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Auteur : Antoine Lazerges

Canebière : l’Artplexe, enfin

Canebière : l’Artplexe, enfin

IMG_20211021_132314L’ouverture jeudi 21 octobre du complexe cinématographique Artplexe marque le renouveau du centre-ville de Marseille, du bas jusqu’en haut de la Canebière. Un cinéma attendu depuis plus de dix ans.

Le projet d’un MK2 avec 14 salles proposé en 2010 en lieu et place de sa mairie de secteur par député socialiste Patrick Mennucci avait été retoqué par la mairie centrale à majorité UMP. La nouvelle maire UMP de secteur Sabine Bernasconi avait en 2015 relancé l’idée avec la société Artplexe. Après deux ans de retard ce complexe cinématographique de 7 salles ouvre ses portes. Moins de salles mais d‘autres propositions culturelles.

Différent du projet porté par le socialiste, celui de la mairie UMP avait pour ambition de rendre de l’attractivité au quartier des Réformés avec restaurants, bars, salles d’expo et roof top avec vue. « Redynamiser, réhabiliter, requalifier », son mantra lorsqu’elle était maire de ce secteur a été repris par tous, de droite comme de gauche. “La revitalisation du centre-ville doit inévitablement passer par la Canebière qui, avec cette réalisation, sera le symbole d’un renouveau, répète celle qui est aussi Vice-présidente réélue au Conseil départemental. C’est pourquoi le Département a soutenu le projet et c’est pourquoi je l’ai accompagné avec conviction lorsque j’étais maire de secteur“.

Une réalisation saluée par l’adjoint communiste au maire socialiste de la ville qui s’est félicité de la bonne entente entre l’ancienne et la nouvelle municipalité concernant ce projet. « Bravo » a dit le représentant de la mairie centrale souhaitant « plein succès » à cette nouvelle proposition culturelle. Il a souligné que la municipalité de gauche n’avait pas de raison de s’opposer à l’aide (1 million sur 13,5, ndlr)  qui a été apportée par le département à majorité de droite à un tel projet privé puisque « d’intérêt général ». Adjoint au maire délégué à la culture Jean-Marc Coppola a déclaré attendre beaucoup en retour : “Artplexe va dynamiser la Canebière et de la même manière que je souhaite qu’il y ait des passerelles entre les arts, je souhaite qu’il y en ait entre les lieux culturels qui se trouvent sur l’artère”. Notamment l’Odéon en face sur la Canebière, le théâtre du Gymnase, l’Opéra, les Variétés La Friche Belle de Mai et le cinéma Le Gyptis et La Baleine du cours Julien ainsi que le nouveau cinéma Pathé à la Joliette.

Sur les 12 cinémas de la Canebière dans les années 50, seul est resté le cinéma d’art et d’essais Les Variétés dont l’Arplexe devrait être complémentaire, a indiqué Philippe Dejust, fondateur de Cap Cinéma et président d’Artplexe lors de la conférence de presse d’inauguration. Il a rappelé que ce nouveau complexe offre 996 sièges dans 7 salles mais aussi une brasserie au rez de chaussée donnant sur le kiosque à musique, « le Blum » encore en travaux ; un restaurant  en hauteur face à l’église, « Les réformés » dont l’ouverture est prévue fin novembre avec roof top sur la ville ; des salles pour la musique des conférences et la danse ; un espace événementiel et les murs du hall monumental et des escaliers pour des expositions. Philippe Dejust qui en est à son 23e complexe culturel précise qu’il a tout vendu « à l’exception du projet marseillais car il se présentait comme l’aboutissement de toute une vie consacrée au cinéma. J’ai décidé de le faire, comme j’en avais envie, sans contrainte financière, avec un but simple : concevoir le produit cinématographique qui à mon avis est le modèle des prochaines années”.

Imaginé par l’architecte Jean-Michel Wilmotte le bâtiment « s‘intègre dans la ville et le paysage » ont souligné les architectes qui ont veillé la réalisation du projet. En réponse à l’église des Réformés et sa pierre immaculée, “on a voulu opérer un travail spécifique avec la pierre, la lumière et les couleurs de Marseille, détaille Ralph Levedag, directeur de projets chez Wilmotte et associés. Renaud Tarazzi en charge de la maîtrise d’ouvrage a tenu à préciser que la façade qui semble austère fermant des chambres noires des salles de projection était ouverte sur l’extérieur. « Un clin d’œil cinématographique, a-t-il ajouté, car elle va changer d’apparence au cours de la journée avec le mouvement du soleil, de la lumière, de l’ombre ».

Rien n’aurait été possible sans Jean-Jacques Léonard et Gérard Vaugeois qui avaient rêvé d’équiper Marseille d’un Artplexe. D’abord à la Friche Belle de Mai il y a 15 ans puis sautant sur l’occasion de l’abandon du projet MK2 pour s’associer à Philippe Dejust. 

Enfin, l’artiste photographe Sébastien Le Turc a accroché une quinzaine d’œuvres dans le hall et les escaliers menant aux étages, outre celle de l’égérie du cinéma la danseuse et chanteuse de cabaret Mara dont la photo a également été reproduite sur les marches du grand escalier de la gare Saint-Charles. Il a remercié les architectes d’avoir -une fois n’est pas coutume- prévu des espaces d’exposition pendant la conception du bâtiment.

Ce complexe cinématographique complète la réhabilitation de la Canebière souhaitée par tous. Commencée en 2013 avec l’ombrière de Norman Foster et l’aménagement du quai nord du Vieux-Port elle a été poursuivie dès 2016 par la piétonnisation partielle de l’hypercentre et totale du bas de la Canebière du Vieux-Port au Cours Saint-Louis et Belsunce. L’ancienne municipalité épaulée financièrement par le département des Bouches-du-Rhône avait poursuivi cette opération par la préemption de pieds d’immeubles vacants ou en désuétude et le ravalement. C’était avant le drame de la rue d’Aubagne qui a fait 8 morts sous les décombres de leurs immeubles le novembre 2018 indiquant qu’il y avait plus urgent qu’un lifting de façades dans ce vieux quartier historique et populaire de Noailles mitoyen de la Canebière. Un gros chantier pour la nouvelle municipalité face aux quelque 400 habitants délogés pour lesquels les termes de réhabilitation, redynamisation et requalification ont des mots dont ils attendent un sens plus concret que les politiques qui les emploient.

al/

A lire aussi : Canebière, le changement c’est maintenant

Artplexe, un nouveau concept

Marseille terre de cinema

Canebière : AU BOUT LA MER, saison 1 épisode 1

Canebière : AU BOUT LA MER, saison 1 épisode 1

Après 3 saisons et 24 épisodes des “dimanches de la Canebière”, la nouvelle municipalité des 1er et 7ème arrondissements à lancé “Au bout la mer” ce dimanche 10 octobre. Premier épisode initialement prévu en mars pour le printemps il ouvre cette saison. Trois autres séries sont prévus jusque fin 2022 à annoncé Sophie Camard, maire du premier secteur à l’initiative de cette nouvelle formulelettant la mer à l’honneur. Du bas de la Canebière jusqu’au MuCEM pour cette première édition confiée à Karwan. 

 

Bleue est une manifestation qui va investir toute la journée du dimanche 10 octobre la zone piétonne de La Canebière et une partie du Vieux-Port puis se poursuivre au Mucem, le soir, à annoncé la municipalité. 

Bleue est une célébration de la mer en tant que creuset de biodiversité et enjeu d’un tout, notre planète, à l’heure du changement climatique. Bleue verra sa 1ère édition en 2021 concentrée sur le bas de La Canebière dans le cadre de Au bout la mer (nouvelle manifestation impulsée par la Ville de Marseille) et sur le Vieux-Port jusqu’au Mucem.

Cette première édition est  conçue par Karwan 

Au programme ? Des spectacles, des films, des débats…

10h00 au Musée d’Histoire de Marseille 
Bateaux et merveilles ! – Visites du musée d’Histoire de Marseille

11h00 sur La Canebière 
Les Aquamen’S, Cie Machtiern – Déambulation absurde

11h00 au Musée d’Histoire de Marseille
Visite guidée des expositions du Parc National des Calanques

11h00 à la Chambre de Commerce et de l’Industrie
Ma V-île – Video en spot-motion présentée par l’artiste Camille Goujon

11h30 sur le Parvis de l’Opéra
Rave – Atelier du Ballet National de Marseille

11h30 à la Chambre de Commerce et de l’Industrie
Duo scientifique avec Nicolas Floc’h et Sandrine Ruitton

12h30 sur La Canebière
Concha Mama – Fanfare mi-cuivre, mi-conques

14h00 à la Chambre de Commerce et de l’Industrie
Les grandes aventyres maritimes – Rencontre avec Clément Belin et Guillaume de Monfreid

14h00 au Musée d’Histoire de Marseille
Bateaux et merveilles ! – Visites du musée d’Histoire de Marseille

14h00 sur le Parvis de l’Opéra
Rave – Atelier du Ballet National de Marseille

14h30 sur La Canebière
Blue Street Pantone – Déambulation dansée de Gilles Viandier

15h00 sur la Place Bargemon
Les Aquamen’S, Cie Machtiern – Déambulation absurde

15h30 sur la Place Bargemon
Théâtre-Forum – Spectacle participatif sur le thème de l’eau

15h30 à la Chambre de Commerce et de l’Industrie 
Travail pour les uns ou paresse pour tous ? – Rencontre littéraire avec Hadrien Klent

15h30 sur la Place du Général de Gaulle
Lands, Théâtre de l’Entrouvert – Installation de glace

16h00 sur La Canebière
Concha Mama – Fanfare mi-cuivre, mi-conques

16h00 au Musée d’Histoire de Marseille 
Visite guidée des expositions du Parc National des Calanques

16h30 sur le Vieux-Port 
Les Aquamen’S, Cie Machtiern – Déambulation absurde

17h00 sur le Quai de la Fraternité
Sur le fil de l’horizon, Théo Sanson – Funambilisme marin

17h30 sur La Canebière
Perceptions, Cie Bivouac – Cirque quantique

19h30 au Mucem
Concha Mama – Fanfare mi-cuivre, mi-conques

20h30 au Mucem
Soirée Cinéma – Clean My Calanque, Un monde en commun (The Elemen’Terre Project) et L’homme a mangé la Terre (Jean-Robert Viallet)
Et tout au long de la journée…
Bassin du Mucem, côté large 
Sorties en mer – (Re)découvrir le patrimoine marin

Site archéologique du Port antique
À l’écoute – Podcasts et cocktails fruités

Musée d’Histoire de Marseille
Expositions du Parc National des Calanques

Chambre de Commerce et de l’Industrie
Ma V-île – Fresque murale et vidéo

Mairie du 1&7
Regards sur la mer Méditerranée – Exposition de l’Institut Pythéas – OSU

Place Bargemon
Le Village des Sciences – Échanges et expériences

La Canebière
Marchés et vitrines associatives

Vieux-Port
Balades thématiques en autonomie pour découvrir Marseille autrement

 

Programme détaillé ici

 
 
 
 
Le carnaval polémique de la plaine 2021

Le carnaval polémique de la plaine 2021

Revue de presse:

MARSEILLAIS NE MÉRITENT PAS ÇA”: L’INDIGNATION DES AUTORITÉS APRÈS LE CARNAVAL DE LA PLAINE

6500 personnes ont célébré le carnaval ce dimanche, souvent sans masque ni respect de la distanciation. Les autorités locales ont dit leur colère devant un comportement jugé “irresponsable”.
 Au moment de dévoiler jeudi le nouveau dispositif établi pour lutter contre l’épidémie de Covid-19, Jean Castex et Olivier Véran ont souligné que la faveur accordée aux activités extérieures ne signifiait pas qu’on pouvait se mêler “à un barbecue”, mais ils n’ont rien dit des carnavals rassemblant 6500 personnes. Message superflu, plus d’un an après l’arrivée de la pandémie dans l’Hexagone?

Ce sont bien 6500 personnes, toutefois, qui ont fêté le carnaval de la Plaine ce dimanche à Marseille – qui ne se situe pas dans l’un des 16 départements reconfinés. Les organisateurs de ce rendez-vous célébrant l’arrivée du printemps semblent pourtant avoir eu conscience que pareil rassemblement n’était pas de saison: ils n’ont pas cherché à demander l’autorisation de la manifestation – qu’ils ont cependant annoncée cinq jours à l’avance – en préfecture.

 

La préfète Frédérique Camilleri n’avait d’ailleurs pas décoléré dimanche soir quand La Provence lui a demandé son sentiment: “Je regrette que les efforts de tous puissent être ruinés en quelques heures par quelques milliers de personnes qui s’affranchissent des règles délibérément et le revendiquent en plus”.

Sept interpellations

Elle a fait le point sur les moyens mis en place par ses services:

“Nous avions mis un dispositif policier autour de la manifestation qui visait à verbaliser ceux qui arrivaient sans masque. Quand les conditions de sécurité ont été réunies et alors que des dégradations étaient commises notamment sur un manège pour enfants, j’ai pris la décision de faire intervenir les forces de l’ordre pour mettre fin à ce carnaval et disperser les personnes, ce qui a été fait à 18h.”

Pointant la “responsabilité individuelle”, la haute fonctionnaire a également abordé le bilan policier et les perspectives judiciaires de cette journée. “Il y a eu sept interpellations pour les dégradations et des violences contre des forces de l’ordre”, a-t-elle dit, ajoutant: “Les individus devront répondre de leurs actes devant la justice et nous allons encore identifier d’autres auteurs de dégradations. Je ne m’interdis aucune suite évidemment”.

Le maire fustige “l’attitude égoïste de quelques irresponsables”

Le maire de la ville, Benoît Payan, était à l’unisson. Il a filé sa fureur sur Twitter.

“Rien ne justifie qu’on détruise les efforts collectifs pour endiguer le virus! Rien ne justifie qu’on profane le lieu des effondrements de la Rue d’Aubagne! Rien ne justifie qu’on s’en prenne à des jeux d’enfants et à des équipements publics! Je suis en colère. L’attitude égoïste de quelques irresponsables est inacceptable! Ils devront répondre de leurs actes devant la justice”, a-t-il d’abord publié.

Benoît Payan a enchaîné: “Soutien aux riverains, aux commerçants, aux soignants, à celles et ceux qui luttent avec dignité et dans le respect des règles pour retrouver au plus vite une vie culturelle et festive normale, et qui ne méritaient pas ça.”

“Marseille et les Marseillais ne méritent pas ça”, a-t-il conclu.

La Métropole veut porter plainte

Martine Vassal, présidente LR du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône et présidente de la Métropole, a indiqué qu’elle comptait porter plainte au nom de cette dernière institution, demandant à la municipalité de se joindre à elle:

“Scandalisée par ce qui s’est passé aujourd’hui à Marseille. Les soignants mettent leurs vie en danger et de nombreux cas de Covid sont à craindre à la suite de ces agissements. L’irresponsabilité à ce niveau est criminelle. Tous les élus de Marseille doivent condamner.”

“La honte” de Renaud Muselier

Mais l’indignation a décidément transcendé les clivages. Sur Twitter toujours, Renaud Muselier, président du Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur, issu de la même famille politique que Martine Vassal donc et opposé à celle du maire socialiste de Marseille, a ainsi affirmé:

“En pleine crise sanitaire, après une année de combat pour nos soignants face au Covid-19, les images de ce carnaval de Marseille sont une honte! L’impatience du retour à la vie n’excuse pas l’inconscience – une telle mise en danger des autres n’est pas acceptable!”

Que le carnaval de la Plaine suscite ou non des échos sanitaires, il aura déjà entraîné sa conséquence politique: la formation d’une union sacrée, sans doute très éphémère, de la classe politique marseillaise contre lui.

Robin Verner

Robin Verner Journaliste BFMTV
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Carnaval de la Plaine à Marseille : “C’est totalement inacceptable”, fustige le ministère de l’Intérieur

Par La Provence (avec AFP)

 

"C'est tout à fait inacceptable alors que tous les Français font des efforts, s'adaptent, s'organisent pour respecter au maximum les différentes réglementations qui ont lieu pour lutter contre cette épidémie, on voit un certain nombre de fêtards qui ont, dans l'irresponsabilité totale, participé à ce carnaval", a réagi Camille Chaize.

“C’est tout à fait inacceptable alors que tous les Français font des efforts, s’adaptent, s’organisent pour respecter au maximum les différentes réglementations qui ont lieu pour lutter contre cette épidémie, on voit un certain nombre de fêtards qui ont, dans l’irresponsabilité totale, participé à ce carnaval”, a réagi Camille Chaize.PHOTO FRÉDÉRIC SPEICH
 
 
Centre-ville, un rebond à pérenniser

Centre-ville, un rebond à pérenniser

Place Charles De Gaulle 3

La fontaine de la place du Général De Gaulle, bas Canebière ©zal

Une lueur d’espoir pour les petits commerces du centre-ville de Marseille autour de la Canebière. Curieusement grâce ou à cause de la pandémie. La fermeture des grands centres commerciaux qui avaient siphonné leur clientèle depuis plus de dix ans au profit d’espaces plus grands avec parking a ramené les acheteurs vers les petites enseignes. Un bol d’air bienfaisant après des années de galère à voir leur clientèle déserter leurs boutiques sans parler des deux confinements. Restera à savoir pérenniser ce rebond inattendu 

Les gérants des magasins de prêt à porter du centre-ville se félicitent du regain d’activité dans leurs boutiques. Des journées de braderies et des soldes à rallonge leur avaient fait espérer un retour à la “vie d’avant”. Les clients ont redécouvert à ces occasions le centre-ville entièrement piétonnisé et sécurisé. Contactés un par un en faisant du porte-à-porte ils précisent qu’il ne s’agit pas de personnes qui se promènent et font du lèche vitrine comme dans les grands centres commerciaux mais d’acheteurs venus spécialement pour trouver un article. Kenzo, ba&sh, Weil, Lacoste, Boss par exemple dans la rue Paradis se félicitent de ce renouveau d’intérêt pour leur quartier. « Maintenant il faut fidéliser ou re-fidéliser nos clients qui pour certains découvrent un centre-ville en train d’être agréablement transformé », déclare Guillaume Sicard. Gérant de la boutique de souvenirs « Marseille en vacances » et  Président de la fédération Marseille change. Il souligne que « la piétonnisation complète du centre-ville change la donne » et qu’il faut encore que les commerçants profitent de l’occasion. « On fait des sourires, mais sous le masque c’est pas évident » dit en riant sous son masque la gérante de Hugo Boss.

“Quand les centres commerciaux sont fermés les centres-villes fonctionnent”

“Vous êtes allée rue Saint-Ferréol le premier samedi après la fermeture des grands centres commerciaux ? On retrouvait la rue des années 90, ça m’a donné des frissons. Le centre-ville était blindé. La fermeture des centres commerciaux a donné une véritable bouffée d’oxygène au centre-ville de Marseille et aux commerçants de proximité.” La présidente de la fédération Commerces en 13, Audrey Lucchinacci, n’a pas mâché ses mots citée par La Provence. Egalement vice-présidente de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME 13), elle affirme aussi que les commerces du centre-ville marseillais ont senti un véritable virage lors de la fermeture – contrainte – des centres commerciaux de plus de 20 000 m², et notamment des Terrasses du port et du Centre Bourse. C’est pour elle « la preuve par l’exemple involontaire que quand les centres commerciaux sont fermés, les centres-villes fonctionnent.”

Dans le centre de Marseille, « il y a beaucoup de locomotives mais peu de wagons » note un internaute sur un blog du site d’information en ligne Marsactu. Il fait référence aux grandes enseignes de de la rue Saint Ferréol, la première piétonne de la ville il y a plus de 20 ans, de la Canebière à la Préfecture où les boutiques, locomotives ou wagons, changent souvent de nom. Elle a perdu son grand Mc Do et ses Galeries Lafayette qui faisaient double emploi avec celles du Centre Bourse de l’autre côté de la Canebière. H&M et Zara se sont notamment confortablement installés rejoints par Boulanger en lieu et place des anciennes Galeries déplacées plus loin près du Prado devant le Stade Vélodrome. Mais on note depuis plusieurs années une valse des petites enseignes qui ne permettent pas en temps ordinaire à cette rue pourtant très passante de promeneurs en vadrouille de rivaliser avec l’attraction des grands centres commerciaux.

Si les boutiques de luxe sont toujours rue Grignan  perpendiculaire à la rue Paradis, les grandes marques ont par ailleurs déserté aussi la rue de la République récemment réhabilité au profit des grands centres commerciaux placés en embuscade au nord et au sud par l’ancienne municipalité (LR) avec au milieu le Centre Bourse. Il s’agissait comme l’avait déclaré l’ancien maire Jean-Claude Gaudin d’empêcher l’hémorragie des recettes fiscales et taxes sur les achats des marseillais vers les caisses de la rivale Aix-en-Provence. Le grand ensemble de Plan de Campagne et des nouvelles allées commerciales d’Aix avaient aussi attiré nombre d’anciens clients du centre-ville de Marseille. Grand Littoral, le plus grand centre commercial d’Europe, les Terrasses du Port et le Centre Bourse sur le territoire de Marseille ont été fermés par précautions sanitaires pendant la troisième vague de Covid.  Un répit qui risque d’être de courte durée pendant lequel les petits commerçants doivent réussir à fidéliser ou récupérer une clientèle maintenant plus habituée aux grandes enseignes et aux hyper centres commerciaux avec parking jusqu’au cœur des villes.

Pérenniser l’attractivité du centre-ville

Ce nouvel élan en direction des commerces de proximité grâce à la fermeture des grandes centres “risque de n’avoir qu’un temps et doit être pérennisé”, soulignent des employés de l’enseigne Hema à l’angle Paradis/Canebière. Les acheteurs y font la queue comme devant les boutiques de maquillage et les grands magasins de la rue Saint Ferréol ainsi que les plus modestes de la rue de Rome.

La Canebière également commence à reprendre son souffle après des journées d’abandon pendant les confinements. L’église Saint Paul, dite des Réformés, est en bonne voie de restauration extérieure en attendant les travaux à l’intérieur ; le cinéma Artplexe attendu depuis deux ans en lieu et place de l’ancienne mairie du premier secteur sort lentement de terre après de nombreuses difficultés techniques ; plus bas les boutiques en pieds d’immeubles préemptées avant les dernières municipales par la Métropole (à majorité LR) pour revitaliser le quartier commencent à attirer une nouvelle clientèle ; la fromagerie Froumaï au 150 La Canebière voisine avec le bureau des guides et Marseille Concerts à deux pas de la bicentenaire pâtisserie Plochut à la vitrine désuète. Les bars et restaurants des allées de Meihlan étant clos ne servent des boissons à la sauvette dans des gobelets en carton. Restent les snacks et les kebabs à emporter. A côté la librairie Maupetit est grande ouverte tandis que la fac de droit, les théâtres de l’Odéon et du Gymnase sont désespérément fermés.

Du côté du cours Saint-Louis, la fermeture définitive de l’écailler et grand restaurant Chez Toinou en mars 2020, au début du premier confinement, fait un vide. Installé Cours Saint-Louis depuis 1962 Toinou a fermé en raison de « changements structurels » autour de son enseigne selon son responsable Laurent Carratu. La piétonnisation a eu selon lui « un fort impact sur la vente à emporter ». L’écailler a trouvé une nouvelle adresse à  Aix-en-Provence. Les petits cafés à l’entour ainsi que ceux du cours Belsunce de l’autre côté de la Canebière prennent leur mal en patience. En bas de la Canebière la nouvelle brasserie du Palais de la Bourse, ouverte juste avant le premier confinement fait de la vente à emporter comme Burger King et McDo ; les promeneurs se consolent en utilisant la vingtaine de bancs installés dans ce grand espace ainsi que les rebords des jardinières place De Gaulle en face de la Chambre de Commerce.

Dans les rues adjacentes la nouvelle municipalité (Printemps Marseillais) tente de remettre l’habitat en état après la catastrophe de la rue d’Aubagne le 5 novembre 2018 et ses huit morts ensevelis sous les décombres de leurs immeubles insalubres. Une vaste consultation a été lancée avec propositions de rachat des immeubles par EPF (Etablissement Public Foncier) rejetée comme « dérisoire » par des groupements de propriétaires qui s’estiment lésés tandis que la mairie juge ces immeubles dangereux dans le cadre de sa lutte contre la paupérisation. Nicolas Memain, élu du premier secteur et organisateur du bureau des guides laisse entendre que la mairie “essaie d’éviter le départ du centre-ville d’habitants plus aisés qui se plaignent de nuisances sonores la nuit avec le nettoyage des rues et le jour avec les ravalements de façades”.

Recherche emplacement pour des Halles alimentaires

La municipalité tente par ailleurs de trouver un emplacement pour l’installation d’une Halle alimentaire en centre-ville. L’ancienne Bourse du travail un temps évoqué a été rejetée par Sophie Camard. La maire (LFI) du premier secteur et suppléante du député Jean-Luc Mélenchon élu de la Canebière dont elle s’est un peu éloignée,  tient à conserver ce lieu de rencontre syndical centenaire en cœur de ville à côté du marché des Capucins nouvellement réhabilité. Reste pour l’instant la place du Général De Gaulle ou elle souhaite installer un marché paysan les samedis avec possibilité d’utiliser le premier sous-sol du parking situé en dessous. Une proposition soutenue par la Chambre de Commerce qui pourrait se réaliser d’ici l’été si la situation sanitaire le permet. « Une halle doit être là où les gens habitent, en cœur de ville. Elle doit être un élément de circuit court. Cette proposition fait parler, arrêtons de parler, passons aux actes. A Marseille nous avons proposé un lieu d’expérimentation, la Place du général de Gaulle »., avait déclaré Jean-Luc Chauvin le président de la CCIAMP lors de ses voeux à la presse en janvier dernier. Une façon d’attirer le chaland en centre-ville et de pérenniser l’activité commerciale. 

« Remettre de la convivialité dans l’espace public” a souhaité Sophie Camard dans un entretien avec la Hune en décembre dernier. Il faut « changer les relations avec les commerçants dans le bas de la Canebière » avait-elle indiqué en soulignant le nouvel engouement des touristes pour Marseille et sa volonté de faire en sorte que la Vieux-Port et la Canebière soit une destination. Son credo: “faire de cette artère centrale de la ville une vitrine de Marseille, du Vieux-Port aux Réformés”. 

al/

La Canebière de bas en haut ©zal 

 A lire également :
le projet du cinéma Artplexe

 

Le Noël des “sans”

Le Noël des “sans”

Après les repas de noël pour les “sans” organisé par Emmaüs ce lundi en haut de la Canebière et ceux offerts aux sans abris à Saint-Just les 13 et 20 décembre, le Secours Populaire Marseille offre un repas de Noël solidaire aux sans-abri ce vendredi 25 décembre en bas de la Canebière.

“Notre société n’intègre plus mais au contraire met à l’écart”, soulignent Emmaüs Pointe Rouge, Saint-Marcel,  Cabriès et la Fondation abbé Pierre qui organisent ces repas de Noël pour les « sans » après des petits déjeuners réguliers destinés aux plus démunis servis notamment en haut de la Canebère.

secours populaireLes bénévoles de l’antenne du Secours Populaire du Centre-Ville de Marseille qui organise tous les matins également des petits déjeuners pour les sans-abri met en place ce jeudi 25 un repas “festif et solidaire” à midi sur la Canebière au niveau de la place De Gaulle. Un repas pour 50 personnes préparé par le Restaurant O’Pakistan aidé de 3 jeunes étudiants en CAP cuisine qui ont rejoint l’équipe de bénévoles du centre-ville pour un “temps de solidarité”, précise le Secours Populaire. A cette occasion,, comme Emmaüs France, le Secours Populaire lance un appel à la générosité des personnes désirant soutenir leurs initiatives.

Appels aux dons: Secours Populaire  & emmaus France

 

 

 

La Canebière entre deux maires

La Canebière entre deux maires

la mairie centrale

Les théâtres et cinémas sont fermés, « mais le spectacle continue » dit un santonnier quai du port désignant d’un coup de menton derrière lui la mairie de Marseille où se rejoue ce weekend le fauteuil de maire. Venant d’Aubagne il déclare y assister sans grand intérêt, comme nombre de santonniers. « La pauvre, elle a du courage » dit une cliente évoquant la maire de Marseille qui vient d’annoncer sa démission. Tête de liste écologiste elle avait été élue le 4 juillet dernier après de longues tractations au sein du collectif de gauche du Printemps Marseillais qu’elle avait mené à la victoire. Jean-Claude Gaudin (LR) lui avait remis son écharpe après 25 ans de règne. Elle passe la main à son dauphin désigné Benoît Payan (PS). La droite d’opposition a qualifié de « pantalonnade » la démission de Michèle Robirola qui déclare ne pouvoir être à  300% à sa tâche étant donné l’ampleur de la charge et sa santé fragile. Rien n’est encore joué mais il ne devrait pas y avoir de surprise lors du vote du Conseil Municipal lundi Didier Raoult matin.

Sur le Vieux-Port en bas de la Canebière, la Foire aux Santons et le Marché de Noël ont été confirmés in extremis. Mais 26 santonniers seulement cette année du 16 novembre au 5 janvier sur le quai du port avec une jauge limitée à 230 visiteurs. Un santonnier a fait un tabac avec une figurine de Didier Raoult, le professeur de médecine contesté par ses pairs. Son santon à 10€ est en rupture de stock.

Le marché de Noël ouvert le 12 décembre 2020 jusqu’au 3 janvier 2021 quai de la Fraternité est quant à lui limité à 310 visiteurs. a queue est longue sur le quai pour entrer dans les allées balisées des chalets. Un ciel bas et une faible luminosité peu habituelle sur le Vieux-Port casse l’ambiance déjà peu festive d’autant que le couvre-feu éteint les lumières à 20h.

Dans la vaste zone piétonne aménagée par la Métropole sous la précédente municipalité, les chalands s’affairent pour les dernières courses de noël. Le périmètre piéton a été bouclé, interdit à tout véhicule à moteur. De longues queues sans impatience devant les grandes enseignes et les magasins de téléphonie. Du Centre Bourse à la emmausPréfecture, du Cours Saint-Louis à l’Opéra en passant par la rue Saint-Ferréol ou l’on se bouscule un peu, l’atmosphère est bon enfant ; rues Paradis et Grignan il y a foule aussi devant les boutiques de luxe. 

Plus haut sur la Canebière, Emmaus se prépare à offrir ce lundi avant noël, comme chaque année, un déjeuner de fête aux plus démunis. Les compagnons ont  fait appel aux bonnes volontés à partir de 11h30, heure à laquelle une fumée blanche pourrait sortir lundi de la mairie annonçant l’élection du nouveau maire; ou pas. 

al/

La zone piétonne samedi ©zal

La Canebière, vitrine de Marseille, « au bout la mer »

La Canebière, vitrine de Marseille, « au bout la mer »

au bout la mer ©zalAu bout, la mer ©zal

Maire du 1er secteur, élue du Printemps Marseillais (PM) en poste depuis six mois au 61 La Canebière, Sophie Camard souhaite faire de cette artère centrale de la ville une vitrine de Marseille, du Vieux-Port aux Réformés. Son projet: « mettre en lien les différents quartiers », du haut en bas de la Canebière en passant par Noailles et la réhabilitation de l’habitat pour « remettre de l’hospitalité dans l’espace public » a-t-elle dit dans un entretien téléphonique pour respecter les gestes barrières.

Sophie Camard

Reprendre les ”Dimanches de la Canebière” lancés en 2017 par la maire (LR) précédente le dernier dimanche de chaque mois ?  Ce pourrait être « de façon trimestrielle » sous le titre « Au Bout La Mer », a-t-elle précisé. « Mais ma priorité aujourd’hui qui occupe la moitié de mes semaines c’est l’habitat indigne. J’inscrirai tout événement culturel dans un espace urbain qui est en recomposition, en future réhabilitation et qui, je l’espère, à partir de maintenant va beaucoup changer. D’une manière globale c’est l’application du projet politique du Printemps Marseillais : remettre de l’hospitalité dans l’espace public.»

« Remettre de la convivialité dans l’espace public, étendre les piétonnisations, favoriser les mobilités douces tenant compte du contexte social et économique qui est très dur en pleine crise sanitaire, qui pose beaucoup de questions sur la pérennité des commerces en centre-ville. On arrive à un moment de changement politique ajouté à la crise que nous vivons actuellement ».

Il faut « changer les relations avec les commerçants dans le bas de la Canebière » indique-t-elle en soulignant le nouvel engouement des touristes pour Marseille et sa volonté de faire en sorte que la Vieux-Port et la Canebière soit une destination ; pour ce faire, « fédérer les quartiers » et «y inclure celui de Noailles dont il faut s’occuper». « Piétonniser, végétaliser un quartier très vivant et réussir cette sauvegarde patrimoniale du haut en bas de la Canebière avec Noailles en souffrance au milieu qu’il faut recoudre aux autres dans le même temps », affirme-t-elle.

La mairie de secteur travaille en réflexion avec la Mairie Centrale (PM) et la Métropole (LR) et sur certains dossiers avec l’Etat en « dépassant les conflits politiques sur un sujet largement partagé » affirme-t-elle. Le Vieux-Port/Canebière est « un enjeu municipal et bien au-delà. On ne peut pas concevoir des événements récurrents du type des ‘’dimanches’’ comme si c’était une manifestation de quartier », poursuit-t-elle. « Aujourd’hui, nous sommes en train de co-construire nos animations avec la Mairie Centrale pour nous donner plus de moyens et assurer une certaine qualité sur les événements que l’on veut proposer » notamment sur le bas de la Canebière, lieu privilégié de « Au bout la mer » à venir. Le Vieux-Port et la Canebière « méritent une programmation globalement commune » insiste Sophie Camard. Elle assure rechercher à articuler les manifestations qu’elle proposerait avec d’autres changements comme par exemple l’installation régulière d’un marché paysan les samedis sur la place Charles De Gaulle.

Quelle serait la fréquence de ces manifestations sous ce titre « au bout la mer » qui reprend en écho la chanson de Vincent Scotto « la Cane Cane Canebière jusqu’au bout de la terre…» ? « Nous allons étudier les possibilités de relancer ces manifestations au début de l’année dès que l’on est sûr que le problème sanitaire s’améliore d’ici fin février 2021. Nous en avons annoncé quatre pour commencer avec des événements sur le bas de la Canebière, sur des lieux bien identifiés sur l’espace public », a-t-elle ajouté. « On ne reprendra pas les ‘’dimanches’’ tel qu’ils étaient conçus. Il y a prendre en compte d’autres perspectives sur le haut de la Canebière qui aura sa propre vie et la requalification sur un autre événement avant de les réunir sur une programmation globale ».

Canebière / Quai des Belges et au bout, la mer ©zal

Avant de rêver d’un « Broadway marseillais » de sa prédécesseure qui avait réussi à fédérer la centaine d’associations culturelles du secteur autour de son intention, Sophie Camard cherche à faire projet tenant compte d’un état des lieux tronçon par tronçon de la Canebière qui en compte trois avant de faire des propositions qui auront besoin de l’aval de la Mairie Centrale (à majorité PM) et de la Métropole (à majorité LR). Le premier, le bas de la Canebière entièrement piétonnisé jusqu’aux cours Saint-Louis/Belsunce, de l’Opéra au Centre Bourse en passant par le Vieux-Port  est maintenant « bien identifié sur l’espace public, ce qui n’était pas le cas au début des ‘’dimanches’’ ».

Pour la seconde partie, Noailles/Mazagrand Sophie Camard se déclare choquée de l’état « effrayant » du bâti. 8 personnes avaient trouvé la mort dans l’effondrement de deux immeubles rue d’Aubagne en novembre 2018. « Le théâtre du Gymnase est arrêté pour trois ans de travaux en raison d’un balcon qui s’effondre et l pleut sur la scène du théâtre de l’Odéon », poursuit-elle. Cette partie de la Canebière, un enjeu culturel et étudiant important avec les universités, est à revoir » sur un modèle quartier latin avec librairies et petits lieux. De même elle ne peut se prononcer sur l’aménagement du haut de la Canebière qui devrait s’articuler autour du nouveau complexe culturel et cinématographique Artplexe dont la livraison est prévue début 2021.

J’essaie de joindre toutes ces dimensions en même temps pour construire ma vision du centre-ville. Il ne s’agit pas pour moi de faire de l’événementiel séparé du contexte. « La Canebière mérite une programmation globalement commune » sur laquelle elle dit ne pouvoir se prononcer à l’instant T dans l’attente de réponses de la Métropole et de la Mairie Centrale sur ses propositions.

Rendez-vous pris pour le début de l’année prochaine avec plus de précisions à l’issue de ses concertations et un élargissement possible de son projet de La Plaine à La Criée sur le Vieux-Port faisant de ce centre-ville la vitrine de Marseille.

Antoine Lazerges

 

La Canebière au ralenti

La Canebière au ralenti

©zal
©zal

Un kilomètre de promenade, c’est la Canebière. 1.000 mètres tout juste du Vieux-Port aux Réformés. Mercredi, il n’y avait pas la grande foule, mais de nombreux passants pressés. Confinement oblige! Le premier tiers, du Vieux-Port au cours Saint-Louis/Belsunce, totalement piétonnisé, était quasi désert. Les rideaux des rares boutiques non alimentaires et des cafés tirés, sauf les banques, les téléphonies, Monoprix, et le kiosque à journaux. Installés depuis le début de l’année, les 18 bancs publics étaient occupés par des vieux du quartier venus prendre l’air, comme sur les margelles hautes des bacs à fleurs de la place De Gaulle. De la centaine de mendiants qui ponctuaient la Canebière avant le confinement il reste une dizaine de sans abris espérant l’arrivée d’un passant pour leur donner la pièce. Ils se regroupent en haut de la Canebière de 8h à 9h30 pour un petit déjeuner offert par Emmaüs. Les vendeurs à la sauvette de cigarettes de contrebande sont en revanche toujours là sous les caméras de surveillance, en bas du marché des Capucins toujours aussi fréquenté à la mi-journée. Les riverains s’en retournent chez eux avec leurs cabas chargés.

Désertée pendant le premier confinement la Canebière retrouve un peu de vie sur sa deuxième partie entre les cours Saint-Louis et Garibaldi. Le quartier de Noailles est très animé devant le commissariat central. Aucun contrôle à la sortie du métro. “C’est le centre ville” dit un policier en faction.
Les jeunes trotinettistes ou scooteristes avec des figures acrobatiques dangereuses pour les passants avaient un temps occupé l’espace laissé vacant par les automobiles depuis janvier entre Vieux-Port et la rue Saint Ferréol sans aucun chaland. L’esplanade devant la Chambre de Commerce est devenue un lieu de manifestation dans le prolongement de celles régulièrement organisées sous l’ombrière.

al/

 

Canebière/Noailles Habitat

Canebière/Noailles Habitat

Revue de presse

La Marseillaise 30 juillet 2020

20 mois après la catastrophe de la rue d’Aubagne qui a fait 8 morts le 5 novembre 2018 dans l’écroulement de leurs immeubles et l’expulsion de près de 4000 habitants de logements insalubres principalement en centre-ville de Marseille;

Anthony MICALLEF/HAYTHAM-REA / Anthony MICALLEF/HAYTHAM-REA

HABITAT

À l’occasion de la venue à Marseille d’Emmanuelle Wargon, ministre déléguée au Logement, bref état des lieux des problématiques de logement dans la cité phocéenne.

La crise du logement insalubre à Marseille est toujours là, héritée d’une politique structurelle dont les effets délétères se conjuguent désormais à l’augmentation de la précarité des plus fragiles, conséquence de l’épidémie de Covid-19.

Mais si la crise est loin de se résorber, elle entre néanmoins dans une nouvelle ère. Avec une nouvelle majorité municipale à la tête de la Ville de Marseille, qui avait inscrit comme « grande cause municipale » la question du logement dans son programme de campagne. Le renouvellement des élus métropolitains va aussi jouer sur la gestion de la crise. Et les attentes sont fortes de la part des collectifs citoyens, pour traiter les problématiques qui demeurent.

1. Les délogés

Suite à la cohorte sans précédent d’évacuations préventives, plus de 4 000 personnes ont été délogées de leur habitat, pour la plupart situé dans l’hypercentre marseillais. Parmi ceux-ci, un grand nombre vit toujours dans une situation précaire, en hôtel ou en appart hôtel (523 selon le Collectif du 5 novembre), certains depuis novembre 2018. L’absence de moyens destinés au suivi et à la prise en charge des immeubles en péril, ainsi qu’un parc de logements inadapté et insuffisant, notamment le parc social, très carencé dans le centre, limitent les possibilités de relogement pérenne. Sans compter les réintégrations dans des logements inhabitables, reconduisant de fait une situation de mal-logement. Nouveauté à l’horizon du 1er janvier 2021 : un prestataire unique pilotera toute la chaîne de gestion des délogés, de l’évacuation au relogement définitif ou à la réintégration des familles.

2. Le centre-ville

Défi du renouvellement d’une grande partie de l’habitat délabré ancien, le pilotage de la rénovation urbaine du centre-ville de Marseille sera confié à la société publique locale d’intérêt national (SPLA-IN) en septembre. Une structure partenariale intégrant la Ville (6 % du capital social), l’État (35 %) et la Métropole (59 %), qui sera chargée des opérations de lutte contre l’habitat indigne du centre élargi de Marseille, soit 1 000 hectares inscrits dans le Projet partenarial d’aménagement (PPA, juin 2019). Outre l’intégration d’un parc de logement social, la SPLA-IN prendra en charge la vente et l’acquisition d’immeubles, fonds de commerces et autres fonds artisanaux en déshérence.

3. Les copropriétés dégradées

Sur 377 000 résidences principales à Marseille, 63 % sont des copropriétés privées. Parmi elles, 5 900 pourraient présenter des signes de fragilité, autant dans le bâti ancien que dans les grands ensembles des années 1960-1970. Dans ces immeubles, les copropriétaires sont dans l’incapacité de réaliser les travaux afin d’assurer la sauvegarde des bâtiments et la sécurité des habitants. C’est le cas de 10 copropriétés dégradées prioritaires à Marseille, comme le Parc Corot et le Parc Bellevue à Marseille. Si l’État s’est engagé à aider aux travaux de requalification suite à un péril grave et imminent des copropropriétés dégradées, via l’Agence nationale de l’habitat (Anah), la SPLA-IN assurera le portage foncier des immeubles appelés à subir de lourds travaux de réhabilitation en vue d’intégrer le parc d’habitat social.

B.G.

Canebière: les dimanches, à suivre

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