Chez Toinou, et plus récemment Yima.

Pour plus de détail, la mairie du premier secteur de Marseille (1er et 7ème arrondissements) invite les curieux à cliquer sur ce lien pour découvrir le programme complet de cette 1ère édition de l’année 2020.

La mairie propose également un parcours “découverte” pour ce 24ème dimanche de la Canebière, à savoir :

10h00 à 11h30 – OUVERTURE avec la RARA WOULIB,    carnaval haïtien / T2 + T1 de bvd Dugommier vers Palais de la Bourse     
10h30 à 12h30 – In Two, théâtre en boîte pour    passant / Installation statique  sur le T2    
11h30 à 12h00 – Services à tous les étages avec    Antoine Le Mesnestrel / Sur la façade du Palais de la Bourse    
12h00 à 14h00 (avec pause de 30’) – Fanfare Pompier    Poney Club / T1 + T2 du palais de la Bourse vers l’intersection  Dugommier (2 passages : 1x 30’ / 1x 1h)    
14h00 à 15h30 – 2ème passage In Two,    théâtre en boîte pour passant / Installation statique sur le T2    
14h45 à 15h30 – Le rêve d’Herbert,    déambulation de personnages lunaires / T1 de cours St Louis     vers le Palais de la Bourse    
15h45 à 16h15 – 2ème passage Services à    tous les étages avec Antoine Le Menestrel / Sur la façade du    Palais de la Bourse    
16h15 à 16h45 – FINAL avec le Rêve d’Herbert /    T1 installation en cercle  face au n° 10 de la Canebière

 

Artplexe Canebière: pour 2021

Artplexe Canebière: pour 2021

Le projet du nouveau cinéma Artplexe évolue autant dans la forme que dans le fond ! Que ce soit le nombre de salles que comptera le cinéma, sa date de livraison ou encore la programmation de ses films, tout est en mouvement.

projet artplexeÀ l’origine prévu pour 2019 puis 2020 à l’emplacement de l’ancienne mairie de secteur en haut de la Canebière, le complexe verra finalement le jour en juin 2021, pour la fête du cinéma. Un projet de grand centre de cinéma et d’activités culturelles dont le chantier a du mal à sortir de terre. « Nous avons connu des aléas qui ont nécessité la réalisation d’importantes études techniques complémentaires qui, elles-mêmes, ont généré des coûts supplémentaires pour la construction », détaille Jean-Jacques Léonard, directeur d’Artplexe Canebière.Etat des travaux janvier 2020 ©zal

Concernant les aléas : désamiantage, démolition du bâtiment existant, consolidation de la dalle et de la structure du parking sur laquelle le complexe vient se poser. Mais, bonne nouvelle : le cinéma comptera 7 salles, soit 996 fauteuils. De plus, un hall accueillera des expositions régulièrement et trois restaurants conceptuels feront leur entrée. De quoi attirer les Marseillais!

Son changement de cap qui n’est pas radical, porte sur la réduction des Les Variétés ©zalfilms d’Art et essais. Une décision liée à la présence de deux cinemas dart et essai qui ont une même direction : les Variétés au milieu de la Canebière à côté du “Building” Pouillon et de la caserne des marins pompiers et Le César place Castellane. Le César @zalAinsi, comme l’explique le directeur d’Artplexe: « Nous souhaitons privilégier la complémentarité de l’offre en nous adaptant ». Le cinéma proposera des films grands publics (y compris en version originale) ainsi qu’une petite partie d’Art et Essai, en complément de ses confrères.

Marie Audemard (IEJ3)

Présentation du projet dans le “livre guide” d’Ambition Centre-Ville de 2017 édité par la Ville:

projet ambition centre ville 2017

Localisation des cinémas à Marseille: clic

cf aussi Marseille terre de cinéma par Lorenzo Ciampi

Canebière/Centre Bourse : la piétonnisation en marche

Canebière/Centre Bourse : la piétonnisation en marche

En travaux depuis juillet, le bas de la Canebière devrait offrir un nouvel espace d’ici la fin de l’année. Moins de pollution, plus de facilité pour s’y balader, l’une des artères principales de Marseille fait peau neuve.
Piétonnisation réalisée du Vieux-Port au Cours Saint Louis englobant les abords du Centre Bourse en cours de finition, l’entrée du jardin des vestiges et la Poste Colbert d’un côté, le Cours Jean Ballard, la place du Général De Gaulle et le bas de la rue Paradis, de l’autre. 
Marie Audemard (IEJ3)
A la Canebière, piétonnisation plutôt que paupérisation

A la Canebière, piétonnisation plutôt que paupérisation

©zal

Au centre-ville de Marseille est lancé depuis 2017 un vaste programme dit de « requalification ». A quatre mois des élections municipales de 2020 la Canebière reste un espace aux enjeux multiples

©zalC’est en mars 2019 que le projet de « requalification » du centre-ville de la cité phocéenne  a été lancé, suscitant les intérêts et les interrogations des habitants. Après le réaménagement de la rue Paradis, le déplacement des terminaux de bus de l’esplanade du centre bourse vers le cours Jean Ballard, la requalification du cours Lieutaud, le réaménagement des abords du jardin des vestiges, les pelleteuses ont attaqué en juillet la Canebière. Une vaste opération de piétonnisation qui devrait se terminer en janvier 2020 au carrefour Canebière/Dugomier/Garibaldi. Une occasion de définir et chiffrer les enjeux d’une piétonnisation désirée par toutes et tous mais qui fait de nombreux automobilistes mécontents. Ces derniers s’insurgent en se demandant à quoi cela peut servir de piétonniser une voie pauvre en commerces et offres culturelles mettant en doute les affirmations des décideurs d’un projet global de requalification, embouteillant la ville déjà championne en la matière.©Marian Cregut

Le chantier annoncé devrait coûter 60 millions d’euros au contribuable et se répartir sur deux périodes : la première en 2019/2020 et la deuxième en 2020/2021. La rénovation est à l’honneur. La Hune de la Canebière dans un article daté de mars 2019 souligne la volonté de la ville de planter 450 arbres, faisant écho à une volonté citoyenne d’un aménagement plus « vert » de la cité phocéenne. Sont également inclus le pavement des rues et la rénovation architecturale. Les deux phases de travaux concernent 72 hectares dont il est prévu que 22 soient intégralement piétonnisés.

©Marian CregutLa présidente (LR) de la métropole Aix-Marseille et du département des Bouches-du-Rhône, candidate déclarée et adoubée par Jean-Claude Gaudin à sa succession à la mairie de Marseille, Martine Vassal, affirmait : « L’image du centre-ville s’est détériorée au fil du temps. Il y a un désamour du centre et c’est très inquiétant pour la 2e ville de France de ne pas avoir l’attractivité qu’elle mérite. Notre volonté est d’augmenter la fréquentation des commerces et que les habitants puissent y vivre en sécurité. Ces dernières années, on a refait les centres-villes de La Ciotat, Gignac, Cassis… Et la métropole voulait aussi offrir à la ville centre, un centre-ville de ce nom ».

« On vit comme des rats » !

-4390898822079490713Car la Canebière est une voie de passage désespérément pauvre. On est frappé d’y constater le nombre de chantiers de travaux publics qui, s’ils sont nécessaires au réaménagement, enlaidissent un espace suintant la vétusté. Le lycée Thiers, le théâtre des Bernardines, la façade du local de Force Ouvrière, autant de lieux naguère importants croulant aujourd’hui sous le poids de l’abandon et des graffitis. De partout des façades sales, usées, misérables. De partout des murs qui s’effritent, des volets vieux ou manquants, des fenêtres qui protestent contre la fatalité de leur sort. Alors c’est ça la Canebière, s’interroge le visiteur approché : tellement de voitures que la route ne peut toutes les contenir, des gens pauvres et des pauvres gens qui vont et viennent, s’enfonçant pour certains dans des ruelles sombres plus humides que la pluie et plus froides que l’hiver ? Alors c’est ça la Canebière : de trop rares piétons qui se risquent au hasard des quelques boutiques encore ouvertes qu’on y peut trouver ? Comme le confie à l’auteur de ces lignes Hamid, habitant du quartier de Noailles : « On est parqué dans des taudis comme des bêtes, et on vit comme des rats. De toutes façons, après les effondrements de la rue d’Aubagne, on ne fait plus du tout confiance à nos responsables politiques. On vit dans la misère, et on a peur ». L’effondrement de deux immeubles vétustes avait fait huit morts le 5 novembre 2018.

Espaces publics et propriété citoyenne

©Marian CregutSi Marseille est l’une des villes les plus touchées par les inégalités économiques, “la Canebière, même à l’abandon, reste la propriété des citoyens, qui s’y meuvent et s’y rencontrent”, confie Julie, jeune étudiante qui vit elle aussi à Noailles. Pour elle, la rue est l’espace public, ce lieu imperméable aux discriminations multiples quoi qu’inadmissibles. C’est la conception que s’en fait Dominique Bluzet, directeur des Théâtres du Gymnase et des Bernardines à Marseille, du Jeu de Paume et du Grand Théâtre de Provence à Aix , ainsi que rapporté par le site web Les Théâtres. Établissant un parallèle avec la rue, “propriété citoyenne et collective”, Dominique Bluzet donne du théâtre la définition suivante : « Le but du théâtre public c’est d’être là pour accueillir le public, c’est-à-dire le citoyen qui estime qu’il est naturel que des collectivités (l’Etat, la région, le département, la Métropole, la ville) financent des structures culturelles ». Il est directement impliqué dans le devenir de la Canebière, indiquant aider au « recyclage » de bâtiments laissés à l’abandon afin d’en faire des lieux à vocation culturelle : « Aujourd’hui je reprends une brasserie à côté du gymnase, un immeuble où je vais faire des résidences d’artiste », précise-t-il.©Marian Cregut

“L’actualité est donc plus que jamais à l’état et au devenir de notre Canebière, qui ne doit pas révulser les habitants mais présenter le centre-ville de Marseille sous un nouveau jour”. C’est le pari de Sabine Bernasconi, maire (LR) du premier secteur de Marseille et vice-présidente du Conseil Départemental des Bouches-du-Rhône en charge de la culture.

Marian CREGUT (IEJ 3)

En savoir + sur

Piétonnisation Canebière, clic, la situation rue d’Aubagne, clicRegards sur Noailles clicrequalification rue Paradis, clicrequalification Cours Lieutaud, clic

 

 

Marseille s’offre Noël en bas de la Canebière

Marseille s’offre Noël en bas de la Canebière

©Guillaume Richaud

Quand on le voit on sait qu’arrive noël. Le marché tant attendu de tous les Marseillais est de retour cette année du 16 novembre au 5 janvier 2020.©Guillaume Richaud

Sur le Quai de la fraternité, sur le vieux-port en bas de la Canebière, sont présents pas moins de 55 cabanons, avec chacun des produits différents. On y trouve quoi alors ? Le fameux savon de Marseille, mais aussi pas mal de confiseries… sans parler des étalages de figurines en tout genre. Le marché se diversifie tout en restant attaché à la culture provençale.

Accès, depuis l’intérieur du marché, à la grande roue  d’où l’on peut voir les stands de plus haut. Dès que la nuit commence le Vieux-Port et le marché s’illuminent aux couleurs de noël.

©Guillaume RichaudPour Ludivine Harmond, une habituée des lieux, c’est toujours un bonheur de voir les étalages. « Je n’aime pas trop noël, mais le marché c’est différent. Depuis toute petite j’y vais, je ne rate pas une année, ça fait partie de nos traditions. Et à Marseille il est plutôt joli je trouve,©Guillaume Richaud surtout le soir ».

Particularité du marché : il n’y à pas de stands à santon ! Depuis quelques années maintenant (1803) il y a la foire aux Santons, juste derrière la grande roue quai du port pendant les travaux de piétonisation de la place du Général De Gaulle en bas de la Canebière. Sont présents 40 santonniers, venus exposer leurs pièces dont un santon gilet jaune depuis 2018. Il y en a pour tous les goûts, en terre cuite ou en silicone, le santon fait toujours la joie des Marseillais. Cette foire est ouverte elle aussi du 16 novembre au 30 janvier.

Guillaume Richaud (IEJ3)

Rue d’Aubagne, la colère ne désenfle pas

Rue d’Aubagne, la colère ne désenfle pas

GRAFFITI RUE d'Aubagne à Marseille aprèsl'effondrement des imeubles en 2018 rprise Internet

Un an après les effondrements rue d’Aubagne, à quelques mètres de la Canebière dans le quartier populaire de Noailles, la colère ne désenfle pas à Marseille. Les pouvoirs et acteurs publics sont toujours à l’épreuve de l’insalubrité et de l’indignité de l’habitat.

« On voit bien que la réparation n’a pas eu lieu »

Dans ce quartier du centre-ville historique, le 5 novembre 2018, trois immeubles s’effondrent, coûtant la vie à huit personnes. Avant-hier mardi matin un vibrant hommage a été rendu aux victimes, “ces sacrifiés et sacrifiées de l’insalubrité de l’habitat indigne” . Collectifs, associations, parents, enfants, habitants, ils sont toutes et tous là pour se recueillir durant huit minutes silencieuses en souvenir de Julien, Marie, Simona, Fabien, Pape, Taher, Ouloume et Chérif. Sur les ruines de la rue d’Aubagne coulent désormais des larmes, de chagrin certes, mais aussi de colère. Cette colère qui gronde et fait écho à une banderole sur laquelle on peut lire «Ni oubli, ni pardon». Cette colère qui couve une année durant pour ne jamais s’éteindre. Comme le révèle Fatih Bouaroua, d’Emmaüs Pointe-Rouge, au micro de nos confrères de La Marseillaise : «On sent que l’émotion est encore forte. Les secousses de ce tremblement de terre social et politique se font encore sentir. On voit bien que la réparation n’a pas eu lieu». Un «tremblement de terre social et politique» dont on constate qu’il secoue fortement la classe politique locale. Marc Leras, journaliste au Parisien, le relève dans son article daté du 5 novembre : «L’ambiance s’est ensuite tendue quand l’ancien élu PS Patrick Mennuci et la sénatrice des quartiers nord Samia Ghali sont arrivés sur place. Pris à partie et hués par une partie de la foule, ils ont finalement dû quitter les lieux après de longues minutes de cohue ». Quant au Collectif du 5 novembre, composé «d’une cinquantaine d’habitant.es bénévoles qui agissent pour interpeller les pouvoirs publics mais également pour organiser des rencontres dans le quartier avec les habitant.es et les délogé.es de toute la ville», ainsi qu’il se présente. Il publie un communiqué postérieur aux turbulences d’une foule ayant soif de justice, regrettant, «avec amertume, que certain(e)s élu.es n’aient pas souhaité rester discret.es en ce moment d’émotion et de colère en tentant de se rendre visibles 15 minutes après l’hommage». Au recueillement assourdi succède la fureur bruyante. «Dégagez, cassez-vous» ! peut-on ainsi entendre à l’égard de certains élus locaux. On fait circuler un micro parmi les présentes et les présents, pour que la parole, plurielle et unie, s’exprime. Mais c’est bien la rage en arrière-plan qui prédomine : «C’est toujours les pauvres qui paient le prix et c’est pourtant ceux qu’on entend le moins», témoigne un habitant dont les propos sont recueillis par La Marseillaise. La pauvreté, vecteur de la colère à Noailles ? Sont-ce les pauvres que nous raconte cette colère encore chaude des larmes versées en souvenir de ces huit parti.es trop tôt ? Sont-ce les politiciens qu’on tient pour responsable à travers la vétusté constatée et éhontée de centaines de logements sociaux à Marseille? C’est ce que la tension palpable de cet après-midi soulève.

« Je lui ai fait promettre de partir au plus vite ».

Combien de 5 novembre encore dardent leur mauvais œil sur le sol phocéen ? Dans son article paru mercredi 6, David Coquille, journaliste politique à La Marseillaise, récence pas moins de 4.500 immeubles à l’état inquiétant « dont 3.000 susceptibles de recevoir une injonction de ravalement d’ici 2021». Nombreux sont celles et ceux déplorant la politique de pouvoirs publics en matière de logement qu’ils qualifient d’irresponsable. Et David Coquille d’ajouter, au sein du même article : «Déjà avant le drame du 5 novembre et l’évacuation à ce jour de 420 immeubles inquiétants ou carrément en péril grave et imminent, des voix s’étaient élevées pour dénoncer le fait que ces opérations cosmétiques ignoraient les désordres graves pouvant ronger de l’intérieur des bâtiments». Liliana Lalonde, la maman de Julien, une des victimes du drame, a confié au micro de notre consœur Coralie Bonnefoy, du journal La Croix, que l’appartement dans lequel vivait son fils était dans un état déplorable, et qu’elle s’inquiétait pour lui : «J’étais horrifiée par l’état de son appartement. Il y avait un étai dans l’entrée, des fissures aux murs, les prises faisaient des étincelles… Je lui ai fait promettre de partir au plus vite». Si le maire (LR) Jean-Claude Gaudin, à la tête de l’hôtel de ville de Marseille depuis 24 ans, a confié dans une précédente interview que cette «catastrophe inimaginable» le hante tous les jours, il a néanmoins entendu défendre son bilan, et notamment les quatorze millions d’euros qu’il assure que la mairie de Marseille a déboursé dans la gestion de cette crise. Par ailleurs, certaines mesures semblent avoir été prises. Ainsi en va-t-il de la suivante, rapportée là-encore par David Coquille: «Toute suspicion d’anomalie pouvant présenter une dangerosité concernant la stabilité des structures devra faire l’objet d’un signalement». Toutefois, les timides mesures annoncées ou mises en place semblent ne pas avoir rassuré ni calmé la population marseillaise, qui continue de demander des comptes depuis maintenant un an. D’autant que la question des expulsés reste en suspens. Tous n’ont pas encore regagné leur domicile après les expropriations «d’intérêt public» dont ils ont fait l’objet. Certains sont contraints de vivre, toujours aujourd’hui, à l’hôtel : « Les chiffres sont alarmants. 3.700 délogés, 55 ménages réintégrés et 63 relogés en définitif, soit à peine 300/400 personnes sur l’ensemble des personnes évacuées», souligne au HuffPost le Collectif du 5 novembre. Il précise que des évacuations sont toujours en cours au moment où nous écrivons ces lignes». De quoi enfoncer encore davantage les élus locaux, voire nationaux (il a plusieurs fois été demandé des comptes à Julien Denormandie (ministre auprès de la ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, chargé de la ville et du logement). De quoi convoquer la responsabilité des politiciennes et politiciens à la barre de la justice. A quelques mois des municipales de 2020, rien n’est plus sûr pour personne…

Marian Cregut (IEJ 3)