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Étiquette : Rue de la République

République, une friperie pour attirer le chaland

République, une friperie pour attirer le chaland

DSC_0069« Maison Mère » se veut la friperie branchée de Marseille. C’est la fripe des temps modernes. La friperie style street et vintage cartonne de plus en plus rue de la République. Ouverte depuis deux semaines, c’est un nouveau souffle pour cette rue. Elle connait un franc succès auprès de tous les publics: des jeunes, des plus vieux et des touristes. Non loin de DSC_0059la rue Chevalier Roze qui vient d’ouvrir sept galeries d’art cette boutique de fripes se démarque. Dans cette rue aux enseignes grand public encore en place comme H&M voisin la friperie « maison mère » s’est fait un nom très vite.
DSC_0055Elle est installée 25 rue de la République dans
un ancien local rénové au tout début de cette voie en cours de rénovation dont les propriétaires ont du mal à faire venir le chaland. Dans un style cool, aux allures vintage elle fait la différence. « C’est loin d’être une friperie comme les autres, ici on vends des pièces uniques  et branchés », explique le propriétaire.
A l’inspiration américaine plusieurs styles sont proposés aux clients. Des stands à jean, aux tee-shirt vintage ainsi qu’un stand à sneakers font le plaisir des friands de DSC_0064pièces uniques. Destinés aussi bien aux enfants comme aux adultes, « maison mère » vends des modèles de plus en plus rares et introuvables sur les grandes surfaces.
Un dépôt vente est également mit à disposition des amateurs, pour toujours et encore plus renouveler ces pièces insolites qui font le charme de cette friperie marseillaise. 

Virginie Bonnefoy (IEJ)
Marseille centre-ville : “Le puzzle se met en place”

Marseille centre-ville : “Le puzzle se met en place”

Entretiens croisés des élues LR Laure-Agnès Caradec et Solange Biaggi –

samedi 5 août 2017

Les élues à l’urbanisme et au commerce appellent les Marseillais à la patience. « Le puzzle est en train de se mettre en place », affirment à l’unisson, Laure Agnès Caradec adjointe (LR) en charge à l’urbanisme et Présidente d’Euroméditerranée et Solange Biaggi adjointe (LR) déléguée au commerce et au centre-ville, en réponse aux critiques des internautes et des Marseillais sur la lenteur de la réhabilitation du centre-ville. Précisant : « Le temps des villes et le temps économique ne sont pas les mêmes. » Les élues rappellent que nombre d’aménagements ont déjà été réalisés, notamment sur la Canebière, le Vieux-Port, rue de la République et Euroméditerranée. Elles incitent les Marseillais à un peu de patience sans cependant donner de date pour la fin des travaux. Considèrent que « l’activité commerciale ne dépend pas du politique mais d’initiatives privées aidées par les institutions pour les équipements structurels ». Afin de faire le point sur les travaux en cours dans le centre-ville, Laure-Agnès Caradec et Solange Biaggi assurent que la « puissance publique a fait son travail » et rappellent que les institutions « ne peuvent se substituer au privé ». Elles signalent que les investisseurs et propriétaires des bâtis et des commerces du centre-ville sont aidés par des subventions de la municipalité et surtout du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône (CD13) dont elles sont toutes deux également élues, l’une déléguée à l’urbanisme avec sa casquette d’Euromed et vice-présidente et l’autre déléguée à l’aménagement du territoire. La priorité 2014-2020 c’est « ambition centre-ville » de Marseille, indiquent-elles avant de dévoiler qu’elles se rencontrent tous les quinze jours sur ce projet de rénovation avec une quinzaine d’autres élus et les maires des trois secteurs directement concernés (du 1er au 8e arrondissements). Un centre-ville qui ne se limite pas à l’hyper-centre, précise Laure Agnès Caradec mais va des Docks au Vélodrome et du Vieux-Port au Jarret. « L’avantage de l’urbanisme est que cela touche à tout  », ajoute-t-elle, précisant qu’elle souhaite l’instauration de quartiers alternatifs rue de la République comme dans le village des Crottes et les quartiers libres près de la Friche Belle de Mai. A la présidence depuis janvier 2016 du plus grand chantier d’Europe du Sud-Est, lancé parmi d’autres qui ont restructuré la ville par le maire visionnaire que fut Robert Vigouroux (ex PS) en 1995, Laure-Agnès Caradec se félicite de l’apport pour la ville et la métropole de ce grand projet en tant également que Présidente de l’Agence d’urbanisme de l’agglomération marseillaise (AGAM). Mme Caradec affirmant que la nouvelle extension du programme Euromediterranée, Euromed 2 (de Bougainville au cap Pinède en passant par le Canet et le village des Crottes), devrait d’ici quelques années permettre aux Marseillais des quartiers nord « d’accéder à la mer et de bénéficier de nouveaux secteurs innovants hébergeant des activités créatrices d’emplois ». Entretiens croisés.

Caradec & BiaggiLes élues LR Laure-Agnès Caradec et Solange Biaggi (Photo Patricia Maillé-Caire)

 Où se situe exactement le centre-ville de Marseille ?
Laure-Agnès Caradec : Aujourd’hui la priorité du maire de Marseille et de son équipe municipale, c’est un centre-ville dans son périmètre élargi. Ce n’est pas seulement la rue Paradis, la rue SaintFerréol et la Canebière, c’est un centre-ville qui part des Docks jusqu’au Centre vélodrome, la gare SaintCharles jusqu’à la ceinture périphérique du cours Lieutaud et même jusqu’au Jarret dans certains schémas.

 Au niveau de l’Hyper-centre, comment déclinez-vous les priorités ?
LA.C : En termes de dynamisme et d’attractivité, cela se décline sur plusieurs pivots

Tout d’abord celui de la qualité de l’espace public. On a refait le Vieux-Port, la rue Paradis est en cours de réfection, la rue de la République est rénovée, on lance toutes les études pour le cours Lieutaud, et on met en place les outils nécessaires pour la qualité de l’aménagement que ce soit privé ou public grâce à l’Aire de Valorisation Architecturale et Patrimoniale (AVAP) du centre-ville à l’échelle de 480 hectares

Ensuite, on en vient à celui de l’attractivité en matière de logements, c’est à dire qu’il faut attirer des habitants en centre-ville pour le faire vivre. Il faut du flux et y réintroduire de l’activité bureaux, de l’innovation avec les espaces de coworking, les FabLab, etc… mais aussi des bureaux traditionnels.
Solange Biaggi : Le centre-ville a une vraie attractivité dans la mesure où l’on a des prix deux fois moins chers que ceux du quartier central des affaires à Euromed. On a sur la Canebière des projets structurants : le carré des feuillants avec l’hôtel, le permis de construire du cinéma a été délivré, pour une implantation à la place de la mairie des 1/7 en haut de la Canebière. La mairie pour sa part va déménager dans l’immeuble vide de la Maison de la Région.
L-A.C : Il y a les Dimanches de la Canebière qui vont reprendre en septembre, on a des espaces de coworking importants qui s’installent au niveau de la Canebière et sur les allées Gambetta. Ce sont des signaux forts. Alors je sais bien qu’il y a des perspectives qui peuvent paraître un peu loin sauf que le temps de création d’une ville est un temps long, c’est indéniable.

 

Quelles mesures tangibles pouvez-vous annoncer ?
S.B : Il ne peut y avoir d’activité sans habitants ni bureaux. J’ai demandé aux propriétaires de la rue de la République notamment de ne pas ouvrir que des boutiques d’habillement de grandes enseignes étant déjà implantées dans les grandes surfaces aux deux extrémités de ce périmètre. Enfin, la réfection de la Poste centrale Colbert pour l’administration de la Poste va amener 450 personnes à proximité. Par ailleurs, la municipalité va aider des petits commerces à s’installer dans les rues adjacentes de la rue de la République, ce qui devrait apporter du « flux » comme la création d’une suite de Galeries d’Art, rue Chevalier Roze pour la fin du mois d’août.

Que répondez-vous aux Marseillais de l’hypercentre qui s’impatientent ?
L-A.C : La puissance publique est là pour aménager et dans ce cadre, on n’a aucun reproche à nous faire : on a fait passer le tramway, on a requalifié tout l’espace public, on a contraint les propriétaires à refaire les façades et les logements. L’initiative privée, on doit l’accompagner mais il y a aussi des propriétaires qui doivent monter un plan d’action pour occuper l’espace. Après, il faut arriver à avoir une politique d’attractivité, de faire en sortes qu’il y ait du flux dans le centre-ville. Le flux touristique a doublé ou quadruplé. Nous, ce que nous faisons, c’est de mettre en place les conditions de la réussite.
S.B : Pour ce qui est de la Canebière, quand on aura toutes les pièces du puzzle qui vont s’assembler que ce soit l’hôtel des feuillants, le cinéma, la mairie, les habitants pourront constater la réussite de ce projet de réhabilitation de la Canebière et du centre-ville. 
L-A.C. : Le centre-ville est le premier pôle d’activité et le premier pôle salarié de la métropole Aix Marseille Provence. Pour aider les investisseurs, il y a deux grands projets : ravalement des façades avec l’aide du Conseil départemental qui donne jusqu’à 50% de subventions et, pour la préemption des baux et des murs le Département donne jusqu’à 70% notamment pour la Canebière.

On a l’impression que peu de boutiques ouvrent et que beaucoup tirent le rideau, dans l’hypercentre, que comptez-vous faire pour pallier cette situation ?
S.B. : Pour parler commerces, les deux investisseurs de la rue de la République, ANF et ATEMI ont fait des efforts au niveau des loyers et des commerces. C’est vrai qu’ils ont mis du temps parce qu’ils n’ont pas obtenu les deux phases en même temps. ATEMI pour sa part a connu les problèmes de la crise économique avec son foncier. Il y a des choses qui sortent sur cette rue de la République qui sont, avec ATEMI la résidence seniors, l’hôtel NH en cours, la résidence étudiante qui s’est bien remplie avec un taux d’occupation qui atteint les 70%.
LA.C : Le temps d’une ville et le temps économique n’est pas le même.


S.B : On partait de tellement loin rue de la République. Il fallait voir l’état des commerces, sur 100 il y en avait 50 qui étaient fermés, les autres étaient squattés. Ils ont repris tout cela en main et dans le même temps sont arrivés le Centre Bourse rénové, les Terrasses du Port, les Docks village. C’est vrai que c’est très lent, ça c’est sûr…

 Quels sont les principaux investissements privés dans l’Hyper-Centre outre les deux principaux propriétaires qui se partagent la rue de la République
S.B : L’hyper-centre attire des investisseurs. H&M a repris Virgin rue SaintFerréol et a mis 50M€ pour en faire un très beau magasin ; les Galeries Lafayette partent au Centre Vélodrome. Ce grand magasin rue Saint était trop proche des Galeries du Centre Bourse. Et, il était préférable, pour le centre-ville dans son périmètre élargi, que l’on ait deux pôles aux deux extrémités (Terrasses du Port au Nord et Centre vélodrome au Sud).

Que vont devenir les bâtiments des Galeries Lafayette de la rue Saint-Ferréol ?
S.B : Le groupe Virgil va investir près de 25M€ pour racheter le fonds et les murs. Il va créer en plein centre-ville de Marseille un espace coworking avec de nombreux bureaux et une centaine d’appartements connectés. Ce seront des appartements de deux, trois et quatre pièces pour les familles qui arrivent en location moyenne durée. Des appartements haut de gamme avec un roof top, un spa, une salle de gym et des magasins en rez-de-chaussée et 1er. Quand des gens investissent c’est qu’il y a du potentiel. Et nous, puissance publique nous accompagnons
L-A.C : Pour qu’il y ait des clients dans les commerces, il faut qu’il y ait des habitants. Aujourd’hui, on assiste à un changement avec des gens qui veulent revenir en centre-ville pour habiter. Pour ce faire, il faut que l’on accompagne soit des bailleurs soit des investisseurs privés qui donnent des logements de qualité et des grands logements.
S.B : C’est cela notre objectif et cela ne se fait pas en cinq minutes, c’est sûr que c’est lent…

Vous avez souvent parlé « d’offre alternative ». De quoi s’agit-il ?
LA.C : Il faut une offre alternative à ce que l’on vient de citer comme développement traditionnel que l’on voit dans tous les centres-villes du monde. Il faut que puissent se créer de nouveaux concepts avec des loyers attractifs.
S.B : Les deux principaux propriétaires de la rue de la République ont consenti à des loyers attractifs
LA.C : L’objectif est d’arriver à développer des activités alternatives à ce que l’on voit d’une façon classique et pourquoi pas rue de la République. C’est ce que nous souhaitons. Les boutiques qui ont disparu, c’est du classique que l’on voit ailleurs.
S.B : Les investisseurs ont, dans l’attente, mis à disposition trois locaux pour le collectif artistique 3013 qui prolonge à sa façon l’année 2013 Capitale Européenne de la Culture… Il n’y a pas de raison que cela ne fonctionne pas mais cela ne se décrète pas.
L.-A.C. : Le fait que LR ait gagné les deux institutions, Département et Région et à la Métropole, on arrive à travailler main dans la main et de concert. Je trouve que l’on va beaucoup plus vite sur certains projets même si nous, en tant qu’élues, nous aimerions que cela aille encore plus vite.

 Pour Euromed. 2, vous parlez également de « quartiers alternatifs ». De quoi s’agit-il ?
LA.C : Dans le parc Habité (Euromed), 2 000 logements vont être créés avec des commerces en pied d’immeuble. Les travaux sont en cours pour le cinéma Gaumont Pathé. Cela va être un vrai pôle d’attractivité. Euromed 1 est presque terminé, il reste le quartier de la Porte d’Aix avec l’École d’architecture qui viendra de Luminy, l’IMVT, et le Parc urbain avant de poursuivre la mise en place d’Euromed 2 qui devrait apporter 20 000 nouveaux emplois. A l’extrémité nous venons de lancer Smartseille qui présente les dernières avancées en matière d’innovation et le projet de l’écoquartier des Fabriques du futur « Ici Marseille » dans l’ensemble de l’îlot XXL. Il reste le Parc Bougainville, le métro à Capitaine Gèze, la libération de la gare du Canet des voies SNCF. Il s’agit de faire un véritable lien paysager entre les quartiers Nord et la Ville avec le déplacement du trafic SNCF-Port sur Mourepiane (qui n’est pas du goût des riverain, NDLR). Enfin, la création de la Cité scolaire internationale pilotée par la Région et celle des quartiers libres autour de la Belle de Mai, la caserne du Muy et la Gare Métropolitaine pour en faire un vrai quartier lié par des lignes de tramway.

Les projets lancés sont-ils en bonne voie ?
LA.C : Euroméditerranée est un vrai accélérateur de métropole. Il faut rendre les choses irréversibles. Le puzzle est en train de se mettre en place. Il a fallu 12 ans pour que le cinéma initié par Luc Besson sorte de terre sous l’enseigne Gaumont-Pathé ; il aura aussi fallu dix années de procédures pour le début des travaux de l’immeuble « Paquebot » de Rudi Ricciotti entre la rue Malaval et la rue Fauchier entre République et Belle de Mai.

Vous avez parlé de FabLab dans le village des Crottes quel est l’avancement du projet ?
LA.C : Aujourd’hui les Crottes c’est Euromed.2 avec un projet de renouvellement urbain fort et une volonté d’y implanter la petite sœur « d’Ici Montreuil » pour faire un « Ici Marseille ». L’équipe est choisie. Cela devrait se faire d’ici la fin de l’année. Ce serait la première amorce d’un quartier alternatif qui pourrait s’inscrire en lien avec le Marché aux puces parce que l’on s’aperçoit que, dans toutes les villes internationales, c’est dans les quartiers comme celui-là en quête d’un nouveau souffle que se passe la créativité.

Quel bilan dressez-vous de cette année et demie passée à la tête d’Euromed
LA.C : Euromed a l’ambition de devenir un modèle en matière d’architecture et d’urbanisme durable en Méditerranée. L’avantage de mes différentes casquettes  Euromed, Ville et Département, est de raisonner au-delà de la Ville et de la métropole et pas simplement au périmètre d’Euroméditerranée. Ce n’est pas une île au milieu de rien… Quand je mène Quartier libre pour la Ville et Euromed, il y a des morceaux qui se superposent et évidemment, il doit y avoir une cohérence. L’avantage de l’urbanisme est que cela touche à tout.

Propos recueillis par Antoine LAZERGES

al/ avec destimed.fr

  • Le public peut voir la maquette d’Euromed.1 à l’Euromed Center dans l’immeuble de l’Astrolabe  juste après les docks sur le boulevard de Dunkerque. Celle d’Euromed.2 n’est pas encore réalisée mais le public peut trouver des documents qui décrivent le projet avec la boucle de thalassothermie livrée par EDF le parc urbain et le métro capitaine Gèze qui devait être terminé en 2016.
Rue de la République: pause pendant les travaux.

Rue de la République: pause pendant les travaux.

La rue de la République est l’un des lieux les plus emblématiques de Marseille. Connue pour son style architectural Haussmannien, ses travaux sans fin ou encore ses innombrables commerces aux façades identiques en pied immeubles, c’est surtout ce qui relie le Vieux-Port, au nouveau poumon économique: le quartier de la Joliette proche des embarcadères et des quais du Grand Port Maritime de Marseille (GPMM). Longue de 1100 mètres, elle se situe dans les 1er et 2ème  arrondissements de Marseille mais peine à trouver son identité et à recréer une zone de chalandise. Elle est devenue lieu de transit en tramway entre les deux centre commerciaux que sont le Centre Bourse sur la Canebière et les Terrasses du Port à La Joliette. Lien idéal entre la rue Saint Ferréol piétonne et commerçante reliant la Canebière en redéfinition à la Préfecture et la rue Paradis en réhabilitation pour se rendre dans le nouveau quartier de La Joliette, la rue de la République n’a pas trouvé son public ni attiré les grandes enseignes qui pourraient la rendre attractive. Côté Canebière, axe central de Marseille qui tarde à reprendre son activité festive d’antan, les commerces ont des difficultés de trésorerie à proximité du Centre Bourse rénové. Au Village des docks récemment ouvert face aux Terrasses du Port les boutiques changent souvent d’activité. Dans la rue de la République dont nombre d’espaces dédiés au commerce en pied d’immeubles sont déserts des grandes marques récemment venues s’y installer ont fermé. Près de 4 espaces commerciaux sur 5 sont vides ou toujours en travaux avec des panneaux annonçant une ouverture prochaine… depuis plusieurs années.

La rue de la République, un chantier vieux de 150 ans.

C’est au XIXème siècle que la rue de la République, sous le nom de rue Impériale voit le jour sous Napoléon III. Inaugurée en 1864, elle relie directement le Vieux-Port au quartier de la Joliette et aux nouveaux ports de commerce. Un raccourci perçu comme une nécessité à l’époque où les charrettes étaient encore un moyen de locomotion. Percée en 20 mois à partir de 1855, construite en moins de 10 ans, elle est depuis plus de 15 ans en réhabilitation.

Cette artère est l’un des plus gros chantiers réalisés à cette période. Projet qualifié d’exceptionnel, il s’agissait surtout de percer une voie rectiligne d’un kilomètre et de détruire 85.000 m2 de bâtiments. Les vielles habitations et immeubles ont été remplacés par des neufs presque identiques bien alignés et de style haussmannien. Le but de la municipalité d’alors: que la bourgeoisie marseillaise vienne s’installer en centre-ville. Aujourd’hui, la rue de la République est devenue une rue commerçante en attente de commerces et de chalands. Elle relie toujours le Vieux-Port, emblème touristique de la ville, au quartier des affaires de la Joliette, nouveau phare de la Ville. Mais près de 150 ans après sa construction, cet axe majeur de Marseille est devenu la proie de nouvelles rénovations. Ses trottoirs se sont élargis, un tramway y a vu le jour, tout comme un parking et une résidence étudiante. D’autres réalisations sont en cours. Le but reste une fois de plus le même qu’en 1864: séduire la classe supérieure et les commerces haut de gamme pour une « gentrification » du centre-ville. Une « gentrification » déclarée toujours « impossible » par le quotidien l’Humanité en 2016 dans un reportage vivant et documenté très critique de la politique de la municipalité et de ses contradictions.

Mais si la rue de la République avait pour mission d’être la vitrine du nouveau Marseille, elle n’atteint pas ses objectifs comme le faisait déjà remarquer le site du quotidien gratuit 20 minutes en 2015.

Coincé entre la rue Saint-Ferréol, le centre Bourse et les Terrasses du Port, ce lieu emblématique réussira-t-il à survivre ? Après plus de 10 ans de travaux de rénovation les commerçants de la rue désespèrent. Les marseillais déclarent ne pas comprendre le plan de rénovation du centre-ville.

Présentation des travaux de la rue Impériale par l’ATEMI concurrente l’ANF de pour la commercialisation de la rue de la République

La municipalité avait inauguré en fanfare l’ouverture d’un café Starbucks, dans la première partie de la rue de la République entre le Vieux-Port et la place Sadi Carnot. Il devait permettre la mixité sociale et inciter les bourgeois des quartiers sud à venir faire leurs courses dans cette partie de la ville. Pari perdu. A proximité de ce premier Starbucks café à Marseille, les boutiques Mango, Esprit, Celio, Verbaudat, Sinequanone et Promod notamment ont fermé. Des enseignes qui ont des boutiques ailleurs dans Marseille mais fuient la rue de la République aux loyers trop élevés, selon des commerçants ne souhaitant pas être cités.

Dans la seconde partie de cette voie de Sadi Carnot à la Joliette, peu d’espaces trouvent preneurs. L’ANF, l’une des sociétés propriétaires d’une partie de la rue prévoirait de revoir à la baisse la valeur de son patrimoine pour tenir compte de la chute des loyers selon le site marseillais Marsactu. Une information démentie du bout des lèvres par la Maison des Commerçants de la rue de la République qui est une émanation de la municipalité et de la société propriétaire des immeubles pour lesquels tout va bien.

Pour occuper certains lieux en déshérence, l’ANF a ouvert un premier espace de 150m² à un collectif d’artiste au 52 rue de la République. Ce collectif marseille 3013 né après l’année Européenne de la Culture 2013 à Marseille vient de récupérer un nouveau lieu de 300m² au 58 rue de la république ainsi qu’au numéro 23 pour donner de l’animation à cette artère désertée. En juin 2016, ce collectif avait déjà animé cette rue en postant une vingtaine de grandes bâches peintes sur les palissades de boutiques vides sur lesquelles les artistes avaient imaginé Marseille dans 1.000 ans (3013) dont il reste quelques réalisations.

Une première.

starbucks dégustation ouverture
soirée de dégustation pour l’ouverture le 11 mai 2010 ©citizenside

C’est bien au bas de cette rue, que la plus grande chaîne mondiale de salon de cafés s’est installée. L’entreprise américaine Starbucks coffee existe depuis 1971 mais ne s’implante à Marseille qu’en 2010. Et c’est la rue de la République qui accueille son premier café et propose même une terrasse pour déguster ses produits au soleil en été.

Un véritable carton puisque les clients se fidélisent très rapidement, « J’avais hâte qu’un Starbucks ouvre enfin chez nous. Je travaille dans la rue et je viens tous les jours prendre mon café, c’est devenu une habitude», raconte Judith, secrétaire médicale.

L’emplacement est surtout stratégique, tout près du Vieux-Port et du Centre Bourse, là où Marseillais et touristes se retrouvent. « C’est un bon endroit, à la vue de tous, à côté de l’endroit le plus connu et le plus visité de Marseille », explique Kévin, étudiant.

Si la boutique connaît un immense succès c’est grâce à l’étiquette « valeur sûre » que les gens lui donnent. Il y a les habitants qui n’ont pas cessé d’entendre parler de ces cafés, frappucino et autres boissons mondialement connues, et puis il y a les touristes qui se sentent rassurés lorsqu’ils connaissent déjà un produit « Je suis allée dans quelques cafés ici mais c’est vrai que je préfère m’arrêter au Starbucks parce que j’ai l’habitude de m’y rendre chez moi », admet Emily, une touriste canadienne.

Le salon attire également des personnes venues des villes voisines, comme Célia, étudiante à Aix-en-Provence, qui a son ouverture faisait des allers-retours seulement pour boire un chocolat viennois made in Starbucks.

Cependant, depuis l’ouverture récente d’un Starbucks au nouveau centre commercial Les Terrasses du Port et un autre à côté de la Préfecture au bout de la rue Saint Ferréol une certaine concurrence se fait ressentir, « On a perdu près de la moitié de nos clients » déclare une employée de l’enseigne basée rue de la République.

6 pour le prix d’1

Ce n’est pas une réduction mais le nombre de pharmacies que compte au total la rue de la République. Quatre le long de la rue et deux sur le rond-point Sadi Carnot dont les pharmaciens protestent contre le montant élevé des loyers. Il est vrai que la France est le pays européen qui comporte le plus de pharmacie mais ce secteur est pourtant en déclin car selon une étude de l’ordre des pharmaciens publié par Le Parisien une pharmacie fermerait tous les trois jours en France (pour arriver à -10% de pharmacies) afin de réduire les dépenses de santé du pays.

Mais apparemment Marseille et plus précisément la rue de la République ne sont pas touchées par ce phénomène. Une aubaine pour les habitants du quartier « On ne peut pas se retrouver en galère, si une pharmacie est fermée celle d’à côté est ouverte, si une pharmacie n’a pas ce que l’on veut, celle d’à côté l’a. C’est pratique », explique Malika qui habite Colbert.

Des pharmacies en veux-tu en voilà mais certains résidents ont quand même leur préférée, « Elles ne proposent pas toutes les mêmes tarifs, celle juste en face de chez moi est la plus chère alors ça ne me dérange pas de marcher deux minutes de plus pour économiser 2,3 euros sur un produit », lâche Mathilde, sourire aux lèvres.

Quelle cohérence pour l’hypercentre ?

Les travaux en cours rue de la République et les efforts en vue d’une redynamisation de la Canebière avec la volonté affichée de la mairie aidée par le Conseil Départemental de racheter les pieds d’immeubles pour recréer de l’activité commerciale dans ces deux axes forts de la Ville ne permettent pas encore aux marseillais d’avoir une vue d’ensemble sur l’évolution de leur ville.

Les opposants à la municipalité (LR) en place depuis plus de 20 ans s’en donnent à cœur joie tant la critique est aisée sur un forum ouvert. « Ce n’est pas en retapant une artère qu’on redynamise le cœur d’une ville. La rue de la Rép est magnifique mais autour, il y a quoi ? » écrit un internaute sous le pseudonyme de Osin13. « Il est de toute façon unique en France de compter deux centres commerciaux de part et d’autre d’une rue commerçante » rétorque un autre sous le pseudonyme de « Pastis ». « Je pense que la rue était déjà mal barrée bien avant l’ouverture des Terrasses. Comme le dit si bien pastis et beaucoup d’autres ici, il manque un plan global de mise en valeur de l’hyper-centre. En ce moment ça bricole mais il n’y a aucun cohérence, aucune ligne directrice”, conclut Osin13 sur ce forum Internet.

 

Lina Nargisse (IEJ) / avec al