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Centre-Ville: le casse-tête du stationnement

Centre-Ville: le casse-tête du stationnement

Désengorger les artères du centre-ville pour améliorer la vie du quotidien et revitaliser l’hyper-centre est le nouveau credo des élus de la Métropole et de Marseille où le stationnement est une histoire compliquée. Cela passe par un meilleur partage de la voirie pour tous ses usagers selon Jean-Luc Ricca conseiller municipal délégué à la Circulation et au Stationnement et Jean-Pierre Serrus Vice-président de la Métropole Aix-Marseille en charge des transports. Entre les voitures en « parking sauvage », les livraisons en double file et la recrudescence du nombre de deux roues, le centre-ville est un chaos motorisé où se croisent piétons, cyclistes, automobiles et bus dans des rues étroites ou la topographie vallonnée de Marseille n’arrange pas les choses ont-ils souligné vendredi. La Municipalité et la Métropole ont présenté conjointement leur plan d’action sur le stationnement dans une conférence de presse à l’hôtel de ville de Marseille.
« Il y’a trop de voiture ventouse » souligne le conseiller municipal Jean-Luc Ricca, pour lui une meilleure ventilation du trafic routier passe par une meilleure rotation des places de parking. « Le stationnement payant est le levier le plus efficace pour la rotation », affirme-t-il. Pour cela un parking « à la carte » est proposé. Ce qui change depuis janvier 2018, c’est un ajustement des durées de stationnement en fonction de zone tarifaire soit deux zones dans Marseille soit l’hyper centre ou les 4h de parking sont facturé 8 euros pour 6 euros dans la ceinture autour de cet hyper centre. Quelques zones stratégiques dites « zones de courtes durées » comme le Cours Lieutaud, la rue Paradis, la rue Breteuil, la rue Sainte ou encore la place Sébastopol verront leur durée de stationnement maximale plafonné à deux heures.
Afin de faciliter  la vie des habitants, la municipalité prévoit des offres adaptées à la situation de chacun sous forme d’abonnements à l’année. Par exemple des tarifs étudiants et résident sont proposés, ainsi que pour les « professions mobiles », un avantage tarifaire qui leur permettrait de stationner dans les rues payantes sans limitation de durée. Pour les personnes à mobilité réduite la ville à fait le choix d’un parking gratuit 24h sur 24. Dans la pratique, l’organisation de ce système à été confié à la SAGS, la Société d’Assistance et de Gestion du Stationnement, qui portera une attention accrue au véhicule en stationnement gênant.
Depuis quelques mois, les usagers peuvent déjà s’organiser via l’application smartphone TIMO destinée aux utilisateurs occasionnels ou résidents. L’application permet de payer seulement le temps réel de stationnement ainsi que de prolonger la durée de stationnement à distance. La technologie s’implante aussi dans les moyens de contrôle des temps de parking, avec des horodateurs qui lisent les plaques d’immatriculation comme le dispositif mis à l’essai sur la « nouvelle » rue Paradis et des contrôles fréquents de la part des inspecteurs et leurs, « véhicules caméra », relève Jean-Luc Ricca.
Le forfait post-stationnement (FPS) a été maintenu à 17 €uros, un tarif identique aux anciens « PV » stationnement, à l’instar d’autres villes françaises comme Lyon ou le FPS s’élève à 60 euros par exemple. « C’est un forfait non punitif » affirme Jean-Luc Ricca, mais, « il y’aura donc des contrôles accrus », continue-il. Il met en garde, « la période de tolérance est maintenant terminée ». C’est un mode de fonctionnement que les « usagers doivent mieux comprendre » selon les mots du conseiller municipal et qui repose sur les maîtres-mots « pédagogie, contrôle, fermeté », un guide « des bons usages » est distribué par la mairie. « Le but du jeu n’est pas de faire de l’argent mais de remettre de la rigueur dans le centre-ville », se défend néanmoins Jean-Luc Ricca.
Les deux roues vont faire l’objet d’une attention particulière, « leur usage croissant impose des actions » martèle le délégué a la Circulation et au Stationnement. La ville cadre sur 3287 places réservées au deux roues fin 2018 contre 800 en 2014, d’ici 2020 ils prévoient d’en créer 1000 par années. L’engagement est pris de la gratuité du parking pour les deux roues.
Afin d’encourager une politique de lutte contre la pollution les propriétaires de véhicules électriques verront une coupe de 50% sur les tarifs annuels de stationnement. Dans la même idée une amélioration des transports en commun est à attendre.
La métropole Aix-Marseille cherche aussi à amplifier les possibilités de contournements de la ville. La L2 Nord sera livré à l’automne 2018 tandis que pour le boulevard Urbain Sud la date de 2025 est avancée. « Il faut encourager un report modal de la voiture vers le transport collectif », insiste pour sa part Jean-Pierre Serrus pour la Métropole. Il rappelle par le biais de la RTM, la Métropole veut encourager l’utilisation de « parking relais » pour les usagers « pendulaires ». Un parking-relais, c’est la possibilité de garer son véhicule gratuitement pour les détenteurs de la carte Transpass, à proximité des gares, métro, tramway ou lignes de bus. 14 parkings sont déjà en service en périphérie de Marseille, a-t-il rappelé.

Théo Potié (IEJ)

Une carte des stationnements, clic