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Catégorie : Rouletabille

Canebière : l’Artplexe, enfin

Canebière : l’Artplexe, enfin

IMG_20211021_132314L’ouverture jeudi 21 octobre du complexe cinématographique Artplexe marque le renouveau du centre-ville de Marseille, du bas jusqu’en haut de la Canebière. Un cinéma attendu depuis plus de dix ans.

Le projet d’un MK2 avec 14 salles proposé en 2010 en lieu et place de sa mairie de secteur par député socialiste Patrick Mennucci avait été retoqué par la mairie centrale à majorité UMP. La nouvelle maire UMP de secteur Sabine Bernasconi avait en 2015 relancé l’idée avec la société Artplexe. Après deux ans de retard ce complexe cinématographique de 7 salles ouvre ses portes. Moins de salles mais d‘autres propositions culturelles.

Différent du projet porté par le socialiste, celui de la mairie UMP avait pour ambition de rendre de l’attractivité au quartier des Réformés avec restaurants, bars, salles d’expo et roof top avec vue. « Redynamiser, réhabiliter, requalifier », son mantra lorsqu’elle était maire de ce secteur a été repris par tous, de droite comme de gauche. “La revitalisation du centre-ville doit inévitablement passer par la Canebière qui, avec cette réalisation, sera le symbole d’un renouveau, répète celle qui est aussi Vice-présidente réélue au Conseil départemental. C’est pourquoi le Département a soutenu le projet et c’est pourquoi je l’ai accompagné avec conviction lorsque j’étais maire de secteur“.

Une réalisation saluée par l’adjoint communiste au maire socialiste de la ville qui s’est félicité de la bonne entente entre l’ancienne et la nouvelle municipalité concernant ce projet. « Bravo » a dit le représentant de la mairie centrale souhaitant « plein succès » à cette nouvelle proposition culturelle. Il a souligné que la municipalité de gauche n’avait pas de raison de s’opposer à l’aide (1 million sur 13,5, ndlr)  qui a été apportée par le département à majorité de droite à un tel projet privé puisque « d’intérêt général ». Adjoint au maire délégué à la culture Jean-Marc Coppola a déclaré attendre beaucoup en retour : “Artplexe va dynamiser la Canebière et de la même manière que je souhaite qu’il y ait des passerelles entre les arts, je souhaite qu’il y en ait entre les lieux culturels qui se trouvent sur l’artère”. Notamment l’Odéon en face sur la Canebière, le théâtre du Gymnase, l’Opéra, les Variétés La Friche Belle de Mai et le cinéma Le Gyptis et La Baleine du cours Julien ainsi que le nouveau cinéma Pathé à la Joliette.

Sur les 12 cinémas de la Canebière dans les années 50, seul est resté le cinéma d’art et d’essais Les Variétés dont l’Arplexe devrait être complémentaire, a indiqué Philippe Dejust, fondateur de Cap Cinéma et président d’Artplexe lors de la conférence de presse d’inauguration. Il a rappelé que ce nouveau complexe offre 996 sièges dans 7 salles mais aussi une brasserie au rez de chaussée donnant sur le kiosque à musique, « le Blum » encore en travaux ; un restaurant  en hauteur face à l’église, « Les réformés » dont l’ouverture est prévue fin novembre avec roof top sur la ville ; des salles pour la musique des conférences et la danse ; un espace événementiel et les murs du hall monumental et des escaliers pour des expositions. Philippe Dejust qui en est à son 23e complexe culturel précise qu’il a tout vendu « à l’exception du projet marseillais car il se présentait comme l’aboutissement de toute une vie consacrée au cinéma. J’ai décidé de le faire, comme j’en avais envie, sans contrainte financière, avec un but simple : concevoir le produit cinématographique qui à mon avis est le modèle des prochaines années”.

Imaginé par l’architecte Jean-Michel Wilmotte le bâtiment « s‘intègre dans la ville et le paysage » ont souligné les architectes qui ont veillé la réalisation du projet. En réponse à l’église des Réformés et sa pierre immaculée, “on a voulu opérer un travail spécifique avec la pierre, la lumière et les couleurs de Marseille, détaille Ralph Levedag, directeur de projets chez Wilmotte et associés. Renaud Tarazzi en charge de la maîtrise d’ouvrage a tenu à préciser que la façade qui semble austère fermant des chambres noires des salles de projection était ouverte sur l’extérieur. « Un clin d’œil cinématographique, a-t-il ajouté, car elle va changer d’apparence au cours de la journée avec le mouvement du soleil, de la lumière, de l’ombre ».

Rien n’aurait été possible sans Jean-Jacques Léonard et Gérard Vaugeois qui avaient rêvé d’équiper Marseille d’un Artplexe. D’abord à la Friche Belle de Mai il y a 15 ans puis sautant sur l’occasion de l’abandon du projet MK2 pour s’associer à Philippe Dejust. 

Enfin, l’artiste photographe Sébastien Le Turc a accroché une quinzaine d’œuvres dans le hall et les escaliers menant aux étages, outre celle de l’égérie du cinéma la danseuse et chanteuse de cabaret Mara dont la photo a également été reproduite sur les marches du grand escalier de la gare Saint-Charles. Il a remercié les architectes d’avoir -une fois n’est pas coutume- prévu des espaces d’exposition pendant la conception du bâtiment.

Ce complexe cinématographique complète la réhabilitation de la Canebière souhaitée par tous. Commencée en 2013 avec l’ombrière de Norman Foster et l’aménagement du quai nord du Vieux-Port elle a été poursuivie dès 2016 par la piétonnisation partielle de l’hypercentre et totale du bas de la Canebière du Vieux-Port au Cours Saint-Louis et Belsunce. L’ancienne municipalité épaulée financièrement par le département des Bouches-du-Rhône avait poursuivi cette opération par la préemption de pieds d’immeubles vacants ou en désuétude et le ravalement. C’était avant le drame de la rue d’Aubagne qui a fait 8 morts sous les décombres de leurs immeubles le novembre 2018 indiquant qu’il y avait plus urgent qu’un lifting de façades dans ce vieux quartier historique et populaire de Noailles mitoyen de la Canebière. Un gros chantier pour la nouvelle municipalité face aux quelque 400 habitants délogés pour lesquels les termes de réhabilitation, redynamisation et requalification ont des mots dont ils attendent un sens plus concret que les politiques qui les emploient.

al/

A lire aussi : Canebière, le changement c’est maintenant

Artplexe, un nouveau concept

Marseille terre de cinema

La Canebière au ralenti

La Canebière au ralenti

©zal
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Un kilomètre de promenade, c’est la Canebière. 1.000 mètres tout juste du Vieux-Port aux Réformés. Mercredi, il n’y avait pas la grande foule, mais de nombreux passants pressés. Confinement oblige! Le premier tiers, du Vieux-Port au cours Saint-Louis/Belsunce, totalement piétonnisé, était quasi désert. Les rideaux des rares boutiques non alimentaires et des cafés tirés, sauf les banques, les téléphonies, Monoprix, et le kiosque à journaux. Installés depuis le début de l’année, les 18 bancs publics étaient occupés par des vieux du quartier venus prendre l’air, comme sur les margelles hautes des bacs à fleurs de la place De Gaulle. De la centaine de mendiants qui ponctuaient la Canebière avant le confinement il reste une dizaine de sans abris espérant l’arrivée d’un passant pour leur donner la pièce. Ils se regroupent en haut de la Canebière de 8h à 9h30 pour un petit déjeuner offert par Emmaüs. Les vendeurs à la sauvette de cigarettes de contrebande sont en revanche toujours là sous les caméras de surveillance, en bas du marché des Capucins toujours aussi fréquenté à la mi-journée. Les riverains s’en retournent chez eux avec leurs cabas chargés.

Désertée pendant le premier confinement la Canebière retrouve un peu de vie sur sa deuxième partie entre les cours Saint-Louis et Garibaldi. Le quartier de Noailles est très animé devant le commissariat central. Aucun contrôle à la sortie du métro. “C’est le centre ville” dit un policier en faction.
Les jeunes trotinettistes ou scooteristes avec des figures acrobatiques dangereuses pour les passants avaient un temps occupé l’espace laissé vacant par les automobiles depuis janvier entre Vieux-Port et la rue Saint Ferréol sans aucun chaland. L’esplanade devant la Chambre de Commerce est devenue un lieu de manifestation dans le prolongement de celles régulièrement organisées sous l’ombrière.

al/

 

Canebière: changement de cap

Canebière: changement de cap

La Canebière a viré de bord. Marseille a changé de cap. La nouvelle équipe municipale s’installe.

Il sera temps sur ce site de faire le bilan des mandatures précédentes concernant le centre-ville dont nous avons fait état au fur et à mesure et la réhabilitation en cours de la Canebière que n’avait pu réaliser l’ancien maire socialiste du premier secteur faute de soutien de la mairie centrale dirigée par la droite. Le rêve évoqué par des candidats écologistes de transformer la Canebière en une forêt urbaine comme un “Central Park” sur Méditerranée ne verra probablement pas le jour, “faute de moyens” selon certains nouvellement élus; de même celui de la maire de secteur sortante de faire de la Canebière un “Broadway marseillais” avec piétonnisation du centre-ville reste encore non achevé. Il faudra du temps pour que la population investisse ces aires libérées comme il en a fallu pour donner vie au cours d’Estienne d’Orves. Dix ans… Les manifestations des “dimanches de la Canebière” lancés en 2017 ne se poursuivront pas si l’équipe sortante est battue, avait averti la maire (LR) délogée. Ces rendez-vous autour d’artistes et d’artisans avaient pour but de favoriser un brassage de la population une fois par mois sur la Canebière souvent définie comme une frontière entre le nord et le sud de la ville. 

Les projets de la nouvelle municipalité sont à venir et nous en observerons l’évolution depuis la Hune alors que la Canebière vient de changer de timonier.

Pour information, voici la profession de foi de Michèle Rubirola, nouvelle maire de Marseille, élue samedi 4 juillet par le conseil municipal. Gageons qu’elle tienne parole.

al/

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DISCOURS INSTALLATION DE MICHELE RUBIROLA MAIRE DE MARSEILLE

LE 4 JUILLET 2020

Je voudrais commencer par une citation, elle est de Blaise Cendrars

« Marseille appartient à qui vient du large »

Pour ma part je ne sais pas si le Printemps Marseillais vient du large, mais je sais qu’il vient de loin.

Mesdames les conseillères municipales, messieurs les conseillers municipaux, Chers élus,

Le premier sentiment qui m’anime cet après-midi après cette élection au poste de maire de Marseille c’est le soulagement.

Je suis soulagée et heureuse de savoir que la volonté de la majorité et du peuple de Marseille a été respectée.

Car dimanche dernier la ville de Marseille, rebelle et fraternelle a donné une belle leçon à la France.

Cette victoire a été possible grâce au formidable engagement de chaque tête de liste, à l’énergie incroyable de chaque colistier, à la ferveur de centaines de militants.

Au fond, rien ne peut me faire oublier la joie immense d’avoir mené cette campagne et de l’avoir remportée. Cette joie, ce bonheur, cet espoir c’est celui du Printemps Marseillais.

A l’image de notre ville la campagne a été bigarrée, joyeuse, créative, et il a soufflé sur Marseille un grand vent de liberté, d’égalité, de fraternité. De nombreux membres ou sympathisants du Printemps Marseillais se sont mobilisés pendant la crise du coronavirus, ils ont tous fait preuve de cette solidarité dont nous nous réclamons et qui nous semble le ciment du peuple de Marseille.

J’éprouve une immense fierté à vous représenter aujourd’hui dans ce fauteuil de maire qui a vu défiler devant lui des générations d’élus et d’illustres prédécesseurs.

J’ai une pensée sincère pour Monsieur Jean-Claude Gaudin qui a donné une grande partie de sa vie à cette belle fonction et qui restera dans la mémoire de cette ville.

Je mesure le poids des responsabilités qui me sont confiées en particulier dans un contexte de crise économique, sociale et sanitaire.

Mais je mesure aussi l’espoir que notre mouvement a suscité.

Je veux remercier tous les conseillers qui m’ont apporté leurs suffrages, à Samia Ghali et ses colistiers et qui ont permis de constituer une majorité qui va nous permettre de gouverner la ville, et réduire la fracture territoriale en unissant nos forces et nos compétences. Merci pour cette confiance, soyez assurés que je serais toujours une maire disponible et attentive à vos demandes. Ensemble, nous allons démontrer que la volonté politique peut déplacer des montagnes et qu’il n’y a dans cette ville aucune fatalité. 

Je n’ai jamais exercé ce type de fonction politique. Mais ne doutez pas de ma détermination à prendre les bonnes décisions. Je sais que nous allons très vite être confrontés à des choix déterminants et soyez-en sûrs, j’assumerai toutes mes responsabilités.

Je veux aussi remercier du fond du cœur tous mes colistiers du Printemps Marseillais, les têtes de listes comme tous les autres, qui ont su porter collectivement notre victoire, la victoire d’une équipe, d’un collectif, d’un mouvement sans précédent qui a su capter et relayer les attentes, les révoltes et les espoirs d’une grande partie des Marseillais.

Parce qu’il aime sa ville comme personne et qu’il en parle avec une grande justesse, j’ai une émotion particulière pour Benoit Payan qui a su porter très haut la politique en préférant l’intérêt de Marseille à son destin personnel. Merci Benoit je n’oublie pas que je ne serais pas à ce poste si tu n’avais pas choisi de te retirer, merci pour ton aide, ton expérience et surtout le regard lucide et bienveillant que tu portes sur Marseille et qui nous sera précieux pour préparer l’avenir.

Je n’oublie pas aussi de remercier toute l’équipe qui m’a entourée dans cette longue campagne, mes proches bien sûr, mon mari mes enfants, ma famille, mes amis mais aussi tous les gens que j’ai croisé tous les jours dans mon quartier, dans la rue, à mon travail dont les messages d’encouragements si simples et si sincères m’ont fait chaud au cœur.

Enfin je remercie les Marseillaises et les Marseillais qui sont allés voter dans une période où l’abstention gagne du terrain. Merci pour votre sens civique et quel que soit votre vote, il va compter et il est très important.

Au-delà de cette assemblée un peu solennelle je voudrais surtout que mon discours s’adresse à toutes les Marseillaises et tous les Marseillais.

Aux « gens de peu », ceux qui vivent avec moins de 950 € par mois, aux « gens de rien », ceux à qui il ne reste que leur dignité, à tous ceux qui souffrent de la misère et de la pauvreté, fléaux de notre ville, à tous je veux leur dire on ne vous abandonnera pas !

A tous ceux qui ne sont pas allé voter par dégout, désespoir ou désaveux de la classe politique, à ceux qui ne croient pas dans leurs élus et qui doutent de leurs institutions. Je veux leur dire qu’on agira toujours dans l’intérêt général, au service de tous, avec le même souci d’égalité quelques soit nos différences, je veux que chacun retrouve la fierté d’être marseillais et se retrouve dans leurs représentants.

A tous les citoyens engagés, dans la vie civique, dans l’animation de leur quartier, aux lanceurs d’alerte, aux responsables associatifs, à toutes ces Marseillaises et tous ces marseillais mobilisés pour tenter d’améliorer la vie et créer du lien social. Je veux les remercier, la démocratie locale a besoin d’eux et ils seront nos interlocuteurs.

Aux entrepreneurs, aux commerçants, aux artisans, aux entreprises de l’économie sociale et solidaires, du tourisme, aux stars-up à toutes les forces économiques capables de nous aider à redresser Marseille. Ensemble nous réussirons parce que nous avons du caractère, des atouts indéniables et que nous saurons tirer profit de toutes les richesses offertes par notre Cité.

Aux chercheurs, aux universitaires, aux intellectuels dont la vision nous sera utile pour penser la ville et anticiper les grands défis qui nous attendent : la transition écologique, la réduction des inégalités, la dignité de chacun, le vivre ensemble.

A la jeunesse qui est peu allée voter et dont l’énergie nous est pourtant vitale. Je veux cultiver l’intelligence de Marseille en l’impliquant davantage dans la vie de notre cité. Je veux d’une ville jeune et festive où les jeunes ont envie de rester.

Je veux dire aux enfants d’immigrés de plusieurs générations, qui peuvent parfois se sentir à la marge, vous êtes chez vous à Marseille et nous avons besoin de vous, de vos talents, de votre énergie. Tous vous méritez notre respect.

Enfin je m’adresse au personnel municipal pour leur proposer un nouvel élan dans les politiques publiques, je veux les assurer de toute ma confiance et ma détermination à les écouter pour un retour à l’équité et libérer les compétences.

A tous, je voudrais dire que je serai la Maire de toutes les marseillaises et tous les Marseillais, et que je rechercherais toujours l’unité de cette ville, sa concorde, dans la tolérance, le respect, la transparence et le dialogue.

A tous élus comme citoyens je parlerai un langage de vérité.

Beaucoup d’entre vous le savent, j’ai toujours préféré confronter les idées plutôt que d’opposer les personnes et dans cet hémicycle comme à l’extérieur, je continuerai à agir ainsi.

C’est pourquoi, je voudrais que les débats à venir soient respectueux et s’attachent enfin à parler des problèmes de fond.

Le clanisme, le népotisme, le clientélisme ont vécu.

Ce projet c’est celui d’une ville plus verte, plus juste et plus démocratique.

Aussi je demanderais au conseil municipal de suivre les préconisations de la Chambre Régionale des Comptes.

Ça c’est l’urgence et nous voterons un premier budget qui s’inscrit dans cette trajectoire.

Ainsi nous dégagerons des marges de manœuvres.

Vous l’avez compris, je veux aussi faire de la lutte contre tous les gaspillages une priorité, gaspillage de l’argent public comme gaspillage des ressources ou des énergies.

Notre ville nous l’aimons et nous y sommes profondément attachés, j’y suis née et j’y ai grandi, je l’ai vu se transformer et je la connais dans toutes ses subtilités, elle ne ressemble à nulle autre et on n’en changerait pour rien au monde.

Je m’engage à servir ma ville avec courage et humilité, sans mentir et sans tricher, en essayant d’être digne du mandat que vous me confiez et ayant toujours présent à l’esprit l’attente de nos populations.

Les chantiers d’aujourd’hui seront la ville de demain et en 2026 je veux pouvoir regarder l’avenir avec un peu plus de confiance en me disant que nous avons travaillé pour le bien commun. Ce serait ma plus grande récompense.

Médecin, j’ai passé une grande partie de ma vie au service de mes patients, dans des quartiers difficiles avec une vraie passion pour mon métier. Cette passion elle est intacte, elle va me porter, elle va guider Marseille et avec vous tous, à l’aube d’une formidable aventure je suis sûre que nous allons faire de belles choses, que nous allons transformer Marseille et être digne de la confiance qui nous est donnée.

Je vous remercie

Michèle Rubirola

Maire de Marseille

La peste et le corona (1720, 2020)

La peste et le corona (1720, 2020)

Jacques Rigaud. L’hôtel de ville pendant la peste à Marseille.
Jacques Rigaud. L’hôtel de ville pendant la peste à Marseille.

300 ans après le débarquement du grand Saint Antoine qui avait importé la peste noire, Marseille confinée pour se protéger du Covid-19 a refusé mi-avril l’accostage du paquebot de croisière « Costa Deliziosa ». La ville avait déploré quelque 40.000 morts sur 90.000 habitants entre 1720 et 1721 intramuros et environ 10.000 alentours selon Michel Signoli et Stefan Tzortzis dans Les Cahiers de la Méditerranée (2018). On a décompté jusqu’à 120.000 msorts de la peste en Provence de 1720 à 1722, selon « La Provence malade de la peste » publié par les archives nationales. Marseille se souvient, trois-cents ans après. C’était en mai 1720. C’était hier pour la mémoire collective. 

Le 19 avril dernier les autorités marseillaises n’ont semble-t-il pas voulu répéter les erreurs des échevins du XVIIIème siècle. Le « Costa Deliziosa » a été interdit dans le port. Il a dû poursuivre sa route vers Barcelone avec ses 1.400 passagers et 900 membres d’équipage. Il n’y avait pas de cas de Covid-19 à bord mais le préfet a refusé l’escale non initialement prévue et le débarquement de 430 français et 580 étrangers dans le port de Marseille alors que le navire devait terminer son tour du monde à Venise, a précisé la préfecture des Bouches-du-Rhône. D’autant que le lendemain était attendu le « Magnifica » dont la destination finale était Marseille et le débarquement prévu de ses 1.700 passagers. Aucun cas suspect n’avait été déclaré à bord, , selon l’AFP.

La peste a été longue à être reconnue comme telle par les autorités suivant le déchargement des balles de coton et soieries infestées du Grand Saint-Antoine arrivé le 17 mai 1720. Les autorités avaient pris ensuite des mesures drastiques qui ne surprennent pas aujourd’hui. Au pic de l’épidémie en août 1720, on comptait jusqu’à 1.000 morts par jour, selon Fleur Beauvieux publiée par la revue Histoire.

Les cadavres d’entassaient sur les trottoirs. Les « corbeaux » (croque-morts) ne suffisaient pas. Mourant en deux jours ils étaient remplacés par les bagnards de l’arsenal des galères contre une promesse de remise de peine, selon les archives nationales. Confinements de quartiers et isolation de villages par l’armée, routes et ports fermés par des milices bourgeoises, mesures d’hygiène imposées, gestes barrières, Marseille avait déployé au XVIII ème siècle un arsenal de mesures très actuelles. Les soignants portaient des masques en forme d’entonnoir renfermant les herbes aromatiques pour atténuer la pestilence des pesteux. Nombre de ces soignants sont toujours vénérés en héros comme Monseigneur Belsunce qui porta assistance aux mourants et le chevalier Roze qui fit dégager les rues, rappellent les historiens.

En 1720, « face aux limites imposées aux déplacements, et à l’enfermement à domicile, on constate une panoplie de tactiques pour entretenir un lien social, tout en se protégeant de la contagion : se parler à distance, au seuil des portes et des fenêtres, utiliser massivement le vinaigre comme désinfectant » écrit Fleur Beauvieux dans sa thèse sur « La société marseillaise en temps d’épidémie, 1720-1724 ». Ces mesures sanitaires prises en juillet 1720 visent à immobiliser au maximum les habitants, en contrôlant tout mouvement. « Pour circuler, les Marseillais doivent se munir d’un billet de santé attestant qu’ils ne sont pas atteints de peste, signé par un représentant de leur quartier (prêtre ou commissaire). Les espaces publics sont interdits : fermeture des écoles et du collège, des églises et de tous les lieux de rassemblement. Les maisons atteintes de peste sont marquées d’une croix rouge, et ceux qui y vivent sont mis en quarantaine dans leurs habitations », précise-t-elle. 

La grande peste de Marseille de 1720, est le résultat d’une « suite de négligences et de passe-droits », selon le chroniqueur Jean-Pierre Boudet sur Mediapart. Elle arriva du levant sur un bateau contenant des marchandises appartenant à quelques élus et marchands de la ville. Pressés de récupérer leur mise et de revendre les étoffes au grand marché de Baucaire en juillet, ils ne respectèrent aucune consigne de sécurité. « L’appât du gain avait été le plus fort », affirme-t-il.  Il fait un parallèle avec la situation sanitaire actuelle en France : « nous payons actuellement avec le coronavirus, le prix de la guerre économique que se livre le monde, et de la concurrence non faussée. On bénéficie du ruissellement comme certains l’avaient promis. Hélas, c’est le virus qui ruisselle et ce n’est pas ce qui était prévu! », ironise Jean-Pierre Boudet dans Mediapart.

« Cette épidémie (de 1720) semble être en premier lieu la conséquence des entorses à un système de prévention pourtant bien éprouvé », écrivent pour leur part Michel Signoli et Stefan Tzortzis. « Dans un tel contexte, face à une capacité de guérison encore hors de portée des savoirs médicaux, l’adaptation des pratiques mortuaires et la prise en main de la salubrité urbaine par des pouvoirs publics dotés de pouvoirs d’exception restent les rares moyens pour les communautés affectées de revendiquer encore une politique sanitaire », ajoutent-t-ils dans les Cahiers de la Méditerranée.

Comme pour les navires arrivant à Marseille depuis mars dernier dont les passagers sont systématiquement dépistés, Marseille s’applique à respecter les conditions de sécurité voulues par le gouvernement. Alors que la plupart des marchés ouverts de la ville ont été fermés dès le confinement, le marché aux Puces, fermé plus tard, le 9 avril dernier pour « non-respect des distanciations sociales », à été autorisé à rouvrir. Une réouverture sous certaines conditions dans ce haut lieu de regroupement de population des quartiers déshérités. Les entrées et sorties sont filtrées, les caisses de ventes sont protégées, les clients sommés d’être éloignés d’un mètre les uns les autres.

Une situation différente

Malgré tout même si nous pouvons trouver des comparaisons entre ces deux épidémies, la mortalité est pour l’heure, incomparable. Les deux formes de la peste (noire et bubonique) sont bien plus mortelles que n’est le coronavirus. Actuellement, 1,5% des personnes âgées de 70 ans et plus décèdent du Covid-19. Le mode de transmission aussi diffère, la peste se transmet du rat ou de la puce à l’homme, tandis que le Coronavirus est lié à une transmission interhumaine. Enfin aujourd’hui on comprend le mode de transmission du virus. La mise en quarantaine de la ville de Marseille en 1720 par ordre du Régent avait empêché la propagation de la peste dans tout le royaume.

Guillaume Richaud (IEJ3) avec al/

Liens pour en savoir plus, clic :  Les Cahiers de la Méditerranée ; La Provence malade de la peste, clic : France Archives ; La thèse de Fleur Beauvieux, clic :  Marseille en quarantaine

La Canebière en confinement

La Canebière en confinement

Confinement Canebiere 2 mairie 1 7
Photos mairie du 1/7

Confinement oblige. La Canebière est quasi déserte. Quelques rares passants. Les deux kiosques à journaux ont fermé ainsi que celui du cours Jean Ballard. Les bancs publics sont le domaine des pigeons qui se bécotent sans gêne. Les pêcheurs ont rentré leurs étals du quai sur le Vieux-Port et vendent leur poissons depuis leur bateau à bonne distance des clients. Les gamins ne font plus du slalom entre les promeneurs absents sur cette voie devenue totalement piétonne depuis février de Belsunce au Vieux-Port. Le 26ème dimanche de la Canebière (D2K#26), rendez-vous mensuel le dernier dimanche de chaque mois depuis janvier 2017, a été annulé. Le bureau de Manifesta13 à l’angle du cours Saint-Louis a été fermé. Manifesta a reporté sine die les manifestations culturelles de cette biennale européenne d’art contemporain prévues initialement pour la première fois en France du 7 juin au 1er novembre. Le marché des Capucins, cœur vivant du quartier de Noailles a été réduit de moitié. Le Centre Bourse, les cafés du cours Saint-Louis et du cours Belsunce, ceux des allées de Meilhan en haut de la Canebière ainsi que les snacks et kébabs de Noailles ont fermé. Seuls l’hôtel de police à l’angle du boulevard Garibaldi, quelques bureaux de tabac,  la permanence de la mairie de secteur et la pâtisserie bicentenaire Plochut du haut de la Canebière restent ouverts.

al/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Canebière, premier tiers piéton

Canebière, premier tiers piéton

Les marseillais pourront prendre possession du premier tiers de la Canebière devenu totalement piéton et sécurisé et de profiter de ses huit nouveaux bancs publics à l’occasion du prochain dimanche de la Canebière pour sa 25ème édition (D2K#25). Commencés en janvier 2017, les dimanches de la Canebière avait été lancés dans le but de valoriser le centre-ville. Cette initiative a été suivie en 2019 par une vaste opération de piétonnisation du centre-ville avec l’aide du département pour redynamiser ses commerces en manque de chalands après la création de ceux nouveaux centres commerciaux au sud et au nord en plus du Centre Bourse. Après le cours Jean-Ballard, le marché des Capucins, les abords de l’Opéra et du Centre Bourse jusqu’au Jardin des Vestiges, cette première phase de piétonnisation de la Canebière s’est terminée par la pose des plots anti-intrusion retractables. Prévue initialement jusqu’aux Boulevard Dugomier et Garibaldi pour fin janvier 2020 n’a pas dépassé le carrefour Saint-Louis/Belsunce avant la fin de la mandature en cours.

Considérée comme une frontière entre le nord et le sud de la ville par le géographe et urbaniste marseillais Marcel Roncayolo, la Canebière devrait ainsi redevenir un lieu de mixité sociale selon l’initiatrice de ce projet, Sabine Bernasconi, maire (LR) du premier secteur et vice-présidente du Conseil Départemental. Grace à la piétonnisation et aux transports en commun menant vers le centre les élus espéraient retrouver un lien entre les quartiers pauvres et les plus riches et redonner son lustre à cette artère mythique connue “jusqu’au bout de la terre” comme le proclame la chanson mise en musique par Vincent Scotto. Une voie ou aboutissent les rues Paradis et ses beaux magasins, Saint Ferréol piétonne avec de nombreuses enseignes nationales depuis plus de dix ans, de Rome, d’Aubagne, Longue des Capucins et des Feuillants du quartier pauvre de Noailles, et d’un autre côté le centre Bourse qui attire.

Il a fallu dix ans pour que le cours d’Estienne d’Orves débarrassé de son parking sur quatre niveaux soit investi par les terrasses des cafés et restaurants donnant vie à cette grande place parallèle au quai de Rive-Neuve. Les travaux des abords de la Canebière ne sont pas encore terminés et l’on ne peut que souhaiter un renouveau à cette artère centrale de la Ville en dépit des protestations véhémentes des automobilistes perdus dans des impasses.

al/

Promenade en sur la Canebière du Vieux Port au carrefour Saint-Louis/Belsunce

Mobilité à Marseille : c’est l’enfer 

Mobilité à Marseille : c’est l’enfer 

Marseille Vieux-Port du Pharo à la Bonne Mère ©zal

Les acteurs de la mobilité en ville ont souligné le retard de Marseille par rapport aux autres villes lors d’un débat fin février organisé au bout de la Canebière par le quotidien La Provence. Pour eux, il faut réagir maintenant. 

Un changement prévu pour 2025… ou 2030 ? 

« L’enfer des transports à Marseille », c’était la thématique du débat qui s’est tenu jeudi sur la mobilité. Organisée par La Provence, la discussion mobilisait plusieurs acteurs clé de la question. Que ce soit pour mettre en place le vélo en ville, réduire la place de la voiture, ou encore élargir la couverture des transports en commun, une seule phrase est revenue à mainte reprise : il faut agir vite. Mais peu d’espoir de voir la situation s’améliorer avant 2025, voire 2030, selon les participants.
Canebière piétonne ©zal
Canebière piétonne ©zal

Pendant que les uns et les autres se questionnent sur les solutions à mettre en place pour limiter les bouchons (qui représentent 150 heures perdues par an pour chaque Marseillais), Jean-Pierre Serrus insiste: « Nous avons l’institution mais nous n’allons pas assez vite. Il nous faut 10 ans maintenant pour rattraper les 30 années de retard ». Vice-président de la Métropole Aix-Marseille-Provence délégué à la mobilité, aux déplacements et aux transports et Maire de La Roque-d’Anthéron, Jean-Pierre Serrus (ex LR passé chez LaREM) estime que les institutions et les avancées technologiques en matière de transport devraient permettre à Marseille de se développer, si elle le voulait. 

Le vélo comme solution alternative 
St Ferréol piétonne Préfecture ©zal

Et pour désencombrer la 2ème ville la plus embouteillée de France, quoi de mieux que d’adopter le vélo ? Pourtant la solution paraît utopique. « Je crois qu’on pourra mettre toutes les pistes cyclables qu’on veut et tous les bus à haut niveau de service, toutes les lignes, tant que les gens auront la possibilité de trouver une place pour leur voiture, ils le feront », commente Cyril Pimentel du collectif “Vélos en ville”. Un plan vélo qui mobilise malgré tout 60 millions d’euros de la métropole. 

 Un projet ambitieux qui ne demande plus qu’à être mis en place. 
 
Marie Audemard (IEJ3)
D2K#24: les arts de la rue

D2K#24: les arts de la rue

Sur la Canebière ce dimanche 26 janvier, le thème, “c’est art de rue » ! Après une trêve de fin d’année, les « Dimanches de la Canebière » sont (enfin) de retour à Marseille. Avec une volonté affirmée des participantes et participants de mettre l’accent sur les Arts de la rue, la première édition de cette année 2020, la 24ème depuis janvier 2017 pour la troisième saison, promet d’être passionnante.

Echassiers, musiciens, comédiens… Toutes et tous sont conviés pour régaler nos pupilles et enchanter nos ouïes. C’est la confirmation qu’a apporté Sabine Bernasconi, maire (LR) des 1er et 7 e arrondissements de la cité phocéenne dans son édito sur le dépliant précisant présentant cette manifestation.

Un programme palpitant ! Des échassiers de la compagnie des Quidams arpenteront en long, en large et en travers la Canebière dimanche. Une partie théâtre sera dédiée à revisiter l’œuvre de Marcel PAGNOL, Cigalon. Des musiciens de la compagnie Rara Woulib présenteront un spectacle inspiré de la musique traditionnelle et paysanne Haïtienne Rara, le tout mêlé au chant et l’accompagnement de percussions et d’instruments à vent. En plus, annonce le programme «un acrobate grimpeur escaladera la façade du Palais de la Bourse».

Marian Cregut (IEJ 3)

Un extrait du programme sur votre smartphone par Marie Audemard :  clic

Points forts de la journée de 10h à 17h sur la Canebière en partie piétonnisée et sécurisée:

Mise en page 1

D2K#24, 26/01/20, le programme

D2K#24, 26/01/20, le programme

affiche dimanche 26 janvier 2020

Après la trêve des confiseurs et les traditionnelles cérémonies de vœux, les “Dimanches de la Canebière” inaugurent cette nouvelle année en mettant à l’honneur les Arts de la rue, annonce la maire du premier secteur à l’initiative de ces manifestations mensuelles le dernier dimanche de chaque mois depuis janvier 2017.

Notre artère légendaire sera ainsi arpentée par de mystérieux échassiers dans le cadre du “Rêve d’Herbert” de la Compagnie Quidams, tandis qu’un acrobate-grimpeur de la Compagnie “Les lézards bleus” escaladera la façade du Palais de la Bourse. Et la Compagnie Rara Woulib nous présentera un spectacle inspiré du rara – musique traditionnelle paysanne d’Haïti – où les danses et chants seront accompagnés par un ensemble composé de percussions et d’instruments à vent, poursuit la maire (LR) Sabine Bernasconi dans sa présentation de ce 24ème dimanche de la Canebière (D2K#24).

Il y aura aussi du Théâtre avec l’expérience imaginée par In Two, où le spectateur entre dans une boîte et s’y voit offrir un spectacle personnel, ainsi qu’une adaptation de l’œuvre de Marcel Pagnol “Cigalon”, dans l’Auditorium de la Mairie.

Le programme annoncé propose aux passants, citadins du centre ville et touristes de retrouver les habituels points de rencontre culturels et artistiques avec les très appréciés disquaires et bouquinistes. Sans oublier les rendez-vous gourmands, avec le marché de produits en “circuit court” et les bonnes tables du quartier : La Mercerie, Le Petit Saint Louis, Chez Toinou, et plus récemment Yima.

Pour plus de détail, la mairie du premier secteur de Marseille (1er et 7ème arrondissements) invite les curieux à cliquer sur ce lien pour découvrir le programme complet de cette 1ère édition de l’année 2020.

La mairie propose également un parcours “découverte” pour ce 24ème dimanche de la Canebière, à savoir :

10h00 à 11h30 – OUVERTURE avec la RARA WOULIB,    carnaval haïtien / T2 + T1 de bvd Dugommier vers Palais de la Bourse     
10h30 à 12h30 – In Two, théâtre en boîte pour    passant / Installation statique  sur le T2    
11h30 à 12h00 – Services à tous les étages avec    Antoine Le Mesnestrel / Sur la façade du Palais de la Bourse    
12h00 à 14h00 (avec pause de 30’) – Fanfare Pompier    Poney Club / T1 + T2 du palais de la Bourse vers l’intersection  Dugommier (2 passages : 1x 30’ / 1x 1h)    
14h00 à 15h30 – 2ème passage In Two,    théâtre en boîte pour passant / Installation statique sur le T2    
14h45 à 15h30 – Le rêve d’Herbert,    déambulation de personnages lunaires / T1 de cours St Louis     vers le Palais de la Bourse    
15h45 à 16h15 – 2ème passage Services à    tous les étages avec Antoine Le Menestrel / Sur la façade du    Palais de la Bourse    
16h15 à 16h45 – FINAL avec le Rêve d’Herbert /    T1 installation en cercle  face au n° 10 de la Canebière