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Le carnaval polémique de la plaine 2021

Le carnaval polémique de la plaine 2021

Revue de presse:

MARSEILLAIS NE MÉRITENT PAS ÇA”: L’INDIGNATION DES AUTORITÉS APRÈS LE CARNAVAL DE LA PLAINE

6500 personnes ont célébré le carnaval ce dimanche, souvent sans masque ni respect de la distanciation. Les autorités locales ont dit leur colère devant un comportement jugé “irresponsable”.
 Au moment de dévoiler jeudi le nouveau dispositif établi pour lutter contre l’épidémie de Covid-19, Jean Castex et Olivier Véran ont souligné que la faveur accordée aux activités extérieures ne signifiait pas qu’on pouvait se mêler “à un barbecue”, mais ils n’ont rien dit des carnavals rassemblant 6500 personnes. Message superflu, plus d’un an après l’arrivée de la pandémie dans l’Hexagone?

Ce sont bien 6500 personnes, toutefois, qui ont fêté le carnaval de la Plaine ce dimanche à Marseille – qui ne se situe pas dans l’un des 16 départements reconfinés. Les organisateurs de ce rendez-vous célébrant l’arrivée du printemps semblent pourtant avoir eu conscience que pareil rassemblement n’était pas de saison: ils n’ont pas cherché à demander l’autorisation de la manifestation – qu’ils ont cependant annoncée cinq jours à l’avance – en préfecture.

 

La préfète Frédérique Camilleri n’avait d’ailleurs pas décoléré dimanche soir quand La Provence lui a demandé son sentiment: “Je regrette que les efforts de tous puissent être ruinés en quelques heures par quelques milliers de personnes qui s’affranchissent des règles délibérément et le revendiquent en plus”.

Sept interpellations

Elle a fait le point sur les moyens mis en place par ses services:

“Nous avions mis un dispositif policier autour de la manifestation qui visait à verbaliser ceux qui arrivaient sans masque. Quand les conditions de sécurité ont été réunies et alors que des dégradations étaient commises notamment sur un manège pour enfants, j’ai pris la décision de faire intervenir les forces de l’ordre pour mettre fin à ce carnaval et disperser les personnes, ce qui a été fait à 18h.”

Pointant la “responsabilité individuelle”, la haute fonctionnaire a également abordé le bilan policier et les perspectives judiciaires de cette journée. “Il y a eu sept interpellations pour les dégradations et des violences contre des forces de l’ordre”, a-t-elle dit, ajoutant: “Les individus devront répondre de leurs actes devant la justice et nous allons encore identifier d’autres auteurs de dégradations. Je ne m’interdis aucune suite évidemment”.

Le maire fustige “l’attitude égoïste de quelques irresponsables”

Le maire de la ville, Benoît Payan, était à l’unisson. Il a filé sa fureur sur Twitter.

“Rien ne justifie qu’on détruise les efforts collectifs pour endiguer le virus! Rien ne justifie qu’on profane le lieu des effondrements de la Rue d’Aubagne! Rien ne justifie qu’on s’en prenne à des jeux d’enfants et à des équipements publics! Je suis en colère. L’attitude égoïste de quelques irresponsables est inacceptable! Ils devront répondre de leurs actes devant la justice”, a-t-il d’abord publié.

Benoît Payan a enchaîné: “Soutien aux riverains, aux commerçants, aux soignants, à celles et ceux qui luttent avec dignité et dans le respect des règles pour retrouver au plus vite une vie culturelle et festive normale, et qui ne méritaient pas ça.”

“Marseille et les Marseillais ne méritent pas ça”, a-t-il conclu.

La Métropole veut porter plainte

Martine Vassal, présidente LR du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône et présidente de la Métropole, a indiqué qu’elle comptait porter plainte au nom de cette dernière institution, demandant à la municipalité de se joindre à elle:

“Scandalisée par ce qui s’est passé aujourd’hui à Marseille. Les soignants mettent leurs vie en danger et de nombreux cas de Covid sont à craindre à la suite de ces agissements. L’irresponsabilité à ce niveau est criminelle. Tous les élus de Marseille doivent condamner.”

“La honte” de Renaud Muselier

Mais l’indignation a décidément transcendé les clivages. Sur Twitter toujours, Renaud Muselier, président du Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur, issu de la même famille politique que Martine Vassal donc et opposé à celle du maire socialiste de Marseille, a ainsi affirmé:

“En pleine crise sanitaire, après une année de combat pour nos soignants face au Covid-19, les images de ce carnaval de Marseille sont une honte! L’impatience du retour à la vie n’excuse pas l’inconscience – une telle mise en danger des autres n’est pas acceptable!”

Que le carnaval de la Plaine suscite ou non des échos sanitaires, il aura déjà entraîné sa conséquence politique: la formation d’une union sacrée, sans doute très éphémère, de la classe politique marseillaise contre lui.

Robin Verner

Robin Verner Journaliste BFMTV
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Carnaval de la Plaine à Marseille : “C’est totalement inacceptable”, fustige le ministère de l’Intérieur

Par La Provence (avec AFP)

 

"C'est tout à fait inacceptable alors que tous les Français font des efforts, s'adaptent, s'organisent pour respecter au maximum les différentes réglementations qui ont lieu pour lutter contre cette épidémie, on voit un certain nombre de fêtards qui ont, dans l'irresponsabilité totale, participé à ce carnaval", a réagi Camille Chaize.

“C’est tout à fait inacceptable alors que tous les Français font des efforts, s’adaptent, s’organisent pour respecter au maximum les différentes réglementations qui ont lieu pour lutter contre cette épidémie, on voit un certain nombre de fêtards qui ont, dans l’irresponsabilité totale, participé à ce carnaval”, a réagi Camille Chaize.PHOTO FRÉDÉRIC SPEICH
 
 
Centre-ville, un rebond à pérenniser

Centre-ville, un rebond à pérenniser

Place Charles De Gaulle 3

La fontaine de la place du Général De Gaulle, bas Canebière ©zal

Une lueur d’espoir pour les petits commerces du centre-ville de Marseille autour de la Canebière. Curieusement grâce ou à cause de la pandémie. La fermeture des grands centres commerciaux qui avaient siphonné leur clientèle depuis plus de dix ans au profit d’espaces plus grands avec parking a ramené les acheteurs vers les petites enseignes. Un bol d’air bienfaisant après des années de galère à voir leur clientèle déserter leurs boutiques sans parler des deux confinements. Restera à savoir pérenniser ce rebond inattendu 

Les gérants des magasins de prêt à porter du centre-ville se félicitent du regain d’activité dans leurs boutiques. Des journées de braderies et des soldes à rallonge leur avaient fait espérer un retour à la “vie d’avant”. Les clients ont redécouvert à ces occasions le centre-ville entièrement piétonnisé et sécurisé. Contactés un par un en faisant du porte-à-porte ils précisent qu’il ne s’agit pas de personnes qui se promènent et font du lèche vitrine comme dans les grands centres commerciaux mais d’acheteurs venus spécialement pour trouver un article. Kenzo, ba&sh, Weil, Lacoste, Boss par exemple dans la rue Paradis se félicitent de ce renouveau d’intérêt pour leur quartier. « Maintenant il faut fidéliser ou re-fidéliser nos clients qui pour certains découvrent un centre-ville en train d’être agréablement transformé », déclare Guillaume Sicard. Gérant de la boutique de souvenirs « Marseille en vacances » et  Président de la fédération Marseille change. Il souligne que « la piétonnisation complète du centre-ville change la donne » et qu’il faut encore que les commerçants profitent de l’occasion. « On fait des sourires, mais sous le masque c’est pas évident » dit en riant sous son masque la gérante de Hugo Boss.

“Quand les centres commerciaux sont fermés les centres-villes fonctionnent”

“Vous êtes allée rue Saint-Ferréol le premier samedi après la fermeture des grands centres commerciaux ? On retrouvait la rue des années 90, ça m’a donné des frissons. Le centre-ville était blindé. La fermeture des centres commerciaux a donné une véritable bouffée d’oxygène au centre-ville de Marseille et aux commerçants de proximité.” La présidente de la fédération Commerces en 13, Audrey Lucchinacci, n’a pas mâché ses mots citée par La Provence. Egalement vice-présidente de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME 13), elle affirme aussi que les commerces du centre-ville marseillais ont senti un véritable virage lors de la fermeture – contrainte – des centres commerciaux de plus de 20 000 m², et notamment des Terrasses du port et du Centre Bourse. C’est pour elle « la preuve par l’exemple involontaire que quand les centres commerciaux sont fermés, les centres-villes fonctionnent.”

Dans le centre de Marseille, « il y a beaucoup de locomotives mais peu de wagons » note un internaute sur un blog du site d’information en ligne Marsactu. Il fait référence aux grandes enseignes de de la rue Saint Ferréol, la première piétonne de la ville il y a plus de 20 ans, de la Canebière à la Préfecture où les boutiques, locomotives ou wagons, changent souvent de nom. Elle a perdu son grand Mc Do et ses Galeries Lafayette qui faisaient double emploi avec celles du Centre Bourse de l’autre côté de la Canebière. H&M et Zara se sont notamment confortablement installés rejoints par Boulanger en lieu et place des anciennes Galeries déplacées plus loin près du Prado devant le Stade Vélodrome. Mais on note depuis plusieurs années une valse des petites enseignes qui ne permettent pas en temps ordinaire à cette rue pourtant très passante de promeneurs en vadrouille de rivaliser avec l’attraction des grands centres commerciaux.

Si les boutiques de luxe sont toujours rue Grignan  perpendiculaire à la rue Paradis, les grandes marques ont par ailleurs déserté aussi la rue de la République récemment réhabilité au profit des grands centres commerciaux placés en embuscade au nord et au sud par l’ancienne municipalité (LR) avec au milieu le Centre Bourse. Il s’agissait comme l’avait déclaré l’ancien maire Jean-Claude Gaudin d’empêcher l’hémorragie des recettes fiscales et taxes sur les achats des marseillais vers les caisses de la rivale Aix-en-Provence. Le grand ensemble de Plan de Campagne et des nouvelles allées commerciales d’Aix avaient aussi attiré nombre d’anciens clients du centre-ville de Marseille. Grand Littoral, le plus grand centre commercial d’Europe, les Terrasses du Port et le Centre Bourse sur le territoire de Marseille ont été fermés par précautions sanitaires pendant la troisième vague de Covid.  Un répit qui risque d’être de courte durée pendant lequel les petits commerçants doivent réussir à fidéliser ou récupérer une clientèle maintenant plus habituée aux grandes enseignes et aux hyper centres commerciaux avec parking jusqu’au cœur des villes.

Pérenniser l’attractivité du centre-ville

Ce nouvel élan en direction des commerces de proximité grâce à la fermeture des grandes centres “risque de n’avoir qu’un temps et doit être pérennisé”, soulignent des employés de l’enseigne Hema à l’angle Paradis/Canebière. Les acheteurs y font la queue comme devant les boutiques de maquillage et les grands magasins de la rue Saint Ferréol ainsi que les plus modestes de la rue de Rome.

La Canebière également commence à reprendre son souffle après des journées d’abandon pendant les confinements. L’église Saint Paul, dite des Réformés, est en bonne voie de restauration extérieure en attendant les travaux à l’intérieur ; le cinéma Artplexe attendu depuis deux ans en lieu et place de l’ancienne mairie du premier secteur sort lentement de terre après de nombreuses difficultés techniques ; plus bas les boutiques en pieds d’immeubles préemptées avant les dernières municipales par la Métropole (à majorité LR) pour revitaliser le quartier commencent à attirer une nouvelle clientèle ; la fromagerie Froumaï au 150 La Canebière voisine avec le bureau des guides et Marseille Concerts à deux pas de la bicentenaire pâtisserie Plochut à la vitrine désuète. Les bars et restaurants des allées de Meihlan étant clos ne servent des boissons à la sauvette dans des gobelets en carton. Restent les snacks et les kebabs à emporter. A côté la librairie Maupetit est grande ouverte tandis que la fac de droit, les théâtres de l’Odéon et du Gymnase sont désespérément fermés.

Du côté du cours Saint-Louis, la fermeture définitive de l’écailler et grand restaurant Chez Toinou en mars 2020, au début du premier confinement, fait un vide. Installé Cours Saint-Louis depuis 1962 Toinou a fermé en raison de « changements structurels » autour de son enseigne selon son responsable Laurent Carratu. La piétonnisation a eu selon lui « un fort impact sur la vente à emporter ». L’écailler a trouvé une nouvelle adresse à  Aix-en-Provence. Les petits cafés à l’entour ainsi que ceux du cours Belsunce de l’autre côté de la Canebière prennent leur mal en patience. En bas de la Canebière la nouvelle brasserie du Palais de la Bourse, ouverte juste avant le premier confinement fait de la vente à emporter comme Burger King et McDo ; les promeneurs se consolent en utilisant la vingtaine de bancs installés dans ce grand espace ainsi que les rebords des jardinières place De Gaulle en face de la Chambre de Commerce.

Dans les rues adjacentes la nouvelle municipalité (Printemps Marseillais) tente de remettre l’habitat en état après la catastrophe de la rue d’Aubagne le 5 novembre 2018 et ses huit morts ensevelis sous les décombres de leurs immeubles insalubres. Une vaste consultation a été lancée avec propositions de rachat des immeubles par EPF (Etablissement Public Foncier) rejetée comme « dérisoire » par des groupements de propriétaires qui s’estiment lésés tandis que la mairie juge ces immeubles dangereux dans le cadre de sa lutte contre la paupérisation. Nicolas Memain, élu du premier secteur et organisateur du bureau des guides laisse entendre que la mairie “essaie d’éviter le départ du centre-ville d’habitants plus aisés qui se plaignent de nuisances sonores la nuit avec le nettoyage des rues et le jour avec les ravalements de façades”.

Recherche emplacement pour des Halles alimentaires

La municipalité tente par ailleurs de trouver un emplacement pour l’installation d’une Halle alimentaire en centre-ville. L’ancienne Bourse du travail un temps évoqué a été rejetée par Sophie Camard. La maire (LFI) du premier secteur et suppléante du député Jean-Luc Mélenchon élu de la Canebière dont elle s’est un peu éloignée,  tient à conserver ce lieu de rencontre syndical centenaire en cœur de ville à côté du marché des Capucins nouvellement réhabilité. Reste pour l’instant la place du Général De Gaulle ou elle souhaite installer un marché paysan les samedis avec possibilité d’utiliser le premier sous-sol du parking situé en dessous. Une proposition soutenue par la Chambre de Commerce qui pourrait se réaliser d’ici l’été si la situation sanitaire le permet. « Une halle doit être là où les gens habitent, en cœur de ville. Elle doit être un élément de circuit court. Cette proposition fait parler, arrêtons de parler, passons aux actes. A Marseille nous avons proposé un lieu d’expérimentation, la Place du général de Gaulle »., avait déclaré Jean-Luc Chauvin le président de la CCIAMP lors de ses voeux à la presse en janvier dernier. Une façon d’attirer le chaland en centre-ville et de pérenniser l’activité commerciale. 

« Remettre de la convivialité dans l’espace public” a souhaité Sophie Camard dans un entretien avec la Hune en décembre dernier. Il faut « changer les relations avec les commerçants dans le bas de la Canebière » avait-elle indiqué en soulignant le nouvel engouement des touristes pour Marseille et sa volonté de faire en sorte que la Vieux-Port et la Canebière soit une destination. Son credo: “faire de cette artère centrale de la ville une vitrine de Marseille, du Vieux-Port aux Réformés”. 

al/

La Canebière de bas en haut ©zal 

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