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La rue de Rome à la peine

La rue de Rome à la peine

Depuis 2 ans la rue de Rome, bien connue pour ses nombreuses boutiques de chaussures, prêt-à-porter ou gadgets en tout genre connait une forte baisse de fréquentation.

La rue de Rome se vide petit à petit. Nombreux sont les commerçants qui vont ou qui ont déjà mis la clef sous la porte. « Chaque année c’est la dégringolade » confie Sonia, cogérante de la boutique de prêt-à-porter Au comptoir des Nénettes, « nous aussi on va peut-être devoir bientôt partir si ça ne s’arrange pas ». La “faute au tramway” qui transporte au milieu de la rue interdite aux voitures des passagers qui ne s’arrêtent plus devant les vitrines mais les regardent de loin. «On est devenu un zoo» ironise Bernard Allouche, propriétaire de la boutique Octobre qui bientôt fermera aussi ses portes, « les gens ne prennent même plus le temps de s’arrêter ». Il explique aussi que beaucoup de commerçants étaient contre cette ligne de tram, mais que personne ne leur a demandé leur avis « ils sont allés faire le sondage vers le vieux port là-bas » s’indigne le futur retraité.

De boutiques en boutiques le discours est le même, la rue de Rome connait une véritable descente aux enfers. Une commerçante qui n’a pas souhaité révéler son identité accuse aussi l’arrivée des grandes enseignes de prêt-à-porter qui créent une “concurrence déloyale” pour les petites boutiques locale moins renommées « c’est la grosse merde » s’exclame-t-elle. De plus les travaux des rues alentour gênent la circulation et le stationnement, poussant les potentiels clients vers des zones moins difficiles d’accès.

Une journée sans tram pour donner le change

France 3 a révélé il y a quelque jour lors d’un reportage l’urgence de la situation. Entre loyer trop élevés et un manque considérable de clients, c’est dur de sortir la tête de l’eau. Les petits créateurs ont du mal à s’implanter et les commerçants peine à rester ouvert. On remarque des étales délabrées et des devantures qui mériteraient un petit coup de neuf. A alors été évoqué l’idée d’une journée spéciale sans tramway, avec des étales qui occuperaient la rue. Une journée commerciale pour attirer les chalands imitant la braderie qui a été organisée rue Paradis et alentour début septembre par l’association des commerçants de la rue Grignan, avec le soutien logistique de la Ville et du Conseil départemental pour la piétonnisation et la sécurisation des rues. Mais tous ne voient pas cette initiative d’un bon œil…Partant du cours Saint Louis jusqu

Deux jours avant la rentrée scolaire 2017, les commerçants de la rue Paradis notamment avaient ainsi saisi l’occasion de vendre à petits prix leurs articles : « La braderie c’est le fait de sortir, pousser les clients à s’arrêter sans qu’ils rentrent pour acheter plus facilement », explique Roger Planchon, gérant d’une boutique de sacs à main. Mais c’est une date mal choisie car de nombreux commençants de la rue de Rome proche misent sur la rentrée pour renflouer les caisses après le creux des vacances estivales : « Ils présentent ça comme un des meilleurs samedis de l’année, mais ce n’est pas du tout le cas. C’est une mauvaise organisation » et « Pratiquement tout le monde était dans l’ignorance la plus totale », déclare B.A, commerçant de prêt-à-porter.

Pour d’autres le problème est plus financier dans le cas d’une braderie. « Qu’est-ce que vous voulez qu’on vende, tous nos articles sont à 10 euros maximum, on ne sera ni gagnant ni perdant si une braderie avait eu lieu », explique A.S, commerçante de boutique d’enfants » et cette opportunité n’en est pas vraiment une pour les « vendeurs de Rome » car d’après certains la municipalité « mise tout sur seulement une partie de la ville ».

Victoria Rezelman, Sacha Sascenda, Virginie Bonnefoy (IEJ)

Brecht / Leda Atomica: la Canebière dimanche

Brecht / Leda Atomica: la Canebière dimanche

La compagnie Leda Atomica présentera ce dimanche 29 Septembre sur la Canebière un opéra de rue intitulé El Kabaret « L’Homme est bon mais le veau est meilleur », en 9 rounds et 17 chansons. Cet incontournable groupe de rock, collectif de musiciens-acteurs, propose des performances artistiques tel que le cabaret mais aussi des cinés-concert, des rencontres musicales et de l’opéra en faisant de la rue une scène géante.
Le label de musique s’inspire de l’œuvre de Bertotl Brecht, co réalisé avec le musicien Karl Weil le petit Mahagonny qui deviendra en 1930 un opéra en 3 actes. L’histoire se déroule dans la ville imaginaire de Mahagonny, véritable lieu de débauche et de corruption où les chercheurs d’or viennent dépenser toute leur fortune en cédant aux multiples tentations. Mais ce règne de l’argent roi va tout détruire sur son passage, laissant place au chaos.
Brecht utilise l’opéra des années 30 de manière innovante dans ce spectacle. Il allie musique et texte, qui comme un chant populaire, dénonce avec conviction, les travers d’une société de plus en plus spéculatrice.
La troupe de « chantacteurs » va repousser encore plus loin les limites de la création artistique en sortant totalement des lieux conventionnels de représentation…. sur la Canebière, devant la Faculté de Droit de l’Université Aix-Marseille.

110-114 La Canebière, dimanche 29 octobre, 16 h

Victoria Rezelman (IEJ)

Bal des Balkans sur La Canebière dimanche

Bal des Balkans sur La Canebière dimanche

Les étudiants du centre de formation de musiciens intervenants (CFMI) de l’université d’Aix-Marseille ont fait appel au collectif Aksak pour présenter le traditionnel Bal des Balkans qui se produira le dimanche 29 octobre sur le parvis du palais de la bourse de 12h30 à 17h en bas de la Canebière.
249027[1]Dès 12h30, enfants et adultes pourrons s’initier aux danses des Balkans grâce à un cours animé par Jean-Alex Benetto, un des danseurs professionnels du collectif Aksak en résidence à Mareille. Puis, à 14h30, les étudiants présenteront un projet musical autour du collectif Aksak. A l’issue de cette présentation, les étudiants du CFMI ouvriront le bal en faisant danser les spectateurs au rythme de musiques des Balkans. Le collectif Aksak prendra le relais à 15h30, avec six musiciens et deux danseurs professionnels pour assurer le bal jusqu’à 17h. Les débutants pourront mettre en pratique le cours d’initiation tout comme les balkaniques qui, entrainés par le rythme de la musique, sauront épater le public avec leurs traditionnels pas de danse.

Sacha Sacenda (IEJ)

Revue: le futur cinéma Artplexe en haut de la Canebière

Revue: le futur cinéma Artplexe en haut de la Canebière

Revue Made In Marseille 18/10/2017

Les images du futur cinéma Artplexe à la place de la mairie sur la Canebière

La  conception architecturale est assurée par Jean-Michel Wilmotte, en lien avec le cabinet marseillais Map pour la partie exécution. « Le permis est déposé et purgé de tous les recours. Tout avance normalement et quand tout sera finalisé, nous présenterons le projet aux habitants » nous précise Sabine Bernasconi, maire du 1er et 7e arrondissements.


Le visuel du projet en HD © Wilmotte & Associés

En zoomant sur l’image, on voit le rooftop ouvert sur la ville © Wilmotte & Associés

L’histoire du projet de cinéma en lieu et place de la mairie de secteur

Le projet de cinéma a été voté par les élus municipaux en 2015, mais il n’en était pas à son premier coup d’essai. En effet, avant ce cinéma nommé communément « Artplexe », un autre projet avait été choisi puis finalement abandonné. C’était en 2010, du temps où Patrick Mennucci était à la tête de la mairie des 1er et 7e arrondissements, lors de la séance du conseil municipal du 6 décembre, la société MK2 (célèbre enseigne parisienne) avait été désignée pour la réalisation d’un projet de complexe cinématographique à la place de la mairie. Mais, à cette époque, le projet n’avait pas pu aboutir à cause de la taille du projet. Selon les protagonistes à l’époque, le volume du bâtiment envisagé compromettait le paysage patrimonial de la Canebière.

Lire la suite de l’article de Julia sur MadeinMarseille

Revue: Un hôtel pour réveiller la Canebière?

Revue: Un hôtel pour réveiller la Canebière?

Revue de Presse: La Provence 4/10/2017-

L’îlot des Feuillants devrait enfin ouvrir ses portes en avril 2019 sur une artère qui fait l’objet de toutes les attentions

Société - Un hôtel pour réveiller la Canebière ?

En plein coeur du quartier Noailles, l’îlot des Feuillants fait partie des nombreux projets d'”Ambition centre-ville”.PHOTO FRÉDÉRIC SPEICH
 Ils sont là, coincés dans une rue Longue des Capucins (1er) rétrécie. Alors que les travaux battent enfin leur plein du côté de l’îlot des Feuillants, les vendeurs à la sauvette des cigarettes continuent leur petit trafic. À quelques mètres de là, le marché des Capucins ne désemplit pas, dans un quartier “historique” de Marseille. Un quartier sur lequel a donc décidé de miser le groupe Fondeville qui a acquis auprès de la Ville en 2015 l’îlot des Feuillants, où un hôtel 4 étoiles de 91 chambres devrait ouvrir ses portes début avril 2019.

“Il s’agit là d’une opération compliquée, ce n’est vraiment pas un long fleuve tranquille car le bâtiment est complexe. Tous les recours ont été purgés et au moment des travaux, nous avons eu de nombreuses surprises qui ont retardé le projet”, reconnaît Raymond Fondeville, directeur du groupe familial qui a investi 16 millions d’euros. Des charpentes de type Eiffel ont été découvertes, ainsi qu’une source sous les fondations qui empêcherait donc d’exploiter pleinement le sous-sol. Adieu donc le Spa initialement prévu dans les plans pensés par Emmanuel Dujardin, du cabinet Tangram architectes, et place à une salle de fitness de 50 m². Une salle de réunion, un espace de travail nomade et une brasserie, confiée au chef Sébastien Richard, verront le jour au sein de ce complexe hôtelier baptisé “Mercure Marseille Canebière Vieux-Port” !

Lire la suite de l’article de Michaël Levy de La Provence

Bureau des guides, 152 la Canebière

Bureau des guides, 152 la Canebière

Nouveau document 2017-09-22Le bureau des guides fondé en 2013 lors de Marseille capitale de la culture, réunit des groupes d’artistes au cœur de la Canebière dans un nouveau lieu au numéro 152 en face du kiosque à musique. Un bon moyen, pour faire vivre cette avenue piétonnisée un dimanche par mois depuis janvier 2017.

Sous son nom « GR2013 », le bureau se lie à la Cité Phocéenne  notamment à travers les dimanches de la Canebière. D’autres activités sont également proposées aux passionnées de randonnée pédestre au cœur du territoire marseillais. Elle fait l’articulation entre lieux urbains et lieux de natures.

Le bureau des guides n’est pas seulement là pour faire découvrir, mais  faire aussi apprendre et prendre le temps de connaître en détails l’univers dans lequel on vit. Le tout dans un côté décalé, le bureau mélange marche et art. Des situations atypiques, ou la randonnée se transforme en marche de poésie, ou encore des installations publiques originales afin de mieux réunir les groupes. La convivialité et l’esprit de découverte, mélangés à l’art, font le charme du GR2013 dont le parcours fait 365km dessiné par des artistes dans et autour de Marseille. 

A l’occasion de la nouvelle édition des dimanches de la Canebière, ce dimanche 24 septembre sous la thématique générale du patrimoine, l’art et la culture sont à l’honneur à Marseille. Le AMBRINE ZIANI BALADE 2bureau des guides y participe avec son collectif d’artistes, dont Nicolas Mémain, urbaniste et poète que l’on voit ici en photo dans son gilet jaune en équilibre, passionné par son sujet lors d’une de ses premières conférences sur la Canebière en janvier 2017.

Nicolas Mémain aime montrer sous un nouvel angle l’environnement dans lequel les marseillais vivent. Pour le 7ème dimanche de la Canebière, il va inaugurer le nouveau bureau des guides, 152 la Canebière. Le public pourra entrer dans la première partie du local composé d’un sas vitré au travers duquel seront présentés différents aspects du GRv2013, a indiqué Loïc Magnant du bureau des guides. Il s’agit de regarder différemment la Canebière et de redécouvrir la ville avec une vue d’artiste. Nicolas Memain y racontera la Canebière à partir de 14 dimanche dans une conférence avec des images actuelles et anciennes des rues liées à la Canebière.

En face du bureau des guides, sur la fontaine des Mobiles comme support expérimental, l’association “Cabanon Vertical” proposera dimanche et pour un mois au public une autre vision interactive de la ville.

en savoir + sur le GR2013

Virginie Bonnefoy & Cynthia Aymeric (IEJ)

La Canebière, au cœur de l’histoire marseillaise

La Canebière, au cœur de l’histoire marseillaise

 

Bas de la Canebière 2016
Bas de la Canebière

La Canebière n’aurait pas eu la renommée Canebière3qu’on lui connait sans l’activité culturelle et les animations commerciales de ses rues perpendiculaires telles que le cours Belsunce ou le cours St Louis qui ont forgé l’histoire de Marseille. Places fortes du centre-ville aujourd’hui moins reluisant, elles ont longtemps constitu é le cœur de la cité phocéenne vibrant au rythme de rencontres et des festivités en attendant le prochain “dimanche de la Canebière” le 24 septembre 2017.

« Marseille (…) Sa beauté ne se photographie pas. Elle se partage » déclare Jean Claude Izzo dans son ouvrage Total Kheops. Cette phrase résume bien les ambiances festives et la communion qu’ont pu susciter la Canebière et ses rues adjacentes.

@bienvenuemarseilleCe carrefour a longtemps concentré les différents lieux de divertissements marseillais notamment cofl’Alcazar du cours Belsunce, ancienne salle de spectacle aujourd’hui transformée en bibliothèque, et des emplacements célébres tels que le café Riche à l’angle du cours St Louis. Les petits cafés du cours Belsunce redonnent de l’animation à ce quartier écrasé par les tours Labourdette construites dans les années 60 pour accueillir les rapatriés d’Algérie qui ont depuis émigré ailleurs et le Centre Bourse qui asphyxie l’espace.

C’est à l’angle de la Canebière et du cours Belsunce qu’ont vu le jour les premières habitations au XVIIème siècle.  Le siècle suivant sera créé la jonction avec le Vieux Port et fera véritablement de cette avenue le cœur battant de Marseille en ne seule Canebière dont les trois tronçons ont été réunis sous la même appellation en 1927 en une seule voie d’un kilomètre de long du Vieux Port à l’église des Réformes en 1927.

Au XIXème siècle nait l’Alcazar. A l’époque, la Canebière est en pleine Photo Christophe MOUSTIER 1994 Entrée de l'Alcazar de Marseille avant sa rénovationrecsdronstruction, et les premiers grands magasins et salles de spectacles poussent le long de l’avenue. Créée en 1857, la salle de spectacle se forge rapidement une réputation nationale et devient l’un des points de rendez-vous les plus importants pour les marseillais. Des artistes locaux viennent s’y produire ainsi que des grands artistes venus de la capitale. C’est la salle qui a vue débuter des artistes reconnus tels que Marcel Pagnol ou Fernandel, Montand ou la « petite  Piaf ». Reconverti en cinéma en 1930, l’Alcazar ne perd pas de sa notoriété. La Canebière devient rapidement la muse de nombreux écrivains comme Jean Claude IZZO ou Emile ZOLA. Il s’y tenait d’ailleurs le Festival du livre de la Canbière jusqu’en 2015, annulé pour manque de moyens financiers 7 ans après sa création.

crs st Louis Canebiere @bienvenuemarseille

Ancien espace Culture dédié à Capitale européenne du sport ©zalAutrefois nommée la « Cannebis » en référence à la fabrication de cordages marins à base de chanvre la Canebière est aussi un lieu de modernité. Au début du XXème siècle, avant la première guerre mondiale est apparu le tramway et l’arrivée de l’architecture haussmannienne. C’est depuis la fin de la seconde guerre mondiale que la Canebière et le centre-ville sont en relatif déclin. Si elle reste un lieu très important à Marseille, elle n’a plus l’influence et la renommée d’autrefois. La fermeture du Café Riche en 1953 remplacé par des grands magasins et de l’Alcazar en 1966 en sont des exemples parfaits. Symboles forts de de l’âge d’or de la Canebière.

Délaissé depuis cette époque, le centre-ville désire aujourd’hui faire peau neuve autour de ces artères historiques. Elle est aujourd’hui devenue un lieu de passage plutôt de divertissement. “Les Champs-Elysées marseillais” en quête de renouveau espèrent retrouver leur splendeur d’antan comme le souhalite la maire du secteur. Elle a lancé en 2017 à cet effet les “dimanches de la Canebière” des derniers dimanches de chaque mois pour recréer du flux et faire redécouvrir leur centre-ville aux marseillais.

Clémens Illos (IEJ)

L’appel du large du bout de la Canebière 

L’appel du large du bout de la Canebière 

©Clémens Illos
Le large vu des Terrasses du Port, Marseille

L’été bat son plein et l’appel de la mer est au plus fort. Touristes et locaux goûtent au plaisir de croisières en bateaux. Pour voyager, découvrir les côtes marseillais ou seulement profiter de l’ambiance estivale, toutes les raisons sont bonnes pour prendre le large.”Quand vient l’été l’appel des Goudes est le plus fort” chante Massilia Sound System.

Sur le quai, la file d'attente pour les navettes du Frioul“On ne saurait pas comment l’expliquer, Mais cette année la fréquentation est en hausse considérable” explique Anaïs, agent RTM âgée de 18 ans. Plutôt que de “s’enfermer dans un bureau”, la jeune marseillaise à préféré effectuer son job d’été à l’air libre aux côtés des touristes, mais pas seulement.  De nombreux locaux optent pour le bateau à défaut des moyens de transports traditionnels.

“Je vis du côté de la Pointe Rouge et j’utilise les navettes pour venir en centre ville” confie Caroline, une Marseillaise. ©Clémens Illos“C’est bien plus agréable que de prendre le bus en été”.

Du côté de La Joliette la foule est également présente. Les allers-retours des paquebots entre Marseille et la Corse ou les côtes africaines et les croisiéristes du tour de Méditerranée sont incessants. Un va et vient très profitable aux commerces alentours. Les glaciers du Vieux Port ne diront pas le contraire. “L’été, les touristes constituent la majorité de notre clientèle” concède un serveur chez Gelato Natural Casa. “En revenant du large les gens sont plus décontractés. Beaucoup d’entre eux s’arrêtent et regardent les photos de leur croisière autour d’une glace”.

frioulÀ la descente du bateau, certains n’hésitent pas à visiter le village des Docks refait à neuf ou à flâner dans le nouveau centre commercial des Terrasses du Port surplombant la mer. Sur le parvis de ce dernier beaucoup de visages s’émerveillent devant le panorama méditerranéen et sur les bateaux prenant le large. “À tout instant du jour et de la nuit, des bateaux labourent pour lui au plus loin des mers” disait Albert Londres à propos du port de Marseille, cette phrase jouit aujourd’hui encore d’une résonance toute particulière.

Les Navettes marseillaises accueillent tous les jours de 6h30 à 23h45 pour les visites des Îles. Départs toutes les 45minutes du 3 avril au premier octobre 2017.

Pour plus d’informations sur les horaires et les modalités de réservation, consulter le site de la RTM. https://www.frioul-if-express.com

Clémens Illos (IEJ)
Marseille centre-ville : “Le puzzle se met en place”

Marseille centre-ville : “Le puzzle se met en place”

Entretiens croisés des élues LR Laure-Agnès Caradec et Solange Biaggi –

samedi 5 août 2017

Les élues à l’urbanisme et au commerce appellent les Marseillais à la patience. « Le puzzle est en train de se mettre en place », affirment à l’unisson, Laure Agnès Caradec adjointe (LR) en charge à l’urbanisme et Présidente d’Euroméditerranée et Solange Biaggi adjointe (LR) déléguée au commerce et au centre-ville, en réponse aux critiques des internautes et des Marseillais sur la lenteur de la réhabilitation du centre-ville. Précisant : « Le temps des villes et le temps économique ne sont pas les mêmes. » Les élues rappellent que nombre d’aménagements ont déjà été réalisés, notamment sur la Canebière, le Vieux-Port, rue de la République et Euroméditerranée. Elles incitent les Marseillais à un peu de patience sans cependant donner de date pour la fin des travaux. Considèrent que « l’activité commerciale ne dépend pas du politique mais d’initiatives privées aidées par les institutions pour les équipements structurels ». Afin de faire le point sur les travaux en cours dans le centre-ville, Laure-Agnès Caradec et Solange Biaggi assurent que la « puissance publique a fait son travail » et rappellent que les institutions « ne peuvent se substituer au privé ». Elles signalent que les investisseurs et propriétaires des bâtis et des commerces du centre-ville sont aidés par des subventions de la municipalité et surtout du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône (CD13) dont elles sont toutes deux également élues, l’une déléguée à l’urbanisme avec sa casquette d’Euromed et vice-présidente et l’autre déléguée à l’aménagement du territoire. La priorité 2014-2020 c’est « ambition centre-ville » de Marseille, indiquent-elles avant de dévoiler qu’elles se rencontrent tous les quinze jours sur ce projet de rénovation avec une quinzaine d’autres élus et les maires des trois secteurs directement concernés (du 1er au 8e arrondissements). Un centre-ville qui ne se limite pas à l’hyper-centre, précise Laure Agnès Caradec mais va des Docks au Vélodrome et du Vieux-Port au Jarret. « L’avantage de l’urbanisme est que cela touche à tout  », ajoute-t-elle, précisant qu’elle souhaite l’instauration de quartiers alternatifs rue de la République comme dans le village des Crottes et les quartiers libres près de la Friche Belle de Mai. A la présidence depuis janvier 2016 du plus grand chantier d’Europe du Sud-Est, lancé parmi d’autres qui ont restructuré la ville par le maire visionnaire que fut Robert Vigouroux (ex PS) en 1995, Laure-Agnès Caradec se félicite de l’apport pour la ville et la métropole de ce grand projet en tant également que Présidente de l’Agence d’urbanisme de l’agglomération marseillaise (AGAM). Mme Caradec affirmant que la nouvelle extension du programme Euromediterranée, Euromed 2 (de Bougainville au cap Pinède en passant par le Canet et le village des Crottes), devrait d’ici quelques années permettre aux Marseillais des quartiers nord « d’accéder à la mer et de bénéficier de nouveaux secteurs innovants hébergeant des activités créatrices d’emplois ». Entretiens croisés.

Caradec & BiaggiLes élues LR Laure-Agnès Caradec et Solange Biaggi (Photo Patricia Maillé-Caire)

 Où se situe exactement le centre-ville de Marseille ?
Laure-Agnès Caradec : Aujourd’hui la priorité du maire de Marseille et de son équipe municipale, c’est un centre-ville dans son périmètre élargi. Ce n’est pas seulement la rue Paradis, la rue SaintFerréol et la Canebière, c’est un centre-ville qui part des Docks jusqu’au Centre vélodrome, la gare SaintCharles jusqu’à la ceinture périphérique du cours Lieutaud et même jusqu’au Jarret dans certains schémas.

 Au niveau de l’Hyper-centre, comment déclinez-vous les priorités ?
LA.C : En termes de dynamisme et d’attractivité, cela se décline sur plusieurs pivots

Tout d’abord celui de la qualité de l’espace public. On a refait le Vieux-Port, la rue Paradis est en cours de réfection, la rue de la République est rénovée, on lance toutes les études pour le cours Lieutaud, et on met en place les outils nécessaires pour la qualité de l’aménagement que ce soit privé ou public grâce à l’Aire de Valorisation Architecturale et Patrimoniale (AVAP) du centre-ville à l’échelle de 480 hectares

Ensuite, on en vient à celui de l’attractivité en matière de logements, c’est à dire qu’il faut attirer des habitants en centre-ville pour le faire vivre. Il faut du flux et y réintroduire de l’activité bureaux, de l’innovation avec les espaces de coworking, les FabLab, etc… mais aussi des bureaux traditionnels.
Solange Biaggi : Le centre-ville a une vraie attractivité dans la mesure où l’on a des prix deux fois moins chers que ceux du quartier central des affaires à Euromed. On a sur la Canebière des projets structurants : le carré des feuillants avec l’hôtel, le permis de construire du cinéma a été délivré, pour une implantation à la place de la mairie des 1/7 en haut de la Canebière. La mairie pour sa part va déménager dans l’immeuble vide de la Maison de la Région.
L-A.C : Il y a les Dimanches de la Canebière qui vont reprendre en septembre, on a des espaces de coworking importants qui s’installent au niveau de la Canebière et sur les allées Gambetta. Ce sont des signaux forts. Alors je sais bien qu’il y a des perspectives qui peuvent paraître un peu loin sauf que le temps de création d’une ville est un temps long, c’est indéniable.

 

Quelles mesures tangibles pouvez-vous annoncer ?
S.B : Il ne peut y avoir d’activité sans habitants ni bureaux. J’ai demandé aux propriétaires de la rue de la République notamment de ne pas ouvrir que des boutiques d’habillement de grandes enseignes étant déjà implantées dans les grandes surfaces aux deux extrémités de ce périmètre. Enfin, la réfection de la Poste centrale Colbert pour l’administration de la Poste va amener 450 personnes à proximité. Par ailleurs, la municipalité va aider des petits commerces à s’installer dans les rues adjacentes de la rue de la République, ce qui devrait apporter du « flux » comme la création d’une suite de Galeries d’Art, rue Chevalier Roze pour la fin du mois d’août.

Que répondez-vous aux Marseillais de l’hypercentre qui s’impatientent ?
L-A.C : La puissance publique est là pour aménager et dans ce cadre, on n’a aucun reproche à nous faire : on a fait passer le tramway, on a requalifié tout l’espace public, on a contraint les propriétaires à refaire les façades et les logements. L’initiative privée, on doit l’accompagner mais il y a aussi des propriétaires qui doivent monter un plan d’action pour occuper l’espace. Après, il faut arriver à avoir une politique d’attractivité, de faire en sortes qu’il y ait du flux dans le centre-ville. Le flux touristique a doublé ou quadruplé. Nous, ce que nous faisons, c’est de mettre en place les conditions de la réussite.
S.B : Pour ce qui est de la Canebière, quand on aura toutes les pièces du puzzle qui vont s’assembler que ce soit l’hôtel des feuillants, le cinéma, la mairie, les habitants pourront constater la réussite de ce projet de réhabilitation de la Canebière et du centre-ville. 
L-A.C. : Le centre-ville est le premier pôle d’activité et le premier pôle salarié de la métropole Aix Marseille Provence. Pour aider les investisseurs, il y a deux grands projets : ravalement des façades avec l’aide du Conseil départemental qui donne jusqu’à 50% de subventions et, pour la préemption des baux et des murs le Département donne jusqu’à 70% notamment pour la Canebière.

On a l’impression que peu de boutiques ouvrent et que beaucoup tirent le rideau, dans l’hypercentre, que comptez-vous faire pour pallier cette situation ?
S.B. : Pour parler commerces, les deux investisseurs de la rue de la République, ANF et ATEMI ont fait des efforts au niveau des loyers et des commerces. C’est vrai qu’ils ont mis du temps parce qu’ils n’ont pas obtenu les deux phases en même temps. ATEMI pour sa part a connu les problèmes de la crise économique avec son foncier. Il y a des choses qui sortent sur cette rue de la République qui sont, avec ATEMI la résidence seniors, l’hôtel NH en cours, la résidence étudiante qui s’est bien remplie avec un taux d’occupation qui atteint les 70%.
LA.C : Le temps d’une ville et le temps économique n’est pas le même.


S.B : On partait de tellement loin rue de la République. Il fallait voir l’état des commerces, sur 100 il y en avait 50 qui étaient fermés, les autres étaient squattés. Ils ont repris tout cela en main et dans le même temps sont arrivés le Centre Bourse rénové, les Terrasses du Port, les Docks village. C’est vrai que c’est très lent, ça c’est sûr…

 Quels sont les principaux investissements privés dans l’Hyper-Centre outre les deux principaux propriétaires qui se partagent la rue de la République
S.B : L’hyper-centre attire des investisseurs. H&M a repris Virgin rue SaintFerréol et a mis 50M€ pour en faire un très beau magasin ; les Galeries Lafayette partent au Centre Vélodrome. Ce grand magasin rue Saint était trop proche des Galeries du Centre Bourse. Et, il était préférable, pour le centre-ville dans son périmètre élargi, que l’on ait deux pôles aux deux extrémités (Terrasses du Port au Nord et Centre vélodrome au Sud).

Que vont devenir les bâtiments des Galeries Lafayette de la rue Saint-Ferréol ?
S.B : Le groupe Virgil va investir près de 25M€ pour racheter le fonds et les murs. Il va créer en plein centre-ville de Marseille un espace coworking avec de nombreux bureaux et une centaine d’appartements connectés. Ce seront des appartements de deux, trois et quatre pièces pour les familles qui arrivent en location moyenne durée. Des appartements haut de gamme avec un roof top, un spa, une salle de gym et des magasins en rez-de-chaussée et 1er. Quand des gens investissent c’est qu’il y a du potentiel. Et nous, puissance publique nous accompagnons
L-A.C : Pour qu’il y ait des clients dans les commerces, il faut qu’il y ait des habitants. Aujourd’hui, on assiste à un changement avec des gens qui veulent revenir en centre-ville pour habiter. Pour ce faire, il faut que l’on accompagne soit des bailleurs soit des investisseurs privés qui donnent des logements de qualité et des grands logements.
S.B : C’est cela notre objectif et cela ne se fait pas en cinq minutes, c’est sûr que c’est lent…

Vous avez souvent parlé « d’offre alternative ». De quoi s’agit-il ?
LA.C : Il faut une offre alternative à ce que l’on vient de citer comme développement traditionnel que l’on voit dans tous les centres-villes du monde. Il faut que puissent se créer de nouveaux concepts avec des loyers attractifs.
S.B : Les deux principaux propriétaires de la rue de la République ont consenti à des loyers attractifs
LA.C : L’objectif est d’arriver à développer des activités alternatives à ce que l’on voit d’une façon classique et pourquoi pas rue de la République. C’est ce que nous souhaitons. Les boutiques qui ont disparu, c’est du classique que l’on voit ailleurs.
S.B : Les investisseurs ont, dans l’attente, mis à disposition trois locaux pour le collectif artistique 3013 qui prolonge à sa façon l’année 2013 Capitale Européenne de la Culture… Il n’y a pas de raison que cela ne fonctionne pas mais cela ne se décrète pas.
L.-A.C. : Le fait que LR ait gagné les deux institutions, Département et Région et à la Métropole, on arrive à travailler main dans la main et de concert. Je trouve que l’on va beaucoup plus vite sur certains projets même si nous, en tant qu’élues, nous aimerions que cela aille encore plus vite.

 Pour Euromed. 2, vous parlez également de « quartiers alternatifs ». De quoi s’agit-il ?
LA.C : Dans le parc Habité (Euromed), 2 000 logements vont être créés avec des commerces en pied d’immeuble. Les travaux sont en cours pour le cinéma Gaumont Pathé. Cela va être un vrai pôle d’attractivité. Euromed 1 est presque terminé, il reste le quartier de la Porte d’Aix avec l’École d’architecture qui viendra de Luminy, l’IMVT, et le Parc urbain avant de poursuivre la mise en place d’Euromed 2 qui devrait apporter 20 000 nouveaux emplois. A l’extrémité nous venons de lancer Smartseille qui présente les dernières avancées en matière d’innovation et le projet de l’écoquartier des Fabriques du futur « Ici Marseille » dans l’ensemble de l’îlot XXL. Il reste le Parc Bougainville, le métro à Capitaine Gèze, la libération de la gare du Canet des voies SNCF. Il s’agit de faire un véritable lien paysager entre les quartiers Nord et la Ville avec le déplacement du trafic SNCF-Port sur Mourepiane (qui n’est pas du goût des riverain, NDLR). Enfin, la création de la Cité scolaire internationale pilotée par la Région et celle des quartiers libres autour de la Belle de Mai, la caserne du Muy et la Gare Métropolitaine pour en faire un vrai quartier lié par des lignes de tramway.

Les projets lancés sont-ils en bonne voie ?
LA.C : Euroméditerranée est un vrai accélérateur de métropole. Il faut rendre les choses irréversibles. Le puzzle est en train de se mettre en place. Il a fallu 12 ans pour que le cinéma initié par Luc Besson sorte de terre sous l’enseigne Gaumont-Pathé ; il aura aussi fallu dix années de procédures pour le début des travaux de l’immeuble « Paquebot » de Rudi Ricciotti entre la rue Malaval et la rue Fauchier entre République et Belle de Mai.

Vous avez parlé de FabLab dans le village des Crottes quel est l’avancement du projet ?
LA.C : Aujourd’hui les Crottes c’est Euromed.2 avec un projet de renouvellement urbain fort et une volonté d’y implanter la petite sœur « d’Ici Montreuil » pour faire un « Ici Marseille ». L’équipe est choisie. Cela devrait se faire d’ici la fin de l’année. Ce serait la première amorce d’un quartier alternatif qui pourrait s’inscrire en lien avec le Marché aux puces parce que l’on s’aperçoit que, dans toutes les villes internationales, c’est dans les quartiers comme celui-là en quête d’un nouveau souffle que se passe la créativité.

Quel bilan dressez-vous de cette année et demie passée à la tête d’Euromed
LA.C : Euromed a l’ambition de devenir un modèle en matière d’architecture et d’urbanisme durable en Méditerranée. L’avantage de mes différentes casquettes  Euromed, Ville et Département, est de raisonner au-delà de la Ville et de la métropole et pas simplement au périmètre d’Euroméditerranée. Ce n’est pas une île au milieu de rien… Quand je mène Quartier libre pour la Ville et Euromed, il y a des morceaux qui se superposent et évidemment, il doit y avoir une cohérence. L’avantage de l’urbanisme est que cela touche à tout.

Propos recueillis par Antoine LAZERGES

al/ avec destimed.fr

  • Le public peut voir la maquette d’Euromed.1 à l’Euromed Center dans l’immeuble de l’Astrolabe  juste après les docks sur le boulevard de Dunkerque. Celle d’Euromed.2 n’est pas encore réalisée mais le public peut trouver des documents qui décrivent le projet avec la boucle de thalassothermie livrée par EDF le parc urbain et le métro capitaine Gèze qui devait être terminé en 2016.
Rue de la République: pause pendant les travaux.

Rue de la République: pause pendant les travaux.

La rue de la République est l’un des lieux les plus emblématiques de Marseille. Connue pour son style architectural Haussmannien, ses travaux sans fin ou encore ses innombrables commerces aux façades identiques en pied immeubles, c’est surtout ce qui relie le Vieux-Port, au nouveau poumon économique: le quartier de la Joliette proche des embarcadères et des quais du Grand Port Maritime de Marseille (GPMM). Longue de 1100 mètres, elle se situe dans les 1er et 2ème  arrondissements de Marseille mais peine à trouver son identité et à recréer une zone de chalandise. Elle est devenue lieu de transit en tramway entre les deux centre commerciaux que sont le Centre Bourse sur la Canebière et les Terrasses du Port à La Joliette. Lien idéal entre la rue Saint Ferréol piétonne et commerçante reliant la Canebière en redéfinition à la Préfecture et la rue Paradis en réhabilitation pour se rendre dans le nouveau quartier de La Joliette, la rue de la République n’a pas trouvé son public ni attiré les grandes enseignes qui pourraient la rendre attractive. Côté Canebière, axe central de Marseille qui tarde à reprendre son activité festive d’antan, les commerces ont des difficultés de trésorerie à proximité du Centre Bourse rénové. Au Village des docks récemment ouvert face aux Terrasses du Port les boutiques changent souvent d’activité. Dans la rue de la République dont nombre d’espaces dédiés au commerce en pied d’immeubles sont déserts des grandes marques récemment venues s’y installer ont fermé. Près de 4 espaces commerciaux sur 5 sont vides ou toujours en travaux avec des panneaux annonçant une ouverture prochaine… depuis plusieurs années.

La rue de la République, un chantier vieux de 150 ans.

C’est au XIXème siècle que la rue de la République, sous le nom de rue Impériale voit le jour sous Napoléon III. Inaugurée en 1864, elle relie directement le Vieux-Port au quartier de la Joliette et aux nouveaux ports de commerce. Un raccourci perçu comme une nécessité à l’époque où les charrettes étaient encore un moyen de locomotion. Percée en 20 mois à partir de 1855, construite en moins de 10 ans, elle est depuis plus de 15 ans en réhabilitation.

Cette artère est l’un des plus gros chantiers réalisés à cette période. Projet qualifié d’exceptionnel, il s’agissait surtout de percer une voie rectiligne d’un kilomètre et de détruire 85.000 m2 de bâtiments. Les vielles habitations et immeubles ont été remplacés par des neufs presque identiques bien alignés et de style haussmannien. Le but de la municipalité d’alors: que la bourgeoisie marseillaise vienne s’installer en centre-ville. Aujourd’hui, la rue de la République est devenue une rue commerçante en attente de commerces et de chalands. Elle relie toujours le Vieux-Port, emblème touristique de la ville, au quartier des affaires de la Joliette, nouveau phare de la Ville. Mais près de 150 ans après sa construction, cet axe majeur de Marseille est devenu la proie de nouvelles rénovations. Ses trottoirs se sont élargis, un tramway y a vu le jour, tout comme un parking et une résidence étudiante. D’autres réalisations sont en cours. Le but reste une fois de plus le même qu’en 1864: séduire la classe supérieure et les commerces haut de gamme pour une « gentrification » du centre-ville. Une « gentrification » déclarée toujours « impossible » par le quotidien l’Humanité en 2016 dans un reportage vivant et documenté très critique de la politique de la municipalité et de ses contradictions.

Mais si la rue de la République avait pour mission d’être la vitrine du nouveau Marseille, elle n’atteint pas ses objectifs comme le faisait déjà remarquer le site du quotidien gratuit 20 minutes en 2015.

Coincé entre la rue Saint-Ferréol, le centre Bourse et les Terrasses du Port, ce lieu emblématique réussira-t-il à survivre ? Après plus de 10 ans de travaux de rénovation les commerçants de la rue désespèrent. Les marseillais déclarent ne pas comprendre le plan de rénovation du centre-ville.

Présentation des travaux de la rue Impériale par l’ATEMI concurrente l’ANF de pour la commercialisation de la rue de la République

La municipalité avait inauguré en fanfare l’ouverture d’un café Starbucks, dans la première partie de la rue de la République entre le Vieux-Port et la place Sadi Carnot. Il devait permettre la mixité sociale et inciter les bourgeois des quartiers sud à venir faire leurs courses dans cette partie de la ville. Pari perdu. A proximité de ce premier Starbucks café à Marseille, les boutiques Mango, Esprit, Celio, Verbaudat, Sinequanone et Promod notamment ont fermé. Des enseignes qui ont des boutiques ailleurs dans Marseille mais fuient la rue de la République aux loyers trop élevés, selon des commerçants ne souhaitant pas être cités.

Dans la seconde partie de cette voie de Sadi Carnot à la Joliette, peu d’espaces trouvent preneurs. L’ANF, l’une des sociétés propriétaires d’une partie de la rue prévoirait de revoir à la baisse la valeur de son patrimoine pour tenir compte de la chute des loyers selon le site marseillais Marsactu. Une information démentie du bout des lèvres par la Maison des Commerçants de la rue de la République qui est une émanation de la municipalité et de la société propriétaire des immeubles pour lesquels tout va bien.

Pour occuper certains lieux en déshérence, l’ANF a ouvert un premier espace de 150m² à un collectif d’artiste au 52 rue de la République. Ce collectif marseille 3013 né après l’année Européenne de la Culture 2013 à Marseille vient de récupérer un nouveau lieu de 300m² au 58 rue de la république ainsi qu’au numéro 23 pour donner de l’animation à cette artère désertée. En juin 2016, ce collectif avait déjà animé cette rue en postant une vingtaine de grandes bâches peintes sur les palissades de boutiques vides sur lesquelles les artistes avaient imaginé Marseille dans 1.000 ans (3013) dont il reste quelques réalisations.

Une première.

starbucks dégustation ouverture
soirée de dégustation pour l’ouverture le 11 mai 2010 ©citizenside

C’est bien au bas de cette rue, que la plus grande chaîne mondiale de salon de cafés s’est installée. L’entreprise américaine Starbucks coffee existe depuis 1971 mais ne s’implante à Marseille qu’en 2010. Et c’est la rue de la République qui accueille son premier café et propose même une terrasse pour déguster ses produits au soleil en été.

Un véritable carton puisque les clients se fidélisent très rapidement, « J’avais hâte qu’un Starbucks ouvre enfin chez nous. Je travaille dans la rue et je viens tous les jours prendre mon café, c’est devenu une habitude», raconte Judith, secrétaire médicale.

L’emplacement est surtout stratégique, tout près du Vieux-Port et du Centre Bourse, là où Marseillais et touristes se retrouvent. « C’est un bon endroit, à la vue de tous, à côté de l’endroit le plus connu et le plus visité de Marseille », explique Kévin, étudiant.

Si la boutique connaît un immense succès c’est grâce à l’étiquette « valeur sûre » que les gens lui donnent. Il y a les habitants qui n’ont pas cessé d’entendre parler de ces cafés, frappucino et autres boissons mondialement connues, et puis il y a les touristes qui se sentent rassurés lorsqu’ils connaissent déjà un produit « Je suis allée dans quelques cafés ici mais c’est vrai que je préfère m’arrêter au Starbucks parce que j’ai l’habitude de m’y rendre chez moi », admet Emily, une touriste canadienne.

Le salon attire également des personnes venues des villes voisines, comme Célia, étudiante à Aix-en-Provence, qui a son ouverture faisait des allers-retours seulement pour boire un chocolat viennois made in Starbucks.

Cependant, depuis l’ouverture récente d’un Starbucks au nouveau centre commercial Les Terrasses du Port et un autre à côté de la Préfecture au bout de la rue Saint Ferréol une certaine concurrence se fait ressentir, « On a perdu près de la moitié de nos clients » déclare une employée de l’enseigne basée rue de la République.

6 pour le prix d’1

Ce n’est pas une réduction mais le nombre de pharmacies que compte au total la rue de la République. Quatre le long de la rue et deux sur le rond-point Sadi Carnot dont les pharmaciens protestent contre le montant élevé des loyers. Il est vrai que la France est le pays européen qui comporte le plus de pharmacie mais ce secteur est pourtant en déclin car selon une étude de l’ordre des pharmaciens publié par Le Parisien une pharmacie fermerait tous les trois jours en France (pour arriver à -10% de pharmacies) afin de réduire les dépenses de santé du pays.

Mais apparemment Marseille et plus précisément la rue de la République ne sont pas touchées par ce phénomène. Une aubaine pour les habitants du quartier « On ne peut pas se retrouver en galère, si une pharmacie est fermée celle d’à côté est ouverte, si une pharmacie n’a pas ce que l’on veut, celle d’à côté l’a. C’est pratique », explique Malika qui habite Colbert.

Des pharmacies en veux-tu en voilà mais certains résidents ont quand même leur préférée, « Elles ne proposent pas toutes les mêmes tarifs, celle juste en face de chez moi est la plus chère alors ça ne me dérange pas de marcher deux minutes de plus pour économiser 2,3 euros sur un produit », lâche Mathilde, sourire aux lèvres.

Quelle cohérence pour l’hypercentre ?

Les travaux en cours rue de la République et les efforts en vue d’une redynamisation de la Canebière avec la volonté affichée de la mairie aidée par le Conseil Départemental de racheter les pieds d’immeubles pour recréer de l’activité commerciale dans ces deux axes forts de la Ville ne permettent pas encore aux marseillais d’avoir une vue d’ensemble sur l’évolution de leur ville.

Les opposants à la municipalité (LR) en place depuis plus de 20 ans s’en donnent à cœur joie tant la critique est aisée sur un forum ouvert. « Ce n’est pas en retapant une artère qu’on redynamise le cœur d’une ville. La rue de la Rép est magnifique mais autour, il y a quoi ? » écrit un internaute sous le pseudonyme de Osin13. « Il est de toute façon unique en France de compter deux centres commerciaux de part et d’autre d’une rue commerçante » rétorque un autre sous le pseudonyme de « Pastis ». « Je pense que la rue était déjà mal barrée bien avant l’ouverture des Terrasses. Comme le dit si bien pastis et beaucoup d’autres ici, il manque un plan global de mise en valeur de l’hyper-centre. En ce moment ça bricole mais il n’y a aucun cohérence, aucune ligne directrice”, conclut Osin13 sur ce forum Internet.

 

Lina Nargisse (IEJ) / avec al