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Les perpendiculaires de la Canebière : mixité illusoire ?

Les perpendiculaires de la Canebière : mixité illusoire ?

La rue Paradis, la rue Saint-Ferréol, la rue de Rome et le cours Saint-Louis constituent autant de facettes d’une seule et même pièce : la ville Marseille, telle qu’elle est. Et au centre, la Canebière comme symbole, souvent décrite comme une frontière entre les parties nord dites populaires et sud plus bourgeoises de la ville.

Les boutiques changent, la population aussi… c’est ce que l’on peut constater en déambulant dans les différentes rues qui se jettent perpendiculairement à la Canebière depuis le Vieux-Port jusqu’au marché de Noailles. Un quadrilatère où se croisent les différents types de populations marseillaises. Les plus aisés se retrouvent rue Paradis et ses boutiques de luxe ; la jeunesse et les familles déambulent dans la rue piétonne Saint Ferréol ; la population moins aisée trouve son bonheur rue de Rome prolongée par le cours Saint-Louis au croisement de la

Canebière et du cours Belsunce, l’ancien cœur du quartier qui fit la renommée de la

« Cane-Cane-Canebière ». En débarquant ici des trois lignes de tramway, du métro et des terminaux de bus, venant du nord comme du sud ou de l’est, les marseillais peuvent aussi se rendre au marché de Noailles place des Capucins, célébré dans le monde entier par les touristes comme lieu de mixité sociale typique de Marseille.

 

Entre la rue Paradis et les Capucins c’est le grand écart. Les rues Paradis, Saint Ferréol, et Rome prolongée par le cours Saint-Louis, sont séparées par quelques petites minutes de marche. « Parfois je me dis qu’on dirait vraiment plusieurs villes différentes, isolées les unes des autres séparées par quelques bâtiments » explique Hakim qui habite à proximité du cours Saint-Louis. Des boutiques de luxe peu fréquentées malgré des rues souvent bondées font place quelques mètres plus loin au centre bourse au sein duquel monsieur tout le monde peut faire ses emplettes. « C’est vrai qu’au premier abord ça peut sembler étrange. Mais c’est aussi ce qui fait l’âme de Marseille, ce qui fait que notre ville est unique. Des gens très différents, de milieux sociaux très hétérogènes peuvent se rencontrer alors qu’en principe tout les séparerait » analyse Danielle, Marseillaise depuis 25 ans et grande amatrice de la rue Paradis. Hakim, lui, ne voit pas les choses du même œil. « C’est vrai que nous sommes proches les uns des autres, mais est-ce que nous communiquons vraiment ensemble ? Je ne pense pas. Les gens restent dans leur coin, vous savez. » déplore-t-il.

 

Et la Canebière dans tout ça ? « C’est justement le symbole de cette mixité, tout Marseille y transite et on retrouve une mixité ethnique et sociale qu’il est difficile de retrouver ailleurs » argumente Danielle. « On ne voit pas ça partout, c’est vraiment spécifique », ajoute-t-elle.

La Canebière est fréquentée à la fois par ceux qui descendent des quartiers nord en tramway et également par ceux qui fréquentent les rues plus aisées. Cela créé des dissensions, les habitants des quartiers nord se sentant délaissés, exclus, loin des lieux de richesse de la ville. Il y règne donc une atmosphère bien spécifique. « Parfois, on ne sait pas trop où on est » explique Carole. C’est en effet un lieu de passage, où se rassemble la diversité de la population marseillaise. « On a parfois l’impression d’être délaissés. La mairie ne fait rien pour nous faciliter la vie » explique Karim.

Thomas Izart (IEJ3)

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Le marché de Noailles est de retour place des Capucins

Le marché de Noailles est de retour place des Capucins

La place restaurée ©zal

Les maraîchers sont enfin de retour chez eux ! Déplacés depuis le 1er janvier 2018 Square Léon Blum, ils ont retrouvé leur emplacement initial le lundi 25 juin. L’ensemble des stands ont été modernisés pour un coût global de 700.000 €uros. Les commerçants en question sont ravis. « Ça nous fait plaisir de revenir ici. Les stands sont beaucoup plus agréables, et on compte bien retrouver la clientèle que nous avions perdu », confie le maraîcher Alain Barthélémy, restituant l’enthousiasme général. Les habitués, qui depuis des mois devaient faire un grand détour, sont satisfaits de revenir à leurs bonnes vieilles habitudes. « J’y allais beaucoup moins depuis qu’ils avaient tout mis là-bas, il m’arrivait fréquemment d’aller ailleurs. C’est vraiment bien que tout soit ici de nouveau » se réjouit un client.

Les commerçants de la rue Longue-des-Capucins, qui ne profitaient plus de l’aura du marché, vont progressivement regagner tous les clients perdus. Virginie Fanego, qui tient une fromagerie/charcuterie, qui avait déclaré « avoir perdu 20% de clients depuis le déplacement du marché », et Saladin qui estimait « à 50% » la chute de son chiffre d’affaires, s’attendent « à une nette amélioration dans les jours qui viennent ». Depuis le 25 juin, déjà, tous les commerçants ont pu observer une augmentation des passants dans la rue. Le retour du marché ne fait donc que des heureux.

Thomas Izart (IEJ)

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