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Le carnaval polémique de la plaine 2021

Le carnaval polémique de la plaine 2021

Revue de presse:

MARSEILLAIS NE MÉRITENT PAS ÇA”: L’INDIGNATION DES AUTORITÉS APRÈS LE CARNAVAL DE LA PLAINE

6500 personnes ont célébré le carnaval ce dimanche, souvent sans masque ni respect de la distanciation. Les autorités locales ont dit leur colère devant un comportement jugé “irresponsable”.
 Au moment de dévoiler jeudi le nouveau dispositif établi pour lutter contre l’épidémie de Covid-19, Jean Castex et Olivier Véran ont souligné que la faveur accordée aux activités extérieures ne signifiait pas qu’on pouvait se mêler “à un barbecue”, mais ils n’ont rien dit des carnavals rassemblant 6500 personnes. Message superflu, plus d’un an après l’arrivée de la pandémie dans l’Hexagone?

Ce sont bien 6500 personnes, toutefois, qui ont fêté le carnaval de la Plaine ce dimanche à Marseille – qui ne se situe pas dans l’un des 16 départements reconfinés. Les organisateurs de ce rendez-vous célébrant l’arrivée du printemps semblent pourtant avoir eu conscience que pareil rassemblement n’était pas de saison: ils n’ont pas cherché à demander l’autorisation de la manifestation – qu’ils ont cependant annoncée cinq jours à l’avance – en préfecture.

 

La préfète Frédérique Camilleri n’avait d’ailleurs pas décoléré dimanche soir quand La Provence lui a demandé son sentiment: “Je regrette que les efforts de tous puissent être ruinés en quelques heures par quelques milliers de personnes qui s’affranchissent des règles délibérément et le revendiquent en plus”.

Sept interpellations

Elle a fait le point sur les moyens mis en place par ses services:

“Nous avions mis un dispositif policier autour de la manifestation qui visait à verbaliser ceux qui arrivaient sans masque. Quand les conditions de sécurité ont été réunies et alors que des dégradations étaient commises notamment sur un manège pour enfants, j’ai pris la décision de faire intervenir les forces de l’ordre pour mettre fin à ce carnaval et disperser les personnes, ce qui a été fait à 18h.”

Pointant la “responsabilité individuelle”, la haute fonctionnaire a également abordé le bilan policier et les perspectives judiciaires de cette journée. “Il y a eu sept interpellations pour les dégradations et des violences contre des forces de l’ordre”, a-t-elle dit, ajoutant: “Les individus devront répondre de leurs actes devant la justice et nous allons encore identifier d’autres auteurs de dégradations. Je ne m’interdis aucune suite évidemment”.

Le maire fustige “l’attitude égoïste de quelques irresponsables”

Le maire de la ville, Benoît Payan, était à l’unisson. Il a filé sa fureur sur Twitter.

“Rien ne justifie qu’on détruise les efforts collectifs pour endiguer le virus! Rien ne justifie qu’on profane le lieu des effondrements de la Rue d’Aubagne! Rien ne justifie qu’on s’en prenne à des jeux d’enfants et à des équipements publics! Je suis en colère. L’attitude égoïste de quelques irresponsables est inacceptable! Ils devront répondre de leurs actes devant la justice”, a-t-il d’abord publié.

Benoît Payan a enchaîné: “Soutien aux riverains, aux commerçants, aux soignants, à celles et ceux qui luttent avec dignité et dans le respect des règles pour retrouver au plus vite une vie culturelle et festive normale, et qui ne méritaient pas ça.”

“Marseille et les Marseillais ne méritent pas ça”, a-t-il conclu.

La Métropole veut porter plainte

Martine Vassal, présidente LR du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône et présidente de la Métropole, a indiqué qu’elle comptait porter plainte au nom de cette dernière institution, demandant à la municipalité de se joindre à elle:

“Scandalisée par ce qui s’est passé aujourd’hui à Marseille. Les soignants mettent leurs vie en danger et de nombreux cas de Covid sont à craindre à la suite de ces agissements. L’irresponsabilité à ce niveau est criminelle. Tous les élus de Marseille doivent condamner.”

“La honte” de Renaud Muselier

Mais l’indignation a décidément transcendé les clivages. Sur Twitter toujours, Renaud Muselier, président du Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur, issu de la même famille politique que Martine Vassal donc et opposé à celle du maire socialiste de Marseille, a ainsi affirmé:

“En pleine crise sanitaire, après une année de combat pour nos soignants face au Covid-19, les images de ce carnaval de Marseille sont une honte! L’impatience du retour à la vie n’excuse pas l’inconscience – une telle mise en danger des autres n’est pas acceptable!”

Que le carnaval de la Plaine suscite ou non des échos sanitaires, il aura déjà entraîné sa conséquence politique: la formation d’une union sacrée, sans doute très éphémère, de la classe politique marseillaise contre lui.

Robin Verner

Robin Verner Journaliste BFMTV
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Carnaval de la Plaine à Marseille : “C’est totalement inacceptable”, fustige le ministère de l’Intérieur

Par La Provence (avec AFP)

 

"C'est tout à fait inacceptable alors que tous les Français font des efforts, s'adaptent, s'organisent pour respecter au maximum les différentes réglementations qui ont lieu pour lutter contre cette épidémie, on voit un certain nombre de fêtards qui ont, dans l'irresponsabilité totale, participé à ce carnaval", a réagi Camille Chaize.

“C’est tout à fait inacceptable alors que tous les Français font des efforts, s’adaptent, s’organisent pour respecter au maximum les différentes réglementations qui ont lieu pour lutter contre cette épidémie, on voit un certain nombre de fêtards qui ont, dans l’irresponsabilité totale, participé à ce carnaval”, a réagi Camille Chaize.PHOTO FRÉDÉRIC SPEICH
 
 
Centre-ville, un rebond à pérenniser

Centre-ville, un rebond à pérenniser

Place Charles De Gaulle 3

La fontaine de la place du Général De Gaulle, bas Canebière ©zal

Une lueur d’espoir pour les petits commerces du centre-ville de Marseille autour de la Canebière. Curieusement grâce ou à cause de la pandémie. La fermeture des grands centres commerciaux qui avaient siphonné leur clientèle depuis plus de dix ans au profit d’espaces plus grands avec parking a ramené les acheteurs vers les petites enseignes. Un bol d’air bienfaisant après des années de galère à voir leur clientèle déserter leurs boutiques sans parler des deux confinements. Restera à savoir pérenniser ce rebond inattendu 

Les gérants des magasins de prêt à porter du centre-ville se félicitent du regain d’activité dans leurs boutiques. Des journées de braderies et des soldes à rallonge leur avaient fait espérer un retour à la “vie d’avant”. Les clients ont redécouvert à ces occasions le centre-ville entièrement piétonnisé et sécurisé. Contactés un par un en faisant du porte-à-porte ils précisent qu’il ne s’agit pas de personnes qui se promènent et font du lèche vitrine comme dans les grands centres commerciaux mais d’acheteurs venus spécialement pour trouver un article. Kenzo, ba&sh, Weil, Lacoste, Boss par exemple dans la rue Paradis se félicitent de ce renouveau d’intérêt pour leur quartier. « Maintenant il faut fidéliser ou re-fidéliser nos clients qui pour certains découvrent un centre-ville en train d’être agréablement transformé », déclare Guillaume Sicard. Gérant de la boutique de souvenirs « Marseille en vacances » et  Président de la fédération Marseille change. Il souligne que « la piétonnisation complète du centre-ville change la donne » et qu’il faut encore que les commerçants profitent de l’occasion. « On fait des sourires, mais sous le masque c’est pas évident » dit en riant sous son masque la gérante de Hugo Boss.

“Quand les centres commerciaux sont fermés les centres-villes fonctionnent”

“Vous êtes allée rue Saint-Ferréol le premier samedi après la fermeture des grands centres commerciaux ? On retrouvait la rue des années 90, ça m’a donné des frissons. Le centre-ville était blindé. La fermeture des centres commerciaux a donné une véritable bouffée d’oxygène au centre-ville de Marseille et aux commerçants de proximité.” La présidente de la fédération Commerces en 13, Audrey Lucchinacci, n’a pas mâché ses mots citée par La Provence. Egalement vice-présidente de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME 13), elle affirme aussi que les commerces du centre-ville marseillais ont senti un véritable virage lors de la fermeture – contrainte – des centres commerciaux de plus de 20 000 m², et notamment des Terrasses du port et du Centre Bourse. C’est pour elle « la preuve par l’exemple involontaire que quand les centres commerciaux sont fermés, les centres-villes fonctionnent.”

Dans le centre de Marseille, « il y a beaucoup de locomotives mais peu de wagons » note un internaute sur un blog du site d’information en ligne Marsactu. Il fait référence aux grandes enseignes de de la rue Saint Ferréol, la première piétonne de la ville il y a plus de 20 ans, de la Canebière à la Préfecture où les boutiques, locomotives ou wagons, changent souvent de nom. Elle a perdu son grand Mc Do et ses Galeries Lafayette qui faisaient double emploi avec celles du Centre Bourse de l’autre côté de la Canebière. H&M et Zara se sont notamment confortablement installés rejoints par Boulanger en lieu et place des anciennes Galeries déplacées plus loin près du Prado devant le Stade Vélodrome. Mais on note depuis plusieurs années une valse des petites enseignes qui ne permettent pas en temps ordinaire à cette rue pourtant très passante de promeneurs en vadrouille de rivaliser avec l’attraction des grands centres commerciaux.

Si les boutiques de luxe sont toujours rue Grignan  perpendiculaire à la rue Paradis, les grandes marques ont par ailleurs déserté aussi la rue de la République récemment réhabilité au profit des grands centres commerciaux placés en embuscade au nord et au sud par l’ancienne municipalité (LR) avec au milieu le Centre Bourse. Il s’agissait comme l’avait déclaré l’ancien maire Jean-Claude Gaudin d’empêcher l’hémorragie des recettes fiscales et taxes sur les achats des marseillais vers les caisses de la rivale Aix-en-Provence. Le grand ensemble de Plan de Campagne et des nouvelles allées commerciales d’Aix avaient aussi attiré nombre d’anciens clients du centre-ville de Marseille. Grand Littoral, le plus grand centre commercial d’Europe, les Terrasses du Port et le Centre Bourse sur le territoire de Marseille ont été fermés par précautions sanitaires pendant la troisième vague de Covid.  Un répit qui risque d’être de courte durée pendant lequel les petits commerçants doivent réussir à fidéliser ou récupérer une clientèle maintenant plus habituée aux grandes enseignes et aux hyper centres commerciaux avec parking jusqu’au cœur des villes.

Pérenniser l’attractivité du centre-ville

Ce nouvel élan en direction des commerces de proximité grâce à la fermeture des grandes centres “risque de n’avoir qu’un temps et doit être pérennisé”, soulignent des employés de l’enseigne Hema à l’angle Paradis/Canebière. Les acheteurs y font la queue comme devant les boutiques de maquillage et les grands magasins de la rue Saint Ferréol ainsi que les plus modestes de la rue de Rome.

La Canebière également commence à reprendre son souffle après des journées d’abandon pendant les confinements. L’église Saint Paul, dite des Réformés, est en bonne voie de restauration extérieure en attendant les travaux à l’intérieur ; le cinéma Artplexe attendu depuis deux ans en lieu et place de l’ancienne mairie du premier secteur sort lentement de terre après de nombreuses difficultés techniques ; plus bas les boutiques en pieds d’immeubles préemptées avant les dernières municipales par la Métropole (à majorité LR) pour revitaliser le quartier commencent à attirer une nouvelle clientèle ; la fromagerie Froumaï au 150 La Canebière voisine avec le bureau des guides et Marseille Concerts à deux pas de la bicentenaire pâtisserie Plochut à la vitrine désuète. Les bars et restaurants des allées de Meihlan étant clos ne servent des boissons à la sauvette dans des gobelets en carton. Restent les snacks et les kebabs à emporter. A côté la librairie Maupetit est grande ouverte tandis que la fac de droit, les théâtres de l’Odéon et du Gymnase sont désespérément fermés.

Du côté du cours Saint-Louis, la fermeture définitive de l’écailler et grand restaurant Chez Toinou en mars 2020, au début du premier confinement, fait un vide. Installé Cours Saint-Louis depuis 1962 Toinou a fermé en raison de « changements structurels » autour de son enseigne selon son responsable Laurent Carratu. La piétonnisation a eu selon lui « un fort impact sur la vente à emporter ». L’écailler a trouvé une nouvelle adresse à  Aix-en-Provence. Les petits cafés à l’entour ainsi que ceux du cours Belsunce de l’autre côté de la Canebière prennent leur mal en patience. En bas de la Canebière la nouvelle brasserie du Palais de la Bourse, ouverte juste avant le premier confinement fait de la vente à emporter comme Burger King et McDo ; les promeneurs se consolent en utilisant la vingtaine de bancs installés dans ce grand espace ainsi que les rebords des jardinières place De Gaulle en face de la Chambre de Commerce.

Dans les rues adjacentes la nouvelle municipalité (Printemps Marseillais) tente de remettre l’habitat en état après la catastrophe de la rue d’Aubagne le 5 novembre 2018 et ses huit morts ensevelis sous les décombres de leurs immeubles insalubres. Une vaste consultation a été lancée avec propositions de rachat des immeubles par EPF (Etablissement Public Foncier) rejetée comme « dérisoire » par des groupements de propriétaires qui s’estiment lésés tandis que la mairie juge ces immeubles dangereux dans le cadre de sa lutte contre la paupérisation. Nicolas Memain, élu du premier secteur et organisateur du bureau des guides laisse entendre que la mairie “essaie d’éviter le départ du centre-ville d’habitants plus aisés qui se plaignent de nuisances sonores la nuit avec le nettoyage des rues et le jour avec les ravalements de façades”.

Recherche emplacement pour des Halles alimentaires

La municipalité tente par ailleurs de trouver un emplacement pour l’installation d’une Halle alimentaire en centre-ville. L’ancienne Bourse du travail un temps évoqué a été rejetée par Sophie Camard. La maire (LFI) du premier secteur et suppléante du député Jean-Luc Mélenchon élu de la Canebière dont elle s’est un peu éloignée,  tient à conserver ce lieu de rencontre syndical centenaire en cœur de ville à côté du marché des Capucins nouvellement réhabilité. Reste pour l’instant la place du Général De Gaulle ou elle souhaite installer un marché paysan les samedis avec possibilité d’utiliser le premier sous-sol du parking situé en dessous. Une proposition soutenue par la Chambre de Commerce qui pourrait se réaliser d’ici l’été si la situation sanitaire le permet. « Une halle doit être là où les gens habitent, en cœur de ville. Elle doit être un élément de circuit court. Cette proposition fait parler, arrêtons de parler, passons aux actes. A Marseille nous avons proposé un lieu d’expérimentation, la Place du général de Gaulle »., avait déclaré Jean-Luc Chauvin le président de la CCIAMP lors de ses voeux à la presse en janvier dernier. Une façon d’attirer le chaland en centre-ville et de pérenniser l’activité commerciale. 

« Remettre de la convivialité dans l’espace public” a souhaité Sophie Camard dans un entretien avec la Hune en décembre dernier. Il faut « changer les relations avec les commerçants dans le bas de la Canebière » avait-elle indiqué en soulignant le nouvel engouement des touristes pour Marseille et sa volonté de faire en sorte que la Vieux-Port et la Canebière soit une destination. Son credo: “faire de cette artère centrale de la ville une vitrine de Marseille, du Vieux-Port aux Réformés”. 

al/

La Canebière de bas en haut ©zal 

 A lire également :
le projet du cinéma Artplexe

 

La Canebière au ralenti

La Canebière au ralenti

©zal
©zal

Un kilomètre de promenade, c’est la Canebière. 1.000 mètres tout juste du Vieux-Port aux Réformés. Mercredi, il n’y avait pas la grande foule, mais de nombreux passants pressés. Confinement oblige! Le premier tiers, du Vieux-Port au cours Saint-Louis/Belsunce, totalement piétonnisé, était quasi désert. Les rideaux des rares boutiques non alimentaires et des cafés tirés, sauf les banques, les téléphonies, Monoprix, et le kiosque à journaux. Installés depuis le début de l’année, les 18 bancs publics étaient occupés par des vieux du quartier venus prendre l’air, comme sur les margelles hautes des bacs à fleurs de la place De Gaulle. De la centaine de mendiants qui ponctuaient la Canebière avant le confinement il reste une dizaine de sans abris espérant l’arrivée d’un passant pour leur donner la pièce. Ils se regroupent en haut de la Canebière de 8h à 9h30 pour un petit déjeuner offert par Emmaüs. Les vendeurs à la sauvette de cigarettes de contrebande sont en revanche toujours là sous les caméras de surveillance, en bas du marché des Capucins toujours aussi fréquenté à la mi-journée. Les riverains s’en retournent chez eux avec leurs cabas chargés.

Désertée pendant le premier confinement la Canebière retrouve un peu de vie sur sa deuxième partie entre les cours Saint-Louis et Garibaldi. Le quartier de Noailles est très animé devant le commissariat central. Aucun contrôle à la sortie du métro. “C’est le centre ville” dit un policier en faction.
Les jeunes trotinettistes ou scooteristes avec des figures acrobatiques dangereuses pour les passants avaient un temps occupé l’espace laissé vacant par les automobiles depuis janvier entre Vieux-Port et la rue Saint Ferréol sans aucun chaland. L’esplanade devant la Chambre de Commerce est devenue un lieu de manifestation dans le prolongement de celles régulièrement organisées sous l’ombrière.

al/

 

Canebière/Centre Bourse : la piétonnisation en marche

Canebière/Centre Bourse : la piétonnisation en marche

En travaux depuis juillet, le bas de la Canebière devrait offrir un nouvel espace d’ici la fin de l’année. Moins de pollution, plus de facilité pour s’y balader, l’une des artères principales de Marseille fait peau neuve.
Piétonnisation réalisée du Vieux-Port au Cours Saint Louis englobant les abords du Centre Bourse en cours de finition, l’entrée du jardin des vestiges et la Poste Colbert d’un côté, le Cours Jean Ballard, la place du Général De Gaulle et le bas de la rue Paradis, de l’autre. 
Marie Audemard (IEJ3)
A la Canebière, piétonnisation plutôt que paupérisation

A la Canebière, piétonnisation plutôt que paupérisation

©zal

Au centre-ville de Marseille est lancé depuis 2017 un vaste programme dit de « requalification ». A quatre mois des élections municipales de 2020 la Canebière reste un espace aux enjeux multiples

©zalC’est en mars 2019 que le projet de « requalification » du centre-ville de la cité phocéenne  a été lancé, suscitant les intérêts et les interrogations des habitants. Après le réaménagement de la rue Paradis, le déplacement des terminaux de bus de l’esplanade du centre bourse vers le cours Jean Ballard, la requalification du cours Lieutaud, le réaménagement des abords du jardin des vestiges, les pelleteuses ont attaqué en juillet la Canebière. Une vaste opération de piétonnisation qui devrait se terminer en janvier 2020 au carrefour Canebière/Dugomier/Garibaldi. Une occasion de définir et chiffrer les enjeux d’une piétonnisation désirée par toutes et tous mais qui fait de nombreux automobilistes mécontents. Ces derniers s’insurgent en se demandant à quoi cela peut servir de piétonniser une voie pauvre en commerces et offres culturelles mettant en doute les affirmations des décideurs d’un projet global de requalification, embouteillant la ville déjà championne en la matière.©Marian Cregut

Le chantier annoncé devrait coûter 60 millions d’euros au contribuable et se répartir sur deux périodes : la première en 2019/2020 et la deuxième en 2020/2021. La rénovation est à l’honneur. La Hune de la Canebière dans un article daté de mars 2019 souligne la volonté de la ville de planter 450 arbres, faisant écho à une volonté citoyenne d’un aménagement plus « vert » de la cité phocéenne. Sont également inclus le pavement des rues et la rénovation architecturale. Les deux phases de travaux concernent 72 hectares dont il est prévu que 22 soient intégralement piétonnisés.

©Marian CregutLa présidente (LR) de la métropole Aix-Marseille et du département des Bouches-du-Rhône, candidate déclarée et adoubée par Jean-Claude Gaudin à sa succession à la mairie de Marseille, Martine Vassal, affirmait : « L’image du centre-ville s’est détériorée au fil du temps. Il y a un désamour du centre et c’est très inquiétant pour la 2e ville de France de ne pas avoir l’attractivité qu’elle mérite. Notre volonté est d’augmenter la fréquentation des commerces et que les habitants puissent y vivre en sécurité. Ces dernières années, on a refait les centres-villes de La Ciotat, Gignac, Cassis… Et la métropole voulait aussi offrir à la ville centre, un centre-ville de ce nom ».

« On vit comme des rats » !

-4390898822079490713Car la Canebière est une voie de passage désespérément pauvre. On est frappé d’y constater le nombre de chantiers de travaux publics qui, s’ils sont nécessaires au réaménagement, enlaidissent un espace suintant la vétusté. Le lycée Thiers, le théâtre des Bernardines, la façade du local de Force Ouvrière, autant de lieux naguère importants croulant aujourd’hui sous le poids de l’abandon et des graffitis. De partout des façades sales, usées, misérables. De partout des murs qui s’effritent, des volets vieux ou manquants, des fenêtres qui protestent contre la fatalité de leur sort. Alors c’est ça la Canebière, s’interroge le visiteur approché : tellement de voitures que la route ne peut toutes les contenir, des gens pauvres et des pauvres gens qui vont et viennent, s’enfonçant pour certains dans des ruelles sombres plus humides que la pluie et plus froides que l’hiver ? Alors c’est ça la Canebière : de trop rares piétons qui se risquent au hasard des quelques boutiques encore ouvertes qu’on y peut trouver ? Comme le confie à l’auteur de ces lignes Hamid, habitant du quartier de Noailles : « On est parqué dans des taudis comme des bêtes, et on vit comme des rats. De toutes façons, après les effondrements de la rue d’Aubagne, on ne fait plus du tout confiance à nos responsables politiques. On vit dans la misère, et on a peur ». L’effondrement de deux immeubles vétustes avait fait huit morts le 5 novembre 2018.

Espaces publics et propriété citoyenne

©Marian CregutSi Marseille est l’une des villes les plus touchées par les inégalités économiques, “la Canebière, même à l’abandon, reste la propriété des citoyens, qui s’y meuvent et s’y rencontrent”, confie Julie, jeune étudiante qui vit elle aussi à Noailles. Pour elle, la rue est l’espace public, ce lieu imperméable aux discriminations multiples quoi qu’inadmissibles. C’est la conception que s’en fait Dominique Bluzet, directeur des Théâtres du Gymnase et des Bernardines à Marseille, du Jeu de Paume et du Grand Théâtre de Provence à Aix , ainsi que rapporté par le site web Les Théâtres. Établissant un parallèle avec la rue, “propriété citoyenne et collective”, Dominique Bluzet donne du théâtre la définition suivante : « Le but du théâtre public c’est d’être là pour accueillir le public, c’est-à-dire le citoyen qui estime qu’il est naturel que des collectivités (l’Etat, la région, le département, la Métropole, la ville) financent des structures culturelles ». Il est directement impliqué dans le devenir de la Canebière, indiquant aider au « recyclage » de bâtiments laissés à l’abandon afin d’en faire des lieux à vocation culturelle : « Aujourd’hui je reprends une brasserie à côté du gymnase, un immeuble où je vais faire des résidences d’artiste », précise-t-il.©Marian Cregut

“L’actualité est donc plus que jamais à l’état et au devenir de notre Canebière, qui ne doit pas révulser les habitants mais présenter le centre-ville de Marseille sous un nouveau jour”. C’est le pari de Sabine Bernasconi, maire (LR) du premier secteur de Marseille et vice-présidente du Conseil Départemental des Bouches-du-Rhône en charge de la culture.

Marian CREGUT (IEJ 3)

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Marseille s’offre Noël en bas de la Canebière

Marseille s’offre Noël en bas de la Canebière

©Guillaume Richaud

Quand on le voit on sait qu’arrive noël. Le marché tant attendu de tous les Marseillais est de retour cette année du 16 novembre au 5 janvier 2020.©Guillaume Richaud

Sur le Quai de la fraternité, sur le vieux-port en bas de la Canebière, sont présents pas moins de 55 cabanons, avec chacun des produits différents. On y trouve quoi alors ? Le fameux savon de Marseille, mais aussi pas mal de confiseries… sans parler des étalages de figurines en tout genre. Le marché se diversifie tout en restant attaché à la culture provençale.

Accès, depuis l’intérieur du marché, à la grande roue  d’où l’on peut voir les stands de plus haut. Dès que la nuit commence le Vieux-Port et le marché s’illuminent aux couleurs de noël.

©Guillaume RichaudPour Ludivine Harmond, une habituée des lieux, c’est toujours un bonheur de voir les étalages. « Je n’aime pas trop noël, mais le marché c’est différent. Depuis toute petite j’y vais, je ne rate pas une année, ça fait partie de nos traditions. Et à Marseille il est plutôt joli je trouve,©Guillaume Richaud surtout le soir ».

Particularité du marché : il n’y à pas de stands à santon ! Depuis quelques années maintenant (1803) il y a la foire aux Santons, juste derrière la grande roue quai du port pendant les travaux de piétonisation de la place du Général De Gaulle en bas de la Canebière. Sont présents 40 santonniers, venus exposer leurs pièces dont un santon gilet jaune depuis 2018. Il y en a pour tous les goûts, en terre cuite ou en silicone, le santon fait toujours la joie des Marseillais. Cette foire est ouverte elle aussi du 16 novembre au 30 janvier.

Guillaume Richaud (IEJ3)

Effondrements rue d’Aubagne : où en sont les rescapés ? 

Effondrements rue d’Aubagne : où en sont les rescapés ? 

visuel rue d'aubagne © Parenthèses
Un an après le drame de la rue d’Aubagne, tour d’horizon auprès des sinistrés relogés.
L’effondrement, la peur, les cris et puis plus rien. Un an après la tragique journée qui faisait 8 morts rue d’Aubagne à Marseille, la situation des délogés a avancé, mais beaucoup reste à faire. « Ces derniers temps, il n’y a pas une nuit où je me couche sans penser à la rue d’Aubagne et à ma vie d’avant. Entre les démarches, l’angoisse, l’incertitude, ces derniers mois nous ont maintenus dans un rythme fou, mais à l’approche de la date anniversaire, je ressens vraiment le contrecoup. » explique Fred, un relogé de la rue d’Aubagne à La Provence. Sur les 3700 sinistrés, 1486 personnes ont été relogées tout d’abord dans 27 hôtels réquisitionnés par la ville, puis dans des logements provisoires. C’est l’association Soliha Provence qui a été chargé de lancer un appel d’offre afin que les bailleurs sociaux puissent proposer des appartements disponibles. 
C’est le cas d’Unicil, un bailleur social qui a directement proposé plus de 300 logements, seuls 91 ont été retenus et 75 sont aujourd’hui en cours de location. Les appartements sélectionnés devaient tenir compte du périmètre afin de rester dans les environs du quartier, et de la sécurité. Le bail quant à lui, rappelle que ces logements ne sont que provisoires, puisqu’ils ne sont pas au noms des rescapés mais bel et bien à celui de l’association. La sous-location étant l’option par défaut, les délogés ont malgré tout le choix d’établir un bail permanent. 
Des projets menés par la ville 
Même si tout n’est pas terminé, “la ville s’investit malgré tout dans l’amélioration de la qualité de l’habitat”, et particulièrement dans le centre ville, déclare Coline Verlaque, représentante d’Unicil. D’ajouter: notamment “avec le projet Marseille Horizons et ses 2000 logements sociaux rénovés”. Enfin, affirme-t-elle, la ville “met un point d’honneur à lutter contre l’habitat indigne”, que ce soit au niveau de l’état des logements ou même de l’éradication des marchands de sommeil.
Marie Audemard (IEJ3)
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Revue de presse : Les effondrements Rue d’Aubagne.

Il y a un an, le 5 novembre 2018, deux immeubles Rue d’Aubagne proche de la Canebière s’effondrent. 8 victimes sont retrouvées dans les décombres. Un évènement traumatisant pour le peuple marseillais. Un an après, un moment de commémoration a eu lieu ce mardi 5 novembre à 9h5, de quoi relancer le sujet. Beaucoup de journaux en ont parlés, et rebondissent sur l’actualité pour faire un état de la situation. La majorité des journaux Nationaux ou régionaux se retrouvent dans une idée commune, politique,  à l’approche des municipales 2020. La majorité des articles s’ouvrent sur les élections. Pour le(a) futur(e) Maire comment appréhender l’insalubrité des logements Marseillais ?

Retour en image sur les différentes unes de nos journaux.

Voici la Une de Libération :libé

Titre évocateur, image terrible de l’effondrement… Libération dénonce l’après désastre et le sentiment d’abandon des Marseillais. Le journal met en lumière à travers son article l’insalubrité des logements Marseillais.

Le Parisien opte pour l’Hommage nationalLe Parisien

Le choix du journal s’est porté sur la détresse et la tristesse des riverains, un an après les effondrements.  L’article se veut bouleversant, afin de montrer la tragédie de la situation. La parole est donnée aux Marseillais, énervés par la situation actuelle des choses.

Le Figaro angle autour de l’économie.

Le Figaro

Le figaro choisit de traiter les effondrements rue d’Aubagne d’une manière particulière par rapport aux autres journaux. Ils parlent de l’insalubrité des bâtiments maintenant.

A travers leur papier, ils lèvent le voile sur l’habitat indigne, et les actions mises en place par la ville pour aider les victimes de l’effondrement.

La Marseillaise aux premières logesLa Marseillaise

La parole est donc donnée au peuple Marseillais, et plus particulièrement au collectif du 5 novembre. Le journal local choisit de montrer que la crise n’est pas résorbée. L’image  est forte et permet de commémorer ce triste moment de l’histoire Marseillaise.

« Nous devons continuer à nous battre car cette municipalité n’a pas la volonté politique que les choses changent » (La Marseillaise).

Le Monde : “Au-delà du désastre”

Le MondeLe seul journal de cette revue de presse à évoquer en introduction l’existence d’une crise Marseillaise, un an après les effondrements. Comme les autres journaux, il nous décrit une ambiance lourde lors de la commémoration. Preuve que les Marseillais n’oublient pas.

La Provence, 5 novembre 2019

Samia Ghali rue d'aubagne 5 novembre La ProvenceLa sénatrice des Bouches-du-Rhône Samia Ghali était présente ce matin à Marseille, rue d’Aubagne, pendant la cérémonie d’hommage aux victimes du drame du 5 novembre 2018. “C’était de mon devoir de Marseillaise et d’élue d’être ici”, confie-t-elle à notre micro après la commémoration. Après une cérémonie calme qui a réuni plusieurs centaines de personnes, un groupe s’en est pris à l’élue, lui ordonnant de “se casser” et l’accusant de “récupération politique”. “Je ne pouvais rien faire contre l’effondrement de cet immeuble, nous rétorque Samia Ghali. Des familles de victimes souhaitent me parler et je suis là pour elles.”

La Croix : La colère des MarseillaisLa Croix

Un an après le drame de la rue d’Aubagne à Marseille : drapeaux en berne et habitants en colère (AFP)

rue Aubagne 5 novembre 2019 ©AFPLes drapeaux seront mis en berne et une minute de silence sera respectée mardi à l’hôtel de ville deMarseille, pour le premier anniversaire du drame de la rue d’Aubagne, a annoncé lundi le maire LR Jean-Claude Gaudin. Affirmant “porter le deuil de cette tragédie, malgré les invectives et les injures publiques”, celui qui dirige la ville depuis 24 ans ne sera cependant pas présent sur les lieux du drame mardi au coeur du quartier populaire de Noailles, à quelques encablures du Vieux Port: “Je ne crois pas que ma présence soit souhaitée”, a-t-il déclaré lundi matin lors d’une conférence de presse à l’hôtel de ville, assurant chercher “l’apaisement”.

Guillaume Richaud (IEJ3)

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Présentation d’un “livre bilan” après l’effondrement des immeubles par Karine Bonjour, éditions Parenthèses:
© Parenthèses«Quand j’ai vu que la pluie – la mairie – décollait les affiches, que le temps estompait les fresques, que les mots s’envolaient, j’ai tenté de les capturer, de les maintenir en vie, de les conserver contre l’oubli. Pendant six mois, j’ai collecté les expressions verbales et visuelles qui envahissaient Noailles, puis Marseille, qui, tout simplement, disaient Noailles et Marseille, le drame et la solidarité, leur présent et leur avenir. Ce livre les restitue. Récit d’un effondrement, de l’émotion et du réveil qui l’ont suivi. Empreinte d’une mémoire partagée, empathique et créative, solidaire et engagée.» K. B.
voir quelques bonnes feuilles, clic: editionsparentheses.com
Rue d’Aubagne, la colère ne désenfle pas

Rue d’Aubagne, la colère ne désenfle pas

GRAFFITI RUE d'Aubagne à Marseille aprèsl'effondrement des imeubles en 2018 rprise Internet

Un an après les effondrements rue d’Aubagne, à quelques mètres de la Canebière dans le quartier populaire de Noailles, la colère ne désenfle pas à Marseille. Les pouvoirs et acteurs publics sont toujours à l’épreuve de l’insalubrité et de l’indignité de l’habitat.

« On voit bien que la réparation n’a pas eu lieu »

Dans ce quartier du centre-ville historique, le 5 novembre 2018, trois immeubles s’effondrent, coûtant la vie à huit personnes. Avant-hier mardi matin un vibrant hommage a été rendu aux victimes, “ces sacrifiés et sacrifiées de l’insalubrité de l’habitat indigne” . Collectifs, associations, parents, enfants, habitants, ils sont toutes et tous là pour se recueillir durant huit minutes silencieuses en souvenir de Julien, Marie, Simona, Fabien, Pape, Taher, Ouloume et Chérif. Sur les ruines de la rue d’Aubagne coulent désormais des larmes, de chagrin certes, mais aussi de colère. Cette colère qui gronde et fait écho à une banderole sur laquelle on peut lire «Ni oubli, ni pardon». Cette colère qui couve une année durant pour ne jamais s’éteindre. Comme le révèle Fatih Bouaroua, d’Emmaüs Pointe-Rouge, au micro de nos confrères de La Marseillaise : «On sent que l’émotion est encore forte. Les secousses de ce tremblement de terre social et politique se font encore sentir. On voit bien que la réparation n’a pas eu lieu». Un «tremblement de terre social et politique» dont on constate qu’il secoue fortement la classe politique locale. Marc Leras, journaliste au Parisien, le relève dans son article daté du 5 novembre : «L’ambiance s’est ensuite tendue quand l’ancien élu PS Patrick Mennuci et la sénatrice des quartiers nord Samia Ghali sont arrivés sur place. Pris à partie et hués par une partie de la foule, ils ont finalement dû quitter les lieux après de longues minutes de cohue ». Quant au Collectif du 5 novembre, composé «d’une cinquantaine d’habitant.es bénévoles qui agissent pour interpeller les pouvoirs publics mais également pour organiser des rencontres dans le quartier avec les habitant.es et les délogé.es de toute la ville», ainsi qu’il se présente. Il publie un communiqué postérieur aux turbulences d’une foule ayant soif de justice, regrettant, «avec amertume, que certain(e)s élu.es n’aient pas souhaité rester discret.es en ce moment d’émotion et de colère en tentant de se rendre visibles 15 minutes après l’hommage». Au recueillement assourdi succède la fureur bruyante. «Dégagez, cassez-vous» ! peut-on ainsi entendre à l’égard de certains élus locaux. On fait circuler un micro parmi les présentes et les présents, pour que la parole, plurielle et unie, s’exprime. Mais c’est bien la rage en arrière-plan qui prédomine : «C’est toujours les pauvres qui paient le prix et c’est pourtant ceux qu’on entend le moins», témoigne un habitant dont les propos sont recueillis par La Marseillaise. La pauvreté, vecteur de la colère à Noailles ? Sont-ce les pauvres que nous raconte cette colère encore chaude des larmes versées en souvenir de ces huit parti.es trop tôt ? Sont-ce les politiciens qu’on tient pour responsable à travers la vétusté constatée et éhontée de centaines de logements sociaux à Marseille? C’est ce que la tension palpable de cet après-midi soulève.

« Je lui ai fait promettre de partir au plus vite ».

Combien de 5 novembre encore dardent leur mauvais œil sur le sol phocéen ? Dans son article paru mercredi 6, David Coquille, journaliste politique à La Marseillaise, récence pas moins de 4.500 immeubles à l’état inquiétant « dont 3.000 susceptibles de recevoir une injonction de ravalement d’ici 2021». Nombreux sont celles et ceux déplorant la politique de pouvoirs publics en matière de logement qu’ils qualifient d’irresponsable. Et David Coquille d’ajouter, au sein du même article : «Déjà avant le drame du 5 novembre et l’évacuation à ce jour de 420 immeubles inquiétants ou carrément en péril grave et imminent, des voix s’étaient élevées pour dénoncer le fait que ces opérations cosmétiques ignoraient les désordres graves pouvant ronger de l’intérieur des bâtiments». Liliana Lalonde, la maman de Julien, une des victimes du drame, a confié au micro de notre consœur Coralie Bonnefoy, du journal La Croix, que l’appartement dans lequel vivait son fils était dans un état déplorable, et qu’elle s’inquiétait pour lui : «J’étais horrifiée par l’état de son appartement. Il y avait un étai dans l’entrée, des fissures aux murs, les prises faisaient des étincelles… Je lui ai fait promettre de partir au plus vite». Si le maire (LR) Jean-Claude Gaudin, à la tête de l’hôtel de ville de Marseille depuis 24 ans, a confié dans une précédente interview que cette «catastrophe inimaginable» le hante tous les jours, il a néanmoins entendu défendre son bilan, et notamment les quatorze millions d’euros qu’il assure que la mairie de Marseille a déboursé dans la gestion de cette crise. Par ailleurs, certaines mesures semblent avoir été prises. Ainsi en va-t-il de la suivante, rapportée là-encore par David Coquille: «Toute suspicion d’anomalie pouvant présenter une dangerosité concernant la stabilité des structures devra faire l’objet d’un signalement». Toutefois, les timides mesures annoncées ou mises en place semblent ne pas avoir rassuré ni calmé la population marseillaise, qui continue de demander des comptes depuis maintenant un an. D’autant que la question des expulsés reste en suspens. Tous n’ont pas encore regagné leur domicile après les expropriations «d’intérêt public» dont ils ont fait l’objet. Certains sont contraints de vivre, toujours aujourd’hui, à l’hôtel : « Les chiffres sont alarmants. 3.700 délogés, 55 ménages réintégrés et 63 relogés en définitif, soit à peine 300/400 personnes sur l’ensemble des personnes évacuées», souligne au HuffPost le Collectif du 5 novembre. Il précise que des évacuations sont toujours en cours au moment où nous écrivons ces lignes». De quoi enfoncer encore davantage les élus locaux, voire nationaux (il a plusieurs fois été demandé des comptes à Julien Denormandie (ministre auprès de la ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, chargé de la ville et du logement). De quoi convoquer la responsabilité des politiciennes et politiciens à la barre de la justice. A quelques mois des municipales de 2020, rien n’est plus sûr pour personne…

Marian Cregut (IEJ 3)

D2K#23, dernier “dimanche” de l’année

D2K#23, dernier “dimanche” de l’année

Mise en page 1Les dimanches de la Canebière auront leur dernière manifestation de l’année, ce dimanche 27 octobre en raison des travaux de piétonnisation de la Canebière qui se poursuivront jusqu’en janvier 2020. Cette 23ème édition (D2K#23) se déroulera sur une portion réduite de la Canebière. Les habitués et touristes marseillais et étrangers pourront cependant participer de 10h à 17h à ce rendez-vous festif et culturel avec à boire et à manger auprès des stands des artisans de bouche sur une artère en partie éventrée par les travaux mais sécurisée.

C’est la première interruption de ce rituel déjà bousculé dans sa 22ème édition fin septembre, décalée au 6 octobre, pour des raisons de sécurité par trop plein de manifestations. Instituées depuis 2017 à l’initiative de Sabine Bernasconi, maire (LR) du premier secteur, ces rencontres des derniers dimanches de chaque mois ont eu lieu sans interruption sauf en décembre et juillet-août chaque année pour raisons de vacances d’hiver et d’été. La 24ème édition est prévue pour fin janvier 2020.

Sabine Bernasconi a appelé un public nombreux à venir sur la Canebière ce dimanche 27 octobre dans une présentation mardi lors d’une conférence de presse du programme des animations prévues.

“C’est avec beaucoup d’enthousiasme que nous accueillons cette édition d’octobre des “Dimanches de la Canebière” dans son format habituel, le dernier dimanche du mois, après l’édition décalée de septembre.
Une édition d’octobre à bien des titres exceptionnelle, puisque couplée à la fois à la 2e édition du “Mois de l’Ecologie Positive” et au 5e Salon des Eco’acteurs de la Mairie des 1er et 7e arrondissements.
La nature et l’environnement y occuperont donc une place de choix, puisque ce 5e Salon accueillera des partenaires historiques comme Surfrider, Velo Sapiens ou le Recyclodrome, mais aussi de partenaires plus récents comme Yoyo, Recyclop, les Alchimistes ou Eqosphère. Le Hall de notre Mairie exposera aussi pour l’occasion une maquette du “Pélerin”, concept de bateau “écologique” du designer marseillais Maxime Paulet qui permet de ramasser les déchets plastiques tout en naviguant.
Outre le volet écologique, l’art et la culture seront aussi mis à l’honneur avec des temps forts comme le Salon du livre des auteurs indépendants, des balades urbaines et un beau programme musical avec notamment une fanfare Musiques du Monde et un concert du Quartet Buona Sera au théâtre de l’OEuvre.
Vous retrouverez aussi les habituels points de rencontre culturels, avec les très
appréciés disquaires et bouquinistes, et vos rendez-vous gourmands, avec le
marché de produits en “circuit court” et les bonnes tables du quartier : La
Mercerie, Le Petit Saint Louis, Chez Toinou ou encore Yima.
En tout, une cinquantaine de propositions culturelles, artistiques et gourmandes,
sur une Canebière piétonnisée pour l’occasion, et bientôt de manière
permanente à l’issue des travaux en cours”.

al/

Extraits du programme qui sera présenté dimanche sous forme de dépliant:

Mise en page 1

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« Regards sur Noailles » depuis la Canebière

« Regards sur Noailles » depuis la Canebière

Noailles MarianA Noailles, une exposition d’étudiants engagée et ambitieuse avec des propositions pour la réhabilitation du quartier, un an après l’effondrement de deux immeubles vétustes qui avait fait 8 morts le 5 novembre 2018.

Mise en place au rez-de-chaussée des locaux récemment réaménagés pour abriter les bureaux de Manifesta13 ( treizième biennale d’art européenne, la première en France qui se tiendra de juin à novembre 2020), cette exposition « Regards sur Noailles » est l’aboutissement d’un projet collectif auquel participe Louis David, étudiant en cinquième année d’architecture à l’E.N.S.A.M. (Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Marseille). Prévue du 11 au 19 octobre cette exposition citoyenne, au sein de laquelle cohabitent travaux d’étudiants et témoignages d’habitants, se veut la réponse de toutes et tous au terrible effondrement d’immeubles du 5 novembre 2018, rue d’Aubagne. Une idée, alerter. Un projet, exposer. Un but, prévenir.

En pénétrant au 42 la Canebière, on est instantanément attiré par la multiplicité des travaux qui y sont présentés. C’est une présentation hétéroclite de photographies représentant les ruines des bâtiments déchus, de maquettes du quartier de Noailles ou de vidéos diffusées sur un grand écran où des étudiants présentent différents aspects de leur recherche autour du projet. Flyers, affiches, tout est bon, semble-t-il, pour faire connaître l’exposition au plus grand nombre. Outre le 42 la Canebière qui montre photographies, maquettes et vidéos, le théâtre du Daki Ling, au 45 rue d’Aubagne, accueille pour sa part deux journées de conférences et débats, les 11 et 12 octobre, sur le devenir du quartier de Noailles et des centres-villes en règle générale. L’appartement d’un particulier, situé à la place du marché, a été également réquisitionné.

Diligenté par son professeur Mariusz GRYGIELEWICZ, référent de l’exposition et plasticien, collectif 14+1_1Louis s’emploie activement à sa mise en place avec d’autres étudiants dont le « Collectif 14 + 1 » qui regroupe les étudiants qui, comme lui, évoluent en Master 2 d’architecture. Né au second semestre universitaire de l’année 2017/2018, ce groupe travaille aujourd’hui avec les habitants de Noailles, les acteurs locaux et divers membres de la société civile en vue de lister les problèmes de l’habitat afin d’en dégager les meilleures solutions possibles, sachant que les opérations de construction ou reconstruction sont évidemment coûteuses pour la ville. Ce projet global d’étude des problèmes de l’habitat est mené par quatorze étudiants + 1 ; « il s’agit d’une variable, pouvant faire référence à n’importe quelle personne ou organisme, pourvu qu’il ou elle contribue activement au projet », m’explique malicieusement Arthur SANCHEZ, 23 ans, étudiant lui-aussi en dernière année d’architecture à l’E.N.S.A.M. et sur le point de valider son P.F.E. (Projet de Fin d’Etude).

La citoyenneté au service du renouveau urbain

Les travaux exposés au 42 la Canebière ont ainsi vocation à sensibiliser l’opinion publique et les pouvoirs locaux sur l’insalubrité des habitats marseillais, et interroger quant à une vétusté croissante de l’urbain phocéen. Nulle piste n’est écartée, et toutes les idées sont bonnes pour mener à bien cette mission d’intérêt commun. Ainsi en va-t-il du court-métrage d’Arthur Sanchez,  « Séquence Finale », qui pose un regard interrogateur sur la ville, ou de la méthode de travail des camarades d’école d’Arthur : Gaspard et Camille. Ces derniers ont sillonné la rue d’Aubagne en interrogeant les passants, leur demandant de décrire leur centre-ville idéal et leurs éventuelles attentes quant à un aménagement futur du territoire urbain. Munis d’un papier et d’un crayon, ils ont dessiné ces espérances. Celles-ci établissent l’attente des gens d’un aménagement massif d’espaces verts, voyant dans ces derniers les grands absents du paysage marseillais actuel.

Quant aux ruines du 5 novembre, rue d’Aubagne, un consensus fait état de ne pas reconstruire par-dessus, témoignant de la volonté de chacune et chacun de garder paradoxalement intacte la mémoire des victimes. Le collectif  « Marseille en colère » a appelé par ailleurs au respect de huit minutes de silence le 5 novembre devant les immeubles écroulés à partir de 9h05, en commémoration des huit morts, un an après.

Marian Cregut (IEJ3)