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Belsunce/Saint-Louis : Un axe de Marseille en pleine évolution 

Belsunce/Saint-Louis : Un axe de Marseille en pleine évolution 

© Guillaume Aledo, Arrêt Belsunce AlcazarAlors que le quartier de Belsunce est en passe d’accueillir un nouveau Chinatown, l’artère du Cours Saint-Louis et de Belsunce qui croise la Canebière au point zéro de Marseille connait aussi une flagrante transformation. Une évolution que l’on peut qualifier de positive qui peut être expliquée par plusieurs nouveautés comme le Tramway ou les Dimanches de la Canebière qui redonne à cette partie du centre-ville son animation d’antan.

A la place du café Riche Cours-Saint-Louis-Canebière-©zalracfé-riche-bienvenuemarseille-150x150Depuis six ans, en 2010, l’artère Saint-Louis/Belsunce accueille une extension de la ligne T3 du Tramway. Cinq nouveaux arrêts sur 1200 mètres tout le long de la rue de Rome, jusqu’à l’Alcazar avec un arrêt qui donne directement devant la marquise conservée de l’ancien Music Hall qui héberge la nouvelle © zal, Alcazar-newAlcazar-oldBibliothèque Municipale à Vocation Régionale cours Belsunce et sur le Cours-Saint Louis au kilomètre zéro de Marseille. Un nouveau moyen de transport qui permet de brasser un tout nouveau public. Une combinaison de touristes et de locaux qui amène un vrai changement d’ambiance à Belsunce à l’angle de la rue Tapis Vert des commerces de gros chinois appelée à devenir un nouveau Chinatown après déménagement des échoppes au pied de Grand Littoral.

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cours-st-louis-bienvenuemarseille-150x150« Ça à amélioré la vie dans le quartier, c’est sûr. Avec toutes ces nouveautés, il y a une meilleure ambiance » se réjouit Youssef, vendeur de tissus au magasin Le Floride. Mais cette transformation, amène son lot de gagnants et de perdants. « Auparavant, vous pouviez trouver des magasins de vêtements de sports sur toute l’avenue, il n’y avait quasiment que ça. Maintenant, ils ont été remplacés par des snacks et des bars. »© Guillaume Aledo Annonce remplacement de magasin

Le quartier a vu l’ouverture de plusieurs magasins, et l’arrivée de nouveaux commerçants qui veulent miser sur ce nouvel essor. Le Yisa Palace, pâtisserie qui a ouvert ses portes en janvier 2018, en est un exemple probant. Elle rejoint les nombreux kebabs qui nous font faire le tour de©Guillaume Aldeo Turquie, de l’Istanbul City kebab et Chicken à l’Ankara Grill, les bars et brasseries qui entourent l’immense bibliothèque de l’Alcazar, l’ancien Music Hall et centre névralgique de la Canebière où débutèrent de nombreux artistes comme Yves Montand ou Edith Piaf donnant à Marseille des airs de 42ème rue de Broadway.

Les petits commerçants de détail de vêtements du Cours Belsunce subissent une double concurrence : le Centre Bourse, avec ses 39.300m² d’espace et ses 73 enseignes commerciales ; et les Dimanches de la Canebière, une fois par mois, qui transforment l’axe en pure zone touristique. La restauration en tout genre récupère les touristes et les marseillais qui viennent de faire une bonne marche sur le kilomètre de la Canebière ou du shopping éreintant et peuvent se reposer sur les terrasses des deux cours orientées à l’ouest. « Désormais, on a de la clientèle sur toute l’année. Plus de touristes d’Europe durant la période hivernale, plus de touristes asiatiques en été. Le quartier est plus vivant, il y a de l’activité en permanence, tous les jours » s’enthousiasme Léa, réceptionniste à l’Hô©Guillaume Aledo Cours Saint-Louistel Saint-Louis, placé au cœur du Cours Saint-Louis.

Cette partie de la Canebière, était célèbre pour ses terrasses, ses hôtels et ses brasseries comme le café Riche ou des palaces de luxe accueillant tout le commerce du monde. Un tramway, un centre commercial en perpétuelle expansion, un nouvel événement mensuel qui fait bouger la Canebière : l’axe Saint-Louis/Belsunce connait indéniablement un nouvel essor. Un essor qui pourrait encore prendre de l’ampleur avec l’idée d’une future piétonisation permanente de la Canebière annoncée d’ici à 2019.

Guillaume Aledo (IEJ)

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La Canebière, au cœur de l’histoire marseillaise

La Canebière, au cœur de l’histoire marseillaise

 

Bas de la Canebière 2016
Bas de la Canebière

La Canebière n’aurait pas eu la renommée Canebière3qu’on lui connait sans l’activité culturelle et les animations commerciales de ses rues perpendiculaires telles que le cours Belsunce ou le cours St Louis qui ont forgé l’histoire de Marseille. Places fortes du centre-ville aujourd’hui moins reluisant, elles ont longtemps constitu é le cœur de la cité phocéenne vibrant au rythme de rencontres et des festivités en attendant le prochain “dimanche de la Canebière” le 24 septembre 2017.

« Marseille (…) Sa beauté ne se photographie pas. Elle se partage » déclare Jean Claude Izzo dans son ouvrage Total Kheops. Cette phrase résume bien les ambiances festives et la communion qu’ont pu susciter la Canebière et ses rues adjacentes.

@bienvenuemarseilleCe carrefour a longtemps concentré les différents lieux de divertissements marseillais notamment cofl’Alcazar du cours Belsunce, ancienne salle de spectacle aujourd’hui transformée en bibliothèque, et des emplacements célébres tels que le café Riche à l’angle du cours St Louis. Les petits cafés du cours Belsunce redonnent de l’animation à ce quartier écrasé par les tours Labourdette construites dans les années 60 pour accueillir les rapatriés d’Algérie qui ont depuis émigré ailleurs et le Centre Bourse qui asphyxie l’espace.

C’est à l’angle de la Canebière et du cours Belsunce qu’ont vu le jour les premières habitations au XVIIème siècle.  Le siècle suivant sera créé la jonction avec le Vieux Port et fera véritablement de cette avenue le cœur battant de Marseille en ne seule Canebière dont les trois tronçons ont été réunis sous la même appellation en 1927 en une seule voie d’un kilomètre de long du Vieux Port à l’église des Réformes en 1927.

Au XIXème siècle nait l’Alcazar. A l’époque, la Canebière est en pleine Photo Christophe MOUSTIER 1994 Entrée de l'Alcazar de Marseille avant sa rénovationrecsdronstruction, et les premiers grands magasins et salles de spectacles poussent le long de l’avenue. Créée en 1857, la salle de spectacle se forge rapidement une réputation nationale et devient l’un des points de rendez-vous les plus importants pour les marseillais. Des artistes locaux viennent s’y produire ainsi que des grands artistes venus de la capitale. C’est la salle qui a vue débuter des artistes reconnus tels que Marcel Pagnol ou Fernandel, Montand ou la « petite  Piaf ». Reconverti en cinéma en 1930, l’Alcazar ne perd pas de sa notoriété. La Canebière devient rapidement la muse de nombreux écrivains comme Jean Claude IZZO ou Emile ZOLA. Il s’y tenait d’ailleurs le Festival du livre de la Canbière jusqu’en 2015, annulé pour manque de moyens financiers 7 ans après sa création.

crs st Louis Canebiere @bienvenuemarseille

Ancien espace Culture dédié à Capitale européenne du sport ©zalAutrefois nommée la « Cannebis » en référence à la fabrication de cordages marins à base de chanvre la Canebière est aussi un lieu de modernité. Au début du XXème siècle, avant la première guerre mondiale est apparu le tramway et l’arrivée de l’architecture haussmannienne. C’est depuis la fin de la seconde guerre mondiale que la Canebière et le centre-ville sont en relatif déclin. Si elle reste un lieu très important à Marseille, elle n’a plus l’influence et la renommée d’autrefois. La fermeture du Café Riche en 1953 remplacé par des grands magasins et de l’Alcazar en 1966 en sont des exemples parfaits. Symboles forts de de l’âge d’or de la Canebière.

Délaissé depuis cette époque, le centre-ville désire aujourd’hui faire peau neuve autour de ces artères historiques. Elle est aujourd’hui devenue un lieu de passage plutôt de divertissement. “Les Champs-Elysées marseillais” en quête de renouveau espèrent retrouver leur splendeur d’antan comme le souhalite la maire du secteur. Elle a lancé en 2017 à cet effet les “dimanches de la Canebière” des derniers dimanches de chaque mois pour recréer du flux et faire redécouvrir leur centre-ville aux marseillais.

Clémens Illos (IEJ)