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Le Prado Vélodrome n’emballe pas 

Le Prado Vélodrome n’emballe pas 

Le centre commercial Prado Vélodrome a ouvert ses portes depuis plus d’un mois. En tête d’affiche, les Galeries Lafayette fraîchement émigrées de la rue St Ferréol. Le bâtiment vient bousculer le quartier, peu familier aux grandes enseignes. Mais après des débuts en fanfare, le voilà presque (trop) fondu dans le décor.

Le centre Prado Vélodrome, bijou architectural, au toit courbé à l’image de celui du stade et où le soleil se reflète à travers des formes triangulaires, séduit les visiteurs pour quelques photos. Mais même si les fondations sentent bon le neuf et la modernité, cela ne suffit pas pour attirer les foules. « Le premier jour il y a eu beaucoup de monde, mais depuis plus rien », déclare la gérante du restaurant Le Negresko, situé en face du centre. La foncière Klépierre, propriétaire du lieu – mais aussi des Terrasses du Port, du centre Bourse, du Merlan et de Grand Littoral –, avait pourtant prévu 7 millions de visiteurs par an (selon Fashion Network) pour ses 23.000 m2 et sa cinquantaine de boutiques. De quoi attirer les quartiers Sud qui n’auront plus à remonter au Nord – et à franchir la frontière Canebière – pour leur shopping, d’autant plus que les Galeries Lafayette ont déserté la rue Saint Ferréol pour devenir la locomotive du Prado Vélodrome sur 4 étages et 9.400 m2. De même pour Repetto, qui a quitté la rue Davso du centre-ville parallèle à la Canebière pour une vitrine au rez-de-chaussée.

Seulement voilà, les galeries ont été inaugurées le 27 mars alors qu’elles n’étaient pas toutes occupées. Et le paysage n’a pas vraiment changé depuis. Cette situation, les commerçants la déplorent aussi. « Le centre est bénéfique pour le quartier mais il faudrait qu’ils le remplissent », commente Valérie de Lécluse, présidente de l’association de commerçants Le Cœur du Huitième et gérante de la pharmacie du Grand Pavois. À l’origine, la pharmacienne comme d’autres commerçants pensaient que le Prado Vélodrome pouvait dynamiser les alentours, avec son fameux Orange Vélodrome et sa proximité avec le métro.

zone touristique actuelle ©econostrumPour Valérie de Lécluse, le problème vient plutôt d’ailleurs. « Il faudrait une zone touristique étendue au quartier », clame-t-elle- derrière son comptoir. En effet, le conseil municipal du 12 février s’était prononcé en faveur de son extension vers les quartiers Sud. Une demande a d’ailleurs été déposée par la suite en préfecture.Zone touristique souhaitée par le Conseil Municipal ©LaProvence

Un élargissement, qui engloberait le stade Vélodrome – un découpage « logique » pour Valérie de Lécluse –, permettrait aux commerces de la zone d’ouvrir le dimanche. Cependant, les syndicats de salariés et employeurs, la CCI Marseille Provence et la Chambre des métiers et de l’artisanat régional (CMAR) avaient critiqué cette décision, prise « de façon unilatérale » et qui « brûle les étapes » selon leur communiqué.

Est-ce aussi un trop plein de centres commerciaux… Récemment, le projet du centre My Valentine datant de 2013 a ravivé des tensions au sein des élus de la Ville de Marseille. Le groupe Frey, qui en est à l’origine, a obtenu à l’été 2017, l’autorisation définitive de son permis par un arrêt de la cour administrative d’appel. Plus rien ne peut à priori stopper le centre de Frey de sortir de terre, entre l’usine Panzani et Les Trois-Palmes malgré le fait que son rejet fait consensus auprès des élus et des commerçants de la Valentine, arguant un quartier déjà saturé.

Sophie Pironnet & Charles Gandolfo (IEJ)